LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

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LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Jeu 13 Jan 2011 - 19:44

LES CANONS

ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Il est assez généralement reçu, qu'au point de vue de la force obligatoire, les Canons du Concile de Trente diffèrent complètement de ses Chapitres doctrinaux. Les Canons obligeraient seuls à l'adhésion interne de l'esprit et du cœur ; les Chapitres, quoique d'ailleurs infiniment dignes de tout respect, ne seraient pourtant pas capables d'exiger, ni même de justifier l'acte de foi.

Quelle est l'origine d'un pareil sentiment, nous ne le rechercherons pas. Il nous suffira de rapporter le fondement sur lequel on l'appuie d'ordinaire. Le Concile de Trente, dit-on, n'a point voulu proposer aux fidèles, comme objet de leur foi, les vérités énoncées dans les chapitres ; il a réservé cet honneur aux propositions contenues dans les canons.

Or, une telle affirmation est-elle exacte, est-elle vraie? C'est ce que nous allons examiner.

G. H., Professeur de théologie.
Source : Libérius.net

Je ne sais pas si je suis dans la bonne catégorie, Embarassed que l'admin ne se gêne pas pour me transférer si je suis perdue!

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  Sandrine le Jeu 13 Jan 2011 - 22:40

Merci Gabrielle pour ce nouveau dossier qui promet d'être très intéressant !

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Ven 14 Jan 2011 - 17:42

I.

Monseigneur Dechamps, archevêque de Malines, se posait naguère la même question. Examinant à quoi l'on reconnaît les décrets des Conciles et des Papes qui constituent des décisions de foi (1), il faisait observer, avec Melchior Cano, qu'il ne faut pas réduire le nombre des décisions dogmatiques, à celles qui anathématisent ou excommunient les contradicteurs, mais qu'à cette classe de propositions appartient tout ce que le Concile propose formellement aux fidèles comme devant être cru de foi catholique. Il ajoutait aussitôt :

« Est-il donc vrai, comme plusieurs le disent, que dans le Concile de Trente, par exemple, les canons qui ana- thématisent l'erreur, soient seuls dogmatiques, qu'ils exigent seuls un assentiment de foi, et que les chapitres divers qui les précèdent méritent assurément le plus grand respect, et jouissent d'une autorité supérieure à celle des œuvres théologiques les plus sûres, mais ne constituent cependant nulle part une règle de foi ?

« ..... Nous pensons que l'assertion relative aux canons et aux chapitres de doctrine du Concile de Trente est trop absolue, et que l'enseignement doctrinal du Concile, même en dehors des canons qui anathématisent l'erreur, constitue souvent une règle de foi. Et pourquoi le pensons-nous? Parce que le Concile le dit formellement lui-même.... »

L'assertion de l'illustre Prélat est rigoureusement exacte. C'est le Concile de Trente lui-même qui, par ses déclarations, met hors de doute le caractère dogmatique de ses chapitres doctrinaux. Le lecteur voudra bien nous suivre dans l'examen de ces précieuses paroles du saint Concile.

Nous parcourrons l'une après l'autre les sessions où se rencontrent simultanément des canons et des chapitres.


(1) l'Infailbilité et le Concile général, p. 142.

pp.344-345

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Dim 16 Jan 2011 - 17:32

La sixième session de Justificatione s'ouvre par un proœmium où il est dit que le Concile entend exposer à tous les fidèles la véritable doctrine des Apôtres sur la justification, et qu'il défend expressément à qui que ce soit de croire, prêcher ou enseigner autrement qu'il est contenu dans le présent décret :

« Exponere intendit omnibus Christi fidelibus veram sanamque doctrinam ipsius justificationis, quam..... Christus Jesus..... docuit, Apostoli tradiderunt, et Catholica Ecclesia, Spiritu Sancto suggerente, perpetuo retinuit ; districtius inhibendo, ne deinceps audeat quisquam aliter CREDERE, prœdicare, aut docere, quam præsenti decreto statuitur ac declaratur. »
( A résolu, à l'honneur & à la gloire de Dieu Tout-Puissant, pour la tranquillité de l'Eglise, & pour le salut des Ames, d'exposer à tous les Fideles Chrétiens, la véritable & saine Doctrine, touchant la Justification ; telle que l'a enseignée le Soleil de Justice Jésus-Christ, l'Auteur & le Consommateur de notre Foy (Heb. 12 .2) ; que les Apôtres nous l'ont laissée ; & que l'Eglise Catholique l'a toujours tenue & gardée, par l'inspiration du Saint Esprit ; défendant très-étroitement que personne à l'avenir ne soit assez téméraire pour s'en former une autre créance, ni pour prêcher, ou enseigner sur cette matière autrement que suivant ce qui est défini, & déclaré par le présent Décret.)[/i

