Ce que peut un AVE MARIA

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Ce que peut un AVE MARIA

Message  gabrielle le Ven 27 Mar 2009 - 1:48

Ce que peut un AVE MARIA.


A L'EPOQUE néfaste de la Révolution française, il y avait, dans la ville de Mirepoix, une femme nommée Marianne, pour qui le crime semblait être une jouissance.

Le passe-temps de cette malheureuse, ou plutôt son bonheur, était d'accompagner, de la prison à la guillotine, les condamnés du tribunal révolutionnaire, et d'insulter les victimes jusqu'à ce qu'elles eussent franchi les degrés de l'échafaud.

Les prêtres surtout avaient le privilège de soulever au plus haut degré sa fureur et d'attirer ses injures les plus grossières. Ce qui semblait particulièrement l'exaspérer, c'était le calme et la résignation de ces martyrs, qui marchaient à la mort en silence et sans paraître remarquer ses cris et ses invectives.

Le 8 février 1794, un ecclésiastique connu par la sainteté de sa vie, M. Raclot, allait au supplice après tant d'autres pour être resté, comme eux, fidèle à son DIEU. La mégère ne manqua pas d'accourir sur son passage.

« — Voyons, dit-elle, si celui-ci me répondra.»

Et montrant le poing, l'écume à la bouche, elle se mit à dérouler son vocabulaire d'injures.

Alors M. Raclot, tournant vers elle un regard empreint d'une inexprimable douceur :

« — Priez pour moi, Madame, lui dit-il. »

— Comment ! qui ? moi ? tu me dis de prier pour toi ?

» — Oui, Madame, je vous demande un Ave Maria pour mon âme qui va paraître devant DIEU. »

Il est bien permis de penser qu'en ce moment le saint prêtre pria lui-même MARIE pour sa persécutrice.

Quoi qu'il en soit, il est impossible de dépeindre l'effet que produisirent ces quelques paroles sur la malheureuse femme. Ce fut comme un coup de foudre.

Elle s'arrêta, rougissant et pâlissant tour à tour, et paraissant se demander si elle avait bien compris. Ses traits bouleversés montraient que mille sentiments divers s'agitaient en elle. Enfin, prenant la parole :

« — Oui, Monsieur le curé, dit-elle, je dirai cet Ave Maria. »
Elle se mit en effet à le réciter tout haut.

Mais sa prière était à peine finie, qu'elle commença à sangloter et à gémir, et elle continua ainsi jusqu'au pied de l'échafaud, où elle s'agenouilla en joignant les mains.

Tous ceux qui étaient là, ne sachant que penser, la regardaient avec stupeur.

L'exécution faite, elle retourna en silence, et toujours pleurant, dans sa maison, d'où on ne la vit plus sortir que pour les choses nécessaires à la vie.

Les jours suivants, lorsque passaient devant sa porte les tambours de la République précédant les cortèges funèbres destinés au bureau, on entendait à l'intérieur des sanglots déchirants.

Comme Marianne ne parlait à personne, répondant à peine à ce qu'on lui demandait, et qu'elle ne levait jamais les yeux, elle auparavant si loquace et si effrontée, les gens du pays la crurent folle et pensèrent — on n'osait pas encore le dire tout haut — qu'il y avait là un châtiment miraculeux.

Il n'y avait qu'un miracle de conversion. MARIE avait subitement transformé son âme.

On le vit clairement lorsque le culte fut rétabli et qu'il fut enfin permis d'être chrétien. Marianne alors se montra pieuse et fervente catholique. Par une conduite exemplaire, par d'abondantes aumônes et par des œuvres de pénitence, elle s'efforça de réparer le scandale qu'elle avait donné.

Toute dévouée à MARIE, elle se rendait chaque année en pèlerinage à Notre-Dame-des-Ermites, et ce n'est pas sans admiration qu'on la voyait partir à pied, mendiant son pain, même à un âge très avancé, quoique sa fortune lui eût permis de faire commodément le voyage.

Quand vint le moment de dire adieu à la terre, Marianne, la pénitente, mourut en manifestant les plus beaux sentiments de repentir, édifiant les habitants de Mirepoix autant qu'elle les avait jadis scandalisés dans sa jeunesse, et murmurant dans son cœur les célestes paroles de l' Ave Maria, qui l'avaient convertie et la sauvaient :

«Sainte MARIE, Mère de DIEU, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il. »


Ces traits historiques sont tirés de
Guirlandes à Marie
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