L'église et le problème de la famille - R.P. Coulet (1929)

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L'église et le problème de la famille - R.P. Coulet (1929)

Message  Veni Creator Spiritus le Mer 24 Sep 2008 - 14:32

L'église et le problème de la famille
VI : La préparation de l'enfant à la vie

R.P. Coulet
Conférences du Carême 1929
(Nihil obstat)

Lettre de son Eminence le Cardinal Andrieu, Archevêque de Bordeaux.

Bordeaux, le 17 mars 1929.

Mon révérend Père,

Une fois de plus, je tiens à vous remercier et à vous féliciter de l'oeuvre si belle et si féconde que vous accomplissez parmi nous depuis dix ans déjà.
Cette nouvelle série de Conférences complète admirablement celles que vous nous donniez l'an dernier. Et elle rejoint aussi, d'un point de vue nouveau, celles par lesquelles vous avez commencé votre apostolat au milieu de nous.
Cette année en effet, c'est du point de vue de la Préparation de l'enfant à la vie qui l'attend, que vous nous rappeliez les grandes lois de la morale chrétienne qui doivent commander toute la vie réelle et concrête de l'homme : sa vie professionnelle et sa vie sociale, sa vie civique et sa vie familiale aussi bien que sa vie proprement religieuse et chrétienne.
Et ce vous fut une occasion nouvelle de dénoncer et de combattre indirectement la vieille erreur du faux Libéralisme moderne qui prétendrait soustraire au contrôle de la morale évangélique la partie la plus étendue et la plus importante de la vie de l'homme sur terre.
Vous avez su traiter cet important sujet avec une plénitude et une ampleur de vues, avec une richesse d'aperçus pratiques et de suggestions utiles qui ont vivement impressionné votre magnifique auditoire ; et qui ne manquerons pas de frapper vos lecteurs et les innombrables auditeurs qui, dans toutes les villes où vous portez ce bel enseignement, viendront entendre votre parole si autorisée et si émouvante.
Daigne le Coeur Sacré de Jésus, auquel je le demande par par le Coeur immaculé de Marie, vous donner de continuer longtemps ce magnifique apostolat ; et de le bénir et le féconder à la mesure de vos propres désirs.
Veuillez agréer, mon Révérend Père, l'expression de mes sentiments affectueusement dévoués en Notre-Seigneur.

Paulin, Card. ANDRIEU
Arch. de Bordeaux.

Veni Creator Spiritus

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Re: L'église et le problème de la famille - R.P. Coulet (1929)

Message  Veni Creator Spiritus le Mer 24 Sep 2008 - 14:56

PREMIERE CONFERENCE :
LA PREPARATION A LA VIE FAMILIALE


Eminences,
Messieurs,

Dans la mesure où le foyer devient fécond, c'est à lui, nous l'avons vu, qu'il appartient de conduire à pleine maturité, les fruits qu'il a porté. Il a pour mission de préparer les enfants dont il se peuple à s'acquitter convenablement des tâches diverses et de tous ordres que la vie réelle et concrête leur imposera.
Comment devra se faire, dans son sein et par ses soins, cette préparation de l'enfant aux diverses formes de la vie qui l'attend :
à la vie familiale, à la vie professionnelle, à la vie sociale, à la vie civique, à la vie apostolique même, puisque tout chrétien, nous le verrons, doit être un apôtre ?
Telles sont les questions auxquelles je voudrais cette année, m'efforcer de répondre.
elles n'épuisent pas, je le sais, tous les aspects de la vie réelle. Il me semble qu'elles n'en laissent échapper aucun d'essentiel. Car si je ne parle pas explicitement ici de la préparation à la vie religieuse proprement dite, c'est que j'estime l'avoir suffisament fait l'an dernier en parlant de l'éducation religieuse de l'enfant ; et que j'aurai l'occasion de compléter ce que j'en disais alors quand il sera question, cette année, de la préparation à la vie apostolique.
D'autre part, est-il besoin de faire observer que si, pour la clarté de l'exposé, je distingue ici des aspects différents dans une réalité essentiellement complexe mais foncièrement une, ce morcellement artificiel de la tâche éducatrice ne doit cependant pas en faire oublier la fondamentale unité ?
En réalité on ne forme pas un enfant à la vie familiale d'abord, puis à la vie professionnelle, puis à la vie sociale, etc ; on le forme, ou, plutôt on le prépare à tout cela tout à la fois.

