Finito

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Finito

Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Jeu 26 Nov 2009 - 17:52

Les clercs, tel Saint Vincent Ferrier, à l'époque du Grand Schisme d'Occident étaient-ils sans mission canonique ou juridiction !?

Pouvons-nous comparer cette époque à celle d'aujourd'hui !? Nous le verrons dans le message suivant...

À tous et chacun d'en juger !


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Re: Finito

Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Mar 19 Jan 2010 - 18:22

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Re: Finito

Message  Sandrine le Mar 19 Jan 2010 - 20:03

Merci CMI pour ce sujet très intéressant cheers et qui tombe à pic puisque dans la "Juridiction", un chapitre sur l'erreur commune va très bientôt arriver !

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Mar 19 Jan 2010 - 22:40

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Re: Finito

Message  Via Crucis le Mer 20 Jan 2010 - 19:41

Je ne sais pas si j'ai tout compris ! Embarassed

Ne connaissant pas l'histoire de St Vincent Ferrier et des deux papes dont vous parlez, ni ce qu'est le Grand Schisme d'Occident, j'expose ceci à votre correction et objections :

Pourrait-on dire que Ratzi possède aujourd'hui "le titre coloré" de Pape ?

A vu du monde chrétien catholique pour la grande majorité et dans son ensemble il est "Pape" depuis 2005, donc 3 ans sont passés !

Pourrait-on présumer qu'il était de bonne foi au moment de son élection et que les cardinaux qui l'ont élu étaient de bonne foi ?

Etant donné qu'il a été ordonné prêtre sous Pie XII, et en supposant que lui et ses cardinaux aient été de bonne foi, mais puisqu'il continue à promouvoir V2, il perd ce titre coloré donc sa juridiction à cause du mal qu'il fait à la communauté des fidèles catholiques durant ses trois premières années de "pontificat" !

En outre, les fraternités déjà ralliées (donc les prêtres de ces fraternités qui croient que Ratzi est vraiment Pape) seraient-elles donc en vertu de leur ralliement aussi sous le coup du titre coloré d'abbé ? (Ils ont dépassé les trois ans !)

Je nage complètement ! Embarassed Razz Suspect No

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Re: Finito

Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Mer 20 Jan 2010 - 20:11

Bonjour Via Crucis,

Je vous reviens un peu plus tard à ce sujet ...

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Re: Finito

Message  ROBERT. le Mer 20 Jan 2010 - 22:59

Via Crucis a écrit:Je ne sais pas si j'ai tout compris ! Embarassed

Ne connaissant pas l'histoire de St Vincent Ferrier et des deux papes dont vous parlez, ni ce qu'est le Grand Schisme d'Occident, j'expose ceci à votre correction et objections :

Pourrait-on dire que Ratzi possède aujourd'hui "le titre coloré" de Pape ?

A vu du monde chrétien catholique pour la grande majorité et dans son ensemble il est "Pape" depuis 2005, donc 3 ans sont passés !

Pourrait-on présumer qu'il était de bonne foi au moment de son élection et que les cardinaux qui l'ont élu étaient de bonne foi ?

Etant donné qu'il a été ordonné prêtre sous Pie XII, et en supposant que lui et ses cardinaux aient été de bonne foi, mais puisqu'il continue à promouvoir V2, il perd ce titre coloré donc sa juridiction à cause du mal qu'il fait à la communauté des fidèles catholiques durant ses trois premières années de "pontificat" !

En outre, les fraternités déjà ralliées (donc les prêtres de ces fraternités qui croient que Ratzi est vraiment Pape) seraient-elles donc en vertu de leur ralliement aussi sous le coup du titre coloré d'abbé ? (Ils ont dépassé les trois ans !)

Je nage complètement ! Embarassed Razz Suspect No

Excellentes questions Via ! cheers J'attends comme vous la réponse de C.M.I...
.

ROBERT.

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Re: Finito

Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Jeu 21 Jan 2010 - 20:45

Alors concernant Ratzinger et l'erreur commune, il faut voir ce que dit le canon 16 ...



Can. 16

§ 1 Aucune ignorance des lois irritantes ou inhabilitantes n’excuse de les observer, sauf stipulation contraire.

