L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Lun 5 Juil 2010 - 18:06


***



L'éducation étant, par excellence, une œuvre morale, exige de ceux qui en sont chargés une perfection tous les jours plus grande. Le fait qu'elle est confiée à deux personnes unies par les liens sacrés d'un même amour garantit son perfectionnement. L'enfant sera donc élevé par une autorité unique en deux personnes distinctes, lesquelles améliorent leurs méthodes par le seul fait de leur dualité. Ainsi seront corrigées les erreurs de l'inexpérience et les déviations d'un exercice sans contrôle. Si la mère a été trop sensible et a péché par faiblesse, la fermeté du père rétablira l'équilibre nécessaire.

Si c'est le père qui n'a pas su développer la délicatesse des sentiments de son enfant, la mère saura suppléer à cette insuffisance. Le principe de la dualité se retrouve à tous les échelons de l'autorité. Il a pour but le perfectionnement de ceux qui ont charge de conduire les autres. C'est ainsi que la direction de l'humanité est confiée par Dieu à une double société : l'Eglise, chargée de sa vie spirituelle en vue du royaume futur ; la société civile, à qui est confiée la mission d'organiser la vie terrestre selon les principes de la justice.




À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Mar 6 Juil 2010 - 18:29

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.....Ne nous étonnons donc pas que Dieu ait, voulu que l'autorité familiale soit, elle aussi, partagée entre deux pouvoirs, celui du père et celui de la mère. Cette dualité sert les intérêts de ceux qui ont à obéir.

L'éducation n'est achevée que le jour ou l'enfant est capable de se conduire lui-même par les lumières de sa propre conscience et tes énergies de sa volonté. Tant qu'il a besoin d'être dirigé et commandé par les autres il n'est pas un homme. Un des problèmes les plus délicats qu'aura à résoudre l'éducateur, sera donc de proportionner la liberté laissée à l'enfant à son développement moral.

Ce serait le maintenir dans une tutelle insupportable et empêcher sa conscience et sa responsabilité de se former que de prétendre le surveiller toujours sans l'abandonner jamais à ses propres initiatives.

Si le petit enfant a besoin d'être constamment surveillé, cette surveillance doit se faire moins constante et moins absolue à mesure qu'il grandit. L'écolier doit être capable de se bien conduire en dehors de la présence de ses parents et le jeune adolescent doit pouvoir se distraire honnêtement sans que l'on ait à craindre de sa part des écarts de conduite.

Les parents auront à se mettre d'accord sur le degré de liberté à accorder à l'enfant et ils ne pourront le faire qu'en contrôlant leurs impressions et leurs observations. S'ils agissaient contradictoirement, l'un accordant la liberté que l'autre refuse, l'enfant en viendrait facilement à des habiletés qui se changeraient bientôt en sournoiseries et en mensonges.



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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Mer 7 Juil 2010 - 17:34

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Pour accomplir dans sa perfection leur œuvre éducatrice, les parents devront purifier et spiritualiser leur amour mutuel. Si un enfant peut naître d'un amour égoïste et passionné, il est impossible de concevoir l'éducation sans un profond et sincère désintéressement personnel des éducateurs. Les époux qui veulent se faire éducateurs auront donc à s'oublier eux-mêmes pour l'enfant qu'il s'agit de former à la vie morale, lis n'y parviendront qu'en purifiant leur propre conscience des misères morales susceptibles de contaminer leur action et de vicier l'atmosphère familiale.

Cette œuvre n'est possible que par l'union intime du cœur et de l'intelligence dans une même volonté morale. La conscience de l'enfant ne peut s'éclairer qu'au reflet de la conscience des parents et pour peu que la lumière soit trouble, la conscience de l'enfant en est elle-même toute obscurcie.

S'il est bien de chercher la perfection par amour de soi, il est mieux de la chercher par amour du prochain. C'est donc par amour de l'enfant, que les parents s'appliqueront à devenir parfaits. Ils ne le feront pas isolément mais ensemble parce qu'ils doivent exercer ensemble leur influence.

L'union dans la perfection par amour de l'enfant ne ressemble en rien à l'ivresse des premières amours. Elle est faite d'une intimité morale, accompagnée du sentiment d'une responsabilité immense. Elle tend à une action commune et désintéressée en vue de la formation morale d'une personnalité nouvelle. La communauté des responsabilités n'implique pas que l'action du père et de la mère soit identique. Elle est complémentaire sans être divergente. Le père formera la raison, éclairera la conscience, fortifiera la volonté. La mère développera plutôt les puissances sentimentales sans lesquelles il n'est pas de vraie bonté.

L'entant qui n'aurait subi que des influences masculines manquerait peut-être des délicatesses du cœur. Celui qui n'aurait subi que les influences de la mère manquerait des initiatives qui font les hommes forts et entreprenants. Par leur action commune l'homme et la femme enrichissent chacun à leur manière l'âme de celui qui leur est confié.



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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Jeu 8 Juil 2010 - 16:07

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Si le cœur et la conscience des parents doivent s'unir dans une même volonté de dévouement, leur intelligence doit donc se compénétrer pour résoudra l'ensemble des problèmes posés par l'éducation.

Cette compénétration ne se fait pas sans difficultés et sans heurts parce que chacun des époux vient d'un milieu différent et apporte au foyer des habitudes particulières de jugement. Ces oppositions ne sont d'ailleurs pas inquiétantes et pour peu que les époux soient de bonne volonté, elles vont les aider à mieux saisir la complexité des problèmes à résoudre et leur faciliter la découverte des méthodes les plus efficaces. Elles contribueront à la fusion des cœurs en obligeant les époux à chercher les points de jonction nécessaires.