Mais l'impossibilité pratique d'isoler dans la vie réelle ces divers aspects du problème ne supprime pas la nécessité pratique de les distinguer dans l'étude qu'on va en faire.
Ces réserves faites, j'en viens tout de suite à l'objet de cette première conférence :
la préparation de l'enfant à la vie familiale ; ce qui, faut-il le dire ? est tout autre chose que la simple préparation au mariage.
Il ne s'agit pas seulement ici, en effet, des conseils ou des recommandations qu'un Père ou une Mère peuvent donner à leurs fils ou à leurs filles quelques années ou quelques semaines avant le mariage. Il s'agit des énergies et des valeurs dont ils doivent s'efforcer d'enrichir leurs enfants pour que ces derniers puissent un jour s'acquitter convenablement des obligations diverses que la vie familiale impose à quiquonque doit la vivre.
Et je veux bien que tous ces enfants ne seront pas appelés à en connaitre les douceurs ou les charges. Car tous, assurément, ne fonderont pas un foyer.
Mais comme nul ne sait à l'avance quelle réponse ils feront plus tard à l'appel de la nature ; et comme, d'autre part, ils auront tous plus ou moins besoin des qualités et des vertus que la vie familiale exige, même s'ils ne doivent pas en vivre, il n'est que prudent et sage de chercher tout d'abord à les en pourvoir.
Or, et c'est ce que je voudrai vous montrer aujourd'hui, cette préparation de l'enfant à la vie familiale consiste surtout dans un certain ensemble de richesses à lui transmettre, et de sentiments à lui inculquer : richesses et sentiments que je vais essayer de caractériser.

[...]

Veni Creator Spiritus

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Re: L'église et le problème de la famille - R.P. Coulet (1929)

