De l'amour des croix

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De l'amour des croix

Message  Monique le Jeu 30 Juin 2011 - 1:29

De l'amour des croix

Saint Ignace le martyr avait l'amour des croix et de l'anéantissement si avant dans le cœur, qu'étant condamné a être dévoré des bêtes dans l'amphithéâtre, il désirait que les lions, après avoir déchiré en pièces son corps, consumassent encore ses os ; et qu'il ne restât rien de l'holocauste qu'il avait consacré à Dieu, pour être son digne disciple. Il s'estimait heureux s'il pouvait être anéanti dans les peines, de telle sorte qu'il ne parût plus rien de son corps aux yeux du monde. Le monde, dit-il, ne verra plus mon corps ; il triomphe de joie dans cette pensée.

Comme Notre-Seigneur n'a fait la rédemption du monde que par sa croix, par sa mort et par l'effusion de son Sang, et non par ses miracles ni par ses prédications : de même les ouvriers évan-géliques ne font l'application de la grâce de la rédemption que par leurs croix et par les persécutions qu'ils souffrent. De sorte qu'on ne doit pas espérer grand fruit de leurs emplois, s'ils ne sont accompagnés de traverses, de calomnies, d'injures et de souffrances.

Quelques-uns croient faire des merveilles, parce qu'ils ont des sermons forts, bien composés, bien préparés, prononcés avec grâce ; et qu'ils ont la vogue, qu'ils sont bienvenus partout. Ils se trompent ; les moyens sur quoi ils s'appuient ne sont pas ceux dont Dieu se sert pour faire de grandes choses. Il faut des croix pour procurer le salut du monde. C'est par la voie des croix que Dieu mène ceux qu'il emploie à sauver les âmes, les Apôtres, et les hommes apostoliques, un saint Xavier, un saint Ignace, un saint Vincent Ferrier, un saint Dominique.

Il ne faut pas considérer nos croix et nos afflictions comme des maux qui nous font souffrir, ni comme des mortifications qui nous ravalent aux yeux du monde ; mais nous les devons regarder, à l'exemple de Notre-Seigneur, dans les desseins éternels de Dieu, dans les ordres de sa Providence et dans les vues de son amour envers nous, dans le cœur de Jésus-Christ, qui les a choisies pour nous et qui nous les présente comme la matière des couronnes qu'il nous prépare, et comme une épreuve de notre vertu et de notre fidélité à son service.

Dans les commencements de la vie spirituelle, il ne faut pas encore demander à Dieu de souffrir : il faut penser à bien purger sa conscience, s'adonner à la pureté de cœur, à la connaissance de son intérieur et au recueillement. De là, on monte à la paix de l'âme, puis à la communication avec Dieu ; ensuite aux vertus infuses, et aux dons du Saint-Esprit. Alors Dieu inspire ses desseins et ses volontés, et mène les uns par les travaux, comme saint François Xavier ; d'autres par les souffrances, comme sainte Liduvine ; d'autres, par des traverses et des persécutions, comme saint Ignace ; mais de nous-mêmes nous ne devons faire aucun choix particulier, autrement nous serions toujours en trouble, n'ayant pas encore une vertu à l'épreuve des croix ; et ce serait entreprendre de porter un fardeau de géant sans en avoir la force. Mais quand nous entrerons, par la vocation de Dieu, dans des états laborieux, pénibles, humiliants, alors ni les travaux ne nous accableront, ni les persécutions ne nous troubleront, et souvent même de grandes austérités ne ruineront pas notre santé.




Extrait: LA DOCTRINE SPIRITUELLE
DU PÈRE LOUIS LALLEMANT
de la Compagnie de Jésus.

TEXTE PRIMITIF RÉVISÉ ET ANNOTÉ
par
Le P. Aloys POTTIER
de la même Compagnie.

PARIS
PIERRE TÉQUI, LIBRAIRE-ÉDITEUR
82, RUE BONAPARTE, 82
1924.


FIN
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