L'ACTION de GRÂCE négligée

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L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Mar 8 Fév 2011 - 6:45

L'ACTION DE GRÂCES NÉGLIGÉE


L'Évangile étant sous tout rapport une loi d'amour, il ne suffit pas que nous sauvions notre âme, ou que nous veillions davantage à nous acquitter convenablement de nos devoirs, car il serait fort inquiétant pour le salut de notre âme, que nous ne fassions rien absolument pour le salut des autres, soit par nos actions, soit par nos prières.

Il résulte encore de ce que l'Évangile est une loi d'amour, que notre religion doit être autant que possible un service d'amour ; nous courons donc le plus grand danger de nous perdre, si nous ne considérons notre vie que comme une simple occasion de parvenir au ciel de la manière du monde la plus facile, par la stricte observance des préceptes indispensables, et en mettant de côté, comme des choses qui ne nous concernent pas, la gloire de. Dieu, les intérêts de Jésus et le salut des âmes.


L'ordre que je suis dans mon sujet, me conduit naturellement à traiter ici de l'action de grâces. Nous savons que pour nous rendre capables de pratiquer l'intercession, notre bien-aimé Sauveur, dans son indicible amour, nous communique d'abord tous ses trésors pour que nous les lui offrions de nouveau, afin que nous retirions de cette offrande les plus abondantes bénédictions ; en outre, il nous procure le moyen de donner un mérite presque infini à nos moindres occupations, en nous autorisant à les lui offrir en union avec ses propres mérites et avec ses intentions.

Ces deux privilèges, d'ailleurs, ne sont point applicables à l'intercession seulement; ils nous aident aussi à offrir à Dieu de convenables actions de grâces et à lui exposer nos vœux.


Extrait: ''TOUT POUR JÉSUS
OU VOIES FACILES DE L'AMOUR DIVIN''
Frédéric-William FABER
Prêtre de l'Oratoire de Saint-Philippe de Néri
OUVRAGE TRADUIT DE L'ANGLAIS SUR LA QUATRIÈME ÉDITION
Par Fr. G.



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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Mer 9 Fév 2011 - 6:00

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Il n'est rien peut-être, dans la religion pratique, dont nous rendrions plus difficilement compte, que de l'omission de l'action de grâces. On ne pourrait guère exagérer le tableau de la négligence qui se remarque à propos de cette obligation. On prie fort peu, sans doute, mais on fait encore moins d'actions de grâces.

Supposez qu'un million de Pater et d'Ave s'élèvent de la terre vers le Ciel, pour en obtenir quelques faveurs ou l'éloignement de quelque mal, combien s'en élèvera-t-il ensuite, croyez-vous, en actions de grâces, pour les bienfaits obtenus? Hélas ! il n'est pas bien difficile de donner la raison de ceci.

Nos propres intérêts nous engagent à prier ; mais l'amour seul nous inspire la reconnaissance. Celui qui ne cherche qu'à éviter l'enfer, sait bien qu'il doit prier; mais il n'a point un aussi puissant instinct qui le pousse à l'action de grâces. C'est là du reste une vieille histoire.

Jamais prière ne fut plus ardente, que celle que firent les dix lépreux, quand ils aperçurent Notre-Seigneur qui entrait dans la ville. Le désir qu'ils avaient d'être exaucés les rendait suppliants et circonspects. Ils se tenaient à une distance convenable du Sauveur pour ne point l'offenser en s'approchant trop de lui, dans l'état déplorable où ils se trouvaient.

