La grâce

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La grâce

Message  gabrielle le Lun 27 Juil 2009 - 16:12

Préambule


Au milieu de la décadence et de l'affaiblissement de l'empire romain, au début du Ve siècle, le moine breton Pélage, né en Grande Bretagne, se fit remarquer à Rome, où il était venu très jeune, par ses prédications d'une morale austère. Depuis que le christianisme était devenu religion d'État, sous Constantin, l'esprit du monde s'était infiltré dans l'Église. A toute cette décadence, Pélage opposait les exigences morales du christianisme. La nature, la liberté, la loi, la vertu acquise, tels étaient les thèmes de sa prédication fort stoïcienne. Son disciple Celestius constitua en système les idées principales du maître.

Le fond de cette hérésie est l'affirmation d'une liberté totale en l'homme qui, dans un équilibre toujours gardé entre le bien et le mal, peut opérer son salut entièrement par ses propres forces. Il n'y a d'autre péché que la décision personnelle de chacun pour le mal. Un péché originel fondé sur la solidarité de race avec Adam, Pélage et Celestius refusent de le reconnaître . L'influence du péché d'Adam est limitée exclusivement au mauvais exemple qui a trouvé des imitateurs dans les péchés personnels de ses descendants. Par sa nature, avec sa convoitise et la nécessité où il est de mourir, l'homme actuel se trouve exactement dans le même état qu'Adam avant son péché. L'œuvre du Christ est diminuée; elle se borne au pardon des péchés personnels. L'aide de la grâce n'est nullement indispensable à l'homme pour pouvoir accomplir les commandements de Dieu et parvenir au salut éternel. Elle consiste uniquement en une illumination de l'intelligence et une facilité plus grande pour la vie morale.

Les conciles de Milève et de Carthage avaient déjà demandé au pape la condamnation de Pélage. En 418, les deux cents évêques du XVIe concile de Carthage réprouvaient solennellement sa doctrine. Le pape saint Zosime confirmait ensuite leur sentence dans sa Tractoria, qu'il envoyait à toutes les églises d'Orient et d'Occident.



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Message  gabrielle le Mar 28 Juil 2009 - 1:08


XVIe CONCILE DE CARTHAGE
(418)



1. Il a été décidé par tous les évêques rassemblés au saint Synode de Carthage que : quiconque dit qu'Adam, le premier homme, a été créé mortel de sorte que, qu'il péchât ou non, il devait mourir corporellement, c'est-à-dire que quitter son corps ne serait pas une conséquence du péché, mais une nécessité de sa nature 1 qu'il soit anathème.


1. Saint Augustin, De peccatorum meritis et remissione, 1, 1, 2, PL 44, 19

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Message  gabrielle le Mar 28 Juil 2009 - 23:52

XVIe CONCILE DE CARTHAGE
(418)


3. Il a été décidé de même : quiconque dit que la grâce de Dieu, qui justifie l'homme par notre Seigneur Jésus-Christ, vaut uniquement pour la rémission des péchés déjà commis, mais non pour aider à n'en plus commettre, qu'il soit anathème.

4. De même : quiconque dit que cette même grâce de Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ nous aide à ne plus pécher parce qu'elle nous révèle et nous ouvre l'intelligence des commandements, en sorte que nous sachions ce que nous devons désirer et ce que nous devons éviter, mais qu'elle ne nous donne nullement l'amour et la force de faire aussi ce que nous avons reconnu comme notre devoir, qu'il soit anathème. Car, puisque l'Apôtre dit : « La science enfle, mais la charité édifie » [1 Co 8, 1], il est très impie de croire que nous avons la grâce du Christ pour la science qui enfle et que nous ne l'avons pas pour la charité qui édifie, puisque c'est également un don de Dieu de savoir ce que nous devons faire et d'avoir l'amour pour le faire. Ainsi, la charité qui édifie empêche que la science ne nous enfle. Comme il est écrit de Dieu : « Il enseigne la science à l'homme » [Ps 93, 10], il est aussi écrit : « La charité vient de Dieu » [1 Jo 4, 7].


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Message  gabrielle le Mer 29 Juil 2009 - 18:09

XVIe CONCILE DE CARTHAGE
(418)


5. Il a été décidé de même : quiconque dit que la grâce de la justification nous est précisément donnée pour pouvoir accomplir plus facilement par elle ce que nous devons faire par notre libre arbitre, en sorte que, si la grâce n'était pas donnée, nous pourrions pourtant, quoique avec moins de facilité, observer sans elle les commandements de Dieu, qu'il soit anathème. Lorsqu'il parle du fruit des commandements, le Seigneur ne dit pas : « Sans moi, vous pouvez le faire plus difficilement», mais : «Sans moi, vous ne pouvez rien faire » [Jo 15, 5].

