La grâce

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Message  gabrielle le Mar 25 Aoû 2009 - 15:19

Ch. 1 : Impuissance de la nature et de la Loi pour justifier les hommes


En premier lieu, le saint Concile déclare que, pour avoir de la doctrine de la justification une intelligence exacte et authentique, il faut que chacun reconnaisse et confesse que, tous les hommes ayant perdu l'innocence dans la prévarication d'Adam [Ro 5, 12; 1 Co 15, 22] , «devenus impurs» [Is 64, 6] et, comme dit l'Apôtre, «enfants de colère par nature» [Ep 2, 3], selon l'exposé du décret sur le péché originel, ils étaient à ce point «esclaves du péché » [Ro 6, 20], assujettis au diable et à la mort, que non seulement les païens par les forces de la nature , mais encore les juifs eux-mêmes par la lettre de la Loi mosaïque, ne pouvaient se libérer ou se relever de cet état, bien que le libre arbitre ne fût nullement éteint en eux , mais seulement affaibli et dévié en sa force.

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Message  gabrielle le Mer 26 Aoû 2009 - 15:41

Ch. 2 : L'économie et le mystère de la venue du Christ


Ainsi arriva-t-il que le Père céleste, « Père des miséricordes et Dieu de toute consolation » [2 Co 1, 3], après l'avoir annoncé et promis, avant la Loi et du temps de la Loi, à beaucoup de saints Pères [Gn 49, 10, 18], envoya aux hommes, quand vint la bienheureuse « plénitude des temps» [Ep 1,10; Ga 4, 4], le Christ Jésus, son Fils, pour racheter les Juifs sujets de la Loi, pour « faire aussi atteindre la justice aux païens qui ne la cherchaient pas » [Ro 9, 30] et pour que tous « reçussent la qualité de fils adoptifs » [Ga 4, 5]. C'est lui que « Dieu a établi victime propitiatoire en son sang, moyennant la foi, pour nos péchés » [Ro 3, 25], « non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier » [1 Jo 2, 2].

Ch. 3 : Ceux qui sont justifiés par le Christ


Mais, bien que lui «soit mort pour tous » [2 Co 5, 15], tous cependant n'éprouvent pas le bienfait de sa mort, mais ceux-là seulement auxquels le mérite de sa Passion est communiqué. Car de même que les hommes ne naîtraient pas dans l'injustice s'ils ne naissaient de la descendance corporelle d'Adam, descendance qui leur fait contracter, par lui, lorsqu'ils sont conçus, l'injustice personnelle, de même ils ne seraient jamais justifiés s'ils ne naissaient pas dans le Christ d'une naissance nouvelle où leur est accordée, par le mérite de sa Passion, la grâce qui les fait justes. Pour ce bienfait l'Apôtre nous exhorte à « rendre grâces continuellement au Père qui nous a rendus dignes d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière » [Col 1, 12] et «qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres et transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption et la rémission des péchés » [Col 1, 13-14].

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Message  gabrielle le Dim 30 Aoû 2009 - 18:06

Ch. 4 : Esquisse d'une description de la justification de l'impie. Son mode dans l'état de grâce Ces mots esquissent une description de la justification de l'impie, comme un transfert de l'état dans lequel l'homme naît fils du premier Adam, à l'état de grâce et « d'adoption des fils » de Dieu [Ro 8, 15], par le second Adam, Jésus-Christ notre Sauveur. Ce transfert, depuis la promulgation de l'Évangile, ne peut s'accomplir sans le bain de la régénération ni sans le désir de le recevoir, suivant ce qui est écrit : « Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit Saint » [Jo 3,5].

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Message  gabrielle le Lun 31 Aoû 2009 - 17:09

Ch. 5 : Nécessité pour les adultes d'une préparation à la justification. Son origine


Le Concile déclare en outre que le commencement de la justification chez les adultes doit être cherché dans la grâce prévenante de Dieu par Jésus-Christ , c'est-à-dire par un appel de lui, qui leur est adressé sans aucun mérite préalable en eux. De la sorte, ceux que leurs péchés avaient détournés de Dieu se disposent, poussés et aidés par sa grâce, à se tourner vers leur justification, en acquiesçant et en coopérant librement à cette grâce . Ainsi Dieu touche le cœur de l'homme par l'illumination du Saint Esprit, mais l'homme lui-même n'est nullement inactif en recevant cette inspiration, qu'il pourrait tout aussi bien rejeter, et cependant, sans la grâce divine, il demeure incapable de se porter par sa libre volonté vers cet état de justice devant Dieu . C'est pourquoi, quand il est dit dans la sainte Écriture : « Tournez-vous vers moi et, moi, je me tournerai vers vous » [Za 1, 3], notre liberté nous est rappelée; quand nous répondons : « Tournez-nous vers vous, Seigneur, et nous nous convertirons » [Lm 5, 21], nous confessons que la grâce de Dieu nous prévient.