Hélas ! ils ne connaissaient pas ce bon Sauveur tel qu'il est ! Ils ignoraient qu'il avait désiré être considéré comme un lépreux par les enfants des hommes. Ils élevèrent donc la voix et dirent : « Jésus, Maître, ayez pitié de nous. «

Lorsque le miracle fut opéré, neuf d'entre eux, pleins d'une joie égoïste, allèrent se montrer au grand-prêtre. Mais il y en eut un, un seul, et c'était un Samaritain, qui, se voyant purifié, retourna sur ses pas et glorifia à haute voix le Seigneur. Il se jeta la face contre terre devant Jésus et lui rendit grâces. Le Sacré Cœur de Jésus fut péniblement affecté de l'ingratitude de ceux qu'il avait guéris; il en parut étonné et dit : « N'y en a-t-il pas eu dix de guéris ? où donc sont les neuf autres ? Il ne s'en est pas trouvé un seul qui retournât sur ses pas et qui glorifiât Dieu, excepté cet étranger! » Que de fois n'avons-nous pas occasionné au Sacré Cœur une semblable surprise !

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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Jeu 10 Fév 2011 - 4:52

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Quand la négligence apportée à l'accomplissement d'un devoir, est aussi révoltante qu'elle l'est, lorsqu'il s'agit de l'action de grâces, il est urgent de faire comprendre toutes les obligations qui nous incombent.

Nous nous appuierons ici sur l'autorité de l'Écriture. Saint Paul dit aux Éphésiens (V, 20), « que nous devons en toutes choses, rendre grâces à Dieu le Père, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Il dit ailleurs (II Cor. IX, 2) « que nous devons abonder en cette simplicité, qui opère en nous et par nous, en rendant grâces à Dieu. » Il avertit les Philippiens (IV, 6) en ces termes :« Ne convoitez rien ; mais en toutes choses, que la prière, la supplication et l'action de grâces, fassent connaître à Dieu l'objet de votre demande. » Il dit aux Colossiens (II, 7) : « Comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui, enracinez-vous et édifiez-vous en lui, et confirmés dans la foi, comme vous l'avez aussi appris, abondant en lui par des actions de grâces. » Et ailleurs (IV, 2), il nous apprend que les créatures ont été faites, pour être reçues avec reconnaissance par les fidèles, et par ceux qui ont connu la vérité (I. Tim. IV 3) ; « car toutes les créatures de Dieu sont bonnes, et il n'y a rien à rejeter de ce qui a été reçu avec action de grâces. »

Et tel fut le signe distinctif des Gentils (Rom., I, 21) que « lorsqu'ils arrivaient à la connaissance de Dieu, ils ne le glorifiaient pas comme Dieu et ne lui rendaient point d'actions de grâces. »

Notre vie sur la terre, qu'est-elle autre chose qu'une préparation à notre vie céleste ? Et cependant notre vie dans le ciel n'est qu'une louange continuelle, qu'une action de grâces sans fin. Le langage des Anges, des anciens et des créatures vivantes dans l'Apocalypse, ne consiste que dans ces mots : « Amen, bénédiction, gloire, sagesse, actions de grâces, honneurs, puissance et force, à Notre-Seigneur dans tous les siècles des siècles. Amen ! » Nous invoquons sans cesse la sainte Vierge, les Anges et les Saints; et nous sommes dans la persuasion qu'ils prient constamment pour nous.

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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Sam 12 Fév 2011 - 5:18

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N'ai je pas raison de dire cependant, que quand, dans notre esprit, nous nous représentons le ciel, ce ne sont pas tant des prières que nous y remarquons, que des hymnes et des actions de grâces ! Bien plus, quand la mort a désigné une victime, la vue du ciel fait briller sa douce lumière à ses yeux. Si elle a été du nombre des fidèles serviteurs de Dieu, elle semble perdre de vue la prière, et comme si déjà elle entendait les concerts des Anges, et se trouvait ravie de leur suave harmonie, elle emploie à des actions de grâces ces heures terribles de la vie, qui semblent plus particulièrement demander des prières ferventes.

C'est ainsi que le bienheureux Paul de la Croix, se trouvant dangereusement malade, passait ses journées dans l'exercice de l'action de grâces et de la louange, répétant avec une onction admirable ces paroles du Gloria in excelsis : « Nous vous rendons grâce à cause de votre grande gloire ! » Telle était sa prière jaculatoire favorite ; souvent il engageait ses religieux à l'employer, quand ils avaient en mains une entreprise quelconque, en disant avec effusion de cœur : « Pour la plus grande gloire de Dieu. » D'autres fois, i! se prosternait en esprit au pied du trône de la très-sainte Trinité, et il s'écriait avec ardeur : le Sanctus, Sanctus, Sanctus, ou bien le Benedictio et claritas, etc., qu'il avait coutume d'appeler les hymnes du paradis.