Nous nous contenterons d'insister pour que jamais les parents ne laissent soupçonner à leurs enfants les divergences qui peuvent momentanément les diviser ? Ils s'abstiendront de toute discussion devant l'enfant,, se souvenant qu'une maladresse ne troublera jamais l'enfant autant qu'un désaccord. Les désaccords désorientent la conscience ; les maladresses provoquent de simples mécontentements. Si les parents ont quelque reproche à se faire ou quelque question d'éducation à résoudre, qu'ils le fassent dans l'intimité de tête à tête, jamais devant l'enfant.

L'enfant ne se soumet pas de bon gré aux exigences de l'autorité. L'éducation se présente souvent, surtout à ses débuts, comme une lutte entre l'éducateur qui prétend plier l'enfant à certaines habitudes qu'il juge utiles et bonnes, et l'enfant qui veut agir à sa guise et suivre ses caprices. Pour vaincre,l’enfant emploie tous les moyens dont il dispose : entêtement, cris, désobéissance, bouderie, violence, révolte. Tantôt il engage la bataille et tantôt il s'efforce de vaincre à force de câlineries.

Si les parents n'y prennent garde, ils seront facilement vaincus. L'enfant leur imposera d'autant plus facilement sa volonté qu'ils seront eux-mêmes divisés. Il ne se fera pas faute d'accentuer les désaccords pour en tirer profit. Pour que l'éducateur puisse diriger l'enfant, il est nécessaire qu'il ait toujours le dernier mot. Encore doit-il veiller à ne jamais rien commander qui ne soit conforme au bien moral et à la nature de l'enfant.




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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Sam 10 Juil 2010 - 17:03

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Si l'autorité est obligée de corriger une erreur, qu'elle ne donne pas à l'enfant le spectacle d'une division qui ouvrirait la porte à l'esprit de discussion ou de révolte. Les divisions des parents faussent le développement normal de la conscience de l'enfant.

C'est pourquoi ils doivent s'efforcer, avec humilité et persévérance, de faire coïncider leurs méthodes d'éducation. Ils y parviendront, non par des théories, mais par un effort attentif pour mieux comprendre les vrais besoins de l'enfant. Ni l'un ni l'autre n'aura à abdiquer ce qu'il croit juste, mais chacun s'efforcera de comprendre les raisons et la conduite de l'autre. Cet effort de compréhension corrigera les abus et permettra à chacun de mieux saisir la complexité des besoins de l'enfant.

On n'est pas trop de deux pour saisir toutes les nuances et toutes les saillies d'un caractère en voie de formation.

Le tempérament moral de l'enfant est le résultat d'influences ancestrales, bonnes et mauvaises, qui se manifestent par des tendances multiformes. L'enfant se laisse conduire par l'instinct sans qu'aucune expérience personnelle l'aide à vérifier la valeur de ses actes. C'est aux parents que revient la mis-sion de discerner les dispositions auxquelles il convient de laisser le champ libre et celles qu'il convient de réprimer. Ce discernement n'est pas chose, facile, le même acte pouvant s'expliquer par des passions différentes. Pour celte analyse de l'âme de l'enfant et des motifs qui provoquent son attitude, il n'est pas trop de l'expérience et du contrôle communs du père et de la mère.

De même, pour la découverte des meilleures méthodes à employer. Chacun des parents apportera à la communauté le contingent de ses expériences personnelles. Par là leur action sera plus efficace et s'adaptera mieux aux circonstances et aux tempéraments. Chacun corrigera ce que ses méthodes pourraient avoir de faux ou d'excessif. C'est au résultat, à la réussite que se vérifie la valeur éducative d'une méthode, il n'y a d'ailleurs pas de méthode universelle en éducation. Chaque enfant doit être dirigé selon son caractère et les moyens devront s'adapter aux circonstances.

La douceur qui réussit aujourd'hui sera demain sans efficacité parce que les dispositions d'un enfant varient incessamment. Tel enfant se renfermera en lui-même s'il est corrigé, alors que tel autre ne s'amendera que sous le coup d'une souffrance physique. Pour que l'autorité s exerce avec sagesse, il est donc nécessaire que ceux qui en sont les dépositaires s'éclairent mutuellement.




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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Lun 12 Juil 2010 - 18:09

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L'éducation exige un contrôle constant des moyens employés. Ce contrôle ne doit pas se faire dans un esprit systématique d'oppostion et de critique, mais avec la volonté commune d'arriver à de meilleurs résultats. C'est ainsi que la mère signalera au père que telle répression a laissé dans l'âme de l'enfant un mécontentement accompagné de rancune qui risque de détruire son affection et sa confiance. Si le père n'était pas averti, le mal irait s'accentuant sans qu'il soit possible d'y remédier. Si ce sont les faiblesses de la mère qui diminuent les énergies de l'enfant ou multiplient ses caprices, c'est au père à intervenir. Ainsi s'exerce une collaboration active qui tend à un perfectionnement progressif des méthodes d'éducation. Cette collaboration n'est possible qu'autant que les parents sont unis par une affection sincère et une volonté commune de former et de parfaire la conscience de l'enfant.