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Message  gabrielle le Mer 2 Sep 2009 - 18:20

Ch. 6 : Mode de la préparation



Les hommes sont disposés à la justice elle-même quand, poussés et aidés par la grâce divine, la foi « qu'ils entendent prêcher » se formant en eux [Ro 10, 17], ils se tournent librement vers Dieu, croyant à la vérité de la révélation et des promesses divines , à celle-ci notamment, que Dieu justifie l'impie par sa grâce, « au moyen de la Rédemption qui est dans le Christ Jésus » [Ro 3, 24]; quand, comprenant qu'ils sont pécheurs, en passant de la crainte de la justice divine, qui les ébranle salutairement , à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s'élèvent à l'espérance, confiants que Dieu, à cause du Christ, leur sera favorable, quand ils commencent à l'aimer comme la source de toute justice et, pour cette raison, se retournent contre leurs péchés dans une sorte de haine et de détestation , c'est-à-dire par cette pénitence que l'on'doit faire avant le baptême [Ac 2, 38]; quand, enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d'observer les commandements divins.

De cette préparation il est écrit : « Celui qui approche de Dieu doit croire qu'il est et qu'il récompense ceux qui le cherchent» [He 11, 6], et : «Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis » [Mt 9, 2; Me 2, 5], et : « La crainte du Seigneur chasse les péchés » [Si 1, 27], et : « Faites pénitence et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez le don de l'Esprit Saint » [Ac 2, 38], et : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé» [Mt 28,19 sv], et : « Préparez vos cœurs pour le Seigneur » [1 R 7, 3].


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Message  gabrielle le Jeu 3 Sep 2009 - 16:42

Ch. 7 : La justification de l'impie et ses causes


Cette disposition ou préparation est suivie de la justi- iication elle-même, qui n'est pas simple rémission des péchés, mais aussi sanctification et rénovation de l'homme intérieur par la réception volontaire de la grâce et des dons. Par là, l'homme d'injuste devient juste, d'ennemi ami, pour être « héritier, en espérance, de la vie éternelle » [Tt 3, 7].

De cette justification, voici les causes : cause finale, la gloire de Dieu et du Christ, et la vie éternelle; cause efficiente, Dieu, qui, dans sa miséricorde, purifie et sanctifie gratuitement [1 Co 6, 11] «par le sceau» et l'onction « de l'Esprit Saint promis, qui est le gage de notre héritage » [Ep 1, 13 sv]; cause méritoire, le Fils unique bien-aimé de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ, qui, « alors que nous étions ennemis » [Ro 5, 10], à cause de l'extrême amour dont il nous a aimés [Ep 2, 4], a mérité notre justification par sa très sainte Passion sur le bois de la Croix et a satisfait pour nous à Dieu son Père; cause instrumentale, le sacrement de baptême, le « sacrement de la foi » 1 sans laquelle il n'est jamais arrivé à personne d'être justifié. Enfin, l'unique cause formelle est la justice de Dieu, « non celle par laquelle il est juste lui-même, mais celle par laquelle il nous fait justes » 2, celle reçue de lui en don qui nous renouvelle au plus intime de l'âme, par qui non seulement nous sommes réputés justes, mais vraiment justes et nommés tels, recevant en nous la justice, dans la mesure où « l'Esprit Saint distribue à chacun à son gré » [1 Co 12, 11] et selon la disposition et la coopération personnelles de chacun.

En effet, bien que personne ne puisse être juste que par la communication des mérites de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, cette communication s'accomplit dans la justification de l'impie, quand, par le mérite de cette Passion très sainte, « la charité de Dieu est répandue par le Saint Esprit dans les cœurs de ceux qui sont justifiés » [Ro 5, 5] et y demeure inhérente . Aussi, dans la justification même, avec la rémission des péchés l'homme reçoit-il à la fois, par Jésus-Christ en qui il est inséré, tous ces dons infus : la foi, l'espérance et la charité. Car si l'espérance et la charité ne se joignent pas à la foi, la foi n'unit pas parfaitement au Christ et ne rend pas membre vivant de son Corps. C'est la raison pour laquelle il est dit en toute vérité : « La foi sans les œuvres est morte» [Je 2, 17 sv] et inutile , et «Dans le Christ Jésus ni la circoncision ni l'incirconcision n'ont de valeur, mais la foi qui opère par la charité » [Ga 5, 6; 6, 15].

C'est elle que, selon la tradition des Apôtres, les catéchumènes demandent à l'Église avant le sacrement du baptême, quand ils demandent « la foi qui procure la vie éternelle » 1 que, sans l'espérance et la charité, la foi ne saurait procurer. Aussi entendent-ils immédiatement la parole du Christ : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » [Mt 19, 17]. C'est pourquoi, en recevant la justice chrétienne véritable, cette « première robe » [Lc 15, 22] qui leur est donnée par Jésus-Christ à la place de celle qu'Adam perdit, pour lui et pour nous, par sa désobéissance, ils se voient ordonner, dès leur renaissance, de la conserver blanche et sans tache, pour l'apporter devant le tribunal de notre Seigneur Jésus-Christ et avoir la vie éternelle 2.



1. Saint Ambroise, De Spiritu Sancta, 1. c. 3, 42, PL 16, 714 A; Saint Augustin, Eplst. 98 ad Bonifacium, 9 sv, PL 33, 364,
2, Saint Augustin, De Trinitate, 1. 14, c. 12, 15, PL 42, 1048.
1. Rituel romain du baptême, n° 1.
2. Rituel romain du baptême, n° 24.