L'Église militante doit refléter l'Église triomphante ; le culte de la première doit être l'écho de celui de la seconde. Si donc la vie du ciel est une vie de louanges et d'actions de grâces, la nôtre doit être absolument de même. Le centre auquel doit se rapporter tout notre culte est l'Eucharistie, c'est-à-dire, d'après le sens même du mot, qu'il doit être un sacrifice perpétuel d'actions de grâces. Tout doit découler de ce point, comme d'un principe fondamental. C'est de là, que tout doit provenir dans l'Église de Dieu. L'esprit de l'Eucharistie doit se retrouver partout. Les Juifs eux-mêmes ont senti que toute prière doit un jour cesser, excepté toutefois la prière d'actions de grâces, comme Wetstein nous le dit d'après le Talmud. Mais nous devons en faire aujourd'hui la partie essentielle de notre religion.

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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Lun 14 Fév 2011 - 4:24

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Supposons un moment, que la conduite de la plupart des hommes doive nous donner l'idée précise de notre culte : c'est-à-dire, que notre culte ne doive consister que dans les prières, que nous adressons de temps à autre à un Être supérieur. Quelle sorte de relation cela établirait-il entre Dieu et nous? Dieu est notre roi, notre supérieur, le gardien de trésors immenses, et il est lui-même un trésor infini. Nous nous rendons au pied de son trône, pour lui exposer notre demande. Il est, par rapport à nous, ce qu'est l'homme opulent par rapport au mendiant. La chose que nous avons surtout en vue, c'est notre intérêt. Ou bien, nous tremblons devant sa justice.

Nous désirons être exemptés du châtiment qui nous menace, et obtenir le pardon de nos péchés. Il est plein de miséricorde, et il nous écoutera, si nous le prions avec constance. Voilà jusqu'où nous pouvons nous élever en ne considérant la prière, que comme un simple acte de religion. L'oraison peut nous enseigner à dépendre de Dieu, et la bénédiction accordée à nos prières peut nous engager à lui accorder notre confiance. Mais Dieu, dans sa bonté infinie, ne nous permettra pas de rester sur un pareil pied avec lui. Nous devons être avec lui pendant toute l'éternité. Il doit être l'objet éternel de notre joie. Le connaître et l'aimer, c'est vivre, et si on l'aime, on doit être ravi de pouvoir le louer sans fin. Ainsi que l'esprit d'oblation, qui nous autorise à faire des offrandes à Dieu, établit entre Dieu et nous de plus intimes relations, de même l'esprit d'action de grâces nous rapproche intimement de Dieu.

Remercier un bienfaiteur dans le seul but d'en obtenir plus de faveurs, ce n'est point à proprement parler une action de grâces ; ce n'est qu'une demande nouvelle dissimulée par des formes flatteuses. Nous rendons grâces à Dieu, parce que nous l'aimons, parce que son amour nous touche, nous surprend, nous va au cœur, nous dompte. En vérité, l'action de grâces est si réellement un culte d'amour, qu'elle sera au ciel notre principale occupation, lorsqu'une fois Dieu nous aura accordé l'immense bienfait de la vision béatifique, lorsqu'il nous aura communiqué de lui-même tout ce que nous serons capables d'en recevoir, de manière qu'il ne nous restera plus rien à espérer.

L'action de grâces appartient donc à l'essence même du catholicisme ; et comme par sa pratique nous augmentons en nous l'amour divin, d'un autre côté, en la négligeant, nous rendons manifeste aux yeux de Dieu la faiblesse de notre amour.
Ah ! si nous avons raison d'éprouver pour Dieu des sentiments de compassion, (pour me servir ici d'une expression de saint Alphonse,) parce que les hommes outragent sa Majesté infinie, nous avons bien plus de motifs encore pour ressentir en nous cette sorte de piété, quand nous remarquons combien les hommes sont froids et peu reconnaissants envers lui.