§ 2 L’ignorance ou l’erreur portant sur la loi ou sur la peine ou sur le fait propre ou sur le fait d’autrui quand il est notoire n’est généralement pas présumée; elle est présumée en ce qui concerne le fait d’autrui dépourvu de notoriété, sauf preuve du contraire.

Le canon 16 stipule donc que l'erreur sur le fait notoire d'autrui n'est pas présumée, et donc, l'erreur commune non plus ... à moins que l'on soutienne que Ratzinger n'est pas notoirement hérétique !?

Qui plus est, une fois que l'individu devient publiquement hérétique (à plus forte raison lorsque c'est notoire), le canon 188 intervient ipso facto :



Can. 188

En vertu de la renonciation tacite admise ipso jure, sont vacants ‘ipso facto’ et sans aucune déclaration, quelque office que ce soit si le clerc:

1° Fait profession religieuse, sauf si doit être tenu compte des prescriptions du Can. 584, en ce qui concerne les bénéfices;
2° Est négligent à prendre possession de l’office qui lui a été conféré dans le temps utile établi par le droit, ou si le droit ne dit rien, dans le délai fixé par l’Ordinaire;
3° Accepte un autre office ecclésiastique incompatible avec le premier et obtient la possession pacifique de celui-ci;
4° Dévie publiquement de la foi catholique
5° Conclue un mariage, même s’il est seulement civil
6° Conclue un engagement dans l’armée contrairement au Can. 141 § 1.
7° Abandonne sans juste cause, de sa propre autorité, l’habit ecclésiastique, et, averti par son Ordinaire, refuse de le reprendre dans un délai de un mois à partir de la monition reçue.
8° Abandonne illégitimement la résidence à laquelle il est tenu, et sans aucun empêchement légitime, n’obéit ni ne répond, dans le délai fixé par l’ordinaire, à la monition reçue de celui-ci.


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Re: Finito

Message  ROBERT. le Sam 23 Jan 2010 - 6:54

.

Expliquez, s'il-vous-plaît, la différence qu'il existe entre la notoriété de droit et la notoriété de fait . Et alors, faudra-t-il prouver canoniquement que Ratzin est hérétique de notoriété de fait ou de droit, à supposer qu'il soit catholique ? Merci.

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Re: Finito

Message  gabrielle le Mer 3 Fév 2010 - 19:03

En complément sur le Grand Schisme, voici un des extraits du Cardinal Bégin, nous pourrons constater qu'aucune comparaison peut êre faite entre ce fait et les gens qui l'ont vécu et la Frate.


Après une absence de plus de soixante-dix années, les Papes, grâce surtout à la puissante intervention de sainte Catherine de Sienne et de sainte Brigitte, revinrent habiter Rome, devenue pendant ce temps la proie des factions des Guelfes et des Gibelins. Grégoire XI, dernier pontife d'Avignon, vint terminer sa carrière dans la Ville Éternelle.

C'est à sa mort, arrivée en 1378, que commence la triste et lamentable période de l'histoire, connue sous le nom de grand schisme d'Occident. Voici quelle fut l'origine de cette division si affligeante pour la chrétienté tout entière, et où l'on vit simultanément deux et même trois Papes qui se prétendaient légitimes, et qui siégeaient, les uns à Rome, d'autres à Avignon, d'autres ailleurs.

Le simple exposé des faits suffira pour éclaircir cette question, qui parait si obscure à la plupart des personnes peu familiarisées avec les particularités de l'histoire.

La primauté et l'infaillibilité des papes
Cardinal Bégin, docteur en théologie
L.H. Huot Éditeur
1873
pages 393-394


à suivre

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Re: Finito

Message  gabrielle le Jeu 4 Fév 2010 - 15:55

Le décès de Grégoire XI nécessitait l'élection d'un nouveau Pape. Les Romains, persuadés que la dignité de chef de l'Eglise universelle est liée à celle d'évêque de Rome, voulaient absolument qu'on élut un romain ou un italien ; car, disaient- ils, si l'on choisit encore un français, il est à présumer qu'il ira se fixer â Avignon, et Rome sera de nouveau abandonnée, livrée à tous les envahisseurs, et ne sera bientôt plus qu'un monceau de ruines.