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Message  gabrielle le Jeu 30 Juil 2009 - 17:39

6. Il a été décidé de même : l'Apôtre saint Jean dit : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous abusons et la vérité n'est pas en nous» [1 Jo 1, 8]. Quiconque pense qu'il faut l'entendre ainsi : c'est par humilité que l'on doit dire que nous avons le péché, mais non parce que c'est la vérité, qu'il soit anathème.

Car l'Apôtre ajoute immédiatement : « Si nous confessons nos péchés, il est assez fidèle et juste pour remettre nos péchés et nous purifier de toute injustice » [1 Jo 1, 9]. Ce passage fait suffisamment voir que cela n'est pas dit seulement par humilité, mais aussi en vérité. Car l'Apôtre pouvait dire : « Si nous disons : nous n'avons pas de péché, nous nous vantons et l'humilité n'est pas en nous ». Mais en disant : « Nous nous abusons et la vérité n'est pas en nous », il montre assez que celui qui se déclare sans péché ne dit pas le vrai, mais le faux.


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Message  gabrielle le Ven 31 Juil 2009 - 17:59

7. Il a été décidé de même : quiconque dit que, dans la prière du Seigneur, les saints disent : « Remettez-nous nos dettes » [Mt 6, 12], non pour eux-mêmes, puisqu'ils n'ont déjà plus besoin de faire cette demande, mais pour les autres de leur peuple qui sont pécheurs, et que c'est la raison pour laquelle chacun des saints ne dit pas : «Remettez-moi mes dettes », mais « Remettez-nous nos dettes », ce qui fait comprendre que le juste demande plus pour autrui que pour lui-même, qu'il soit anathème.

Ce saint et ce juste était l'Apôtre saint Jacques, quand il disait : « Tous, nous péchons en bien des choses » [Je 3, 2]. Pourquoi ajouter « tous » sinon pour que le mot soit d'accord avec le psaume où se lit : « N'entre pas en jugement avec ton serviteur, car nul vivant n'est justifié devant toi » [Ps 142, 2]; et dans la prière du très sage Salomon : « Il n'y a aucun homme qui n'ait péché » [3 R 8, 46]; et dans le livre du saint homme Job : « Il suspend l'activité des hommes, pour que tout homme reconnaisse sa faiblesse» [Jb 37, 7]; également le saint et juste Daniel, lorsqu'il disait au pluriel : « Nous avons péché et nous avons commis l'iniquité » [Dn 9, 5, 15] et d'autres paroles qu'il confesse dans la vérité et l'humilité; pour qu'on ne pense pas, comme certains le croient, qu'il parle alors non de ses péchés, mais plutôt de ceux de son peuple, il ajoute : « Quand... je priais et que je confessais mes péchés et les péchés de mon peuple » [Dn 9, 20] au Seigneur, mon Dieu, il n'a pas voulu dire « nos péchés », mais il a dit les péchés de son peuple et les siens; prophète, il voyait par avance qu'il se trouverait des hommes qui le comprendraient bien mal.


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Message  gabrielle le Sam 1 Aoû 2009 - 16:22

8. Il a été décidé de même : ces paroles de la prière du Seigneur, où nous disons « Remettez-nous nos dettes » [Mt 6, 12], tous ceux qui veulent que les saints les disent par humilité et non en vérité, qu'ils soient anathèmes. Qui donc admettrait que celui qui prie mente, non seulement aux hommes, mais au Seigneur lui-même? Ses lèvres déclarent qu'il veut se voir pardonné et son cœur dit qu'il n'a pas de dettes à se faire remettre.


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Message  gabrielle le Dim 2 Aoû 2009 - 16:55

DÉCISIONS PONTIFICALES ET CONCILIAIRES DE L' « INDICULUS »
(vers 440)


Dans sa lutte contre les Pélagiens, surtout contre l'habile Julien, évêque d'Éclane, en Italie du Sud, Augustin avait soulevé dans toute leur ampleur les graves questions des rapports entre la liberté humaine et la nécessité de la grâce, entre la volonté salvifique universelle de Dieu et la prédestination des élus par Dieu. De grandes discussions s'ensuivirent. L'opposition la plus forte vint des moines de Marseille, avec Cassien à leur tête, et de ceux de Lérins. On reconnaissait l'autorité des décrets de l'Église, mais on voulait écarter la doctrine augustinienne pour les motifs suivants : aux yeux de Dieu, tous les hommes sont égaux, aussi leur donne-t-il une grâce égale; toute différence dans la distribution des grâces ne vient que de la différence des dispositions entre les hommes; ceci vaut déjà pour la communication de la premièregrâce salutaire. Par opposition au pélagianisme, ce semi-pélagianisme entendait concéder la nécessité de la grâce pour toute œuvre bonne, c'est-à-dire ordonnée à la fin surnaturelle de l'ordre actuel du salut ; pratiquement il la niait, puisqu'il faisait dépendre la collation de la première grâce salutaire, non de la liberté gracieuse de Dieu, mais du mérite de l'homme. Il eut pour principal adversaire saint Prosper d'Aquitaine, qui réunit et publia vers le milieu du Ve siècle l'lndiculus (ou collection) de décisions du Saint-Siège sur la grâce. On y exposait en forme classique la doctrine de l'Église sur l'efficacité de la grâce en rassemblant des citations du Siège Apostolique, des conciles d'Afrique confirmés par Rome, et enfin des expressions de la foi dans la liturgie. Dès la fin du Ve siècle, ce recueil était reconnu comme l'expression de la tradition catholique, dont on ne doit pas s'écarter. Dans les temps qui suivirent, on y attacha la plus grande importance. Ce n'est pas proprement une définition dogmatique. Il n'est même pas dû à un pape. Mais l'assentiment universel de l'Église oblige à le considérer comme un exposé autorisé, de son enseignement.