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L'enfant témoin des discordes des parents tombe dans une mélancolie et un malaise qui gênent son expansion. La délicatesse de sa nature ne supporte pas les tempêtes et les contradictions. Il ne respire à l'aise que dans une atmosphère habituelle de paix et de joie, qui n'exclut d'ailleurs pas l'autorité. Par contre, l'enfant abandonné à ses caprices s'énerve de sa propre indiscipline. Le calme d'une autorité maîtresse d'elle-même, qui le soutient dans ses efforts, sans le molester, le maintient dans un naturel sentiment de joie et de confiance. Ce sentiment grandit dans la mesure où les parents agissent d'un commun accord ; mais pour peu que leur action se contredise, l'enfant, dans l'espoir d'échapper à l'emprise de l'autorité, multiplie les révoltes, les mensonges ou les basses flatteries.

Si l'un des époux prend la mauvaise habitude de dénigrer l'autre, l'enfant en vient à une attitude de mépris qui avilit son âme et fausse sa conscience.

L'entente des deux autorités dissipe ses velléités d'indépendance. Il obéit d'autant plus facilement qu'il sait qu'il lui sera impossible de jamais mettre en opposition les deux autorités qui lui commandent.



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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Sam 17 Juil 2010 - 17:09


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L'enfant, écartelé par les divisions et les contradictions de l'autorité, es un enfant
malheureux. Celui qui est obligé de toujours marcher dans le même, sens en vient à faire facilement les efforts les plus difficiles.

Il ne faudrait pas conclure de ces considérations que l'éducation exige une autorité toujours en éveil et des commandements constamment répétés. L’autorité manifeste sa faiblesse et son impuissance dans la mesure où elle multiplie les ordres.

La vraie autorité est une puissance morale qui exerce son pouvoir par simple présence. Elle est faite de respect, de confiance et d'amour. Elle évite les gestes et les paroles inutiles. Elle est le résultat de la bonne entente des époux et crée une atmosphère que l'enfant respire sans s'en douter.

Quand l'enfant est témoin de l'amour que se portent ses parents, les efforts lui sont faciles ; il les fait en quelque sorte spontanément. C'est que l'effort, sauf exception, n'est pas contraire à la nature de l'enfant. Il suffit pour s'en assurer d'assister à la peine qu'il se donne pour réussir dans les jeux et les exercices qu'il a lui-même inventés.

Ce qui lui répugne, ce sont les efforts imposés du dehors ; il y voit une contrainte contre laquelle il est tenté de se rebeller. Mais pour peu qu'il soit enveloppé d'une atmosphère de tendresse, d'affection et de joie, il se plie naturellement aux efforts exigés par la vie morale. Quand des parents très unis demandent à l'enfant d'augmenter leur joie par sa bonne volonté, rien ne lui coûte, d'instinct il comprend que sa conduite intéresse la paix et la joie de la famille.




À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Mer 21 Juil 2010 - 17:57

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Les conséquences de la mésentente conjugale sont particulièrement graves quand l'enfant arrive à l'âge de la puberté. C'est l'âge où commencent les grandes tentations des sens et du cœur. Le jeune adolescent cherche à se faire une idée de l'amour. S'il s'aperçoit que ses parents ne s'aiment pas et que leur vie conjugale est faite de disputes et de plaintes perpétuelles, il en vient à considérer l'amour conjugal comme un amour inférieur et qui ne répond en rien à son idéal. De là à con¬clure en faveur de l'amour libre, il n'y a qu'un pas, d'autant que l'amour libre cache sa face douloureuse et mortelle pour ne laisser paraître que sa face aimable. Combien de jeunes gens ont été entraînés à se mal conduire pour la seule raison qu'ils n'ont pas rencon¬tré chez leurs parents l'idéal sentimental qui les aurait sauvés de la tentation l

Pour que l'adolescent domine ses tentations, il faudrait qu'il ne fût jamais témoin chez ses parents que d'une union pleine de-tendresse et d'intimité. Cette union deviendrait naturellement pour lui un idéal vers lequel il s'efforcerait de monter.

C'est ainsi que l'union des parents est une des meilleures garanties de la bonne conduite des jeunes gens. Pour que l'enfant soit naturellement porté à faire des efforts, il ne faut pas lui donner l'impression qu'il est seul à lutter et à peiner et que les grandes personnes font tout ce qui leur plaît. S'il en était ainsi, il chercherait fatalement à échapper au devoir. 11 s'y pliera, au contraire, facilement s'il vit dans un milieu où chacun travaille et fait son devoir. Les parents doivent donner l'exemple de l'effort moral s'ils veulent aider l'enfant dans sa lutte pour le bien.



suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Sam 24 Juil 2010 - 17:38

LE DEVOUEMENT AUX ENFANTS, CIMENT DE LA BONNE ENTENTE CONJUGALE.

Pour qu'une famille soit unie, les parents doivent partager les multiples soucis relatifs à la santé des enfants, à leur éducation morale et religieuse et à leur avenir social. Ces soucis augmentent avec le nombre des enfants. Mais leur multiplicité, bien loin de faire obstacle à la bonne entente, ne fait que la cimenter. Ils resserrent les liens du cœur dans une même volonté de dévouement. D'ailleurs, à côté des soucis, les enfants sont l'occasion de joies d'autant plus grandes qu'ils sont mieux élevés. Quelles joies peuvent se comparer à celles de voir s'épanouir les qualités morales d'un enfant, d'assister au développement de ses facultés, de constate' sa volonté de perfection ?

Mais pour maintenir la bonne entente au cours des longues années de collaboration, il faut que les parents jouissent d'un minimum de bien-être et ne soient pas constamment préoccupés des difficultés de la vie matérielle.