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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Mar 15 Fév 2011 - 5:51

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Rien parmi les hommes n'est réputé aussi odieux que l'ingratitude, et voilà cependant ce qu'ils réservent à Dieu chaque jour et à chaque heure du jour. Qui pourrait dire ce qu'il a fait pour les hommes ! Il est impossible d'épuiser les trésors abondants de miséricorde que contient chacun de ses titres de Créateur, de Roi, de Rédempteur, de Père, de divin Pasteur.

Il aime que nous lui adressions nos actions de grâces, parce que tout ce qu'il nous demande, c'est de l'amour, et ce désir même que Dieu nous manifeste au sujet de notre amour, c'est l'acte d'amour le plus incompréhensible. Il a trouvé bien de faire dépendre sa gloire de notre reconnaissance, et nous la lui refusons.

Ce qu'il y a de pis dans tout cela, c'est que cette injure ne lui est point faite comme le péché, par ceux qui se sont déclarés ses ennemis, et dans la conversion desquels il peut trouver quelque gloire aux yeux des hommes ; mais ce sont ses propres serviteurs, ce sont ceux qui font profession de piété, ce sont ceux qu'il comble chaque jour des dons du Saint-Esprit.

Nous sommes affligés pour la plupart, à la vue d'un péché grave ou d'un sacrilège; nous sommes tristes et abattus pendant les jours que le monde consacre à certains excès des plus condamnables; le scandale nous inspire du chagrin ; l'hérésie nous blesse au cœur, elle nous produit le même effet que la fumée produit aux yeux.

Voilà qui est fort bien sans doute. Mais nous refusons aussi, nous, de notre côté, de rendre à Dieu la gloire qui lui est due, en négligeant la pratique de l'action de grâces. Nous pourrions le glorifier avec tant de facilité, et nous n'avons pas l'air de nous en soucier. Pouvons-nous donc passer pour l'aimer réellement? que de fois répéterai-je encore : Qu'avons-nous donc à faire de mieux que d'aimer Dieu et de le glorifier ? A Dieu ne plaise que nous puissions nous imaginer que nous ayons quelque autre occupation. Parcourons le monde, et cherchons-y ces diamants cachés de la gloire de Dieu pour les lui offrir. Comment notre cœur peut-il désirer autre chose?



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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Mer 16 Fév 2011 - 7:35

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Il y a eu des serviteurs de Dieu qui ont même poussé leur zèle jusqu'à souhaiter de ne point mourir, afin de procurer sa gloire sur la terre en soutirant davantage. De semblables désirs sont au-dessus de notre portée, je le sais ; toutefois ils peuvent nous être utiles, en ce sens qu'ils-nous font voit la petit esse de notre amour Et il me semble qu'il est très important que cette petitesse notre cœur nous soit parfaitement connue.

Les hommes se font si facilement illusion ! Ils se figurent qu'ils aiment Dieu, tandis qu'ils ne l'aiment pas du tout ; ou qu'ils voudraient bien l'aimer, mais qu'ils ne savent guère comment s'y prendre. Mais l'homme peut-il savoir combien peu il aime Dieu, combien facilement il pourrait l'aimer davantage, et cependant ne pas vouloir augmenter son amour pour lui ? jésus est mort pour rendre ceci impossible, sera-t-il mort en vain pour nous ?

Vous me permettrez de vous le redire encore.Ce n'est point aux pécheurs qui ne sont point en grâce avec Dieu et qui vivent éloignés des sacrement», que nous reprochons de négliger l'action de grâces. Ces malheureux ont d'abord d'autres obligations à remplir.Ils doivent commencer par faire pénitence, par se réconcilier avec Dieu, et par faire disparaître les souillures de leurs âmes en les lavant dans le précieux Sang de Jésus-Christ.