Les cardinaux entrèrent en conclave ; ils étaient au nombre de seize, dont onze français, quatre italiens et un espagnol. Il y avait encore sept autres cardinaux français, dont six étaient restés à Avignon, après le retour de Grégoire XI à Rome, et le septième était légat eu Toscane. Le 8 avril, les Romains se présentèrent à la fenêtre du conclave, firent entendre des clameurs un peu bruyantes et députèrent vers les cardinaux le magistrat qui était à leur tête. Celui-ci leur exposa le but de sa mission, en disant que le peuple ne voulait plus se contenter d'un Pape italien, mais qu'il exigeait un romain ; c'était vouloir restreindre la liberté du Sacré-Collège.

A cette nouvelle, le cardinal évêque de Limoges prit la parole, et, après avoir énuméré les qualités que devait posséder un souverain Pontife dans les circonstances difficiles où se trouvait l'Eglise, il ajouta qu'il ne les croyait réunies que dans une seule personne, l'archevêque de Bari, Barthélémi Prignani. Le Sacré-Collège fut unanime en sa faveur; les italiens étaient satisfaits de ce choix, parce qu'il était de leur nation ; les français, parce que le nouvel élu leur était connu depuis longtemps et leur était très-sympathique. Prignani n'accepta cette dignité qu'avec une extrême répugnance, parce qu'il connaissait les difficultés qu'il aurait à vaincre
.

La primauté et l'infaillibilité des papes
Cardinal Bégin, docteur en théologie
L.H. Huot Éditeur
1873
pages 394-395

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Re: Finito

Message  gabrielle le Ven 5 Fév 2010 - 16:31

Quand on annonça à la fenêtre du conclave, que l'archevêque de Bari avait été créé Pape, le peuple fut d'abord trompé sur le nom qu'on avait prononcé ; il crut que c'était le cardinal romain Tebaldeschi, vieillard infirme et goutteux, qui avait été élu. On le conduisit malgré lui en triomphe à la basilique Vaticane, et, en dépit de toutes ses protestations, on lui baisait les mains et les pieds, comme on a coutume de le faire pour un nouveau Pape. Il parvint enfin à désabuser le peuple, qui se précipita vers le conclave ; la fureur et l'excitation étaient à leur comble. Les cardinaux ne modifièrent cependant pas leur choix ; ils maintinrent leur élection, malgré l'orage qui allait grossissant. Les uns se réfugièrent dans le château Saint-Ange, d'autres, dans leurs palais, ou hors de la ville. Enfin, des personnages influents parvinrent à calmer la sédition, et le 18 du même mois, qui était le jour de Pâques, l'archevêque de Bari fut couronné solennellement dans la basilique Vaticane; il prit le nom d'Urbain VI. De là, il se rendit à cheval à Saint-Jean-de-La-tran, pour prendre possession de l'archibasilique patriarcale.

Ce tumulte populaire, joint à la trop grande sévérité du nouveau Pape envers les cardinaux pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique, fut la première origine ou l'occasion du schisme qui allait éclater.

Les cardinaux, accoutumés au gouvernement paternel de Grégoire XI, furent extrêmement surpris et froissés de la manière rigide avec laquelle Urbain VI les traitait. Le mécontentement devint général et se traduisit sous la forme d'une conspiration. Sous prétexte de fuir les chaleurs de l'été, ils demandèrent et obtinrent de se rendre à Anagni ; ils étaient au nombre de treize, dont douze français et un espagnol. Ils déclarèrent que l'élection d'Urbain VI avait été faite sous l'empire de la crainte, et que, par conséquent, il n'était pas Pontife légitime. Ils élurent, pour lui succéder (août, 1378), le cardinal de Genève, Robert, qui prit le nom de Clément XII, et fixa sa résidence à Avignon.

C'était le commencement d'un schisme déplorable qui devait affliger l'Eglise pendant quarante ans. Tous deux travaillèrent à accroître et à consolider leur parti ; tous deux écrivirent des encycliques à toutes les Eglises, et créèrent des cardinaux. Clément VII eut pour lui les rois de France, d'Aragon et de Sicile ; les autres princes demeurèrent dans l'obédience d'Urbain VI.