— Et pour mieux affirmer sa volonté, le Concile ajoute à la fin du seizième et dernier Chapitre, la déclaration suivante : Et pour mieux affirmer sa volonté, le Concile ajoute à la fin du seizième et dernier Chapitre, la déclaration suivante :

« Post hanc Catholicam de Justificatione doctrinam, quam nisi quisque fideliter firmiterque receperit, justificari non poterit ; placuit Sanctæ Synodo nos canones subjungere, ut omnes sciant, non solum quid tenere et sequi, sed etiam quid vitare et fugere debeant. »
[i](Après cette explication de la doctrine Catholique touchant la Justification, que chacun doit embrasser fidèlement & constamment, puis qu'autrement on ne peut être justifié ; le Saint Concile a trouvé bon de joindre les Canons suivants, afin que chacun puisse savoir, non seulement ce qu'il doit tenir & suivre, mais aussi ce qu'il doit fuir & éviter



La treizième session de Eucharistia s'ouvre également par un préambule où on lit : « Omnibus Christi fidelibus interdicit, ne post hac de Sanctissima Eucharistia aliter CREDERE, docere, aut prœdicare audeant, quam ut est hoc præsenti decreto explicatum atque definitum. » (Interdit, & défend à tous les Fidèles, de croire, d'enseigner, ou de prêcher, touchant la Sainte Eucharistie, autrement qu'il est expliqué, & défini dans le présent Décret.)

— Elle porte aussi à la fin du dernier chapitre la déclaration faite lors de la sixième session :

« Quoniam autem non est satis veritatem dicere nisi detegantur et refellantur errores ; placuit Sanctae Synodo hos canones subjungere, ut omnes, jam agnita Catholica doctrina intelligant quoque, quae ab illis hæreses caveri vitarique debeant. »
(Mais, parce que ce n'est pas assez d'exposer la vérité, si on ne découvre, & si on ne rejette aussi les erreurs : Le Saint Concile a trouvé bon d'ajouter les Canons suivants ; afin que Tous, aprés avoir reconnu la doctrine Catholique, sachent aussi quelles sont les Hérésies dont ils doivent se garder, & qu'ils doivent éviter.)


pages 345-346

Je place le texte français en italique, pour une meilleure compréhension. Le texte français est pris sur le site "les bons textes du magistère"

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Jeu 20 Jan 2011 - 17:16

Le préambule de la quatorzième session de Pœnitentia n'est pas moins remarquable : « Tanta circa illud (Sacramentum) nostra hac ætate diversorum errorum est multitudo, ut non parum publicæ utilitatis retulerit, de eo exactiorem et pleniorem definitionem tradidisse; in qua demonstratis et convulsis, Spiritus Sancti præsidio, universis erroribus, Catholica veritas perspicua et illustris fieret ; quant nunc Sancta hæc Synodus Christianis omnibus perpetuo servandam proponit, » ( L E Saint Concile de Trente, Oecuménique, & Général, légitimement assemblé sous la conduite du Saint Esprit ; le mesme Légat, & les mesmes Nonces du Saint Siege Apostolique y présidant : Quoy-que dans le Decret touchant la Justification il y ait esté déja beaucoup parlé, en plusieurs endroits, du Sacrement de Pénitence, l'affinité des sujets ayant éxigé comme nécessairement ce mélange, A jugé néanmoins qu'il ne seroit pas d'une petite utilité pour le public, dans le grand nombre, & la diversité des Erreurs qui paroissent en ce temps sur cette matiere, d'en donner une définition, & explication plus éxacte & plus entiere ; dans laquelle, aprés avoir découvert, & détruit toute les Erreurs, par l'assistance du Saint Esprit, la vérité Catholique paroisse dans toute son évidence, & toute sa clarté, telle que le Saint Concile l'expose icy à tous les Chrestiens, pour s'y tenir perpétuellement.)