Message  Veni Creator Spiritus le Mer 24 Sep 2008 - 22:03

I. Les richesses à transmettre à l'enfant
Ces richesses, vous l'entendez bien, je pense, ne sont pas représentées seulement, ni même principalement, par les terres ou les titres, par la fortune immobilière ou mobilière dont il pourra bien hériter un jour.
Il est naturel certes, et il est louable que les Parents cherchent à garantir à leurs enfants, par leur travail et leurs économies, une certaine sécurité matérielle pour l'avenir. Mais, qu'ils y parviennent ou qu'ils soient contraints d'y renoncer, il est quelque chose de plus précieux et de meilleur qu'ils peuvent et doivent toujours chercher à leur laisser.
A/ De saines hérédités
Et c'est tout d'abord l'avantage inappréciable d'un organisme vigoureux et bien constitué ; c'est le capital initial d'une physiologie riche uniquement de saines hérédités. Car il faudra que l'enfant plus tard, s'il doit fonder un foyer, soit capable de transmettre à ses enfants une vie robuste et saine. Mais pour cela, il faut qu'il l'ait reçue lui-même.
Valeur physiologique et valeur morale : L'enfant n'est pas du tout, en effet, un commencement absolu. Il est une suite, une conséquence, une résultante à proprement parler. Il porte en lui, sans doute, un principe d'action personnelle et libre qui vient directement de Dieu ; une âme que Dieu lui-même a créée, et qu'il a d'ailleurs créée vierge de toute empreinte, bien que, depuis la faute originelle, privée des prérogatives d'ordre surnaturel accordées au premier homme et perdues par sa faute.
Mais cette âme, qui ne porte en elle-même aucune tendance positivement défectueuse ou mauvaise ; cette âme qui n'est en définitive que puissance de connaître, d'aimer et de vouloir ;cette âme n'existe pas seule, indépendante de l'organisme qu'elle doit précisément animer. Elle est soudée à lui, pour ainsi dire. Elle ne fait qu'un avec lui. Elle ne peut agir et elle n'agit qu'avec son concours. Cet organisme qu'elle informe, elle est contrainte de le subir et de s'en servir comme d'un instrument nécessaire. Il conditionne, par suite, directement ou indirectement, toutes ses activités, même les plus authentiquement spirituelles, même les plus hautes, le fonctionnement de son intelligence et le jeu de sa liberté.
D'où il suit que la vraie valeur de l'être humain, sa valeur psychologique et morale, bien qu'elle ne s'identifie pas du tout avec sa valeur physiologique, en dépend toujours cependant.
Le fait de l'hérédité : Or, celle-ci dépend à son tour de la valeur physiologique et morale de ceux qui lui ont donné le jour. Du point de vue physiologique en effet, l'enfant n'est que le prolongement ou la résultante du père et de la mère qui l'ont engendré. Il est né, en somme ; il résulte de la rencontre et de la fusion dans le sein maternel de deux cellules génératrices détachées un jour du corps de son père et du corps de sa mère ; et dont les matériaux organiques portaient nécessairement l'empreinte et comme le "sceau biologique" des deux organismes auxquels ils avaient été empruntés.
La science peut être impuissante à déceler ce qui, dans la structure intime de cette première cellule dont il est sorti, constituait le principe des caractères distinctifs qui vont peu à peu se révéler en lui, et manifester sa ressemblance physiologique et morale avec les deux êtres qui l'ont engendré. Il n'y en avait pas moins en lui, dès le premier instant, quelque chose qui venait d'eux, qui portait leur empreinte particulière à eux, et qui fut, en définitive, la raison mystérieuse mais réelle pour laquelle il s'est développé d'une manière plutôt que d'une autre, et pour laquelle il a fini par accuser, dans sa constitution générale, dans la conformation de ses traits, dans la couleur de ses cheveux parfois ou de ses yeux, dans son tempérament et jusque dans son caractère, ces ressemblances qui frappent l'observateur le plus superficiel, et qui le rattachent sans erreur possible à tel ou tel de ses Parents les plus proches ou de ses ascendants lointains.
C'est que les éléments dont il aété fait tout d'abord se trouvaient en réalité chargés d'hérédités multiples et diverses, dont la loi de transmission nous demeure inconnue, dont la transmission même se fait parfois de manière singulièrement capricieuse, mais dont la transmission n'en demeure pas moins un fait. Hérédités de toutes sortes, qui s'additionnent ou se combattent en lui, qui s'enchevêtrent et parfois s'annihilent, dont les effets pourront être partiellement corrigés et modifiés par mille influences externes, mais que charriaient nécessairement avec lui le double courant de vie dont la rencontre fut à l'origine de sa propre vie.
Et tout comme le secret de la composition du sol de nos vallées se trouve en partie dans les montagnes lointaines et dans les proches terrains traversés jadis par les différents cours d'eau qui en avaient affouillé les pentes, et entraîné les débris, avant de les déposer là sous forme d'alluvions, le secret de ce mystère vivant qu'est la physiologie particulière de l'enfant, se trouve dans les générations qui l'ont précédé et dont il est le produit. Physiologiquement, il est, à son début, ce qu'elles l'ont fait. Il vaut ce qu'au total elles ont valu.
Il pourra sans doute, plus tard, avec le temps, se modifier et se transformer en partie. L'éducation qu'il recevra ; le milieu dans lequel il vivra ; l'usage qu'il fera de sa liberté ; mille causes diverses contribueront à lui donner sa physionomie particulière et sa forme définitive. Mais on peut dire que toutes ses caractéristiques naturelles ; et par suite ; bon nombre de ses tendances spontanées, se trouvaient en germe et comme en puissance dans les matériaux vivants dont il fut d'abord formé. Avec eux c'est tout un précieux ou redoutable patrimoine physiologique, et, par suite, moral, dont il a nécessairement hérité, pour le bonheur ou pour le malheur de sa vie. [...]