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Message  gabrielle le Mar 4 Aoû 2009 - 15:55

DÉCISIONS PONTIFICALES ET CONCILIAIRES DE L' « INDICULUS »
(vers 440)


Puisque certains, qui tirent gloire du nom de catholiques, en demeurant, par méchanceté ou par ignorance, dans les idées condamnées des hérétiques, osent s'opposer aux plus pieux argumentateurs, et que, tout en condamnant sans hésitation Pélage et Celestius, ils accusent faussement nos maîtres d'avoir dépassé la mesure nécessaire et qu'ils déclarent vouloir uniquement suivre et reconnaître ce que le très saint Siège du bienheureux Apôtre Pierre a, par le ministère de ses évêques, sanctionné et enseigné contre les ennemis de la grâce de Dieu, il a fallu rechercher exactement le jugement des chefs de l'Église romaine sur l'hérésie qui avait surgi de leur temps et les idées qu'ils ont estimé nécessaire d'avoir sur la grâce de Dieu contre les très néfastes défenseurs du libre arbitre. Nous y avons joint aussi quelques sentences des conciles africains que les évêques apostoliques ont certainement faites leurs, en les approuvant. Pour que donc ceux qui doutent en quelque point puissent s'instruire plus complètement, nous publions, en un bref résumé, les constitutions des saints Pères. Celui qui n'est pas trop porté à la dispute pourra reconnaître que le résultat de toutes ces discussions est inclus dans les phrases brèves des autorités alléguées et qu'il ne lui reste plus de motif de contredire, s'il croit et dit avec les catholiques :

I. Par la prévarication d'Adam, tous les hommes ont perdu leur « pouvoir naturel »1 et leur innocence, et aucun ne peut, par son libre arbitre, remonter de l'abîme de cette ruine si la grâce du Dieu qui fait miséricorde ne le relève, comme le déclare le pape Innocent, d'heureuse mémoire, dans son épître au concile de Carthage : « Victime un jour de son libre arbitre, en usant de ses biens inconsidérément, l'homme tombe dans les profondeurs de la prévarication, où il s'enfonce, et il ne trouve rien qui puisse lui permettre d'en sortir. Trompé pour toujours par sa liberté, il demeurerait écrasé sous le poids de cette ruine si ensuite ne le relevait, par sa grâce, la venue du Christ, qui a lavé tout péché passé dans le bain du baptême par la purification d'une nouvelle naissance » 2.

1. Saint Augustin, De natura et gratia, c. 40. 47. PL 44, 270.
2. Saint InnocEnt 1er Eplst. 29. In requirendis, n. 6. PL 20, 586 B.

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Message  gabrielle le Jeu 6 Aoû 2009 - 15:15

2. Personne n'est bon par soi-même, si celui qui seul est bon ne le fait participer de lui-même. C'est ce que nous déclare dans la même lettre [au Concile de Carthage] la sentence du même pape [Innocent Ier] : « Pourrons-nous désormais attendre quelque chose de bon d'esprits qui pensent qu'ils doivent leur bonté à eux-mêmes, sans regarder celui dont ils reçoivent chaque jour la grâce, dans la confiance où il sont de pouvoir l'obtenir sans lui? » 3.

3. Personne, même renouvelé par la grâce du baptême, n'est capable de surmonter les embûches du diable ni de vaincre les concupiscences de la chair s'il ne reçoit de l'aide quotidienne de Dieu la persévérance dans une bonne vie. C'est ce que confirme la doctrine du même pasteur dans ces mêmes pages où il dit : « Bien que Dieu ait racheté l'homme de ses péchés passés, parce qu'il sait qu'il y aura encore des péchés possibles, il a gardé, pour le refaire, bien des moyens de le redresser, même après ces fautes, en donnant chaque jour ces remèdes sans lesquels, si nous ne nous appuyons pas avec confiance sur eux, nous ne pourrons en aucune façon vaincre nos erreurs humaines. Il est en effet nécessaire que, comme nous sommes vainqueurs avec son aide, sans son aide nous soyons vaincus » 1.