La conclusion des chapitres est aussi la même : « Hæc sunt, quæ de Pœnitentiæ et Extremæ Unctionis Sacramentis hæc Sancta OEcumenica Synodus profitetur et docet, atque omnibus Christi fidelibus credenda, et tenenda proponit. Sequentes autem canones inviolabiliter servandos esse tradit, et asseren- tes contrarium perpetuo damnat, et anathematizat. » (Voilà ce que le Saint Concile Oecuménique fait profession de croire touchant les Sacremens de Pénitence & d'Extrême-Onction, & ce qu'il enseigne & propose à croire, & à tenir à tous les fidelles Chrestiens. Et voicy sur le mesme sujet, les Canons qu'il leur présente, pour les garder & observer inviolablement, prononçant condamnation & anathême perpétuel contre ceux qui soustiendront le contraire.)

pages 346-347


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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Ven 21 Jan 2011 - 19:00

La session vingt-deuxième, de Sacrificio Missæ, commence par cette déclaration : « Hæc, quae sequuntur, docet, declarat, et fidelibus populis prœdicanda decernit. » (Déclare, prononce, & arreste ce qui suit, pour estre enseigné aux Fidelles)

Elle se termine par le chapitre neuvième, lequel est ainsi conçu : « Quia vero adversus veterem kanc in sacrosancto Evangelio, Apostolorum traditionibus, sanctorumque Patrum doctrina fundatam fidem, hoc tempore multi disseminati sunt errores, multaque a multis docentur, atque dispu tantur ; Sacrosancta Synodus, post multos gravesque his de rebus mature hábitos tractatus, unanimi Patrum om nium consensu, quae huic purissimae fidei, sacræque doctrine adversantur damnare et, a Sancta Ecclesia eliminare per subjectos hos est canones constituit. » ( OR, dautant que contre cette ancienne créance, fondée & établie sur le Saint Evangile, sur la Tradition des Apostres, & sur la Doctrine des Saints Peres, il s'est répandu en ce temps quantité d'erreurs, & que plusieurs se meslent d'enseigner, & de soustenir diverses choses contraires : Le Saint Concile, aprés avoir meûrement & soigneusement agité & discuté toutes ces matieres, a résolu, du consentement unanime de tous les Peres, de condamner, & de bannir de la Sainte Eglise, par les Canons suivans, tout ce qui est contraire à la pureté de cette créance, & de cette sainte doctrine.)

page 347

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Lun 24 Jan 2011 - 19:12

La session vingt-troisième, de Ordine, manque de préambule, mais à la fin du Chapitre quatrième, on lit : « Haec sunt, quae generatim Sacræ Synodo visum est Christi fideles de Sacramento Ordinis docere. His autem contraria, certis et propriis canonibus in hunc, qui sequitur, modum damnare constituit ; ut omnes, adjuvante Christo fidei regula atentes, in tot errorum tenebris Catholicam veritatem facilius agnoscere et tenere possint. » (Mais au contraire, il prononce, que ceux, qui n'estant choisis & établis que par le Peuple seulement, ou par quelque autre Magistrat, ou Puissance Séculiere, s'ingerent d'éxercer ces Ministeres ; & ceux qui entreprennent d'eux-mesmes témérairement de le faire, ne doivent point estre tenus pour de vrais Ministres de l'Eglise ; mais doivent tous estre regardez comme des Voleurs & des Larrons, qui ne sont point entrez par la Porte (Joan. 10. 1.). Voilà ce qu'en général le S. Concile a trouvé bon de faire entendre aux fidelles Chrestiens, touchant le Sacrement de l'Ordre ; Et pareillement il a résolu de prononcer condamnation contre tout ce qui est contraire par des Canons exprés, suivant qu'ils sont cy-aprés couchez, afin que tous avec l'assistance de Nostre Seigneur Jesus-Christ, usant de la regle de Foy, puissent plus aisément reconnoistre & conserver la vérité de la créance Catholique au milieu des ténebres d'un si grand nombre d'Erreurs )

Telles sont, dans leur entier, les déclarations dont les Pères du Saint Concile ont voulu accompagner leurs chapitres. Nous le demandons avec confiance, le doute est-il encore possible sur le caractère dogmatique des décrets en question?

Qu'on prenne la peine de les relire. On verra que partout il est question d'une doctrine que le Concile propose à tous les fidèles du Christ ; qu'il leur ordonne de croire, credere ; qu'il veut voir partout enseigner et prêcher, docere et prœdicare ; en dehors de laquelle nul ne saurait espérer le salut. En vérité, si là ne se rencontrent point les marques d'une définition dogmatique, je ne saurais espérer de les rencontrer jamais ailleurs.


pages 347 et 348

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Mar 25 Jan 2011 - 16:01

II.

