L'existence de Dieu.

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Message  gabrielle le Lun 2 Aoû 2010 - 19:46

Wink Bienvenue chère Lucie.

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Mar 3 Aoû 2010 - 16:25

3—Dieu est éternel (le temps, non plus, ne le peut changer). De foi définie.

a) La Sainte Ecriture — "Pour moi, je vis éternellement", dit Dieu à plusieurs reprises, (cf. Deut., 32, 40; Gen., 21, 33; Dan., 13, 42). La Bible attribue à Dieu : 1. La parfaite immobilité dans l'être. Ainsi : "Mais toi, tu es toi-même et tes années n'ont point de fin" (Ps. 102,27) 2. La permanence sans commencement ni fin. "Avant que les montagnes fussent nées et que tu eusses enfanté la terre et le monde, de l'éternité à l'éternité, tu es, mon Dieu ! Car mille ans, à tes yeux, sont comme le jour d'hier, quand il passe, et comme une veille de la nuit..." (Ps. 90, 2-4). 3. La présence simultanée, la coexistence aux temps successifs "Moi, le Seigneur, moi qui suis le premier et le dernier". (Is., 41, 4). "Que la grâce et la paix vous soient données par celui qui est, qui était et qui viendra". (Apoc, 1, 4).

Par tous ces textes on concède à Dieu l'éternité, c'est-à-dire la possession parfaite et simultanée (non successive) d'une vie interminable.

b) De même les Pères de l'Eglise et les Conciles qu'il faudrait citer au complet. La liturgie de la messe rappelle souvent le Dieu éternel. "Gloire à Dieu, comme il était au commencement et maintenant et dans les siècles des siècles".

c) La raison : — Elle défaille devant le mystère d'une durée sans faille. "C'est une notion dont peu d'esprits ont su juger les termes. L'idée de durée est déjà fort obscure. L'épurer assez pour la rendre applicable au superexistant (Dieu), c'est un travail où l'abstraction doit faire des prodiges". (Sertillanges, O.P.).


pages 59 et 60

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Mer 4 Aoû 2010 - 17:43

1. Quelques définitions. Le temps est la durée du mouvement. L'éternité est la durée de l'immuable. La formule de Boèce, dans son livre de la Consolation, reste classique. "L'éternité est la possession parfaite de toute à la fois d'une vie sans terme".

2. Comment arriver à quelque compréhension de l'éternité ? Par voie de négation en Dieu de ce qui se réalise chez les autres êtres. Dire : Dieu est sans commencement ni fin, dans un temps perpétuel, voilà qui est insuffisant, à cause de l'emploi du mot "temps". Le temps (comme on a dit), chronomètre de l'avant et de l'après, est la mesure du mouvement. Dieu n'existe donc pas dans le temps, même perpétuel.


page 60

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Re: L'existence de Dieu.

Message  ROBERT. le Sam 7 Aoû 2010 - 21:24

gabrielle a écrit:
(...) Le temps est la durée du mouvement.

L'éternité est la durée de l'immuable.(...)

Quel beau dossier en effet. Merci Gabrielle.

ROBERT.

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Mar 10 Aoû 2010 - 15:11

3. Quelle est l'expression principale de la définition de l'éternité ? Garrigou-Lagrange, dans Providence et confiance en Dieu, P. 125, répond : "C'est tout à la fois". Ce qu'il y a d'absolument caractéristique dans l'éternité divine, ce n'est pas d'être sans commencement ni fin, c'est d'être sans changement, de posséder sa vie infinie toute à la fois.

Notre vie s'éparpille. Il y a l'enfance sans la vigueur de la jeunesse, ensuite celle-ci sans l'expérience de l'âge mûr, après arrive l'âge mûr mais sans plus la candeur de l'enfance, ni la promptitude de la jeunesse. Nous ne possédons la vie que "successivement".