S'ils peuvent surmonter une gêné momentanée, c'est leur demander un effort au-dessus des forces humaines que d'avoir à supporter indéfiniment, sans que leur égalité d'humeur en soit atteinte, des tracas permanents sans espoir d'amélioration. Pour assurer à la famille la tranquillité morale nécessaire à sa lâche, il faut qu'elle puisse vivre sans avoir à se préoccuper constamment du lendemain et sans avoir à souffrir d'une Insuffisance d'organisation matérielle incompatible avec ses besoins les plus légitimes.

La maîtrise habituelle de soi, l'égalité d'humeur, ces qualités essentielles à la bonne
éducation des enfants, disparaissent dès qu'un père sait qu'il ne pourra pas donner à sa femme les sommes nécessaires à l'entretien des enfants ou quand la mère est constamment gênée dans son ménage par la surpopulation d'un logis trop étroit. La constance des mêmes soucis finit par aigrir le caractère et provoque des énervements qui se traduisent en mouvements d'humeur et en mécontentements qui s'opposent à la bonne éducation des enfants et à l'expansion naturelle des cœurs.

Si donc nous voulions traiter dans toute son ampleur le problème de la bonne entente conjugale par le dévouement à de nombreux enfants, nous aurions à résoudre préalablement l'ensemble des problèmes sociaux et économiques qui s'opposent au développement normal de la famille : problème du budget, du logement, de l'aide domestique à apporter à la famille, etc.



À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Lun 26 Juil 2010 - 16:21

LE DEVOUEMENT AUX ENFANTS, CIMENT DE LA BONNE ENTENTE CONJUGALE. ( suite )


En regard des familles qui souffrent, d'une insuffisante organisation sociale et n'ont pas le courage de réagir contre les tentations qui en sont la conséquence naturelle, nous ne devons pas oublier le grand nombre de celles qui réagissent allègrement et donnent l'exemple des plus actives et des plus généreuses qualités. Elles sont un exemple pour celles qui se laissent effrayer par les difficultés de la tâche. Elles préparent le meilleur avenir de la famille française. Les époux qui ne veulent pas d'enfants manquent de ces qualités généreuses qui facilitent l'oubli de soi et la bonne entente des volontés.

Un jour, après les premières années de passion, ils s'en voudront de ne plus se procurer l'un à l'autre les joies des premiers temps. Il en est presque de même pour ceux qui ne se décident à avoir des enfants qu'après avoir joui de leur indépendance et de leur liberté pendant les premières années de mariage. Ce sont des égoïstes, fatigués d'eux-mêmes, qui cherchent dans la paternité un nouveau mode de jouissance et une manière nouvelle de se satisfaire. Ils se contenteront, soyez-en assurés, d'un seul enfant qui respirera, à son tour, quotidiennement, l'atmosphère d'égoïsme où il est né.

Les parents incapables de lui imposer les méthodes d'éducation qui forment au désintéressement en feront un enfant gâté. Bien loin de corriger ses passions et d'orienter ses énergies dans le sens du travail et du dévouement, ils en feront un capricieux, exigeant et personnel. Ils ne corrigeront pas les failles de son caractère parce que celles-ci exigent, pour se manifester, la présence de nombreux frères et sœurs. Trop exclusivement absorbés par les faits et gestes de leur unique enfant, ils verront se multiplier les occasions de discussion.



À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  ROBERT. le Mer 28 Juil 2010 - 0:04

.

Les paragraphes de M. L'abbé Viollet ne sont qu'une suite ininterrompue d'une très perspicace analyse de la famille...

Merci Diane..
Wink

ROBERT.

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Jeu 29 Juil 2010 - 17:26

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Si les parents d'une nombreuse famille connaissent eux aussi des tentations ; s'ils peuvent être victimes de désaccords momentanés, la multiplicité des occupations les oblige à un règlement rapide des conflits et à un effort commun de conciliation et d'entente. Dans le ménage sans enfants ou à enfant, unique, les disputes s'éternisent; chacun prétend faire triompher sa manière de voir parce qu'il est plus porté à défendre ses droits qu'à se dévouer au bien commun et à sauver ses aises qu'à accepter les sacrifices exigés par la bonne entente.

Ces observations ne valent que pour les ménages volontairement inféconds. Ceux qui ont désiré des enfants sans en obtenir, sont dans une toute autre disposition morale. Ils souffrent de leur stérilité et leurs qualités de cœur et de dévouement mutuel peuvent, se développer normalement. Chacun est porté à consoler l'autre de Sa solitude du foyer et leur souffrance mutuelle est une occasion de rapprochement et d'intimité.

Les raisons invoquées par les ménages plus ou moins stériles sont ordinairement toujours les mêmes : crainte de l'effort et de la souffrance; volonté d'indépendance et de jouissance ; orgueil de paraître et goût de luxe. Raisons égoïstes et qui contredisent les conditions morales du véritable amour.

Lequel des deux sexes est le plus enclin à la restriction volontaire, de l'homme ou de la femme ? Nous ne saurions en décider. Le plus souvent, il y a entente et complicité. Si l'un des époux paraît mieux disposé que l'autre, il est rare que sa volonté triomphe ; c'est ordinairement le partisan de la restriction, plus tenace dans sa volonté, qui obtient les concessions exigées par son égpïsme. Certains prétendent que les responsabilités féminines sont aujourd'hui particulièrement graves.