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Message  gabrielle le Ven 4 Sep 2009 - 17:42

Ch. 8 : Comment comprendre que l'impie est justifié par la foi et gratuitement


Quand donc l'Apôtre dit que l'homme est justifié par la foi et « gratuitement » [Ro 3, 22, 24], ces mots sont à prendre dans le sens que l'Église catholique a toujours et unanimement tenu et exprimé, à savoir que nous sommes dits justifiés par la foi parce que la foi est le commencement du salut de l'homme 1 le fondement et la racine de toute justification, « sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu » [He 11, 6] et de parvenir à partager le sort de ses enfants; nous sommes dits justifiés gratuitement parce que rien de ce qui précède la justification, foi ou œuvres, ne mérite cette grâce de la justification, Car, « si c'est une grâce, elle ne vient pas des œuvres »; « autrement », comme le dit le même Apôtre, « la grâce ne serait plus la grâce » [Ro 11, 6].

Ch. 9 : Contre la vaine confiance des hérétiques


Bien que l'on doive croire que les péchés ne sont ni n'ont jamais été remis que gratuitement par la miséricorde divine à cause du Christ, personne ne peut dire, en se targuant de la confiance assurée qu'il a de la rémission de ses péchés et en s'en remettant à elle seule, que ses péchés lui sont ou lui ont été remis. Chez les hérétiques et les schismatiques, il peut arriver, il arrive même à notre époque, que cette confiance vaine et étrangère à toute piété soit prêchée à grand bruit contre l'Église catholique . Mais il ne faut pas non plus affirmer que ceux qui sont vraiment justifiés doivent être indubitablement convaincus en eux-mêmes de leur justification ni que personne n'est absous de ses péchés et justifié s'il ne croit avec certitude qu'il l'est, que seule cette foi réalise l'absolution et la justification , comme si ne pas le croire était douter des promesses de Dieu et de l'efficacité de la mort et de la résurrection du Christ. En effet, de même qu'aucun fidèle pieux ne doit douter de la miséricorde de Dieu, du mérite du Christ et de la vertu et de l'efficacité des sacrements, de même, en considérant sa propre faiblesse et son manque de disposition, il peut s'interroger avec crainte et tremblement sur sa grâce ; car nul ne peut savoir d'une certitude de foi excluant toute erreur qu'il a obtenu la grâce de Dieu.




1. Saint Fulgence, De fide ad Petrum, Prol. 1. PL 65, 671 B.

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Message  gabrielle le Sam 5 Sep 2009 - 19:15

Ch. 10 : L'accroissement de la justification reçue



Ainsi les justifiés, devenus « amis de Dieu et membres de sa famille » [Jo 15, 15; Ep 2, 19], marchant « de vertu en vertu» [Ps 83, 8], «se renouvellent», comme dit l'Apôtre, « de jour en jour » [2 Co 4, 16], c'est-à-dire « en mortifiant les membres de leur chair » [Col 3, 5] et en les offrant comme des armes à la justice pour la sanctification, par l'observation des commandements de Dieu et de l'Église; ils croissent dans la justice qu'ils ont reçue par la grâce du Christ, « la foi coopérant aux bonnes œuvres» [Je 2, 22], et ils sont justifiés davantage , comme il est écrit : « Celui qui est juste, sera encore justifié » [Ap22, 11], et aussi : «Ne crains pas d'être justifié jusqu'à la mort » [Si 18, 22], et encore : « Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seule » [Jc 2, 24J. Cet accroissement de justice, la sainte Église le demande dans sa prière : « Donnez-nous, Seigneur, plus de foi, d'espérance et de charité » 1


1. Missel Romain, 13e dimanche après la Pentecôte, collecte.

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Message  gabrielle le Lun 7 Sep 2009 - 16:49

Ch. 11 : L'observation des commandements; sa nécessité et sa possibilité



Personne, si justifie qu'il soit, ne doit se croire affranchi de l'observation des commandements . Personne ne doit user de cette formule téméraire et interdite sous peine d'anathème par les saints Pères que l'observation des commandements divins est impossible à l'homme justifié . Car « Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant il t'invite à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas » 2 et il t'aide à pouvoir. « Ses commandements ne sont pas lourds » [1 Jo 5, 3], « son joug est doux et son fardeau léger » [Mt 11, 30]. Ceux qui sont fils de Dieu aiment le Christ : « ceux qui l'aiment », lui-même en témoigne, « gardent ses enseignements » [Jo 14, 23], ce qui leur est toujours possible avec le secours divin. Bien qu'en cette vie mortelle, si saints et si justes soient-ils, il leur arrive de tomber au moins dans ces fautes légères et quotidiennes qu'on appelle aussi vénielles , ils ne cessent pas pour autant d'être justes. Les justes disent cette prière humble et véridique : « Remets-nous nos dettes » [Mt 6,12]. Aussi les justes doivent-ils se sentir d'autant plus obligés à marcher dans la voie de la justice que, « libérés désormais du péché, devenus serviteurs de Dieu » [Ro 6, 22], « vivant une vie de tempérance, de justice et de piété » [Tt 2, 12], ils peuvent progresser par le Christ Jésus « qui leur a ouvert l'accès de cette grâce » [Ro 5, 2]. Car Dieu « n'abandonne pas ceux qu'il a une fois justifiés par sa grâce, à moins qu'eux d'abord ne l'abandonnent » 1