Mozart, dit-on, entendait une mélodie, non pas successivement, mais "toute à la fois" dans la loi même qui l'engendre. En composant le début d'une mélodie, il en pressentait et, en quelque sorte, il en attendait la fin. Il y a aussi le savant qui arrive à voir toutes les parties d'une science "toutes à la fois" dans les principes supérieurs de cette science. Il y a l'âme des saints, en union continuelle avec Dieu. Le sommet de leur âme possède leur vie toute à la fois, unifiée qu'elle est au contact de Celui qui EST avant tous les temps. Ce sont trois images lointaines de l'éternité divine.


pages 60 et 61

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Jeu 12 Aoû 2010 - 15:13

4. Comme le temps est une mesure extérieure à nous, nous en conclurions que l'éternité mesure aussi Dieu de l'extérieur. C'est faux. L'éternité est une durée au creux de l'Existence subsistante et s'identifiant avec elle. Procédons encore par comparaison. Je ne puis dire : Je suis ma durée. Aucun être ne le peut, parce que son existence n'est pas sa nature ; il l'a reçue. Quant à la durée, elle suit la loi de l'existence qu'elle doit mesurer. Or Dieu est son existence "permanente". Donc, il est sa durée, qui se nomme l'éternité. Comme il est sa vie, son immutabilité. L'éternité le constitue substantiellement. L'éternel est son nom, qui est synonyme de "Celui qui est".

5. D'aucuns parmi les savants, et non des moindres, ont confondu l'éternité avec l'inertie. Ils ont alors conçu Dieu comme "jaillissement et progrès". Ainsi Heraclite et les Stoïciens jusqu'à Hegel et Bergson. Mais l'éternité divine est une vie infiniment riche, unie avec la perfection de la simplicité. C'est l'Existence pure, excluant toute dépendance et passivité, toute possibilité de changement.

"Unis ton coeur à l'éternité de Dieu et tu seras éternel... attends avec Lui les événements qui se passent au-dessous de toi". (Saint Augustin; consulter le livre Xle de ses Confessions).


pages 61 et 62

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Ven 20 Aoû 2010 - 15:41

Article V
Dieu Unique

Ils s'alignent les noms que nous donnons à Dieu: simple, parfait, bon, infini, immense et omniprésent, immuable, éternel. Ils prennent place en Celui en qui il n'y a pas de palce. Qu'est-ce à dire?

a) Ces noms disent plusieurs fois la même choses, le même être; ils répercutent en nous LE seul nom nécessaire: Celui qui est. Est-ce de la synonymie? y a-t-il une pure différence de mots, la signification demeurant la même?

b) Non, du moins de notre part. Lorsque nous disons que Dieu est bon, nous ne désignons point la simplicité. Nous disons que ce qui s'appelle bonté dans le monde créé préexiste en Dieu d'une manière suréminente. Chacune de nos affirmations a ainsi son sens propre.


page 63

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Sam 21 Aoû 2010 - 15:37

c) Est-ce que nous "émiettons" Dieu? Certainement pas, tel qu'il est en Lui-même. Seul notre mode d'expression le fait. Mais ce n'est pas parce que nos mots humains "détaillent" la divinité que Dieu existe de fait comme "à part" ou par portion. Nous utilisons l'analogie (ou comparaison). Née boiteuse, elle nous conduit clopin-clopant. Cette boiteuse a le tour de nous dévoiler quelques secrets de la géographie divine et de nous faire franchir les frontières de l'impénétrable royaume. Qu'on pardonne à sa gaucherie. Son diplôme de guide est en règle.

Voyez-là qui, dans des traités compliqués, nous "détaille" Dieu comme le mosaïste plaçant ses pièces l'une après l'autre. Alors que nous savons qu'en Dieu, il n'y a pas d'un après l'autre. Alors que Celui qui est, "par là même", est toute perfection. Ne nous lamentons pas outre mesure de ce mode divisé et imparfait. Ne nous convient-il pas? Chaque concept nouveau ne nous révèle-t-il pas un aspect "différent' de la même réalité simple? Si vous prenez une série de photos de votre mère — chacune sous un angle particulier — vous ne dites pas, parce qu'il y a plusieurs photos, que vous avez plusieurs mères. D'autre part, parce que vous n'avez qu'une mère, vous n'allez pas vous priver de prendre d'elle plusieurs photos. Car vu l'angle particulier de chacune, elles ne sont pas équivalentes ou inutiles ; chacune a sa valeur. Ainsi "l'essence divine correspond à chacun de nos concepts comme l'objet à son image imparfaite".

