Sainte Germaine de Pibrac

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Sainte Germaine de Pibrac

Message  gabrielle le Ven 24 Juil 2009 - 0:18



C’est à Pibrac, près de Toulouse, que naquit en 1579 Germaine Cousin durant une époque troublée par les guerres de religion et les pillages.

Bien des historiens se sont penchés sur la filiation de Sainte Germaine. Tout ce que l’on peut retenir de toutes ces études, c’est le fait qu’elle est bien née dans la famille Cousin, à la métairie de Mestre Laurens; le domaine et la maison sont encore préservés de nos jours.

L’arbre généalogique faisant état de la filiation de Germaine énumère les noms des personnes de son entourage ayant joué un rôle important durant sa courte existence terrestre.

Dès l’âge de cinq ans, Germaine, orpheline de mère, est rejetée, mal aimée, tenue à l’écart de la famille du fait de sa condition physique - elle est atteinte d’écrouelles ou scrofules - est de plus manchote de sa main droite atrophiée. On sait qu’elle gardait les moutons et faisait l’étonnement du village par sa patience, sa douceur et sa piété. De cette époque datent les premiers miracles qui ont fait sa renommée.

Mort de Germaine

En 1601, Germaine meurt épuisée (elle a 22 ans) ; elle est retrouvée un matin dans la bergerie, morte auprès de ses moutons.

Fait encore non élucidé, elle est enterrée dans l’église de Pibrac.


Cette histoire, telle une légende, aurait bien pu s’arrêter là :

Une enfant sans importance ne laissant pas de famille, ou si peu ; elle n’a rien dit, rien fait d’exceptionnel, n’a rien écrit.
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Re: Sainte Germaine de Pibrac

Message  gabrielle le Ven 24 Juil 2009 - 0:31



Decouverte du corps de Sainte Germaine


En 1644, quarante années plus tard, tout le monde a oublié la petite bergère, ou presque.

Ceux de son âge ont maintenant 64 ou 65 ans, un âge avancé pour l’époque.

C’est ici que commence l’extraordinaire histoire de Sainte Germaine.

Pourtant, rien ne la destinait à la gloire ; nous n’aurions plus entendu parler d’elle sans la divine découverte de son corps intact sous les dalles de l’église, un matin de décembre 1644.

Ce jour-là, le fossoyeur Guillaume Cassé, aidé de Gaillard Baron, creuse une fosse dans l’église pour ensevelir Germaine Andouane, laquelle avait formulé le vœu d’y être enterrée.

A peine avaient-ils commencé à creuser le sol qu’ils découvrent le corps d’une jeune fille, un corps en parfait état de conservation.

Sa tête est couronnée d’une guirlande d’œillets des champs mêlés d’épis de seigle; ces détails nous permettent de situer sa mort vers le mois de juin : les fleurs ont perdu de leur éclat mais les épis sont dorés et gonflés de grains.

Le premier coup de pioche malencontreux a atteint l’aile du nez ; la blessure a tout l’aspect de la chair vivante


Qui est cette jeune fille?

Aucune des personnes présentes à cette heure matinale ne la connaît. Mais les nouvelles vont vite et bientôt tout ce que compte le village accourt vers l’église ; seuls les anciens sont en mesure d’identifier le corps : " c’est Germaine Cousin, disent-ils, qui était manchote et était atteinte de la maladie des écrouelles "; en effet, le cou porte des cicatrices, la main est infirme.

Le curé Gounilhac, voyant dans cet événement un signe de Dieu, fait présenter à la hâte un cercueil provisoire qu’il place ensuite, debout, près de la chaire avoisinant le banc de la famille de Beauregard.
Suite à la guérison miraculeuse de Madame de Beauregard qui fit grande impression, les gens du village et des alentours viennent nombreux invoquer leur " petite sainte " ; dès lors, le curé consigne, par actes notariés, le récit des grâces obtenues par son intercession.

Ainsi, de 1644 à 1661, l’on retracede nombreux faits miraculeux ; beaucoup de visiteurs en parlent alentour, jusqu’à Toulouse. En 1646, des miraculés commencent à parler de leur rapide guérison...

1680, visite des représentants de l’ordre de Malte…on ouvre le cercueil. Nouveau constat de l’état de conservation du corps. Entre temps, les miracles continuent et sont consignés.