3. Saint Innocent Ier .Epist'. 29. In requirendis, n. 3. PL 20, 584 B

1. Saint Innocent Ier Epist. 29, In requirendis, n. 6, PL 20. 586 C.


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Message  gabrielle le Ven 7 Aoû 2009 - 15:33

4. Que personne n'use bien de son libre arbitre, sinon grâce au Christ, le même maître l'a déclaré dans la lettre envoyée au concile de Milève : « Prends garde enfin, perverse doctrine d'esprits très pervertis, que sa liberté a si bien trompé le premier homme que, tandis qu'il se sert plus mollement de son frein, sa présomption le fait tomber dans la prévarication. Il n'eût pu en être délivré si, dans le dessein de le régénérer, la venue du Christ n'avait restauré l'état de la liberté première ».

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Message  gabrielle le Sam 8 Aoû 2009 - 15:43

5. Tous les efforts, toutes les œuvres et tous les mérites des saints doivent être rapportés à la gloire et à la louange de Dieu. Personne ne lui plaît sinon grâce à ce qu'il a donné lui-même. C'est vers cette idée que nous dirige l'autorité décisive du pape Zosime, d'heureuse mémoire, lorsque, écrivant aux évêques de tout l'univers, il dit :

« Pour nous, c'est par une motion divine (tous les biens doivent être en effet rapportés à leur auteur, de qui ils proviennent) que nous avons tout remis à la conscience de nos frères et collègues, les évêques » 2. Les évêques d'Afrique vénérèrent avec tant d'honneur cette parole, où rayonnait la lumière d'une très sincère vérité qu'ils écrivirent ainsi à son auteur : « Cette phrase des lettres que vous avez pris soin d'envoyer à toutes les provinces, en disant : « Pour nous, mus par une motion divine », nous avons considéré que vous la disiez pour pourfendre rapidement en passant, avec le glaive dégainé de la vérité, ceux qui exaltent la liberté du libre arbitre contre l'aide de Dieu. Qu'avez-vous fait avec un si libre arbitre sinon tout rapporter à notre humble conscience? Et cependant, vous avez vu avec sincérité et sagesse que vous faisiez cela par une motion divine, et vous l'avez dit avec véracité et courage. C'est pourquoi, puisque la volonté est préparée par le Seigneur [Pr 8, 35, LXX], lui-même touche les cœurs de ses fils par ses inspirations paternelles, pour qu'ils fassent quelque bien. Tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu [Ro 8, 14]; ainsi, nous ne pensons pas que notre libre arbitre nous manque et nous ne doutons pas que, dans chacun des bons mouvements de la volonté humaine, l'aide du Saint Esprit ne soit prévalente».


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Message  gabrielle le Lun 10 Aoû 2009 - 16:05

6. Dieu agit dans le cœur des hommes et dans le libre arbitre lui-même, de sorte qu'une sainte pensée, un pieux dessein et tout mouvement de bonne volonté viennent de Dieu : nous pouvons quelque bien grâce à celui sans lequel nous ne pouvons rien [Jo 15, 5]. Le même docteur, Zosime, nous a formés à le dire, lorsqu'il parlait aux évêques de tout l'univers du secours de la grâce divine : « Y a-t-il donc un temps, dit-il, où nous n'ayons pas besoin de son secours? En tout acte, toute situation, toute pensée, tout mouvement, notre aide et protecteur doit être invoqué. » C'est orgueil, pour la nature humaine, de se targuer de quelque chose, alors que l'Apôtre proclame : « Ce n'est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, mais contre les principautés et les puissances de l'air, contre les esprits du mal des espaces célestes » [Ep 6, 12]. Et comme il dit encore : «Malheureux homme que je suis! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort? La grâce de Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ» [Ro 7, 24]. Et encore : «C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n'a pas été stérile; mais j'ai travaille plus qu'eux tous : pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi » [1 Co 15, 10]1.


1. Saint Zosime. Eptst. Tractorta. fragm. II, PL 20. 693 C, 694 A.

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Message  gabrielle le Mar 11 Aoû 2009 - 17:54

Le jugement des conciles


7. Nous acceptons aussi comme un bien, pour ainsi dire, du Siège Apostolique, ce qui a été décidé dans les décrets du concile de Carthage.. :

« De même : quiconque dit que cette même grâce de Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ nous aide à ne plus pécher parce qu'elle nous révèle et nous ouvre l'intelligence des commandements, en sorte que nous sachions ce que nous devons désirer et ce que nous devons éviter, mais qu'elle ne nous donne nullement l'amour et la force de faire aussi ce que nous avons reconnu comme notre devoir, qu'il soit anathème. Car, puisque l'Apôtre dit : «La science enfle, mais la charité édifie» [1 Co 8,1], il est très impie de croire que nous avons la grâce du Christ pour la science qui enfle et que nous ne l'avons pas pour la charité qui édifie, puisque c'est également un don de Dieu de savoir ce que nous devons faire et d'avoir l'amour pour le faire. Ainsi, la charité qui édifie empêche que la science ne nous enfle. Comme il est écrit de Dieu : « Il enseigne la science à l'homme» [Ps 93, 10], il est aussi écrit : « La charité vient de Dieu » [1 Jo 4, 7] .