La primauté et l'infaillibilité des papes
Cardinal Bégin, docteur en théologie
L.H. Huot Éditeur
1873
pages 395-396-397

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Re: Finito

Message  gabrielle le Dim 7 Fév 2010 - 20:37

La difficulté du connaître quels furent, pendant cette période, les Papes et les antipapes, se réduit à la question de savoir si Urbain VI fut élu librement et d'après les règles canoniques, et par conséquent s'il était vraiment Pape.

La réponse est maintenant facile, Urbain VI était certainement évêque de Rome et chef légitime de l'Eglise. En effet, comment les cardinaux pouvaient-ils prétexter le défaut de liberté et l'influence de la crainte, au moment de l'élection, lorsqu'il est évident pour tout le monde qu'ils élurent un napolitain, malgré toutes les clameurs du peuple qui voulait avoir un romain? Evidemment ils agissaient en toute liberté, et lorsque le peuple vint leur faire des menaces, ils demeurèrent fermes, et répondirent au magistrat de la ville qu'ils auraient pour but la plus grande gloire de Dieu, l'utilité de l'Eglise et le salut du peuple chrétien. Quant à élire un simple archevêque et non pas un cardinal, il semble qu'ils auraient dû choisir un évêque romain pour contenir le peuple; mais non, ils faisaient acte d'indépendance, en choisissant celui qu'ils voulaient.


Même avant le conclave et aux funérailles de Grégoire XI, les cardinaux parlaient de l'archevêque de Bari, comme étant le plus digne de succéder sur le trône pontifical ; c'était aussi l'opinion bien arrêtée et formellement exprimée de ceux qui devinrent ensuite antipapes sous les noms de Clément VII et de Benoît XIII. Les actes du conclave nous prouvent également que le Sacré-Collège procéda à cette élection avec le calme le plus parfait, avec la plus grande tranquillité d'âme.

La primauté et l'infaillibilité des papes
Cardinal Bégin, docteur en théologie
L.H. Huot Éditeur
1873
pages 397-398

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Re: Finito

Message  gabrielle le Lun 8 Fév 2010 - 17:42

Une fois l'élection terminée, les cardinaux différèrent un peu d'en faire connaître le résultat au peuple, convaincus qu'ils étaient que ce choix ne lui agréerait pas; ce n'était donc ni la crainte, ni le désir de plaire aux Romains qui leur avait fait porter les yeux sur l'archevêque de Bari.

Pourquoi prirent-ils la fuite en face de l'émeute, et pourquoi cette émeute, si, par crainte, ils avaient abondé dans le sens du peuple ?

Pourquoi manifestèrent-ils une joie extraordinaire de voir la paix rétablie dans Rome ?

Pourquoi s'empressèrent-ils d'assister à son couronnement le jour de Pâques et de lui rendre en public et en particulier les honneurs qui ne sont dus qu'à un souverain Pontife ?

Ils ne firent entendre aucune protestation, pendant les trois mois qui s'écoulèrent entre le couronnement d'Urbain VI et l'élection de Clément VII ; au contraire, ils se firent eux- mêmes les échos du mensonge, en notifiant à la chrétienté son élection comme légitime. Rien ne les y forçait alors, de même que rien ne les avait obligés de le supplier d'accepter le pontificat, de lui prêter serment du fidélité, de solliciter auprès de lui des grâces particulières, de recevoir la sainte communion de sa main ; rien ne les avait contraints d'écrire aux cardinaux demeurés à Avignon, pour leur apprendre qu'ils avaient élu librement et à l'unanimité Urbain VI, et qu'ils en attendaient un grand bien pour l'Eglise. En outre, le nouvel élu agit sans réclamations comme Pape ; les lettres de la Sacrée Pénitencerie s'expédiaient en son nom ; on faisait mention de lui au canon de la messe ; personne, en un mot, n'entretenait alors le moindre doute sur la légitimité de son élection. D'où je conclus qu'Urbain VI était certainement Pape, ainsi que ses successeurs Boniface IX (l389-l404), Innocent VII (1404-1406), Grégoire XII (1406-1417) et Martin V, et que, par conséquent, Clément VII était antipape, ainsi que son successeur Pierre de Lune ou Benoit XIII (1394-1424).