C'est pourquoi personne ne doit se flatter de la foi seule , dans la pensée que la foi seule le constitue héritier et lui fera obtenir l'héritage, même s'il ne souffre pas avec le Christ, pour être glorifié avec lui [Ro 8, 17]. Car le Christ lui-même, au dire de l'Apôtre, « tout Fils de Dieu qu'il fût, a appris, par ses souffrances, à obéir, et ayant tout accompli, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel » [He 5, 8 sv]. Voilà pourquoi l'Apôtre lui-même donne aux justes cet avertissement : « Ne savez-vous pas que, dans les courses du stade, tous courent, mais un seul remporte le prix? Courez de manière à gagner. Pour moi, donc, c'est ainsi que je cours, non comme si c'était sans but; je combats, non comme en frappant dans le vide, mais je châtie mon corps et j'en fais mon esclave, de peur qu'après avoir prêché aux autres je ne sois moi-même éliminé » [1 Co 9, 24 sv]. Le chef des Apôtres, Pierre, dit de même : « Appliquez-vous à rendre certaines votre vocation et votre élection par vos bonnes œuvres; en agissant ainsi, vous ne pécherez jamais » [2 P 1, 10].

On voit donc que ceux qui disent qu'en toute bonne action le juste pèche au moins véniellement ou, ce qui est plus inadmissible encore, qu'il mérite les peines éternelles, s'opposent à la doctrine orthodoxe de la religion, de même que ceux qui déclarent que les justes pèchent en toutes leurs actions si, pour secouer leur nonchalance et pour s'exhorter à courir dans le stade, ils joignent à ce but premier qu'est la gloire de Dieu celui de la récompense éternelle . Il est dit : « J'ai disposé mon cœur vers la pratique de tes prescriptions, à cause de la récompense » [Ps 118, 112]; et l'Apôtre dit de Moïse «qu'il avait les yeux fixés sur la récompense » [He 11, 26].


2. Saint Augustin, De natura et gratia, c. 43. n. 50, PL 44,271.
1. Saint Augustin. De natura et gratla, c. 26. n. 29. PL 44, 261.


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Message  gabrielle le Jeu 10 Sep 2009 - 16:51

Ch. 12 : On doit se garder d'une téméraire présomption sur la prédestination


Personne non plus, tant qu'il vit dans la condition mortelle, ne doit présumer tellement du mystère secret de la prédestination divine qu'il se déclare certainement au nombre définitif des prédestinés , comme s'il était vrai qu'une fois justifié il ne puisse pécher , ou, s'il pèche, qu'il doive se promettre une repentance certaine. Car, sans révélation spéciale, on ne peut savoir ceux que Dieu s'est choisis .

Ch. 13 : Le don de la persévérance


Pareillement, au sujet du don de la persévérance , dont il est écrit : « Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé » [Mt 10, 22; 24, 13], ce qui est impossible sans celui qui a « le pouvoir de maintenir celui qui est debout, pour qu'il continue de l'être» [Ro 14, 4] et de relever celui qui tombe, personne ne doit se promettre avec une certitude absolue quelque sécurité, bien que tous aient le devoir de placer et de faire reposer dans le secours de Dieu leur plus ferme espérance. Car Dieu, s'ils ne sont pas infidèles à sa grâce, mènera à son terme la bonne œuvre, comme il l'a déjà commencée, « en produisant le vouloir et le faire » [Ph 2, 13]. Pourtant, « que ceux qui se croient debout prennent garde de tomber » [1 Co 10, 12] et « qu'ils travaillent à leur salut avec crainte et tremblement » [Ph 2, 12] dans les fatigues, les veilles, les aumônes, les prières et les offrandes, dans les jeûnes et la chasteté [2 Co 6, 3 sv]. Sachant que leur nouvelle naissance les met « dans l'espérance » de la gloire [1 P 1, 3], mais pas encore dans la gloire, ils doivent nourrir des craintes sur ce combat qui leur reste à livrer avec la chair, avec le monde, avec le diable; ils ne pourront en sortir vainqueurs que si, avec la grâce de Dieu, ils obéissent à l'Apôtre qui dit : « Nous ne sommes plus tenus vis-à-vis de la chair, de vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez. Mais si, vivant par l'esprit, vous faites mourir les œuvres du corps, vous vivrez » [Ro 8, 12 sv].

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Message  gabrielle le Ven 11 Sep 2009 - 22:34

Ch. 14 : Ceux qui sont tombés et leur restauration


Quant à ceux qui, après avoir reçu la grâce de la justification, en sont déchus par le péché, ils pourront être de nouveau justifiés si, poussés par Dieu, ils font effort pour retrouver, par le sacrement de pénitence fondé sur le mérite du Christ, la grâce qu'ils ont perdue. Ce mode de justification est le relèvement du pécheur, justement appelé par les saints Pères « la seconde planche après ce naufrage qu'est la perte de la grâce » 1 C'est en effet pour ceux qui, après le baptême, tombent dans le péché que le Christ Jésus a institué le sacrement de la pénitence, quand il a dit : « Recevez le Saint Esprit; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » [Jo 20, 22-23].