Ce n'est pas impossible, si nous ajoutons foi aux déclarations anti maternelles d'un grand nombre de jeunes filles qui préfèrent la toilette et les distractions mondaines, aux joies plus sévères de la maternité. La peur de la souffrance, la crainte d'être déformées en arrêtent un grand nombre qui font de leur corps une divinité et ne cherchent que des hommages et des adorateurs. Beaucoup qui se prétendent capables d'aimer, ne veulent cependant connaître que les joies et se refusent aux sacrifices. Elles prennent pour du dévouement la recherche des satisfactions sensibles. Ces déviations sentimentales tuent lentement les plus beaux sentiments et détournent la femme de la maternité.


À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Jeu 5 Aoû 2010 - 17:04

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Ajoutons aussi que les craintes éveillées chez la femme par un grand nombre de médecins en lui faisant entrevoir de prétendues complications de santé, contribuent pour une large part à la restriction de la natalité. Sous prétexte de faiblesse de constitution, de grossesses trop rapprochées, ces médecins complaisants encouragent toutes les lâchetés.

Les savants indépendants affirment cependant que l'équilibre physique de la femme mariée dépend de l'exercice normal de la maternité et que la restriction volontaire a très souvent pour conséquence des misères qui engendrent le déséquilibre psychique et le délabrement physique.

La diminution de la fécondité des familles" est également due à un motif tout différent : l'absence de foi religieuse Le manque de foi tue la confiance dans la vie en détruisant la confiance en Dieu. Croire en Dieu c'est croire que Dieu veille sur ceux qui accomplissent leur devoir, par conséquent sur les époux qui consacrent tout leur travail et leur dévouement à élever les enfants que Dieu leur con fie ;

que ce sentiment vienne à disparaître, les époux ne font plus reposer l'avenir que sur leur prudence et leur prévoyance personnelles. Ils prennent pour la sagesse suprême le refus de multiplier le nombre de leurs enfants. Sous prétexte de garantir l'avenir pour arracher leur unique enfant aux difficultés de l'existence ; ils mettent leur confiance dans "l'argent au lieu de la mettre dans la vie elle-même, ils oublient que le bonheur et la force reposent sur l'effort, le travail, le développement des énergies personnelles, bien plus que sur la prospérité matérielle.

Leur prudence est à courte vue et les événements auront tôt fait de la rendre illusoire. Tels qui se félicitaient de leur prudence, ont assisté impuissants à la disparition de leur fortune; tels autres ont perdu l'enfant unique sur lequel reposaient toutes leurs espérances; beaucoup ont souffert de l'inconduite, de l'incapacité ou de la volonté de jouissance de l'enfant qu'ils avaient habitué à une vie trop facile et dont ils avaient encouragé les caprices.



À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Ven 20 Aoû 2010 - 17:15

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Le nombre des enfants, bien loin d'être l'occasion d'un appauvrissement familial, est le plus souvent la source d'une large prospérité. Si la famille nombreuse connaît, des années difficiles tant que les enfants sont trop jeunes pour travailler, elle entre dans une ère de grande activité productrice dès que les enfants commencent à mettre en valeur les énergies de travail qu'ils ont accumulées au cours de leur enfance laborieuse.

C'est un fait que le goût du travail, le sens du dévouement et de l'activité, l'aptitude à s'adapter aux difficultés de la vie, sont souvent beaucoup plus grands chez l'enfant qui appartient à une famille nombreuse. C'est préparer l'avenir que d'obliger les enfants à partager les soucis et les difficultés d'une famille nombreuse. Il n'est pas jusqu'aux privations qui ne servent à façonner les volontés et les caractères.

L'adolescent qui sait que son avenir est assuré grâce à la fortune de ses parents est facilement tenté de ne rien faire. Ce n'est pas avec de l'argent que l'on forme des caractères, mais bien avec les puissances morales qui naissent de l'effort, du sacrifice et du dévouement. Plus les parents auront donné l'exemple du travail et du dévouement, plus les enfants seront portés à les imiter et à les suivre.

Mieux vaut préparer des hommes que des rentiers- Le véritable amour ne consiste pas à endormir les énergies de l'enfant par la perspective d'une belle situation financière, mais de l'obliger à n'avoir confiance que dans ses efforts personnels. Les sages ne sont donc pas ceux qui n'ont voulu qu'un enfant, mais ceux qui ont accepté courageusement de nombreux enfants et les ont préparés à l'effort et aux luttes de l'existence.





À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  ROBERT. le Ven 20 Aoû 2010 - 21:02

Diane a écrit:
Abbé Viollet a écrit:
Mieux vaut préparer des hommes que des rentiers- Le véritable amour ne consiste pas à endormir les énergies de l'enfant par la perspective d'une belle situation financière, mais de l'obliger à n'avoir confiance que dans ses efforts personnels. Les sages ne sont donc pas ceux qui n'ont voulu qu'un enfant, mais ceux qui ont accepté courageusement de nombreux enfants et les ont préparés à l'effort et aux luttes de l'existence.

Voilà l'optique catholique, - y en-a-t-il d'autres ? - des familles nombreuses !


ROBERT.

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Sam 21 Aoû 2010 - 17:36


**

Il est regrettable que l'inviolabilité des consciences nous empêche de connaître le nombre des époux qui ont restreint le nombre de leurs entrants pour des raisons de conscience et ceux qui l'ont fait par égoïsme, amour des jouissances, peur de l'effort. Le nombre de ces derniers l'emporterait dans des proportions considérables sur celui des autres.