La faiblesse de notre intelligence nous oblige à cet émiettement. Elle ne peut fixer l'Essence suprême. "Elle n'en aperçoit que le reflet dans les créatures, comme dans un miroir brisé". Nos idées de Dieu se forgent auprès de ces images "émiettées et lointaines". C'est pourquoi chacun de nos concepts nous livre une vue différente sur la très simple essence. Il nous reste le soin de "ne pas réaliser nos idées telles quelles dans l'Absolu ; ce serait le diviser, le morceler". Avec nos pièces et nos morceaux, nous allons vers : la Simplicité, Perfection, Bonté, Infinité, Immensité et Omniprésence, Immutabilité, Eternité, qu'il est (ne disons pas: qu'il a).


pages 63 et 64

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Lun 23 Aoû 2010 - 15:50

Préliminaires:

1. Dieu n'est pas: ni dans le temps (éternel), ni dans l'espace (immense), ni selon la quantité (simple). Sera-t-il aussi hors du nombre, hors genre, hors série?

2. Le point en litige: y a-t-il plusieurs êtres participant à la divinité ; combien y a-t-il d'êtres à être Celui qui est ?

3. Si on répond que Dieu est unique, il faut prévoir que les panthéistes, chose étrange, y trouveront leur profit. Quand cet Unique, disent-ils, entre en rapports avec d'autres êtres, Il écoule en eux quelque chose de son unité. De là à affirmer que tout est Dieu...


page 65

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Mar 24 Aoû 2010 - 15:29

4. Nous appliquons à Dieu notre idée de l'Un. Elle est imparfaite. Tous les exemples d'unité qui nous entourent sont entachés de multiplicité. Nos concepts infirmes nous retiendront au bas de la montagne, mais les phares seront assez puissants pour nous certifier que la montagne désirée (la super-unité divine) est bien là, au-delà des routes ordinaires. Car Dieu ne fait pas nombre avec le reste.

5. Les erreurs sont celles des Polythéistes qui vénèrent plusieurs dieux (ou du moins croient en vénérer plusieurs) et celles des Dualistes, qui admettent deux principes souverains: l'un du bien, l'autre du mal. Cette dernière doctrine, enseignée en Perse par Zoroastre (16e siècle avant J.-C), fut en honneur chez les Egyptiens, les Grecs et les Barbares, plus tard chez les Manichéens, qui eurent un temps saint Augustin pour disciple avant sa conversion, et chez les Albigeois. "Face au Dieu bon, un Dieu mauvais, coéternel et rival".

Parmi les modernes, James et Renouvier ont envisagé le polythéisme avec quelque faveur, parce qu'ils optaient pour un dieu fini. Mais tous les penseurs, qui ont défini le vrai Dieu comme infini en perfection, l'ont déclaré unique. Et le polythéisme des anciennes religions admettait toujours un être suprême, le seul vrai Dieu en fait, les autres n'étant que des êtres divins plus ou moins analogues aux anges de notre théologie catholique. L'erreur de ces religions consistait surtout dans la superstition et le culte exagéré rendu à ces dieux inférieurs, (cf. Thonnard, Précis de philosophie, p. 300).


page 66

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Mer 25 Aoû 2010 - 13:59

Dieu est un (de foi définie) qu. 11e.

Ses preuves : a) L'Ecriture sainte insiste sur l'unité de Dieu. "Afin que vous reconnaissiez que le Seigneur est le véritable Dieu et qu'il n'y en a point d'autre que lui". (Deut., 4, 35).

"Ecoutez, Israël: le Seigneur, notre Dieu, est le seul et unique Seigneur". (Deut., 6, 4).

Même chose en Deut., 32, 39. "Je suis le premier et je suis le dernier, et il n'y a pas de Dieu hors de moi". (Is., 45, 6 et 18).

"N'est-ce pas moi, le Seigneur? Il n'y a point d'autre Dieu que moi; en dehors de moi, il n'est pas de Dieu juste et sauveur. Tournez-vous donc vers moi afin d'être sauvés, tous les confins de la terre, car je suis Dieu et il n'y en a point d'autres". (Is., 45, 21-22),

Enfin quand Dieu dit "Je suis Celui qui est" ou la plénitude de l'être, cela équivaut à : Je suis unique.