Aussi bien, l'histoire du Concile de Trente nous dit elle-même quelle valeur il faut attacher aux chapitres doctrinaux de ses diverses sessions. En racontant pourquoi les Pères ne voulurent point adopter la voie unique des canons, elle atteste qu'ils prétendirent bien ne pas attribuer une autorité moindre aux chapitres. Écoutons le cardinal Pallavicini :

« Les Légats, dit-il, jugèrent qu'il fallait, pour être court et clair, ne pas procéder en tout par voie de ca- nons et d'anathèmes, attendu qu'on ne faisait par là que condamner le faux, qui est infini, sans enseigner le vrai, qui est un ; et que la vérité, une fois bien établie,suffit pour la réfutation de tout ce qui lui est contraire. Ils réglèrent donc qu'on partagerait le travail en décrets qui enseigneraient la doctrine catholique, et en canons ou l'on condamnerait les erreurs des hérétiques (1). »

Donc, au témoignage de Pallavicini, les Pères eurent la même pensée relativement à tous les décrets que le Concile devait publier. Ce n'est pas seulement dans telle ou telle session que cette pensée s'est fait jour ; c'est dans toutes : en sorte que nous devons dire que la valeur dogmatique des décrets de la vingt-deuxième ou de la vingt-troisième session, par exemple, égale en tout celle des décrets de la sixème ou de la treizième.

De fait, comprendrait-on que les Pères eussent attaché moins de prix à procurer l'édification des fidèles par une fidèle exposition de la doctrine, qu'à détruire les hérétiques en foudroyant leurs erreurs ? Si les Pasteurs de l'Église doivent préserver leur troupeau de toute nourriture empoisonnée ou malsaine, ont-ils une moindre obligation de la conduire dans de gras pâturages?

Telle fut la conduite des Pères de Trente. Par les canons, ils préservaient les âmes du poison de l'erreur; par les décrets, ils leur présentaient le lait et le pain d'une doctrine substantielle. Par les uns et par les autres, ils enseignaient les peuples au nom de Dieu, en vertu de l'assistance du Saint-Esprit, in Spiritu Sancto congregata, Spiritu Sancto edocta.


(1) Histoire du Concile de Trente 1. VIII, ch. 13.


pages 348-349

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Sam 29 Jan 2011 - 19:32

III.

Le Concile du Vatican a procédé absolument de la même manière que les Pères de Trente. Il s'est aussi proposé un double but, exposer la doctrine et foudroyer l'erreur, Voici les paroles qui terminent le préambule de la Constitution Dei Filius (session du 24 avril) : Nunc autem..... innixi Dei verbo scripto et tradito, prout ab Ecclesia Catholica sancte custoditum et genuine expositum accepimus, ex hac Petri Cathedra in conspectu omnium salutarem Christi doctrinam profiteri et declarare constituinus, adversis erroribus potestate Nobis a Deo tradita proscriptis atque damnatis » (C'est pourquoi, persistant à marcher sur les traces de Nos prédécesseurs, et selon le devoir de Notre charge apostolique, Nous n'avons jamais cessé d'enseigner et de défendre la vérité catholique et de réprouver les doctrines perverses. Mais, à présent, au milieu des Évêques du monde entier siégeant avec Nous et jugeant, réunis dans le Saint-Esprit par Notre autorité en ce synode œcuménique, appuyés sur la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition, telle que nous l'avons reçue, saintement conservée et fidèlement exposée par l'Église catholique, Nous avons résolu de professer et de déclarer, du haut de cette chaire de Pierre, en face de tous, la doctrine salutaire de Jésus-Christ en proscrivant et condamnant les erreurs contraires avec l'autorité qui nous a été confiée par Dieu.)

Et pour qu'il ne puisse rester aucun nuage sur sa véritable pensée, le Concile déclare en termes exprès, dans le Chapitre troisième (de Fide) de la même session, que l'acte de foi est dû à toutes les définitions de l'Église, solennelles ou non, quand elles résultent de son divin et suprême ma gistère : « Porro fide divina et Catholica ea omnia credenda sunt, quae in verbo Dei scripto vel tradito continentur, et ab Ecclesia sive solemni judicio, sive ordinario et universali magisterio tanquam divinitus revelata credenda proponuntur. »
(Or, on doit croire d'une foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la tradition, et tout ce qui est proposé par l'Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel.)