« Il a été décidé de même : quiconque dit que la grâce de la justification nous est précisément donnée pour pouvoir accomplir plus facilement par elle ce que nous devons faire par notre libre arbitre, en sorte que, si la grâce n'était pas donnée, nous pourrions pourtant, quoique avec moins de facilité, observer sans elle les commandements de Dieu, qu'il soit anathème. Lorsqu'il parle du fruit des commandements, le Seigneur ne dit pas : « Sans moi, vous pouvez le faire plus difficilement », mais : «Sans moi,vous ne pouvez rien faire» [Jo 15,5] .



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Message  gabrielle le Mer 12 Aoû 2009 - 0:27

La liturgie de l'Église


8. Mais, outre ces décisions inviolables du très saint Siège Apostolique par lesquelles nos saints Pères, en rejetant l'orgueil de cette néfaste nouveauté, ont enseigné que les commencements de la bonne volonté, l'accroissement des efforts louables et la persévérance en eux jusqu'à la fin sont à attribuer à la grâce du Christ, considérons aussi les mystères des prières dites par les prêtres. Transmis par les Apôtres, ils sont célébrés uniformément dans le monde entier et dans toute l'Église catholique, pour que la loi de la prière constitue la loi de la foi. Lorsque ceux qui président aux saintes assemblées accomplissent la mission qui leur a été confiée, ils présentent à la clémence divine la cause du genre humain et, toute l'Eglise gémissant avec eux, ils demandent et ils prient pour que la foi soit donnée aux infidèles, pour que les idolâtres soient délivrés des erreurs qui les laissent sans Dieu, pour que le voile qui couvre le cœur des Juifs disparaisse et que la lumière de la vérité luise sur eux, pour que les hérétiques se repentent et acceptent la foi catholique, pour que les schismatiques reçoivent l'esprit d'une charité ranimée, pour qu'à ceux qui sont tombés soient donnés les remèdes de la pénitence, pour qu'enfin aux catéchumènes conduits aux sacrements de la régénération soit ouvert le palais de la miséricorde céleste. Ces demandes ne sont pas adressées à Dieu formellement ni vainement : les faits le montrent effectivement. Car Dieu daigne attirer nombre de victimes de toutes sortes d'erreurs; « arrachés à la puissance des ténèbres, il les fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé » [Col 1, 13] et, «de vases de colère,» il en fait «des vases de miséricorde » [Ro 9, 22-23]. Tout cela est si fortement ressenti comme l'œuvre de Dieu que l'action de grâces continuelle et la louange de sa gloire sont adressées à Dieu qui fait ces choses, pour avoir illuminé et corrigé ces hommes 1.

1. Ce chapitre concorde pleinement avec saint Prosper, De vocatione omnium gentium, I,12, PL 51. 664 sv. Cf. Missel romain. Vendredi saint, prières catholiques.

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Message  gabrielle le Mer 12 Aoû 2009 - 18:07

9. Contemplons aussi d'un regard diligent ce que la sainte Église fait uniformément pour les baptisés dans le monde entier. Quand des enfants ou des adolescents viennent au sacrement de la régénération, ils n'accèdent pas à la fontaine de vie avant que l'esprit immonde n'ait été expulsé d'eux par les exorcismes et les exsufflations des prêtres; afin que soit vraiment mis en lumière comment «le prince de ce monde est jeté dehors» [Jo 12, 31], comment « d'abord l'homme fort est ligoté » [Mt 12, 29], comment ensuite « on lui prend ses biens » [Mc 3, 27] passés en possession du vainqueur qui « a emmené captive la captivité » [Ep 4, 8] et qui « fait des dons aux hommes » [Ps 67, 19].

Ces règles de l'Église et ces preuves fondées sur l'autorité divine nous ont tellement confirmés, avec l'aide du Seigneur, que nous professons que Dieu est l'auteur de tous les bons mouvements et des bonnes actions, de tous les efforts et de toutes les vertus qui, depuis les commenéments de la foi, nous font tendre vers Dieu. Nous ne doutons pas que sa grâce prévienne tous les mérites de l'homme. Par lui, nous commençons à « vouloir » et à « faire » quelque bien [Ph 2, 13]. Cette aide et ce secours de Dieu n'enlèvent certes pas le libre arbitre, mais ils le libèrent, pour qu'obscur il soit lumineux, pervers il soit droit, languissant il soit sain, imprudent il soit sage. Si grande est en effet la bonté de Dieu pour tous les hommes qu'il veut que nos mérites soient ses propres dons et qu'il nous donnera une récompense éternelle pour ce qu'il nous a prodigue 1.