On me racontait récemment l'anecdote suivante :

Une dame s'était prise d'amitié dans un jardin public, pour une fillette qui jouait toujours seule et semblait s'ennuyer. Ayant demandé à l'enfant si elle ne serait pas contente d'avoir un petit frère pour partager ses jeux avec lui, l'enfant, toute rayonnante d'espérance, se précipita vers sa mère dès que celle-ci parut ; « Maman, donne-moi un petit frère. « La mère, interloquée, répondit par ces odieuses paroles ; « Si je te donne un petit frère tu seras moins heureuse, parce qu'il te faudra partager avec lui tes jeux, tes friandises et tes caresses. » La malheureuse ne comprenait pas qu'en parlant ainsi, elle tuait dans leur racine les plus généreux sentiments de son enfant. Mais l'enfant donna à la mère une sévère leçon en affirmant que sa joie se- rait précisément de partager avec le petit frère tout ce qu'elle possédait. A. bout d'arguments, la mère ne trouva que cette réponse dont l'odieux le dispute à l'inconscience : « Eh bien ! je te donnerai un petit chien. »

Voilà comment une mère, déformée par l'égoïsme, peut en venir à comparer le dévouement à une bête au dévouement à un petit frère. De pareilles histoires se passent de commentaires. Elles en disent long sur les déviations sentimentales de nos contemporains. L'on voit en effet souvent des femmes se refuser à avoir des enfants, et qui s'imposent, pour des animaux, des gênes et des fatigues considérables.

Combien, par snobisme ou par mondanité, acceptent des esclavages infiniment plus pénibles que ceux de la maternité. La justice immanente leur impose dès ce monde les peines qu'elles ont voulu éviter en fuyant leur devoir.



À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Lun 23 Aoû 2010 - 17:16

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La volonté de n'élever qu'un enfant fausse les méthodes d'éducation et prépare les plus graves déviations de la personnalité morale de l'enfant. Comment, par exemple, faire naître dans la conscience d'un enfant la notion de justice, s'il n'a rien à partager avec des frères et des sœurs ? si les parents n'ont jamais l'occasion de réprimer des excès qui ne se manifestent qu'au cours des jeux et des relations entre enfants d'une même famille. L'enfant unique ne se connaît pas et ses parents ne le connaissent pas davantage. Ils sont incapables de découvrir quelles sont les réactions de l'enfant en face des tentations de la vie et des luttes de l'existence.

Ces mêmes réactions se découvrent tout naturellement chez les enfants d'une famille nombreuse parce que le contact des enfants entre eux l'ait spontanément apparaître les bonnes et mauvaises tendances de chaque nature.

Les parents de l'enfant unique ne réagissent que difficilement contre ses caprices. Pour avoir la paix, ils se plient à ses exigences sans souci des conséquences. L'enfant s'applique à imposer sa volonté, il y réussit d'autant plus facilement que la présence et l'étonnement des frères n'obligent pas ses parents à contrôler leur propre faiblesse. Il acceptera d'autant moins facilement les sacrifices qu'il n'en comprendra pas la raison, ne pouvant pas saisir, comme dans la famille nombreuse, les conséquences fâcheuses de ses attitudes.

Dans les familles nombreuses, les parents mettent facilement bon ordre aux boutades et aux exigences de celui qui voudrait imposer sa volonté aux autres.

L'enfant qui prétendrait à un privilège verrait se lever immédiatement contre lui l'esprit de justice et d'égalité de ses frères et sœurs. L'autorité du père et de la mère se fait attentive, ne serait-ce que pour maintenir l'ordre et la bonne entente entre tous.




À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Mar 14 Sep 2010 - 16:19

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La bonne entente conjugale connaîtra de durs assauts quand les caprices de l'enfant se changeront en passions d'adolescent. Pour peu qu'il veuille de l'argent ou prétende à l'indépendance, les malheureux époux s'accuseront mutuellement d'avoir préparé, par leur faiblesse, l'éclosion des passions qui les effraient et les inquiètent.

Les passions de l'enfant unique sont d'autant plus dangereuses qu'elles éclatent souvent brusquement, sans que rien ne les ait fait prévoir. La vie sociale réagit sur lui sans que son caractère soit assez formé pour dominer les tentations. Il devient injuste et brutal, sans que les parents puissent rien pour le corriger. Il est trop tard.

Bien que les soucis des parents d'une famille nombreuse semblent des occasions de division et de mésentente, ils contribuent à une union plus intime parce qu'ils proviennent d'une volonté commune de dévouement. Combien d'époux se sont rapprochés pour avoir partagé les mêmes inquiétudes et les mêmes préoccupations !

Une famille nombreuse ne possède de vraies qualités morales qu'autant qu'elle a multiplié le nombre de ses enfants par moralité et libre décision. Il est des familles nombreuses qui ne le sont que par imprévoyance et par laisser-aller ; elles n'ont pas fait effort pour bien élever leurs enfants et les ont abandonnés à leurs instincts. Ce n'est pas auprès d'elles qu'il nous faut chercher des exemples. Les seules familles qui voient se développer les qualités de leurs enfants, sont celles qui ont des principes de moralité. Ces principes imprègnent en quelque sorte l'atmosphère familiale et les enfants s'en pénètrent sans même y prendre garde.
Prenons l'exemple de la bonté.

L'enfant unique n'apprend pas à être bon parce qu'il reçoit toujours sans avoir à donner. Or rien n'est plus contraire à la formation du cœur que de recevoir sans obligation de retour. Dans la famille nombreuse, au contraire, l'enfant est obligé de penser aux autres et de multiplier les actes de dévouement. Sa personnalité se façonne insensiblement au dé-vouement désintéressé.