La primauté et l'infaillibilité des papes
Cardinal Bégin, docteur en théologie
L.H. Huot Éditeur
1873
pages 398-399

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Re: Finito

Message  ROBERT. le Lun 8 Fév 2010 - 23:28

.
Merci de nous expliquer en détail le Grand Schisme d'Occident et de remettre ainsi les pendules à l'heure...

ROBERT.

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Re: Finito

Message  gabrielle le Mer 10 Fév 2010 - 19:11

Tous les bons catholiques gémissaient de voir la dissension se perpétuer dans l'Eglise. Sainte Catherine de Sienne, l'héroïne de son siècle, jeune vierge d'une trentaine d'années, employait tous les moyens que lui suggéraient sa piété et sa grande âme, pour étouffer le feu de la discorde. Elle écrivait de nombreuses lettres et à Urbain VI, pour l'engager à unir à la justice une grande mansuétude, et aux cardinaux, pour les prier de se soumettre à ce Pape, et aux princes, pour les déterminer à extirper le schisme. Son influence était considérable dans les cours séculières et sur l'esprit des Pontifes.

Elle était secondée dignement par une autre Catherine, fille de sainte Brigitte. Impossible de peindre leur sollicitude extrême pour le rétablissement de la concorde.

Saint Vincent Ferrier, illustre apôtre de l'Europe à cette époque, travaillait beaucoup dans le même sens. La confusion générale que ce schisme avait produite dans les esprits, le fit d'abord adhérer à l'antipape Benoit XIII; mais il s'aperçut ensuite que la légitimité de son élection était contestable, et il lui conseilla charitablement, mais en vain, de renoncer aux honneurs de la dignité pontificale.

Plusieurs princes, cardinaux, évêques et fidèles des deux partis, exprimèrent le désir qu'ils avaient de voir la question réglée par un concile général, et jurèrent de reconnaître celui qu'élirait ce concile. Toutes les universités et surtout celle de Paris, ainsi que le roi de France, voulaient que les deux Papes abdiquassent ; mais Benoît XIII, excessivement opiniâtre, ne cessait de mettre des entraves, et ne consentait à résigner que lorsque Grégoire XII lui en aurait donné l'exemple.

Toutes les tentatives de conciliation étaient donc venues se briser contre le mauvais vouloir de Pierre de Lune. On eut recours à un concile que les cardinaux convoquèrent à Pise (1409), malgré toutes les protestations de Benoît XIII et de Grégoire XII. Ce concile les déposa tous deux, et élut à leur place Alexandre V, de sorte que l'Eglise se vit avec trois prétendants à la Papauté, au lieu de deux qu'il y avait eu auparavant. On avait voulu remédier au mal et l'on n'avait fait que l'accroître.

La primauté et l'infaillibilité des papes
Cardinal Bégin, docteur en théologie
L.H. Huot Éditeur
1873
pages, 399-400-401

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Re: Finito

Message  gabrielle le Jeu 11 Fév 2010 - 17:00

Cette assemblée de Pise ne pouvait pas avoir l'autorité d'un concile général, et n'est ordinairement considérée que comme un effort de la chrétienté, pour rétablir dans l'Eglise l'unité de fait, comme on la reconnaissait de droit. Le but qu'on s'y proposait était certainement noble et pur ; malheureusement la convocation n'avait pas été faite par l'autorité compétente, par le Pape ; il n'y avait pas de légats pontificaux, et beaucoup d'évêques refusèrent, pour cette raison, d'y assister. C'était une assemblée acéphale, irrégulière, et dont les actes ne reçurent d'autre sanction que celle d'Alexandre V. Or l'autorité de ce troisième Pape était pour le moins aussi douteuse que celle de l'assemblée qui l'avait élu. Donc, bien que le concile de Pise fût la réunion d'efforts généreux pour le plus grand bien de l'Eglise, il n'eut pas pourtant le pouvoir de réprimer le terrible incendie, qui exerçait tant de ravages, depuis trente ans, et il n'a jamais joui d'une autorité incontestable dans l'Eglise. (1)

Le nouveau Pape ne régna qu'une année ; il mourut en 1410, et eut pour successeur le cardinal Balthasar Cossa, napolitain, qui prit le nom de Jean XXIII. Il est difficile de concevoir l'extrême confusion qui régnait à cette époque; les uns se soumettaient, et avec raison, à Grégoire XII, légitime successeur d'Urbain VI, d'autres, à Benoît XIII, d'autres, enfin, à Jean XXIII.