Il agit en nous pour que nous voulions et que nous fassions ce qu'il veut, et il ne souffre pas que demeure en nous inactif ce qu'il nous a donné pour nous en servir, non pour le négliger, afin que nous soyons aussi les coopérateurs de la grâce de Dieu. Si nous voyons quelque chose s'alanguir en nous par suite de notre lâcheté, recourons instamment à celui « qui guérit toutes nos langueurs et rachète notre vie de la mort» [Ps 102,3-4], lui à qui nous disons chaque jour : « Ne nous induisez pas en tentation, mais délivrez-nous du mal» [Mt 6, 13].


1. Saint Augustin, Epist. 194 ad Sixtum, 5. 19. PL 33, 880.

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Message  gabrielle le Jeu 13 Aoû 2009 - 0:45

10. Pour les points plus profonds et plus difficiles des questions qui se posent et qu'ont traitées plus au large ceux qui ont résisté aux hérétiques, nous n'osons pas les mépriser, pas plus que nous ne jugeons nécessaire de les alléguer, car pour confesser la grâce de Dieu, à l'œuvre miséricordieuse de qui rien absolument ne saurait échapper, nous croyons suffisant ce que ces écrits nous ont enseigné, en accord avec les règles du Siège Apostolique déjà mentionnées, si bien que nous ne considérerons plus comme catholique ce qui se présenterait comme contraire aux sentences déterminées ci-avant.


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Dernière édition par gabrielle le Ven 14 Aoû 2009 - 17:49, édité 1 fois (Raison : En lever le mot "fin" le document n'est pas fini.)

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Message  gabrielle le Ven 14 Aoû 2009 - 18:07

IIe CONCILE D'ORANGE
(529)


Les controverses semi-pélagiennes se poursuivirent jusqu'au début du siècle suivant. Il n'y fut mis fin, dans le midi de la France, que par saint Césaire, évêque d'Arles, lors d'un synode provincial tenu à Orange en 529, qui fut confirmé par le pape Boniface II en 531. Cette fois encore, c'est entièrement selon l'esprit de saint Augustin et en citant souvent ses propres expressions que sont développés les rapports de la grâce et de la liberté.

Canons sur la grâce


3. Si quelqu'un dit que la grâce de Dieu peut être donnée à la demande de l'homme et que ce n'est pas la grâce elle-même qui nous fait demander, il contredit le prophète Isaïe ou l'Apôtre qui dit comme lui : « J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis rendu visible pour ceux qui ne m'interrogeaient pas » [Ro 10, 20; cf. Is 65, 1].

4. Si quelqu'un prétend que Dieu attend notre vouloir pour nous purifier du péché, et s'il n'admet pas que même notre volonté de purification est un effet de l'infusion et de l'opération du Saint Esprit en nous, il résiste au Saint Esprit lui-même qui dit par Salomon : « La volonté est préparée par le Seigneur » [Pr 8, 35, LXX] et à l'Apôtre en sa prédication salutaire : « C'est Dieu qui opère en nous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » [Ph 2, 13].

5. Si quelqu'un dit que l'accroissement de la foi comme aussi son commencement et l'attrait de la croyance, par lequel nous croyons en celui qui justifie l'impie et qui nous fait parvenir à la régénération du saint baptême, ne sont pas en nous par un don de la grâce, c'est-à-dire par une inspiration du Saint Esprit qui redresse notre volonté en l'amenant de l'infidélité à la foi et de l'impiété à la piété, mais qu'ils nous sont naturels, il s'avère l'adversaire des dogmes apostoliques, puisque saint Paul dit : « Nous avons confiance que celui qui a commencé en vous cette belle œuvre la mènera à son terme jusqu'au jour du Christ Jésus » [Ph 1, 6], et ceci : « Il vous a été donné, non seulement de croire au Christ, mais encore de souffrir pour lui » [Ph 1, 29], et : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi, et cela ne vient pas de vous : c'est le don de Dieu » [Ep 2, 8]. Ceux qui déclarent naturelle la foi par laquelle nous croyons en Dieu en viennent à considérer, d'une certaine manière, comme fidèles tous ceux qui sont étrangers à l'Église du Christ 1.