On doit donc enseigner que la pénitence du chrétien qui a péché diffère beaucoup de la pénitence baptismale; elle comporte non seulement l'abandon des péchés et leur détestation, ou « un cœur contrit et humilié » [Ps 50, 19], mais encore leur confession sacramentelle, ou du moins le désir de la faire quand l'occasion se trouvera, et l'absolution par un prêtre, ainsi que la satisfaction par les jeûnes, les aumônes, les prières et les autres pieux exercices de la vie spirituelle, non pour remettre la peine éternelle, remise en même temps que la coulpe par la réception ou le désir du sacrement, mais pour remettre la peine temporelle qui, selon l'enseignement de la sainte Écriture, n'est pas toujours totalement remise, comme elle l'est au baptême, à ceux qui, ingrats envers la grâce de Dieu qu'ils ont reçue, « ont contristé le Saint Esprit » [Ep 4, 30] et n'ont pas craint de « violer le temple de Dieu » [1 Co 3, 17J. C'est la pénitence dont il est écrit : « Rappelle-toi d'où tu es tombé, fais pénitence et reviens à tes premières œuvres» [A p 2, 5], et encore : «Faites pénitence» [Mt 3, 2; 4, 17J, et : « Faites de dignes fruits de pénitence » [Mt 3, 8J.]



1. Tertulien, De pœnitentia, 4, 7, 9, 12, PL 1. 1233 sv; Saint Jérôme, Epist. 130, 9, Ad Demetriadem, PL 22, 1115; In Isiam. 2, 3, 56, PL 24, 650; Saint Pacien, Epist. 1 5, PL 13, 1056 A; De lapus virg. consecr, c. 8, 38, PL 16, 379 A.

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Message  gabrielle le Sam 12 Sep 2009 - 17:16

Ch. 15 : Tout péché mortel fait perdre la grâce, mais non la foi


Contre certains esprits rusés qui « par de doux discours et des bénédictions séduisent les cœurs simples » [Ro 16,18], il faut affirmer que la grâce de la justification, une fois reçue, se perd non seulement par l'infidélité , qui fait perdre la foi elle-même, mais encore par n'importe quel autre péché mortel, où la foi ne se perd pas . C'est défendre l'enseignement de la loi divine qui ne se contente pas d'exclure du Royaume de Dieu les infidèles, mais aussi les fidèles « fornicateurs, adultères, efféminés, sodomites, voleurs, avares, ivrognes, médisants, rapaces» [1 Co 6,9 sv] et tous les autres qui commettent des péchés mortels dont ils peuvent, avec l'aide de la grâce divine, s'abstenir, et qui les séparent de la grâce du Christ .

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Message  gabrielle le Lun 14 Sep 2009 - 17:24

Ch. 16 : Le fruit de la justification : le mérite des bonnes œuvres. Sa nature


C'est dans cette perspective que l'on doit proposer aux hommes justifiés, qu'ils aient toujours gardé la grâce après l'avoir reçue ou qu'ils l'aient recouvrée après l'avoir perdue, ces mots de l'Apôtre : « Soyez riches en bonnes œuvres, convaincus que votre labeur n'est pas vain dans le Seigneur » [1 Co 15, 58], « car Dieu n 'est pas injuste au point d'oublier ce que vous avez fait et la charité que vous avez déployée en son nom » [He 6, 10], et : « Ne perdez pas votre confiance; elle aura une grande récompense » [He 10, 35].

Voilà pourquoi à ceux qui agissent bien jusqu'à la fin et qui espèrent en Dieu, la vie éternelle doit être proposée et comme la grâce miséricordieuse promise par le Christ Jésus aux fils de Dieu, et « comme la récompense »1 que Dieu lui-même, selon sa promesse, accordera fidèlement à leurs bonnes œuvres et à leurs mérites . C'est là, en effet, « la couronne de justice » que l'Apôtre déclare « à lui réservée après son combat et sa course; le juste juge la lui décernera, non seulement à lui, mais aussi à tous ceux qui désirent avec amour sa venue » [2 Tm 4, 7 sv]. Car le Christ Jésus lui-même communique constamment sa force aux justifiés, « comme la tête aux membres» [Ep 4, 15], comme «le cep aux sarments» [Jo 15, 5]. Cette force précède, accompagne et suit toujours leurs bonnes œuvres qui, sans elle, ne sauraient à aucun titre être agréables à Dieu et méritoires .

On doit croire qu'il ne manque plus rien aux justifiés pour estimer qu'ils ont pleinement satisfait à la loi divine, dans les conditions de cette vie, par les bonnes œuvres accomplies en Dieu, et qu'ils ont vraiment mérité d'obtenir, au temps fixé, la vie éternelle, si toutefois ils meurent dans la grâce, puisque notre Seigneur dit : «Si quelqu'un boit de l'eau que je lui donnerai, il n'aura plus jamais soif; elle deviendra en lui une source jaillissante pour la vie éternelle » [Jo 4, 13 sv]. Ainsi « notre justice personnelle » n'est pas « constituée par notre fonds personnel » et « la justice de Dieu n'est ni méconnue » ni rejetée [Ro 10, 3]. Cette justice est dite nôtre, parce qu'inhérente à nous elle nous justifie , et elle est aussi de Dieu, parce que Dieu l'infuse en nous par le mérite du Christ.