La même affirmation est répétée dans le Nouveau-Testament, d'abord par Jésus (Marc, 12, 29-32),

puis par saint Paul : "Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême, un Dieu". (Eph., 4, 6).

"Qu'ils te reconnaissent, toi le seul vrai Dieu". (Jean, 17, 3).

b) Les Pères de l'Eglise — Saint Ignace d'An-tioche raconte que beaucoup de martyrs moururent pour défendre l'unité de Dieu. Saint Irénée: "Le Créateur du monde est le seul Dieu ; il est inutile d'en créer ou chercher d'autres". Saint Ephrem : "Si Dieu n'est pas un, il n'est pas". Tertullien: "La règle de foi est qu'il n'y a qu'un seul Dieu et aucun autre".

c) Le Magistère Le symbole des apôtres, celui de Nicée-Constantinople récité au cours de la messe, et les autres mentionnent, non pas l'éternité ou une autre perfection divine, mais bien l'unité, comme si "c'était le caractère permettent de reconnaître le vrai Dieu: Je crois en un seul Dieu". Les Conciles de Nicée, de Trente et du Vatican clament cette vérité.

pages 66 et 67

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Jeu 26 Aoû 2010 - 15:07

d) La raison, qui veut s'expliquer le donné révélé, tire deux arguments de la simplicité divine pour conclure à son unité:

1. A date nous avons constaté que toutes les perfections divines s'identifient en Dieu avec l'Etre, Acte simple et pur, qui est sa nature. Autrement dit, "il n'y a rien en Dieu qui ne soit Dieu". Ne doit-il pas être le seul à qui une pareille chose arrive ? S'il y a plusieurs hommes, c'est parce que chacun de nous "a l'humanité" participée, source de la multiplication. Si un homme, non pas "avait" l'humanité, mais "était" l'humanité, il n'y aurait qu'un homme. Or Dieu n'est pas l'être qui "a" la divinité, mais "est" la divinité. Et comme la divinité (ou nature divine) c'est être par soi, il s'ensuit que: Etre par soi, divinité, Dieu s'identifient. Aucune distinction en Dieu, puisque l'Existence nomme ce qu'il est. Donc il est la divinité, Il s'identifie avec elle. Donc II est seul. Il n'y en a qu'un.


page 67 et 68


Dernière édition par gabrielle le Ven 27 Aoû 2010 - 17:21, édité 1 fois (Raison : pagination manquante)

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Ven 27 Aoû 2010 - 17:21

2. Imaginons plusieurs dieux. Il faudrait les faire différer. Quelque chose conviendrait à l'un à l'exclusion de l'autre. Dans cet autre, il y aurait donc négation d'être sous un certain rapport, il ne serait pas infini, il serait "en puissance"; de même dans les autres dieux sous un autre rapport. Or Dieu ne saurait être "en puissance" vis-à-vis d'un bien à acquérir et, de plus, il exclut la matière, source de la multiplicité numérique. Donc Dieu est UN parce qu'il est simple. Les anciens philosophes, quand ils donnaient pour principe à la nature un Infini, le supposaient UNIQUE. Dieu ne possède "ni prérogatives communes avec d'autres permettant de le comparer ou de le classer dans une espèce, ni traits particuliers permettant de le différer".

3. Dieu est parfait. Or, il ne peut exister deux êtres (infiniment) parfaits. La pluralité suppose la diversité. Et diversité veut dire : du plus et du moins. Mais celui qui aurait moins ne serait plus parfait. Il ne serait plus Dieu. "S'il y avait plus d'un Dieu, il y en aurait une infinité ; s'il y en avait une infinité, il n'y en aurait point, car chacun, n'étant que ce qu'il est, serait fini". (Bossuet, Elévations, IV).