Ce dernier, après avoir fait son entrée dans Rome, en partit bientôt pour se rendre à Constance et y présider un grand concile; la chrétienté tout entière allait tenter un suprême effort pour rétablir l'unité si ardemment désirée et réaliser les paroles de Jésus-Christ : «Il n'y aura qu'un seul troupeau et qu'un seul pasteur. » Non-seulement les évêques, mais encore grand nombre de laïques, les ambassadeurs des princes, et plus de dix-huit mille ecclésiastiques, se trouvèrent à cette assemblée. Contrairement aux usages ordinaires, les suffrages se donnèrent par nations, lesquelles avaient, chacune, leur président. Il y eut d'abord la nation anglaise, l'italienne, la française et l'allemande, quand on ne traita que de la cause de Jean XXIII et de Grégoire XII; on y ajouta la nation espagnole dans le procès de Benoît XIII. Beaucoup d'évêques et de cardinaux réclamèrent contre cette manière de procéder puisque les évêques seuls sont juges dans les conciles; mais on passa outre.

L'autorité de cette assemblée était encore douteuse comme celle du pontife qui l'avait convoquée. Jean XXIII présida la première session, et dans la seconde, à la demande du concile, il promit par serment de renoncer à sa dignité, si ses concurrents abdiquaient, ou encore si la paix de l'Eglise l'exigeait.

Il se repentit bientôt de cette généreuse promesse, et de peur d'être forcé de la mettre à exécution, il prit la fuite, et se retira à Schaffouse, sous la protection de Frédéric, duc d'Autriche.


(1) Palma, Praelect. hist. eccl., t. III, p. 49.

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Re: Finito

Message  gabrielle le Ven 12 Fév 2010 - 17:05

Le concile le cita à son tribunal : il refusa de comparaître, fut accusé de plusieurs crimes, privé de toute administration spirituelle et temporelle de la Papauté, et enfin déposé comme fauteur du schisme. Jean XXIII acquiesça à la sentence portée contre lui par le concile et remit les insignes du pontificat. Il fallait obtenir l'abdication volontaire des deux autres; ce n'était pas chose facile. On commença par faire un décret qui prohibait l'élévation de Grégoire et de Benoît à la dignité de chef de l'Eglise.

Dans la XIVe session, Grégoire XII, par l'entremise de son légat, commença par convoquer le concile, qu'il ne regardait pas auparavant comme légitime, et abdiqua librement entre les mains de l'empereur Sigismond.

Quant à l'antipape Benoît XIII, il fut dès lors abandonné de tout le monde, même des Espagnols ; malgré toutes ses promesses, il persista opiniâtrement à se maintenir dans sa dignité. On lui rappela qu'il s'était engagé à abdiquer, si les autres le faisaient et si le bien de l'Eglise l'exigeait; on l'informa que ces deux conditions étaient remplies: tout fut inutile. Il est de ces hommes qui ne reculent jamais, lors même qu'on leur montre clairement qu'ils ont tort; ils sacrifieraient l'unité de l'Eglise et la tranquillité de l'univers, plutôt que d'abandonner une idée qu'ils chérissent, ou un projet qu'ils ont formé.

Benoît XIII était de ce nombre ; la ténacité aveugle faisait le fond de son caractère. Aussi les ambassades qu'on lui envoya demeurèrent-elles sans aucun résultat. Le concile déclara que, vu ses serments antérieurs relativement à son abdication,il se trouvait par là même privé de sa dignité. La mort le surprit dans le schisme, en 1424, à l'âge avancé de quatre-vingt-dix ans, et après trente années d'un pontificat plus que douteux.

Après cette triple abdication ou déposition légitime, le concile élut, dans sa session XLIe, le cardinal Othon Colonna, qui prit le nom de Martin V.

Ce choix fut accueilli avec un enthousiasme universel ; la paix était rendue à l'Eglise, après quarante ans de troubles sans antécédents dans l'histoire.