En 1698, Mgr de Colbert, Archevêque de Toulouse, recommande une nouvelle visite pastorale. C'est à partir de cette époque que l’on retrace les premières requêtes des habitants de Pibrac demandant, en reconnaissance, la béatification de Germaine Cousin.
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Re: Sainte Germaine de Pibrac

Message  gabrielle le Ven 24 Juil 2009 - 0:34



Préparation du dossier de beatification


En 1700, Jacques de Lespinasse, avocat au parlement de Toulouse, est mandaté par les habitants de Pibrac; il exige de l’Abbé Morel, chargé de l’enquête par Mgr de Colbert, de tenir ses engagements.


L’abbé Morel demande à des chirurgiens d’examiner le corps, toujours intact, de Germaine. Témoignages et contrôles de la conservation du corps

C’est seulement en 1736 que le dossier est acheminé vers Rome par un capucin nommé Constantin de Figeac. Il est porteur de précieux documents (récits des miracles, témoignages, procès-verbaux…)
Trois années plus tard, on est toujours sans nouvelle du dossier. Monsieur du Faur, comte de Pibrac, inquiet de ce retard, écrit une lettre au responsable des Capucins à Rome. Les réponses sont évasives : le dossier est considéré perdu… Déception à Pibrac où les miracles continuent.

Nous sommes maintenant en 1749, l’abbé Galibert est curé de Pibrac. Celui-ci encourage son ami, l’abbé Jacques Francès originaire de Cornebarrieu, à écrire la première biographie imprimée relatant la vie de Germaine Cousin.

Le 10 septembre 1785, un emprunt de 2500 livres est engagé pour couvrir les frais du procès en béatification. Le dossier est à rédiger à nouveau, sur la base des procès-verbaux de 1661 à 1700 complétés des miracles consignés sur les registres.
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Re: Sainte Germaine de Pibrac

Message  gabrielle le Ven 24 Juil 2009 - 0:36




Destruction du corps


A l’époque de la Révolution, l’État se substitue au clergé ; la persécution envers les prêtres touche également notre région.

En 1793, la commune de Toulouse décide que le cadavre de Germaine doit être détruit…

Un fabricant de vases en étain, nommé Toulza, appartenant au district local révolutionnaire, se charge de cette opération sacrilège; quatre hommes du village sont requis pour l’aider dans cette funeste besogne; l’un d’eux s’enfuit.

Après avoir retiré le corps de sa caisse en plomb, confisquée pour en faire des balles, ils l’enfouissent à même le sol de la sacristie et y versent en abondance de l’eau sur de la chaux, vive dans le but d’activer la complète destruction de ce corps.

Un prompt châtiment frappa ces trois misérables : l’un fut paralysé d’un bras, l’autre devint difforme, son cou se raidit au point qu’il marchait courbé, le troisième fut atteint d’un mal aux reins qui le pliait en deux ; ce dernier porta son infirmité jusqu’au tombeau.

Les deux autres, plus de vingt ans après, recoururent humblement à l’intercession de cette innocente vierge dont ils avaient si indignement profané les précieux restes et obtinrent guérison par la suite.

Deux années se sont écoulées depuis: en 1795, les temps étant devenus meilleurs, l’abbé Montastruc, curé constitutionnel de Pibrac, associé au maire Jean Cabriforce, décide alors d’extraire le corps de la fosse. Dégagés de leur gangue de chaux, les ossements apparaissent parfaitement conservés et liés entre eux ; seule, la chair est détruite et consumée par la chaux. Le tout est placé dans un petit cercueil, encore visible dans la première chapelle des cierges.

Nous sommes maintenant en 1840. De cette époque date la véritable procédure engagée qui aboutira à la béatification et plus tard à la canonisation de Sainte Germaine.

Le Révérend Père Dupoix est curé de Pibrac et Montagne son vicaire. L’abbé Barthier entreprend la démarche à Rome auprès de la Congrégation des Rites.

1843 : Le Père Barthier est nommé postulateur de la cause. De nombreux documents attestent des dons qui ont permi de financer les frais du procès de béatification.

Au cours du procès, deux miracles concernant la guérison de deux enfants sont retenus:
Jacqueline Cathala (1828) est guérie à l’âge de 8 ans d’un rachitisme avec atrophie des membres inférieurs, et par la suite, Philippe Luc de Cornebarrieu, atteint d’une fistule profonde de l’os iliaque, ces deux faits s’étant révélés dans l’église de Pibrac.