Désormais donc, d'après le Concile du Vatican, nous sommes obligés de croire de foi divine et catholique tout ce que l'Église, dans l'exercice ordinaire de son Magistère nous enseigne comme révélé. Mais qui oserait contester aux chapitres doctrinaux du Concile de Trente l'honneur d'être la propre parole de l'Église enseignante ?


349-350


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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Mer 2 Fév 2011 - 18:57

Qu'on me permette de rappeler un fait qui n'est pas sans valeur. Au début du Concile du Vatican, un certain nombre de Pères insistaient pour que ses décrets et définitions ne fussent point édictés sous la clause terrible de l'anathème. Or, il est assurément impossible de supposer qu'ils ne voulussent pas imprimer aux décisions conciliaires le caractère d'un jugement dogmatique et rigoureusement obligatoire. La chose parle d'elle-même.

Qui donc se pourrait imaginer que les Pères de Trente aient prétendu ne pas imprimer le même caractère aux déclarations doctrinales publiées dans les chapitres des diverses sessions? Non. L'histoire serait-elle muette sur ce point, la rédaction des chapitres serait-elle moins explicite quelle ne l'est, la seule attitude des Pères de Trente devrait nous persuader qu'ils ont prononcé des jugements définitifs, souverains, qui obligent également la bouche, l'esprit et le cœur.


page 350

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Jeu 3 Fév 2011 - 18:03

IV.

Concluons. Donc, toutes les vérités affirmées dans les chapitres doctrinaux du Concile de Trente doivent être tenues comme étant de foi catholique : Fide divina et Catholica credenda sunt.....

C'est dire que nous ne pouvons souscrire au sentiment de plusieurs théologiens qui, pleins de respect pour les chapitres, se croient néanmoins liés par les seuls Canons, et pensent même pouvoir se permettre certaines licences vis-à-vis des chapitres. Nous croyons devoir exiger beaucoup plus. Si la pensée du Saint Concile ne vous semble pas claire, libre à vous d'essayer une interprétation. Rien de plus juste. Mais aussi, quand il conste avec certitude du fait, du sens, de l'étendue des décrets, nulle tergiversation n'est plus permise. L'Église a parlé, elle a jugé ; il ne nous reste plus qu'à nous incliner et à croire.

Nous avons cru devoir insister un peu là-dessus, parce que de nos jours il se produit, au contact du rationalisme, une tendance funeste à diminuer le nombre et la portée des définitions dogmatiques. On n'en voudrait que le moins possible ; et sous prétexte de respecter la liberté de l'homme, on ferait disparaître du catalogue des sentences ecclésiastiques, un assez bon nombre de jugements dont la valeur obligatoire avait jusqu'ici paru incontestable. Sans rappeler plusieurs propos excentriques récemment tenus par les adeptes d'une certaine école, n'entendons-nous pas chaque jour des catholiques-libéraux nous dire, pour se débarrasser du Syllabus : Qu'après tout, les propositions dénoncées par le Pape ne sont point flétries de la note d'hérésie ? Comme si le chrétien, ami de la vérité, pouvait ne s'éloigner que des doctrines hérétiques ! ou, comme s'il lui était loisible de caresser encore des propositions jugées par l'Église fausses et erronées! Le Syllabus nous avertit de fuir avec soin des propositions qui sont des erreurs, errores; en faut-il davantage pour l'obéissance d'un véritable fils de l'Église?


pages 352

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Sam 5 Fév 2011 - 18:29

Les grands théologiens n'ont pas coutume de marchander ainsi leur soumission aux décrets de la sainte Église. Lorsque Suarez entendait émettre, par exemple, comme probable et digne d'attention un certain sentiment contraire à la doctrine catholique sur les espèces eucharistiques, il répondait carrément : « Colligitur hæc accidentia, quæ in hoc Sacramento videntur, esse eadem numero, quæ in pane et vino præfuerint..... Et est etiam res certa in doctrina fidei, ut patet ex Conc, Tridentino, Florentino, ( Constantiensi et Lateranensi....." (De Eucharist.) Disp. 56, sect. 1.) Il est sûr toutefois que dans aucun des Conciles allégués par Suarez, la doctrine des accidents absolus, si nettement qualifiée par lui de doctrine de foi, ne se trouve définie sous peine d'anathème.