4. Par l'ordre du monde. Quoique formé de parties multiples et diverses, l'univers est "un", comme d'ailleurs son nom d'indiqué. Il forme un ensemble harmonieux. C'est donc qu'il est ordonné par une seule intelligence, un seul Dieu.


page 68

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Sam 28 Aoû 2010 - 14:49

Conclusion:

"Dieu habite une lumière inaccessible" (I Tim., 6, 16). D'après ce texte, clarté et obscurité voisinent. Chacune a son attrait. "J'ai d'autant plus de dévotion pour les mystères de Dieu qu'ils sont plus obscurs" disait cette intelligence pénétrante: sainteThérèse d'Avila. Dans les paysages et les peintures on préfère que l'ombre se mêle à la lumière et en tamise doucement les rayons. S'entourer du voile du mystère, s'abriter sous la loi de l'arcane n'a rien pour déplaire ; souvent même c'est une nécessité.

"Le juste vit de la foi" répète trois fois saint Paul. Or la foi "porte sur ce qui n'est pas vu" (2a 2ae, q. 1, art. 4 et 5). Dans une légitime émulation, cherchons Dieu sur les hauteurs où il vit. Ce Dieu CACHÉ se laisse voir aux regards de plus en plus purifiés des petits et des humbles. Car les mystères de Dieu sont leur pays d'adoption ; son climat est le leur.


page 69

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Mer 1 Sep 2010 - 18:01

ARTICLE VI
DIEU INFINIMENT INTELLIGENT

1. Cinq articles précédents ont nommé Dieu par plusieurs noms. Ces noms ne sont, au fond, rien de plus que le premier nom: Celui qui est, ou mieux: Il-est (préférable à l'Existant). Il-est désigne Dieu d'une plus juste façon que le mot Dieu. Cependant la pluralité de nos noms divins, concession à la faiblesse de notre vision ou intelligence éblouie et limitée, n'est pas le fruit de notre imagination. La Bible elle-même et toute la Révélation, au service de l'homme, non seulement suscitent ces noms, mais en usent pour notre connaissance de Dieu. Par ces noms on a jusqu'ici considéré Dieu dans le simple fait d'être. Par notre méthode de négation ou d'élimination nous avons connu que Dieu n'est entaché d'aucune de nos imperfections dans son Etre pur. Nous savons ainsi du moins ce qu'il n'est pas.

2. Nous nommons Dieu maintenant par un autre nom: le Voyant. C'est toujours la Révélation qui nous y pousse. Autrement la théologie n'en saurait parler. Voir est pris pour "connaître". Il n'est pas question pour Lui de voir par les yeux du corps, dont la vision est infime. "C'est un inexprimable bien que de voir le voyant. Ceux qui honorent les faux dieux les voient facilement ; mais ils voient des êtres qui ont des yeux et ne voient pas. A nous est promise la vision "du Dieu vivant et voyant". (Saint Augustin). Ici se place donc la question de l'intelligence ou connaissance ou science de Dieu, qui forme le 14e chapitre de la Somme de saint Thomas en seize articles.


pages 71 et 72

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Ven 3 Sep 2010 - 15:31

3. Il ne s'agit pas de Dieu "connaissante" par nous, mais si Dieu est "connaissant" c'est-à-dire s'il est sujet d'un acte de connaître. A quoi on va répondre "Dieu est intelligence". Et nous L'étudierons dans cet acte de connaître, qui, pour Lui, n'est pas un deuxième acte, à côté de celui d'être. Notre pensée est timide devant l'Un.

4. Quand nous attribuons nos perfections à Dieu, nous les libérons de leur gangue humaine. Elles se retrouvent en Lui tout autrement. A plus forte raison lorsqu'il s'agit de la connaissance. Si déjà le processus de notre connaissance est ardu à décrire, que dire de Dieu?


page 72

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Sam 4 Sep 2010 - 16:22

Dieu est intelligence (de foi définie) qu. 14e.

a) La Bible — Tout au long de ses pages sacrées elle répète que Dieu sait ou connaît tout, qu'il est la science, l'intelligence, la sagesse. En créant, il VOIT la beauté de son oeuvre.

"Je te connais par ton nom" dit-il à Moiïse. (Ex., 33,17).

"Celui qui a fait les cieux avec intelligence" (Ps. 135, 5)

"Son intelligence est sans limite". (Pr. 146, 5).

"C'est lui qui possède le conseil et l'intelligence". (Job, 12, 13).