1. Cf. Saint Augustin, De prœdestinatione sanctorum, PL 44, 959-992.

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Message  gabrielle le Sam 15 Aoû 2009 - 15:43

6. Si quelqu'un dit que la miséricorde nous est donnée par Dieu lorsque, sans la grâce, nous croyons, nous voulons, nous désirons, nous faisons des efforts, nous travaillons, nous prions, nous veillons, nous étudions, nous demandons, nous cherchons, nous frappons à la porte, et qu'il ne confesse pas que notre foi, notre volonté, et notre capacité d'accomplir ces actes comme il faut se font en nous par l'infusion et l'inspiration du Saint Esprit; s'il subordonne l'aide de la grâce à l'humilité ou à l'obéissance de l'homme et s'il n'admet pas que c'est le don de la grâce elle-même qui nous permet d'être obéissants et humbles, il résiste à l'Apôtre qui dit : « Qu'as-tu que tu n'aies reçu? » [1 Co 4, 7] et : « C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis » [1 Co 15, 10] 2.


2. Saint Augustin, De dono perseverantiae 23, 64; Contra collat. 2, 6, PL 45, 1032; 1804.

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Message  gabrielle le Dim 16 Aoû 2009 - 16:45

15. « Par rapport à l'état dans lequel Dieu l'avait formé, Adam a été changé, mais en pire, par son iniquité. Par rapport à l'état dans lequel l'iniquité l'a fait, le fidèle est changé, mais en mieux, par la grâce de Dieu. Le premier changement est dû au premier pécheur, le second « changement », selon le psalmiste, « est dû à la droite du Très-Haut » [Ps 76, 11] 3.

3. Saint Prosper, Sententiœ ex S. Augustino, 225, PL 45, 1878; (Saint Augustin, Enarr. in psalmos, sermo 1, 2, PL 36, 841).

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Message  gabrielle le Mar 18 Aoû 2009 - 18:37

Ce que la tradition enseigne sur la grâce


Ainsi, selon les sentences de la sainte Écriture et les définitions des anciens Pères alléguées plus haut, nous devons, avec l'aide de Dieu, prêcher et croire que le péché du premier homme a tellement dévié et affaibli le libre arbitre que personne, depuis, ne puisse aimer Dieu comme il faut ni croire ni faire le bien pour Dieu, si la grâce de la miséricorde divine ne l'a prévenu.

C'est pourquoi nous croyons qu'Abel le juste et Noé et Abraham et Isaac et Jacob et toute la multitude des saints d'autrefois n'ont pas reçu cette admirable foi, dont saint Paul les loue dans sa prédication [He 11], par la bonté de la nature donnée primitivement à Adam, mais par la grâce de Dieu. Nous savons et nous croyons que pour tous ceux qui désirent être baptisés, cette grâce, même après la venue du Seigneur, ne se trouve pas dans le libre arbitre, mais qu'elle est conférée par la libéralité du Christ, selon la parole, déjà souvent répétée, que saint Paul prêche : « Il vous a été donné, non seulement de croire au Christ, mais encore de souffrir pour lui » [Ph 1, 29], et ceci : « Dieu qui a commencé en vous cette belle œuvre la mènera à son ternie jusqu'au jour de notre Seigneur » [Ph 1, 6], et ceci : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi, et cela ne vient pas de vous; c'est le don de Dieu » [Ep 2, 8], et ce que l'Apôtre dit de lui-même : « Il m'a été fait miséricorde, pour que je sois fidèle » [1 Co 7, 25; 1 Tm 1, 13]; il ne dit pas « parce que j'étais », mais « pour que je sois ». Et ce texte : « Qu'as-tu que tu n'aies reçu? » [1 Co 4, 7], et celui-ci : « Tout don de valeur et tout cadeau parfait descend du Père des lumières » [Je 1, 17], et ceci : « Personne n'a rien qui ne lui ait été donné d'en-haut » [Jo 3, 27]. Innombrables sont les témoignages des saintes Écritures, qu'on pourrait citer pour prouver la grâce. Le souci de la brièveté les a fait omettre; à vrai dire, beaucoup de textes ne seront pas utiles à qui un petit nombre ne suffit pas.


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Message  gabrielle le Jeu 20 Aoû 2009 - 15:12

Ce que la tradition enseigne sur la prédestination


Nous croyons aussi, selon la foi catholique, qu'après avoir reçu la grâce par le baptême, tous les baptisés peuvent et doivent accomplir, avec l'aide et la coopération du Christ, tout ce qui concerne le salut de leur âme, s'ils veulent fidèlement y travailler. Non seulement nous ne croyons pas que certains hommes soient prédestinés au mal par la puissance divine, mais s'il était des gens qui veuillent croire une telle horreur, nous les condamnons, avec toute notre réprobation. Nous confessons et nous croyons aussi pour notre salut que, dans toute bonne œuvre, ce n'est pas nous qui commençons et qui sommes ensuite aidés par la miséricorde de Dieu, mais que c'est lui, sans aucun bon mérite préalable de notre part, qui d'abord nous inspire et la foi et l'amour, pour que nous recherchions fidèlement le sacrement du baptême et qu'après le baptême nous puissions accomplir, avec son aide, ce qui lui plaît. C'est pourquoi nous devons croire très nettement que la foi si admirable du larron que le Seigneur a appelé à la patrie du Paradis [Lc 23, 43], que celle du centurion Corneille à qui l'ange du Seigneur fut envoyé [Ac 10, 3] et celle de Zachée qui mérita de recevoir le Seigneur en personne [Lc 19, 6], ne fut pas un don de la nature, mais un don de la libéralité divine.