Je suis persuadé qu'une étude approfondie de la mentalité des adultes aurait pour résultat de prouver que les hommes les plus personnels, les plus préoccupés de leurs aises, les plus indifférents aux injustices sociales, sont, le plus souvent, des fils uniques qui n'ont pas eu l'occasion, an cours de leur enfance, de lutter contre leur égoïsme naturel. Les meilleurs citoyens les plus dévoués et les plus désintéressés sont, par contre, des enfants de familles nombreuses habitués dès leur plus jeune âge à partager avec d'autres leurs joies, leurs travaux et leurs distractions.

Il en est de même pour la plupart des qualités humaines. Pour chacune d'elles nous pourrions poursuivre le même raisonnement. Dans les familles restreintes, le père et la mère ne sont pas ordinairement obligés à un travail pénible et assidu. Ils sont tentés de multiplier les dépenses, les distractions onéreuses, les heures de « farniente ».

Dans les familles nombreuses, au contraire, les enfants sont témoins de la peine et des fatigues que leurs parents s'imposent pour leur assurer le nécessaire. Le père cherche à améliorer sa situation non par ambition, mais par nécessité. La mère est constamment absorbée par les besoins du ménage. Elle veille à ne jamais faire une dépense inutile. Elle connaît la valeur de l'argent.



À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Sam 18 Sep 2010 - 17:55

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Les enfants sont constamment invités à ne pas gâcher leurs affaires, à apporter leur contribution aux mille soins de la maison. Il en résulte une atmosphère de travail qui multiplie les énergies. Ne nous étonnons donc pas si leurs enfants sont plus aptes que les autres à l'effort. Ils ont toujours vu travailler autour d'eux et se sont habitués dès leurs plus jeunes années à la pensée qu'ils auraient à se tirer d'affaire par leur propre travail.

Pour se former, le dévouement exige une longue et difficile éducation. L’enfant est naturellement égoïste. S'il n'est pas contraint par les circonstances, il est tenté de toujours tourner la vie à son profit. Il ne prend d'ailleurs que très difficilement conscience du dévouement que lui portent ses parents. S'il est seul à recevoir leurs soins et leurs attentions, il en profite sans que son cœur s'éveille à la reconnaissance. Il est tellement habitué au dévouement maternel, il en est si complètement enveloppé qu'il est comme un aveugle qui ne voit rien de la clarté du jour.

Dans les familles nombreuses, par contre, chacun est témoin de ce que font les parents auprès des petits frères, des soins donnés à un malade, des soucis provoqués par la conduite de l'un ou de l'autre. Le dévouement que l'enfant n'aurait pas découvert, s'il s'était agi de lui seul, il le découvre à l'occasion de ses frères et soeurs. C'est qu'en effet on comprend souvent mieux ce qui est fait pour les autres que pour soi-même.

La formation du caractère tient aux multiples réactions de la vie quotidienne. L'observation des enfants qui fait dire que les taquineries forment le caractère est en grande partie exacte. Le contact quotidien permet à chacun de se mieux connaître et amène des réactions qui commencent souvent par des disputes, mais s'achèvent le plus ordinairement par des réconciliations. Par les multiples réactions de la vie en commun, l'enfant apprend à se mieux connaître, l'entourage voit plus clair dans le caractère et les passions de chacun. Celui-ci est entêté, cet autre ne connaît guère que les arguments frappants ; un troisième est tenté de toujours céder et de se laisser mener.

Que l'un des enfants vienne à mentir, les autres auront tôt fait de le découvrir. Qu'un autre abuse de sa force, il sera traîné devant le tribunal paternel et celui qui se refuse à un travail collectif sera vite obligé par les autres de corriger sa paresse. Bref, le seul jeu des forces collectives de la famille a tôt fait de manifester et de rectifier les excès et les abus des égoïsmes individuels. Rien de semblable quand l'enfant est toujours seul en face de lui-même.



À suivre...

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Ven 24 Sep 2010 - 17:48

**

Cette explosion spontanée des passions enfantines, explosion provoquée par la vie en commun, éveille l'attention des parents et les amène à voir et à comprendre ce qui leur aurait certainement échappé s'ils s'étaient trouvés en face d'un seul enfant. La découverte des défaillances et des défauts de leurs nombreux enfants les oblige à exercer un commandement chaque jour plus éclairé et à' se faire une idée plus exacte des responsabilités de l'autorité et des exigences de la justice. Le père et la mère, unis dans une volonté d'éducation morale exercent leur autorité dans des conditions particulièrement favorables, encouragent celui-ci, rectifient les erreurs de celui-là, réalisent entre tous l'idéal d'une société dans laquelle règne la paix et la justice. Il y est demandé à chacun des efforts proportionnés à ses capacités et chacun y est en droit d'attendre de l'autorité les jugements qui rendront à chacun selon ses droits et ses besoins.

Les réflexions et les observations nécessaires à (éducation n'ont pas la même valeur suivant qu'elles s'exercent sur un ou sur plusieurs enfants. L'enfant isolé se renferme en lui-même. Il est incapable de manifester au dehors les sentiments qui l'agitent. On ne le connaît, pas ou on le connaît mal. Ceux qui vivent, travaillent et jouent en commun extériorisent spontanément leurs sentiments. Ils se montrent tels qu'ils sont et facilitent par là même l'exercice éclairé de l'autorité.