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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Lun 21 Fév 2011 - 6:31

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L'oubli de l'action de grâces est une ingratitude que Notre-Seigneur reproche à ceux de ses enfants envers lesquels il a fait acte de miséricorde, auxquels il accorde la paix et la jouissance de ses privilèges. Cela mérite donc une mention toute particulière. Je ne sais si vous partagerez ma manière de voir, mais il me semble que les fautes des personnes pieuses, non point leurs imperfections ou leurs faiblesses, mais leur froideur, les fautes qu'elles commettent par défaut d'affection, ont quelque chose de tout particulièrement odieux.

Un péché ne renferme pas toujours extérieurement une malignité horrible en elle-même ; et c'est surtout contre la tiédeur, que dans l'Apocalypse, Dieu prononce des paroles si terribles et qui lui sont si peu habituelles. Lorsque les Anges demandaient à Notre-Seigneur, lors de son entrée glorieuse au ciel, ce qu'étaient les blessures de ses mains, quel sens profond n'apercevons-nous pas dans sa réponse, lorsqu'il leur dit que ces blessures lui avaient été faites dans la maison de ses amis!

Ce serait une excellente chose que d'écrire un traité sur les péchés des personnes pieuses ; car ces péchés sont fort variés et fort nombreux; en outre ils renferment, comme je l'ai dit plus haut, une malice toute particulière. L'ingratitude est l'un des mauvais côtés de ces péchés ; c'est un point que je vous prie de ne pas perdre de vue, pendant que nous traiterons ce sujet.

Si nous avons ici à articuler quelques reproches, c'est à eux qu'ils s'adressent. J'éprouve réellement une sorte de satisfaction de pouvoir m'exprimer librement sur ce point. Les personnes qui passent leurs journées dans des habitudes de sécheresse, sont le plus souvent si confiantes en elles-mêmes, que je suis aise de leur dire : Ce n'est point aux pécheurs, mais à vous seules, que je m'adresse dans ce chapitre.

Vous ne devez point leur imputer la sévérité de mes paroles. C'est vous qui êtes les coupables; tout le blâme qui sera ici déversé retombera sur vous. Je vais vous parler présentement de quelques obligations auxquelles vous êtes tenues de vous soumettre du meilleur cœur possible, à moins que vous ne préfériez n'être que des misérables. Je dis des misérables, et le mot n'est pas trop fort; c'est la qualification qui convient à des ingrats. Eh bien! ces obligations vous ne les remplissez pas, nonobstant toutes vos prières. .

Voilà la seule conclusion que nous puissions tirer, vu l'état de la question. Après tout, pourquoi ne prendrions-nous pas courage, vous et moi ! Pourquoi ne réciterions-nous pas généreusement notre Confiteor, en demandant à Dieu une petite augmentation de grâces pour lui faire voir le changement que nous voulions apporter à notre conduite ? Seigneur mon Dieu ! délivrez-nous des fautes que commettent d'habitude les personnes pieuses ! Pourrait-on citer dix personnes plongées habituellement dans la tiédeur, qui aient été guéries de cette déplorable maladie? Et qu'est ce qui en a guéri neuf sur dix ? La honte qui est la conséquence des chutes dans le péché mortel ! Hélas ! c'est un jeu désespéré que celui où l'on abandonne à l'enfer le soin d'administrer des remèdes pour le ciel, et où l'enjeu n'est rien moins que l'éternité.



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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Mer 23 Fév 2011 - 6:46

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La Bible est une révélation d'amour, mais elle n'est pas la seule. Chacun de nous a une révélation particulière et individuelle de l'amour divin, dans les effets de la Providence paternelle qui n'a cessé de veiller sur nous pendant tout le cours de notre vie. Qui peut jeter un coup d'œil rétrospectif sur ce long enchaînement de grâces qui a marqué tous les moments de son existence, depuis le jour de son Baptême, sans se sentir frappé d'admiration à la vue de l'amour infatigable et vraiment minutieux, dont Dieu n'a cessé de lui donner des preuves?