Plus tard, en 1845, se produisit une multiplication de pains et de farine dans une importante Communauté de religieuses: la maison du Bon Pasteur à Bourges, événement authentique qui s’est répété, par deux fois, dans des situations difficiles de pénurie.
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Re: Sainte Germaine de Pibrac

Message  gabrielle le Ven 24 Juil 2009 - 0:41




La Béatification


Le 5 mai 1853, l'authenticité des miracles fut solennellement proclamée et le décret de béatification est publié en la Basilique St Jean de Latran à Rome le7 mai 1854.

Dès que la nouvelle fut connue eurent lieu à Toulouse des fêtes mémorables les 12, 13 et 14 juin 1854: un triduum solennel est célébré dans la Cathédrale auquel participent les évêques de la région, les représentants des congrégations religieuses : Missionnaires, Dominicains, Jésuites… La Cathédrale St Étienne est méconnaissable : l’intérieur est illuminé d’une multitude de flambeaux ; des faisceaux de lumière partent de tous les piliers, de tous les lustres, de toutes les balustrades, éclairant les riches draperies cramoisies lamées d’or couvrant les murs ainsi que les tableaux représentant les quatre miracles retenus pour la béatification.

Le matin du 12 juin 1854, un long cortège se forme allant du Palais épiscopal à la Cathédrale; dans ce cortège, y participent tout le clergé ainsi que les autorités militaires, administratives et judiciaires de la ville; les cloches sonnent à toute volée.

Tous les soirs et surtout le dernier, Toulouse est totalement illuminée, depuis les églises, les couvents, les écoles, les édifices publics, les ateliers jusqu’aux maisons particulières.

De la Barrière de Paris à Pech-David, de Lardenne à Guilheméry, toutes les rues sont garnies de fleurs et l’on peut voir partout des images pieuses de la Bienheureuse.

Pendant trois jours, des milliers d’habitants fêtent leur petite bergère, comme pour effacer l’obscurité de sa vie, pourtant toute simple, par les splendeurs d’une brillante apothéose.

Ce fut ensuite le tour de Pibrac. Du 25 au 27 juillet 1854, tout le pays toulousain se donna rendez-vous dans ce village prédestiné. On dénombra, durant trois journées, soixante quinze mille pèlerins…

Les ossements sacrés, recouverts de moire blanche, sont couchés sur un coussin de brocard d’argent et présentés dans un reliquaire de style ogival, en cuivre doré, châsse que nous pouvons admirer de nos jours et vénérer dans la chapelle qui lui est dédiée.
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Re: Sainte Germaine de Pibrac

Message  gabrielle le Ven 24 Juil 2009 - 0:44



la Canonisation ( 29 Juin 1867 )


Pour étayer le dossier de canonisation, de nouveaux miracles sont ajoutés au dossier :

L’année de la béatification, le 15 novembre 1854, en l’église de Pibrac survient la guérison de Lucie Noël, venue de la paroisse de Revel; ne pouvant plus marcher, après deux ans de traitement d’un mal que les médecins ont jugé incurable, elle décide de recourir à l’intervention de la bienheureuse Germaine. Ce jour-là, péniblement appuyée sur ses deux béquilles, elle entre dans l’église de Pibrac. Au moment de la communion, elle est tentée d’aller seule à la Sainte Table, mais elle se ravise et n’ose pas se décider. Dés son retour à Revel, rejetant ses béquilles, elle se met à marcher sans douleurs.

Le second miracle s’accomplit à Langres dans l’hôpital de la Charité:

Françoise Huot est paralysée des bras et des jambes; les médecins ont conclu à un sérieux ramollissement de la moelle épinière avec des symptômes mortels rendant tout traitement inutile et même dangereux. Après une neuvaine de prières dédiées à la bienheureuse Germaine, elle constate le dernier jour que ses plaies se cicatrisent et que ses douleurs ont disparu; elle se lève de son siège… puis se met à genoux pour remercier Dieu.

Ces deux miracles sont aussitôt soumis à la Congrégation des Rites.

Le 23 février 1865, le Pape Pie IX promulgue le décret consacrant leur authenticité; dès lors, il ne reste plus qu’à obtenir le décret du Tuto, rendu par Pie IX le 23 juillet 1865 depuis sa retraite de Gaëte (Italie).
Enfin, le 29 juin 1867, jour du dix-huitième centenaire du martyre de St Pierre et de St Paul, est célébrée à Rome la canonisation de Sainte Germaine.