Qu'on parcoure les ouvrages du cardinal de Lugo de Poenitentia et de Eucharistia : on y admirera la scrupuleuse attention de l'éminent théologien à peser chaque mot des éhapitres doctrinaux du Concile de Trente. Vous pourrez bien différer avec lui sur la véritable interprétation de tel passage ou de tel mot : mais jamais vous ne le trouverez disposé à sacrifier un iota des précieuses déclarations de la sainte assemblée.


page 352

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

Message  gabrielle le Ven 11 Fév 2011 - 20:28

Je terminerai par l'exemple et les paroles de Vasquez, dont les écrits témoignent du scrupule qu'il mettait à reproduire le moindre détail des enseignements du Concile de Trente. Or, rencontrant sur son chemin des adversaires qui, pour se défaire d'un chapitre du Concile assez gênant pour eux, recouraient à la distinction si souvent alléguée et contre laquelle nous protestons, Vasquez établit nettement l'injustice du procédé. Il me faut citer le passage tout entier. C'était à propos de ce qui est contenu dans la sainte Eucharistie vi verborum, et par concomitance.

« Aliqui recentiores notarunt Concilium, tanquam fidei dogma olim déclarasse, totum Christum esse sub qualibet specie ; distinctionem vero prædictam eorum quæ per concomitantiam sub speciebus continentur, approbasse solum ut sententiam probabiliorem, non autem tanquam dogma fidei definisse, et ita qui illam negaret, manifeste haereticum non fore ; eo quod in Canone 3 et 4 sub anathemate solum definierit, totum Christum esse sub qualibet specie, de distinctione vero illa nihil sub anathemate tradiderit..... »(1)

Ainsi parlaient quelques théologiens aux visées un peu hardies. Vasquez répond :

« Verum horum sententia mihi nullo modo probatur : nam cum ea quæ Concilium in capitibus tradit ad doctrinam pertinentia, ut veritatem Catholicam definiat, quisquis oppositum sciens docuerit, aperte hæreticus erit, ut alibi etiam. monuimus. »

Comment Vasquez prouve-t-il son assertion? De la même manière que nous l'avons déjà fait ...

« Porro autem ea quæ in capitibus traduntur, tanquam regulam fidei a Concilio definiri, patet ex ultimo capite sess. VI, ubi dicitur : Post hanc Catholicam de Justificatione doctrinam, quam nisi quisque fideliter firmiterque receperit, justificari non poterit, etc. Et sessione illa XIII capite ultimo, in fine admonet Concilium his verbis : Quoniam autem non est satis dicere veritatem, nisi detegantur et refellantur errores, placuit Sanctæ Synodo hos canones subjungere, ut omnes jam agnita Catholica doctrina intelligant quoque, quæ ab aliis hœreses caveri vitarique debeant. Et sane nisi ea omnia, quae in capitibus ut perti nentia ad doctrinam traduntur, de fide essent ita ut qui illa negaret non hœreticus esset, nihil firmum, nihilque stabile Concilium intra canones tradidisset. Institutum vero Concilii in ferendis canonibus, post traditam defini- tamgue doctrinam in eapitibus, ut constat ex locis citatis, id fuit, ut signaret nobis hæreses, quæ in Ecciesia fuerunt aut sunt, quasque cavere debemus. Neque enim contra ea omnia quæ in capitibus Concilium definit, hæreses in Ecciesia ab haereticis traditæ sunt. » (De Eucharistia, Disp. 185, C 2, n. 19 et seq.)

Vasquez répète un peu plus loin la même doctrine (Disp, 188, C. 3), en s'appuyant sur l'autorité de Soto et de Ledesma, lesquels avaient tous les deux pris part aux séances du Concile de Trente.

En voilà suffisamment sur la question que nous nous étions proposée. Il nous reste à formuler une conclusion plus générale encore : c'est que, s'il n'est jamais permis d'exagérer la vérité ou l'autorité, il ne saurait non plus être licite de l'amoindrir. Qu'on refuse d'accueillir une décision ou un décret de provenance suspecte ou d'une authenticité douteuse, à la bonne heure. Mais aussi, le titre une fois reconnu vrai, qu'on le reçoive franchement et sans chercher à l'affaiblir. La vérité toujours et partout. Rien de plus, rien de moins.


Fin

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Re: LES CANONS ET LES CHAPITRES DU CONCILE DE TRENTE.

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