La manière dont toutes choses ont été ordonnées pour son bonheur et son bien-être, les obstacles qui ont disparu à mesure qu'il approchait de son but, et cela au moment surtout où ceux-ci paraissaient insurmontables, les tentations tournées à son avantage, et les revers qui lui avaient paru des châtiments lorsqu'il les subissait, reconnus plus tard comme des marques d'amour.

Des chagrins de toute sorte ont agité la vie de cet homme; et il eût immensément perdu, s'il en eût été privé. La rencontre fortuite de certaines personnes a eu sa signification, elle lui a été avantageuse, et finalement il semble que l'amour le plus prévoyant n'aurait pas pu disposer les différents événements de sa vie, autrement qu'ils ne l'ont été, lors même que l'amour seul y aurait mis la main. Il n'a point vu tout cela dans le moment. Il ne croyait pas que Dieu veillât si soigneusement sur lui.

Qu'y a-t-il en effet de moins fastueux que l'amour d'un père? Lorsque Jacob s'étendit sur la terre et reposa la tête sur une pierre froide pour s'endormir dans l'endroit où Dieu lui envoya la vision de l'échelle mystérieuse, il ne vit dans ce lieu rien d'extraordinaire, mais à son réveil il se dit : « En vérité, le Seigneur est ici, et je ne le savais pas. » Quand Moïse eut manifesté à Dieu le désir de le voir, le Seigneur l'envoya dans le creux d'un rocher ; il le couvrit alors de sa main droite, pendant que sa gloire éblouissante passait devant lui, et il lui dit : Je retirerai ma main et tu me verras par derrière, car tu ne pourrais supporter l'éclat de ma face.

Voilà comment Dieu agit d'ordinaire. Il est toujours tendre, aimant, patient et miséricordieux avec nous. Nos cœurs s'enflamment comme ceux des deux disciples, lorsqu'ils marchaient et conversaient avec Jésus sur la route d'Emmaüs; mais ce n'est que lorsqu'il s'évanouit à nos yeux, que nous sommes sûrs que nous nous trouvions bien réellement avec lui.


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Message  Monique le Jeu 24 Fév 2011 - 3:30

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Ceci nous montre que nous ne pouvons parvenir à la connaissance de Dieu que par la méditation. Nous devons, à l'exemple de Marie, peser mûrement toute chose dans notre cœur. Comme Isaac, nous devons réfléchir profondément. Nous devons thésauriser les miséricordes du Seigneur, les méditer les recueillir avec reconnaissance, comme le faisaient Jacob et David.

Jacob avait toujours présente à la pensée sa vie aventureuse ; Dieu était pour lui le Dieu de Béthel, le Dieu d'Abraham, la crainte d'Isaac. Et que reprochait sans cesse David à son peuple, si ce n'est l'oubli de ce Dieu qui avait opéré tant de grandes choses en Égypte, tant de miracles dans la terre de Cham, et de si terribles choses dans la mer Rouge?

Les bienfaits que nous avons sciemment reçus, sont plus que suffisants pour faire naître en nous le plus ardent amour. Et cependant, jusqu'au jour du Jugement, nous ne connaîtrons pas la moitié de ce qui a été fait pour nous. Qui sommes-nous donc, pour que Dieu ait daigné porter des lois qui nous concernent, et pour qu'il ait bien voulu travailler à nous plaire? N'avait-il pas d'autres mondes à gouverner? A part nous, misérables pécheurs, n'existe-t-il pas des créatures plus sages, plus saintes, plus aimables ? Et cependant nous nous occupons de prédestination et de châtiments éternels ! Nous argumentons avec aigreur sur des choses auxquelles nous ne pouvons rien, et que nous ne comprenons pas. Cela me paraît on ne peut plus déraisonnable.

En effet, nous avons sur la Divinité des notions fort étendues, j'en conviens, mais en réalité, nous ne connaissons de Dieu que ce qu'il a bien voulu nous en révéler lui-même. Il en résulte, que quand nous argumentons contre lui, nos raisonnements sont fondés non point tant sur ce que nous voyons, que sur ce qu'il a été assez bon pour nous en montrer lui-même.