Fêtes vécues pour la canonisation


A Toulouse, un triduum, prescrit par Mgr Desprez, se déroule les 27, 28 et 29 juillet 1867.

Les rues de la ville ainsi que les façades sont ornées de drapeaux, d’oriflammes, de bannières, de décors de toutes sortes. Les trains, de toutes provenances, déversent leur flot de passagers qui se joignent aux toulousains, descendus dans la rue.

L’événement principal est le transfert d’une relique de Sainte Germaine de la Cathédrale à la Basilique Saint Sernin ; les reliques des saints de la Basilique sont venues au devant de leur nouvelle sœur. Le cortège s’avance; la relique de Sainte Germaine, portée par les Pères du Sacré-Cœur, est précédée de 400 prêtres entourés d’enfants qui la recouvrent de fleurs.

Le soir, les maisons sont éclairées de mille flammes aux couleurs différentes ; Toulouse semble en feu, le spectacle est inoubliable.

A Pibrac, l’année suivante, un triduum solennel a lieu les 15, 16 et 17 juin 1868 permettant aux habitants de ce lieu de fêter dignement leur " petite Sainte ".

La foule afflue de toutes parts. Avant le lever du jour, les chemins conduisant à Pibrac sont sillonnés par toutes sortes de véhicules: omnibus, fiacres, brillants équipages et humbles chariots. De nombreuses personnes ont accompli ce pèlerinage, à pied.

Dès les premières heures, le village est envahi, fait que l’on n’avait pas revu depuis les fêtes de la Béatification remontant à près de quinze ans.

L’après-midi, la procession s’ébranle; les jeunes filles marchent en tête, vêtues de blanc et tenant à la main des oriflammes de la même couleur ; puis vient la châsse portée par huit prêtres et suivie par les quatre prélats qui présideront à la cérémonie. Le cortège descend jusqu’à la prairie du Courbet où a lieu la Messe Solennelle.

Après la bénédiction finale, la procession remonte lentement vers l’église.

Le dernier soir, de brillantes illuminations et un beau feu d’artifice viennent clôturer la fête.
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Re: Sainte Germaine de Pibrac

Message  Eric le Ven 24 Juil 2009 - 0:52

Germaine Cousin naquit à Pribrac, non loin de Toulouse. Sa courte vie de vingt-deux ans est une merveille de la grâce. Fille d'un pauvre laboureur, percluse de la main droite, scrofuleuse, elle fut, pour comble de malheur, privée de sa mère, à peine sortie du berceau. La petite orpheline devint l'objet de la haine et du mépris d'une belle-mère acariâtre et sans coeur; la douleur, née avec elle, devait être sa compagne jusqu'à la mort. Cette pauvre ignorante fut instruite par Dieu même dans la science de la prière.

Bergère des troupeaux de la famille, elle passait son temps en conversations avec le Ciel; le chapelet était son seul livre; la Sainte Vierge était sa Mère, les Anges ses amis, l'eucharistie sa vie. Souvent on la vit agenouillée dans la neige, traversant à pied sec le ruisseau voisin sans se mouiller, pour se rendre à l'église, où elle assistait chaque jour au Saint Sacrifice et communiait souvent, pendant que ses brebis paissaient tranquilles autour de sa quenouille plantée en terre. Charitable pour les pauvres, elle leur donnait son pauvre pain noir, ne vivant guère que de l'amour de Dieu; et, un jour, le Ciel renouvela pour elle le miracle des roses devant les yeux de son impitoyable marâtre.

A sa mort, les Anges et les Vierges célestes chantèrent au-dessus de sa maison. Quarante ans plus tard, on trouva, comme par hasard, mais providentiellement, son corps intact avec un bouquet de fleurs fraîches, sous les dalles de l'église de sa paroisse. Elle est devenue une des grandes Thaumaturges et une des Saintes les plus populaires de la France.

l'Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

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Re: Sainte Germaine de Pibrac

Message  Eric le Ven 24 Juil 2009 - 0:55

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Re: Sainte Germaine de Pibrac

Message  Eric le Ven 24 Juil 2009 - 0:56

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Re: Sainte Germaine de Pibrac

Message  ROBERT. le Sam 25 Juil 2009 - 0:17

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Vos illustrations sur Sainte Germaine ne sont pas mal non plus... Bravo.
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ROBERT.

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Re: Sainte Germaine de Pibrac

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