La primauté et l'infaillibilité des papes
Cardinal Bégin, docteur en théologie
L.H. Huot Éditeur
1873
pages, 402-403-404

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Re: Finito

Message  gabrielle le Sam 13 Fév 2010 - 19:36

Le nouveau Pontife présida les dernières sessions du concile et ratifia tout ce qui y avait été décrété conciliairement dans les matières de foi.

Maintenant que nous connaissons les principaux faits de ce triste drame, nous pouvons résoudre quelques objections que nous proposent les ennemis de l'Eglise.

Ils prétendent, en premier lieu, que l'unité dont se vante tant l'Eglise catholique, fut rompue à cette époque. Quelques-uns vont même jusqu'à assimiler les diverses obédiences des trois Papes simultanés aux trois principales Eglises chrétiennes qui dominent sur la surface, du globe : l'Eglise romaine, l'Eglise anglicane et l'Eglise gréco-russe.

La réponse est courte et facile. Cette scission, à laquelle on a donné improprement le nom de schisme, ne détruisit pas l'unité formelle de l'Eglise. En effet, personne ne pensait que l'Eglise pût avoir simultanément deux ou trois chefs légitimes, et que chacun d'eux eût le droit de commander à une partie de la chrétienté ; au contraire, tous étaient péniblement affectés de cet état de choses, parce que tous étaient convaincus qu'il ne pouvait y avoir eu même temps qu'un seul Pape, qu'un seul pasteur, à la tête du troupeau de Jésus-Christ.

Au milieu de cette confusion générale, on ne savait où trouver le vrai successeur du Prince des Apôtres. Des personnages éminents par leur science et leur piété différaient d'avis sur ce sujet ; les uns se soumettaient aux Papes de Rome, d'autres, à Benoit XIII d'Avignon, d'autres, enfin, à l'élu du concile de Pise ou à son successeur Jean XXIII. Il y avait bien schisme matériel, provenant de l'ignorance invincible, dans laquelle on se trouvait alors, sur le sujet en qui devaient résider les divines prérogatives de la primauté de Pierre, mais il n'y eut jamais schisme formel, parce qu'il n'y eut jamais refus d'obéir à l'autorité légitimement constituée et reconnue comme telle.

Dans tous les camps, le dogme de l'unité de chef suprême de l'Eglise était regardé comme inviolable, et en cela ils différaient essentiellement des hérétiques modernes, qui admettent autant de chefs que d'églises et même autant que d'individus. II n'y a peut-être pas d'époque dans l'histoire de l'Eglise, où l'unité de droit ait été plus manifeste ; c'est cette unité que tous les adversaires du catholicisme rejettent opiniâtrement, que les membres de l'Eglise Romaine ne sacrifieront jamais, et qui mettra toujours une barrière infranchis-sable entre les sectes dissidentes et l'Eglise catholique.

La primauté et l'infaillibilité des papes
Cardinal Bégin, docteur en théologie
L.H. Huot Éditeur
1873
pages 404-405

Fin

Bien malin qui peut trouver une ressemblance entre l'attitude des gens de ce temps et la Frate qui identifia clairement un "Pontife légitime" à la Sainte Église Catholique et qui refusa de lui obéir au moins depuis 1975

gabrielle

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Re: Finito

Message  ROBERT. le Dim 14 Fév 2010 - 1:00

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Merci Gabrielle pour ce fil sur le Grand Schisme d'Orient. J'aime bien la distinction schisme matériel/schisme formel de S.E. le Cardinal Bégin, qui remet les pendules à l'heure vis-à-vis l'incohérence de la Frate...

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ROBERT.

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Re: Finito

Message  Via Crucis le Mar 2 Mar 2010 - 0:28

Merci chère Gabrielle pour les explications sur le Grand Schisme d'Occident!

En effet, je comprends bien la différence entre ce Grand Schisme et celui d'aujourd'hui qui est MONUMENTAL, GIGANTESQUE, et GARGANTUESQUE puisqu'il engloutit une profusion d'âmes pour leur perdition en son sein ! affraid

Via Crucis

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Re: Finito

Message  Roger le Mar 23 Déc 2014 - 17:01


Le Grand schisme d'Occident ( lien TD ) :

http://messe.forumactif.org/t5011-grand-schisme-d-occident?highlight=le+grand+schisme+d+occident



Roger

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Re: Finito

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