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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Mar 1 Mar 2011 - 7:20

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C'est ici le lieu d'observer une chose, que beaucoup de personnes perdent de vue: entre tous ses attributs, Dieu a surtout fait briller à nos yeux sa miséricorde et sa condescendance. Sa sévérité est non-seulement éclipsée en quelque sorte par sa redoutable majesté, à cause de la terreur qu'elle inspire, mais aussi, parce qu'il nous en a appris fort peu de chose.

Quand il a été question d'amour, il a été prolixe de paroles, explicite et même minutieux. Il entre dans des explications, il se répète, il expose ses motifs, il argumente, il persuade, il se plaint, il engage, il attire par des promesses, il exalte. Il ne prononce que de loin en loin un mot sur sa sévérité. Il en parle comme d'un fait qui existe, et il n'insiste pas. Il épouvante par une déclaration soudaine ; mais comme c'est l'amour qui lui a dicté ses paroles, il ne trouve aucune difficulté à expliquer, à adoucir ce qu'il a dit.

Il est à remarquer que les expressions les plus terribles sur le Jugement ont été proférées dans des moments de surprise ou par Job, ou par Isaïe, ou bien aussi par saint Pierre ou saint Paul, et n'ont point été proférées par Dieu même. Ce fait est une nouvelle preuve de son amour. Ne pouvons-nous pas comprendre la délicate insinuation que la sagesse infinie veut nous faire par cette manière d'agir ?

Nous ne voyons Dieu que sous un seul aspect, de même que nous ne voyons l'astre des nuits que d'un seul côté, et que pouvons-nous connaître de ce que nous ne voyons pas ! Il n'a mis aucune borne aux signes de bonté qu'il nous a manifestés, aux moyens auxquels a eu recours sa compassion, et aux merveilleux transports d'amour qu'il a témoignés à ses créatures. Il a voulu attirer nos regards sur ses bienfaits, mais nous ne voulons pas les voir.




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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

Message  Monique le Mar 1 Mar 2011 - 23:30

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Ce qui nous occupe le plus, est précisément ce qu'il voudrait nous voir le plus négliger. Et nous ne réfléchissons point à ces gages sans nombre d'amour, que nous avons reçus tout particulièrement de notre Père céleste, et qui doivent être pour nous autant de preuves positives et sensibles d'une affection qu'on ne pourrait exprimer. Oh ! tandis que Dieu transforme tout en amour, et recherche de toutes façons notre cœur, qu'il est dur de notre part de repousser sa tendresse et ses longs efforts !

Considérez ce que c'est que d'être béni de Dieu ! Placez-vous dans la balance et pesez-vous avec lui ; vous concevrez alors ce que vaut l'étonnant privilège d'occuper sa pensée, d'être l'objet de son attention, d'éprouver sa patience, et d'attirer son amour.

La pensée de Dieu est véritablement pour l'âme comme un lit délicieux sur lequel elle peut, à son bon souhait, prendre le plus agréable repos. L'idée de sa souveraineté sans bornes, doit nous procurer une joie plus grande que la vue d'un ange, plus brillante que le visage de Marie, lorsque cette bonne Mère accueillera au ciel avec le plus doux sourire, notre âme purifiée et bénie.

La considération que le Tout-Puissant est ce qu'il est, nous procure beaucoup plus que du repos, c'est de la joie et du bonheur qu'elle nous donne. Qu'il nous ait aimés d'un amour éternel, qu'il soit pour nous le plus tendre des pères, c'est là une joie que des paroles ne peuvent exprimer.

C'est le ciel commencé par anticipation sur la terre ! N'est-ce donc point un miracle sans pareil dans le monde, qu'il y ait dans nos cœurs si peu de reconnaissance, miracle plus étrange encore que l'absence de la prière, et presque aussi étonnant que l'amour immense de Dieu pour nous?

FIN

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Re: L'ACTION de GRÂCE négligée

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