Il ne faut pas l'oublier non plus : bien que la sainte Écriture attribue aux œuvres une valeur telle que le Christ promet à « celui qui donne un verre d'eau fraîche au plus petit d'entre les siens qu'il ne restera pas sans récompense » [Mt 10, 42], bien que l'Apôtre témoigne que « la légère tribulation du moment présent nous prépare, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire dans les cieux » [2 Co 4, 17], que jamais pourtant le chrétienn'ait confiance ou « ne se glorifie » en lui-même et non «dans le Seigneur» [1 Co 1, 31 ; 2 Co 10, 17], dont la bonté envers les hommes est si grande qu'il veut que leurs mérites soient ses propres dons . Et parce que « tous, nous péchons en bien des choses » [Je 3, 2] , chacun doit avoir devant les yeux la sévérité et le jugement de Dieu aussi bien que sa miséricorde et sa bonté, et ne pas se juger lui-même, ne fût-il « conscient d'aucune faute ». Car toute la vie des hommes doit être appréciée et jugée non par un jugement d'homme, mais par celui de Dieu, « qui éclaire les secrets des ténèbres et manifeste les desseins des cœurs; alors, chacun recevra sa louange de Dieu » [1 Co 4, 4 sv] qui, comme il est écrit, rendra à chacun selon ses œuvres [Ro 2, 6].

Après avoir exposé la doctrine catholique sur la justification, que chacun doit recevoir fidèlement et fermement pour être justifié, il a plu au saint Concile d'ajouter les canons suivants, pour que tous sachent non seulement ce qu'ils doivent tenir et suivre, mais aussi ce qu'ils doivent éviter et fuir.



I. Saint Augustin, De gratia et llbero arbitro, c. 8, n. 20. PL 44,893

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Message  gabrielle le Jeu 17 Sep 2009 - 16:41

CANONS SUR LA JUSTIFICATION


1. Si quelqu'un dit que l'homme peut être justifié devant Dieu par ses œuvres, réalisées soit par les forces de sa nature soit par l'enseignement de la Loi, sans la grâce divine qui vient par Jésus-Christ, qu'il soit anathème .

2. Si quelqu'un dit que la grâce est donnée par Jésus-Christ à seule fin de faciliter à l'homme la vie dans la justice et le mérite de la vie éternelle, comme si, par son libre arbitre, il était capable, sans la grâce, de l'un et de l'autre, quoique pourtant avec peine et difficulté, qu'il soit anathème .

3. Si quelqu'un dit que, sans l'inspiration prévenante du Saint Esprit et sans son aide, l'homme peut croire, espérer, aimer ou se repentir comme il faut, pour que la grâce de la justification lui soit accordée, qu'il soit anathème .


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Message  gabrielle le Sam 19 Sep 2009 - 16:25

CANONS SUR LA JUSTIFICATION


4. Si quelqu'un dit que le libre arbitre de l'homme, lorsque Dieu le meut et le pousse, ne coopère nullement, en acquiesçant à Dieu qui le pousse et l'appelle, pour qu'il se dispose à obtenir la grâce de la justification, et qu'il ne peut, s'il le veut, refuser son consentement, mais que, tel un être inanimé, il ne peut absolument rien faire et demeure purement passif, qu'il soit anathème .

5. Si quelqu'un dit que le libre arbitre, après le péché d'Adam, est perdu ou éteint, ou qu'il est une réalité purement verbale et même un titre sans fondement, une fiction enfin, introduite par Satan dans l'Église, qu'il soit anathème .

6. Si quelqu'un dit qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme de s'engager dans les voies du mal, mais que ses mauvaises actions, comme les bonnes, c'est Dieu qui les fait, pas seulement parce qu'il les permet, mais encore proprement et par lui-même, si bien que la trahison de Judas ne serait pas moins son œuvre que la vocation de Paul, qu'il soit anathème
.

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Message  gabrielle le Lun 21 Sep 2009 - 17:04

7. Si quelqu'un dit que toutes les œuvres qui précèdent la justification, de quelque façon qu'elles soient accomplies, sont vraiment des péchés ou méritent la haine de Dieu;
ou bien que, plus l'homme fait d'efforts pour se disposer à la grâce, plus grave est son péché, qu'il soit anathème .

8. Si quelqu'un dit que la crainte de l'enfer, qui nous fait nous réfugier, en déplorant nos péchés, dans la misé- ricorde de Dieu, ou renoncer au péché, est elle-même un péché ou rend le pécheur pire encore, qu'il soit anathème
.
9. Si quelqu'un dit que l'impie est justifié par la foi seule, en ce sens qu'aucune autre coopération n'est requise pour obtenir la grâce de la justification, et qu'il ne lui est nullement nécessaire de se préparer et de se disposer par un mouvement de sa volonté, qu'il soit anathème


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Message  gabrielle le Jeu 24 Sep 2009 - 15:47

10. Si quelqu'un dit que les hommes sont justifiés sans la justice du Christ, par laquelle il a mérité pour nous, ou que c'est cette justice elle-même qui les rend formellement justes, qu'il soit anathème .

11. Si quelqu'un dit que les hommes sont justifiés soit par la seule imputation de la justice du Christ soit par la seule rémission des péchés, à l'exclusion de la grâce et de la charité répandue dans nos cœurs par l'Esprit Saint et qui leur demeure inhérente, ou encore que la grâce qui nous justifie est seulement la faveur de Dieu, qu'il soit anathème .

12. Si quelqu'un dit que la foi qui justifie n'est autre chose que la confiance en la miséricorde divine qui remet les péchés à cause du Christ, ou que cette confiance seule est ce qui nous justifie, qu'il soit anathème .