Dernière édition par Veni Creator Spiritus le Mer 24 Sep 2008 - 22:18, édité 2 fois

Veni Creator Spiritus

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Re: L'église et le problème de la famille - R.P. Coulet (1929)

Message  Veni Creator Spiritus le Mer 24 Sep 2008 - 22:05

[...]L'importance de l'hérédité : Comprenez-vous, dès lors, Messieurs, combien il importe, à tous les points de vue, mais particulièrement au point de vue qui nous occupe, celui de la préparation de l'enfant à la vie familiale, de veiller à la valeur de ce patrimoine là, qu'il doit transmettre lui-même à son tour, le plus souvent tel qu'il l'aura reçu : riche ou pauvre, chargé de bienfaisantes influences ou grevé de lourdes hérédités...
Ah ! dites-vous bien, Pères et Mères de famille d'aujourd'hui ou de demain, qu'à vos enfants vous léguerez votre santé beaucoup plus sûrement que votre fortune. Nul ne peut dire dans quelle mesure il vous sera possible de leur transmettre les biens matériels que vous aurez péniblement amassés ou jalousement conservés pour eux. Mais il est un héritage dont nul ne pourra les déposséder : la valeur physiologique de la vie que vous leur aurez donnée.
Héritage redoutable peut-être, dont ils se passeraient volontiers parfois, mais qui ne leur sera pas épargné : non seulement celui des tares que vous auriez imprudemment contractées, celui des faiblesses et des impuissances d'un organisme que vous auriez maladroitement épuisé ; mais celui même des traces qu'auront inévitablement laissées jusque dans votre physiologie, vos habitudes mentales, vos ordinaires pensées, vos désirs conscients et arrêtés, vos avidités prolongées, vos actes les plus secrets, lorsqu'ils sont devenus des habitudes invétérées.
Il est, certes, effrayant de penser que les abus commis par un homme au temps de sa jeunesse, lors même qu'ils n'auraient pas laissé chezlui certaines traces particulièrement visibles et funestes ; que les frivoles et téméraires imprudences commises par une jeune fille quand elle avait quinze ou vingt ans ; que les affaiblissement de santé occasionnés par un labeur excessifs ou par un travail malsain, par une alimentation défectueuse ou par un manque d'hygiène trop habituel, doivent avoir leur répercussion fatale dans la santé et la vie des enfants qu'ils pourront engendrer. Il est effrayant de le penser ; mais il est bon de le savoir ; et il est nécessaire de ne jamais l'oublier.
Vous pourrez bien vous estimer un jour sage et bon père de famille, parce qu'après une jeunesse plus ou moins orageuse et tourmentée vous vous serez définitivement rangé ; vous pourrez bien vous croire une mère de famille exemplaire, parce que vous aurez depuis longtemps renoncé à une vie mondaine, trépidante et fièvreuse, et peut-être même un peu aventureuse, qui marqua vos années de jeune fille ou de jeune femme, et que vous affichez maintenant le grave soucis de faire élever vos fils et vos filles dans des établissements distingués.
Mais, sachez-le bien, si demain ces jeunes doivet lutter en eux contre un tempérament de feu, contre des inclinations d'une violence presque irrésistible, contre des avidités que rien ne peut satisfaire ; ou s'ls doivent au contraire se traîner dans l'existence, délicats et fragiles, débiles et chétifs, incapables d'aucun effort, à la merci de la moindre fatigue ; si vos filles doivent se trouver un jour comme écrasées par le poids d'une maternité qui s'annonce, si elles doivent y risquer véritablement leur vie chaque fois, et rester après de pareilles secousses épuisées de forces et démolies peut-être pour toujours, sachez-le bien, ce sera, la plupart du temps, parce que vous n'aurez pu leur transmettre hélas qu'un patrimoine malheureusement appauvri, une vie réduite ou chargée de redoutables hérédités.
Et ne voyez- vous pas que la dignité de leur vie conjugale ; que la fécondité de leur union ; que la valeur de leur vie familiale à venir, pour m'en tenir à ce point de vue, se trouvera dans une large mesure conditionnée par la vie que vous aurez menée vous-même longtemps avant de les engendrer ?
Mais comprenez-vous aussi pourquoi je n'hésite pas à dire que la préparation de l'enfant à la vie familiale doit commencer par le soucis qu'auront de veille sur eux-mêmes et sur leur santé tous ceux qui pourront être appelés un jour à donner la vie.
S'ils ont eu le bonheur de recevoir en héritage un patrimoine physiologique intact et de réelle valeur, qu'ils se gardent bien d'en abuser et de le gaspiller follement : on se refait pas une santé aussi facilement qu'on se refait une fortune.
S'ils ont hérité malheureusement que d'un organisme débilité, qu'ils s'efforcent de le reconstituer peu à peu, d'effacer progressivement les empreintes dont il est marqué.
Qu'ils se souviennent les uns et les autres, que toute habitude physiologique bonne ou mauvaise, que toute attitude psychologique habituelle, laissera presque fatalement des traces dans leur organisme et par conséquent plus tard dans celui de leurs enfants ; et que l'existence familiale de ces derniers sera commandée tout d'abord par la valeur effective de ce capital physiologique et moral dont ils auront hérité.