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Message  gabrielle le Ven 21 Aoû 2009 - 16:08

ERREURS DE LUTHER CONDAMNÉES PAR LÉON X
(1520)


La bulle Exsurge Domine condamne quarante-et-une propositions de Luther, au nombre desquelles figurent celles sur la concupiscence « foyer du péché », sur le libre arbitre et sur les œuvres des justes.

1. C'est une opinion hérétique, mais fréquente, que les sacrements de la Loi nouvelle donnent la grâce de la justification à ceux qui n'y mettent pas obstacle.

2. Nier que le péché demeure dans un enfant après le baptême est fouler aux pieds tout à la fois Paul et le Christ.

3. Le foyer du péché empêche l'entrée du ciel pour l'âme qui quitte son corps, même s'il n'y a pas de péché actuel.

31. En toute bonne œuvre, le juste pèche.

32. Une bonne œuvre parfaitement accomplie est un péché véniel.

36. Le libre arbitre, après le péché, n'est autre chose qu'un titre; et, quand il fait ce qui est en son pouvoir, il pèche mortellement.


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Message  gabrielle le Sam 22 Aoû 2009 - 16:36

CONCILE DE TRENTE (XIXe ŒCUMÉNIQUE) VIe SESSION (1547)
DÉCRET SUR LA JUSTIFICATION


Ce décret est un des plus importants de tout le concile de Trente-Sa préparation demanda au moins sept mois. Il ne s'agissait pas seulement de réfuter le principe de l'hérésie de Luther, qui consiste précisément dans sa doctrine de la justification, mais de donner une vue d'ensemble de la doctrine de la grâce.

La doctrine de Luther peut se résumer comme suit :

Dans l'état primitif, l'homme portait en lui l'image de Dieu : la chute l'a détruite. Le péché originel est la perversion de la nature dont héritent tous les descendants, la concupiscence mauvaise qui rend l'homme intérieurement mauvais. Tout ce que fait l'homme est péché, puisqu'il possède une nature qui est et demeure déchue. Quant à sa justification, le fidèle n'y peut coopérer en aucune façon. Sa foi, sa confiance en Dieu sont l'unique voie pour y parvenir ; elles en sont déjà le signe. Or cette justification ne consiste point en une rénovation intime de l'homme. Dieu se contente de le déclarer juste ; en vertu de quoi, il lui impute les mérites du Christ. Aussi les œuvres de l'homme ne peuvent-elles devenir en aucune façon méritoires pour le ciel, car la nature humaine, source de l'activité humaine, n'est pas redevenue bonne par la justification.

Pour l'essentiel, cette doctrine du péché et de la justification a été adoptée par les autres Réformateurs. Calvin y a encore ajouté la doctrine de la prédestination absolue par Dieu, qui prédestine non seulement les bons au ciel, mais aussi les mauvais au mal et à l'enfer, indépendamment de leurs mérites ou de leurs fautes.


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Message  gabrielle le Lun 24 Aoû 2009 - 18:56

Préambule


Notre époque ayant vu, pour la perte de beaucoup d'âmes et le grave détriment de l'unité de l'Église, se répandre une fausse doctrine de la justification : pour la louange et la gloire du Dieu tout-puissant, pour la paix de l'Église et le salut des âmes, le saint Concile de Trente, œcuménique et général, légitimement réuni dans l'Esprit Saint, sous la présidence, exercée au nom de notre très saint Père et Seigneur dans le Christ, Paul III, pape par la divine Providence, des Révérendissimes Seigneurs Jean-Marie del Monte, évêque de Préneste, et Marcel, prêtre du titre de Sainte-Croix-en-Jérusalem, Cardinaux de la sainte Église romaine et légats apostoliques a latere, se propose d'exposer à tous les fidèles du Christ la vraie et saine doctrine de la justification, enseignée par « le soleil de justice» [MI 4,2], Jésus-Christ, « auteur de notre foi, qui la mène à sa perection»[He 12,21], transmise par les Apôtres et, sous l'inspiration du Saint Esprit, toujours conservée dans l'Église catholique, en interdisant sévèrement que personne à l'avenir n'ose, prêcher ou enseigner autrement que ce que le présent décret décide et déclare.

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