13. Si quelqu'un dit que tout homme doit, pour obtenir la rémission de ses péchés, croire avec certitude et sans aucune hésitation fondée sur sa faiblesse et son manque de disposition que ses péchés lui sont remis, qu'il soit anathème


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Message  gabrielle le Ven 25 Sep 2009 - 15:50

14. Si quelqu'un dit que l'homme est absous de ses péchés et justifié parce qu'il croit avec certitude qu'il est absous et justifié, ou bien que personne n'est vraiment justifié que cehii qui croit l'être, et que seule cette foi réalise l'absolution et la justification, qu'il soit anathème .

15. Si quelqu'un dit que l'homme régénéré et justifié est tenu par la foi de croire qu'il est certainement au nombre des prédestinés, qu'il soit anathème .

16. Si quelqu'un dit avec une certitude absolue et infaillible qu'il aura sûrement ce grand don de la persévérance finale, sauf s'il l'a appris par révélation spéciale, qu'il soit anathème .

17. Si quelqu'un dit que la grâce de la justification n'est accordée qu'aux prédestinés à la vie et que tous les autres appelés, tout en étant appelés, ne reçoivent pas cette grâce, parce que prédestinés au mal par la puissance divine, qu'il soit anathème .


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Message  gabrielle le Sam 26 Sep 2009 - 15:44

18. Si quelqu'un dit que les commandements de Dieu sont impossibles à observer pour l'homme même justifié et établi dans la grâce, qu'il soit anathème .

19. Si quelqu'un dit que rien n'est commandé dans l'Évangile, sauf la foi, que le reste est indifférent, ni prescrit ni défendu mais libre, ou bien que les dix commandements ne concernent pas les chrétiens, qu'il soit anathème .

20. Si quelqu'un dit que l'homme justifié, si parfait soit-il, n'est pas tenu d'observer les commandements de Dieu et de l'Église, mais seulement de croire, comme si l'Évangile était simplement une promesse absolue de la vie éternelle, sans condition d'observer les commandements, qu'il soit anathème .

21. Si quelqu'un dit que le Christ Jésus a été donné aux hommes comme le rédempteur en qui ils doivent se confier et non aussi comme le législateur à qui ils doivent obéir, qu'il soit anathème.


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Message  gabrielle le Dim 27 Sep 2009 - 15:39

22. Si quelqu'un dit que le justifié peut persévérer dans la justice qu'il a reçue, sans secours spécial de Dieu, ou bien qu'il ne le peut avec ce secours, qu'il soit anathème
.
23. Si quelqu'un dit que l'homme une fois justifié ne peut plus pécher ni perdre la grâce et que donc celui qui tombe et pèche n'a jamais été vraiment justifié; ou au contraire, qu'il peut durant toute sa vie éviter tout péché, même véniel, à moins d'un privilège spécial de Dieu, comme l'Église le tient pour la bienheureuse Vierge, qu'il soit anathème .

24. Si quelqu'un dit que la justice reçue ne se conserve ni même ne s'accroît devant Dieu par les bonnes œuvres, mais que ces œuvres ne sont que les fruits et les signes de la justification obtenue et non pas aussi la cause de son accroissement, qu'il soit anathème .


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Message  gabrielle le Lun 28 Sep 2009 - 16:58

25. Si quelqu'un dit qu'en toute bonne œuvre le juste pèche au moins véniellement ou, ce qui est plus inadmissible, mortellement, méritant de ce fait les peines éternelles; que s'il n'est pas damné, c'est uniquement parce que Dieu n'impute pas ses oeuvres pour la damantion, qu'il soit anathème.

26 Si quelqu'un dit que les justes ne doivent , pour les bonne oeuvres qu'ils ont faites en Dieu, ni attendre ni espérer de Dieu la récompense éternelle, par sa miséricorde et les mérites de Jésus-Christ, admis qu'en faisant le bien et en gardant les commandements divins ils persévèrent jusqu'à la fin, qu'il soit ananthème.

27 Si quelqu'un dit qu'il n'y a de péché mortel que celui de l'infidélité, ou qu'aucun autre péché, si grave, si grand soit-il, hormis celui de l'infidélité, n'entraine la perte de la grâce, qu'il soit anathème.


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Message  gabrielle le Mer 30 Sep 2009 - 17:53

28. Si quelqu'un dit qu'en perdant la grâce par le péché, on perd du même coup la foi, ou que la foi qui demeure n'est pas la vraie foi, admis qu'elle n'est plus vivante, ou encore que celui qui a la foi sans la charité n'est pas un chrétien, qu'il soit anathème .

29. Si quelqu'un dit que celui qui est tombé après le baptême ne peut se relever sans la grâce de Dieu; ou qu'il peut bien recouvrer la justice perdue, mais par la foi seule, sans le sacrement de pénitence, comme l'a toujours professé, gardé et enseigné la sainte Église romaine universelle, instruite par le Christ notre Seigneur et les Apôtres, qu'il soit anathème .

30. Si quelqu'un dit qu'après avoir reçu la grâce de la justification, tout pécheur pénitent voit sa faute remise et sa condamnation à la peine éternelle annulée, de telle sorte qu'il ne reste rien de la condamnation à la peine temporelle à expier soit en ce monde soit en l'autre, au purgatoire, avant que ne puisse lui être ouvert l'accès du royaume des cieux, qu'il soit anathème .

31. Si quelqu'un dit que le justifié pèche, lorsqu'il fait une bonne action en vue de la récompense éternelle, qu'il soit anathème .