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Message  Veni Creator Spiritus le Mer 24 Sep 2008 - 22:16

B/ Un gagne pain assuré
Tout comme elle sera commandée aussi, nous ne devons pas l'oublier, par la manière dont les Parents auront su préparer leurs enfants à porter sans faiblir les charges matérielles que la vie familiale doit inévitablement leur imposer.
D'où pour m'en tenir à quelques indications très sommaires mais suffisamment suggestives, la nécessité de mettre le jeune homme en état de se faire une situation ; d'où la nécessité de lui faire apprendre un métier, de lui assurer un gagne pain qui lui permette de faire éventuellement vivre plus tard une femme et des enfants.
D'où encore la nécessité d'apprendre à la jeune fille, non seulement à diriger une maison, mais à la tenir au besoin ; d'où par conséquent la nécessité de lui donner une éducation ménagère qui lui permettra de se rendre à elle-même et de rendre aux siens bien des services qu'elle ne pourra peut-être plus comme autrefois se faire rendre par d'autres.
D'où enfin la nécessité de leur inculquer à l'un et à l'autre cet esprit de travail, d'ordre, d'économie, sans lequelles ressources indispensables, soit pour se mettre en ménage, soit pour assurer la vie normale du foyer risqueront de manquer ou de s'épuiser trop vite.
Tout cela fait partie de cet ensemble de richesses, de ce capital initial et complexe qu'il faut tout d'abord garantir aux enfants si l'on veut efficacement les préparer à la vie familiale. Tout cela constitue, avec la santé, la plus précieuse dot à leur assurer, sans préjudice de l'autre.
Je n'insiste pas, car j'aurai l'occasion de revenir sur ce dernier point ; et je passe plus immédiatement à ce qui me paraît de beaucoup le plus essentiel dans cette oeuvre de préparation de l'enfant à la vie familiale.

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Re: L'église et le problème de la famille - R.P. Coulet (1929)

Message  Veni Creator Spiritus le Mer 24 Sep 2008 - 22:28

II. Les sentiments à inculquer à l'enfant
Elle exige en effet surtout qu'on développe chez lui certains sentiments bien déterminés : et pour celà qu'on le fasse vivre dans une ambiance qui lui donne une juste idée de la famille, qui lui en inspire l'estime et l'amour, qui lui fasse naturellement acquérir les qualités et les vertus qu'elle exige.
Or, ici plus que jamais, il faut que les Parents sachent être ce qu'ilsveulent que soient leurs enfants. Ces derniers auront le sens de la famille ; ils en auront le goût et l'amour dans la mesure où leurs Parents l'auront eux-mêmes. Ils aimeront lavie familiale dans la mesure où la vie familiale, telle qu'elle sera vécue sous leurs yeux, telle qu'on la leur imposera de fait, leur apparaîtra comme digne d'être vécue ; dans la mesure où elle leur donnera l'impression qu'on y peut être heureux. Car l'enfant veut être heureux avant tout.

A/ L'amour du foyer
Si le foyer lui apparaît morose et triste, sans charme et sans agrément; si la vie conjugale se manifeste à lui comme une existence de forçats rivés pour toujours à la chaîne de leurs mésintelligences et de leurs disputes ; si la vie même de la famille ne révèle que préoccupations, tracas, soucis, tristesses, souffrances, il est bien à craindre que plus tard il ne sache pas la concevoir autrement, à supposer qu'il n'en épprouve pas comme une instinctive horreur et un insurmontable dégoût ; et qu'il se refuse aux efforts qui lui permettraient de la réaliser différente.

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