"Toute sagesse vient du Seigneur Dieu; elle a toujours été avec lui et elle y est avant tous les siècles". (Eccli. 1, 1).

"Une science aussi merveilleuse (celle de Dieu) est au-dessus de ma portée, elle est trop élevée: je ne puis la saisir". (Pr., 138, 6).

Mais un texte va préciser, où se trouve affirmée "la raison" permettant de comprendre cete science parfaite de Dieu, à savoir: un ouvrier connaît son oeuvre. S'il a fabriqué la connaissance, c'est qu'il est capable de connaître : "Celui qui a formé l'oeil ne verrait-il pas?... Yahvé connaît les pensées des hommes, il sait qu'elles sont vaines". (Ps. 94, 9-11).

Le Nouveau Testament précise la Révélation ancienne. Entre autres, il y est décrit que Dieu connaît tout, même la date de la fin du monde. (Math., 24, 36).

"Qui sait les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui? De même aussi les choses de Dieu nul ne les reconnaît, si ce n'est l'esprit de Dieu". (1 Cor., 2, 11).

"Nulle créature n'est cachée devant Dieu, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte". (Hebr., 4, 13).

"0 profondeur insondable de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements sont incompréhensibles et ses voies impénétrables!" (Rom., 11, 33).

Ici la science de Dieu est dite illimitée et inscrutable, immense et infinie.


pages 72-73

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Lun 6 Sep 2010 - 15:56

b) Les Pères de l'Eglise témoignent. "Rien n'échappe au Seigneur; nos secrets mêmes sont dans sa main", écrit saint Ignace d'Antioche. "O Dieu, père de la vérité, père de la sagesse, père de la vie véritable et souveraine, père de la béatitude, père du bien et du beau, père de la lumière intelligible et père de notre illumination..." (Saint Augustin dans la prière initiale des Soliloques). Tous les Pères s'accordent sur l'affirmation de la connaissance parfaite de Dieu.

c) La Liturgie — "Vous qui scrutez nos coeurs, qui savez nos faiblesses, écoutez nos prières, ô très bon Créateur". (Vêpres du Carême).

d) Le consentement universel -" Dieu voit tout; son oeil est toujours là; il est le Voyant"

e) La raison - Elle interprète de son mieux l'affirmation de la foi.


pages 73-74


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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Mer 8 Sep 2010 - 18:58

1.Comment nier à Dieu la plus noble perfection de l'homme? En effet, connaître est l'élargissment de l'être, en manifeste toute la richesse, c'est le fait d'être principe d'action, ce qui est plus noble que d'être seulement terme d'action ou objet connaissable par d'autres. Or Dieu est Acte pur, source d'énergie, principe vivant, auteur de l'ordre et de l'intelligence dans les choses , et non pas seulement, Arsitote s'en porte garant, une froide Idée se contentant d'être contemplée. Donc Dieu est SUJET de connaissance ( et d'amour) parce qu'il est infiniment parfait et acte pur.

page 74

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Ven 10 Sep 2010 - 16:36

2. La faculté de connaître est immatérielle, car son rôle est de saisir et de capter les notions générales des choses, indépendamment des conditions particulières déterminées par la matière. L'animal, qui ne sort pas de l'objet immédiat qui a frappé ses sens, ne le peut pas, l'homme le peut, l'ange davantage. D'où l'argument suivant: L'intelligence appartient à un être dans la mesure où il est dégagé de la matière ou : le degré d'immatérialité des êtres fait les degrés de la connaissance (active en tant que sujet connaissant, passive en tant qu'objet connaissable) . Dès lors, si un être subsiste en lui-même et indépendamment de toute matière, il est non seulement en position pour être connu, mais sa qualité de subsistant dans une pareille nature le met en position idéale pour "connaître". Or Dieu (Il-est) est Acte pur et par cela même infiniment éloigné de la matière. Donc Dieu est souverainement: intelligent et connaissant, intelligible et connaissable de par sa nature.

pages 74-75

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Sam 11 Sep 2010 - 17:47

Dieu est SON intelligence.