**

Le fait de mieux connaître les enfants aura pour résultat de faciliter l'union morale des époux. Ayant de multiples occasions de se préoccuper ensemble de la réforme mo-raie de leurs enfants, ils en viendront à une plus grande intimité du cœur et de la volonté. Rien n'est plus favorable à la bonne entente que d'être obligé de réfléchir ensemble, de chercher ensemble les meilleures méthodes d'éducation, de se préoccuper ensemble de l'avenir de chacun des enfants. Aux soucis communs, viendront, s'ajouter les joies communes. Les joies qui proviennent de la seule union conjugale sont précaires. Elles ont tendance à diminuer et à s'éteindre avec le temps. Celles qui viennent des enfants, de leurs efforts et de leur bonne volonté, sont plus durables parce qu'elles sont plus désintéressées.

La joie d'une famille repose en grande partie sur la présence des tout petits-enfants. Le tout petit rajeunit en quelque sorte son entourage. Tout le monde J'aime parce qu'il n'a encore fait souffrir personne, il porte en lui les promesses de l'avenir. Son sourire fait oublier les peines et les souffrances de la vie. C'est pourquoi une famille qui voit apparaître un nouveau-né connaît des joies très pures qui contribuent pour une grande part à l'union et à la bonne volonté de tous ses membres. Les grands-parents eux-mêmes ne connaissent-ils pas comme un rajeunissement par la présence au milieu d'eux de nombreux petits-enfants.

Les attendrissements qu'ils éprouvent en présence de ces rejetons de leurs propres enfants n'ont-ils pas pour résultat de les unir plus intimement dans un même sentiment de joie et de reconnaissance envers Dieu ? La présence des tout petits ne contribue-t-elle pas ainsi à améliorer le caractère des adolescents? L'adolescent connaît des tentations particulières : tentations d'égoïsme et d'indépendance. Il veut vivre sa vie, il supporte mal les obligations et les sacrifices de !a vie familiale. Il discute, il veut avoir raison. Il est porté à chercher en dehors de la famille les affections dont son cœur a besoin. Ces tentations trouvent en quelque sorte leur antidote naturel dans la présence des tout petits.


À suivre pour la conclusion !

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Diane le Lun 27 Sep 2010 - 17:48

CONCLUSION

Je me suis placé au cours de ce travail sur le terrain de la psychologie morale. C'est qu'on ne peut éclairer les problèmes humains qu'en étudiant attentivement ies conditions de vie qui gênent ou qui favorisent le développement normal des sentiments.

Mais je ne voudrais pas que mes lecteurs en tirent la conclusion que l'homme est capable de réaliser l'idéal moral et spirituel, but de toute vie humaine, par ses seules forces sans le secours de la grâce divine.

Une étude attentive des puissances humaines, fut-elle faite auprès de ceux qui possèdent les qualités naturelles les plus élevées, témoigne (Je l'insuffisance des forces humaines pour réaiiser dans sa perfection l'unité familiale et l'union définitive des cœurs et des volontés.

L'homme a besoin d'être aidé par les forces supérieures de la vie religieuse. Qu'il s'agisse de la bonne volonté des époux, de leur union en vue de l'éducation des enfants, il y faut le secours de Dieu.

Au reste l'amour n'est pas une simple puissance humaine sans rapport avec la vie religieuse de l'humanité.L'amour est par lui-même une puissance religieuse. La grande faute des temps modernes est d'avoir oublié cette vérité première et d'avoir paganisé l'amour. L'amour ne peut vivre, durer et se purifier qu'autant qu'il est considéré comme un pouvoir religieux, le plus sublime de ceux qui ont été confiés par Dieu aux hommes. Il leur a été confié pour qu'ils deviennent, par lui,, les collaborateurs de la divinité et les instruments de l'amour divin dans l'humanité.

De même que nous ne pouvons séparer la sainteté de l'amour quand nous pensons à Dieu, nous ne devons pas les séparer quand il s'agit des hommes-Un peu de réflexion prouve jusqu'à l'évi-dence qu'il n'est pas une seule vertu, si humble soit-elle, qui ne soit nécessaire à l'amour et qui ne contribue à le faire vivre et à le développer. A l'opposé, il n'est pas un défaut qui ne nuise au développement normal de la puissance d'aimer et qui ne finisse souvent par la tuer.

Ce qui est vrai de l'amour que se doivent porter mutuellement les époux, l'est également de l'amour qu'ils doivent porter a leurs enfants.



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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  Sandrine le Lun 27 Sep 2010 - 17:56

Merci beaucoup ma chère Diane pour ce long dossier aussi intéressant qu'instructif ! cheers

Je le consulte régulièrement, c'est vraiment une mine de conseils précieux sunny

Merci I love you

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

Message  ROBERT. le Mar 28 Sep 2010 - 23:57


.
(...)avoir oublié cette vérité première et d'avoir paganisé l'amour .
.

Merci Diane pour cet excellent fil sur la famille et la famille avec Dieu. Ce fut profitable pour les célibataires

également. Malheureusement, pour les familles catholiques qui ont réduit leur mariage à une simple

routine, ils sont descendus plus bas que les païens… Souhaitons que ce fil de l’Abbé Viollet les encourage

et les galvanise pour revenir à ce qu’ils n’auraient jamais du abandonner…

Merci Diane.

(p.s.) ...et j'abonde dans le sens de Sandrine: une vraie mine d'or et tout un trésor !!
.

ROBERT.

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Re: L'AUTORITE DANS LA FAMILLE !

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