32. Si quelqu'un dit que les bonnes œuvres de l'homme justifié sont les dons de Dieu en ce sens qu'ils ne soient pas aussi les bons mérites du justifié ou que, par ces bonnes œuvres qu'il accomplit, par la grâce de Dieu et le mérite du Christ, dont il est un membre vivant, le justifié ne mérite vraiment ni un accroissement de grâce ni la vie éternelle ni, s'il meurt dans la grâce, l'entrée dans cette vie éternelle ainsi qu'un accroissement de gloire, qu'il soit anathème .

33. Si quelqu'un dit que cet exposé de la doctrine catholique sur la justification donné par le saint Concile en ce décret fait tort en quelque façon à la gloire de Dieu ou aux mérites de Jésus-Christ notre Seigneur et ne met pas plutôt en lumière la vérité de notre foi et finalement la gloire de Dieu et de Jésus-Christ, qu'il soit anathème .


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à suivre ... ERREURS DE BAIUS

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Re: La grâce

Message  gabrielle le Ven 2 Oct 2009 - 17:20

ERREURS DE BAIUS CONDAMNÉES PAR SAINT PIE V
(1567)


Même après le concile de Trente, les rapports de la nature et de la grâce demeurèrent un point délicat de l'enseignement de l'Église. En 1567, elle dut condamner soixante-dix-neuf propositions empruntées aux ouvrages de Baius et de ses disciples, fortement influencées par les doctrines protestantes. De provenance diverse, ces propositions se suivent dans le décret sans être réduites en système : pour plus de clarté, nous regroupons ici les principales selon les idées maîtresses du professeur de Louvain. On obtient une division satisfaisante en parcourant les trois états de la nature humaine : l'état primitif, la chute, la justification.

Doctrine de Baius sur l'état primitif : La grâce, l'immortalité, l'exemption de concupiscence étaient dues à l'homme et lui étaient données par sa création, loin d'être ajoutées à sa nature comme autant de dons de la libéralité de Dieu. A cet état revenait la possibilité de gagner la destinée éternelle en vivant selon les commandements de Dieu, non par grâce, mais par pur mérite. Ce qui constitue aussi, sans retouche, sa doctrine du mérite de l'homme justifié.

Doctrine de Baius sur la chute : Depuis le péché d'Adam l'homme est corrompu par une disposition de volonté constamment mauvaise. C'est en cela que consiste le péché originel. De là deux conséquences :

La concupiscence mauvaise, disposition perverse de la volonté, est une constante transgression du commandement « Tu ne désireras point ». La seule différence pour le racheté est que ce péché ne lui est plus imputé.

Liée à cela, la notion de liberté. Le libre arbitre requis pour pécher ne consiste point dans la liberté de choisir entre le bien et le mal, mais uniquement dans l'exemption de contrainte extérieure. Est donc libre tout ce qui découle de la nature humaine comme principe d'activité. Or, cette nature étant pervertie par la disposition de sa volonté constamment mauvaise, toute action de l'homme qui découle d'elle est « libre » et est un péché.

Doctrine de Baius sur la Rédemption : L'homme doit au Christ son nouvel état de justice, qui est une grâce. Mais ce que l'homme opère en cet état est exclusivement son propre mérite. La grâce, c'est l'aptitude à pouvoir accomplir les commandements de Dieu. La grâce est indépendante de tout sacrement, elle est pure œuvre de Dieu. Le sacrement de pénitence, la satisfaction, le châtiment, n'ont d'autre sens que d'acquitter la peine du péché, qui demeure. La justification s'accompagne du pur amour, qui s'oppose à la mauvaise convoitise. Lui seul peut être principe d'action morale.


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Message  gabrielle le Sam 3 Oct 2009 - 16:06

L'état primitif de l'homme


21. L'exaltation et élévation de la nature humaine à la participation à la nature divine était due à l'intégrité de l'état primitif et doit donc être dite naturelle et non surnaturelle.

55. Dieu n'aurait pu, à l'origine, créer l'homme tel qu'il naît maintenant.

78. L'immortalité du premier homme n'était pas un bienfait de la grâce, mais sa condition naturelle.

Le mérite


13. Les bonnes œuvres accomplies par les fils d'adoption ne sont pas méritoires parce qu'elles sont faites par l'Esprit d'adoption qui habite dans les cœurs des enfants de Dieu, mais seulement parce qu'elles sont conformes à la loi et que, par elles, on observe la loi.


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Re: La grâce

Message  gabrielle le Mar 6 Oct 2009 - 16:56

Le péché


20. Nul péché n'est véniel de sa nature, mais tout péché mérite la peine éternelle

50. Les mauvais désirs auxquels la raison ne consent pas et que l'homme subit malgré lui sont interdits par le commandement : « Tu ne désireras point » [Ex 20, 17].

54. La proposition : Dieu n'a commandé rien d'impossible à l'homme, est faussement attribuée à saint Augustin, alors qu'elle est de Pélage.

67. L'homme pèche, et même, pour sa damnation, dans ce qu'il fait par nécessité.

68. L'infidélité purement négative chez ceux auxquels le Christ n'a pas été prêché est un péché.

74. Chez les baptisés retombés dans le péché mortel,la concupiscence qui maintenant domine en eux, est un péché, comme les autres habitudes mauvaises.


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