Laissons saint Augustin nous tracer royalement le chemin. "La substance de notre âme n'est pas absolument simple, puisque pour elle être n'est pas connaître, car elle peut être sans connaître. Ceci est par contre impossible pour la nature divine, qui est ce qu'elle a. Elle n'a donc pas la science de telle sorte que pour elle, autre chose soit la science par laquelle elle connaît, autre l'essence par laquelle elle est, mais ces deux choses n'en font qu'une. On ne devrait même pas parler de deux, là où il n'y en a vraiment qu'une... Savoir pour lui, c'est être. (Citation dans "Les Pères vous parlent de l'Eglise", par Tissot, p. 534).

page 75

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Lun 13 Sep 2010 - 17:57

Chez nous, l'acte de connaître comporte une multiplicité d'opérations. Cet acte met d'abord en présence un sujet et un objet, mais avant que se réalise "l'identification" de l'un et de d'autre, il y a mouvement. Le sujet, l'intelligence, prend l'objet; puis il le comprend, le saisit, le moule selon la forme de son intelligence ; puis il le fait venir en lui pour le concevoir, le faire naître avec lui : connaître. A ce moment le sujet est connaissant et l'objet est connu. L'identification s'est faite, mais elle apparaît comme un résultat, arrivant à la fin de multiples opérations. Il y a eu va-et-vient, mouvement, translation : prendre et donner. (Initiation théologique, I, p. 99). Notre acte de connaître n'est pas simple (ou pur) parce que notre être ne l'est pas". L'opération (l'acte) suit l'être" : tel être, telle opération.

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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Mar 14 Sep 2010 - 15:57

En Dieu, tout est simple et parfait, sans recherche, ni changement serait-ce dans le sens d'un progrès, inimaginable chez le Parfait.

D'où: a) En Dieu, l'acte d'être, Acte pur (définition de Dieu) refuse toute suppléance, toute aide, tout enrichissement. Avoir ou obtenir une perfection, une connaissance, c'est bien; c'est mieux encore "d'être cette perfection". Entendons-nous. Quand quelqu'un est parvenu à une science au point de la posséder d'une façon suréminente, on dit "qu'il fait corps avec elle", "qu'il s'identifie avec elle", "qu'il EST cette science ambulante". L'Acte d'être qu'est Dieu s'identifie avec intelligence; il n'a pas besoin pour intelliger d'autre chose que Lui-même, dynamique et puissant, sans dégradation d'être ou imperfection créée par la matière


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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Ven 17 Sep 2010 - 16:46

b) Si l'acte d'intelligence divine était quelque chose de distinct de la substance divine, celle-ci serait perfectionnée par celle-là, celle-ci serait en puissance vis-à-vis de celle-là, puisque connaître est vraiment la perfection et l'acte de celui qui connaît.

Or cela est impossible. Saint Thomas rejoint Aristote qui écrit; "La vision (ou connaissance) en Dieu, c'est Dieu même." Comme II est l'Acte pur, il ne saurait être en puissance de connaître.

Donc II réalise, dans l'identité absolue de son acte, ce que tout acte de connaître des humains s'efforce d'ébaucher: un minimum d'identification du sujet avec son objet.


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Re: L'existence de Dieu.

Message  gabrielle le Sam 18 Sep 2010 - 17:08

c) Connaître, dit saint Thomas, est une manière d'être. Quand l'être est parfait et plénier, il n'a pas besoin de substitut ou autre manière d'être pour ses opérations. Car acquérir une connaissance, c'est devenir d'une certaine manière, et même devenir autrui. Mais en Dieu, il n'y a pas d'autre forme essentielle que son être même. Donc que vous disiez intelligence divine, objet de cette intelligence, forme de cette intelligence, acte de cette intelligence, en Dieu c'est identique à, son être. Cela ne brise aucunement l'unité de Celui qui est. Dire : Dieu intelligent "n'ajoute" rien en l'Acte pur. Aristote définissait Dieu "la Pensée de la Pensée", identifiant dans un seul mot l'acte de l'intelligence divine et son objet. Excluons de Dieu intelligent ce que nous appelons réflexion. En Dieu, il y a contact immédiat et lumineux de soi. "Eclair vivant" dit Garrigou-Lagrange. (cf. Sertillanges, Dieu, tome II).

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