LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

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Message  Diane le Lun 31 Aoû 2009 - 16:25

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,



Une fois qu'ils auront trouvé la vérité l'Église les avertira de cesser leurs inutiles recherches, et de s'appliquer à démontres par la méthode synthétique la vérité dont ils ne doutent plus : cette marche est-elle irrationnelle?

Mais définissons les deux méthodes sus nommées. Nos lecteurs sont trop au courant des discussions théologigues et philosophiques pour ignorer la différence entre l'une et l'autre. La méthode analytique va du particulier à l'universel, du composé au simple, des parties au tout, marchant pour ainsi dire à tâtons dans la recherche d'une vérité à découvrir. La méthode synthétique procède en sens inverse, partant d'une vérité connue pour arriver à une vérité contenue dans la première ou intimement liée avec elle ; naturellement elle va du général au particulier, du simple au composé, du tout à. chaque partie.

Or, cette méthode analytique est en grande faveur parmi les savants et les penseurs de nos jours. Non contents de l'employer dans les sciences naturelles, où elle est à sa place, dans les sciences rationnelles et psychologiques, où son entrée est encore légitime, ils veulent lui ouvrir les portes de la théologie proprement dite, et l'établir là comme la seule maîtresse du logis ; car, disent-ils, tous les dogmes établis et discutés jusqu'à présent par les théologiens ne sont pas sortis des ténèbres, tant qu'on ne les a pas soumis à une stricte analyse par une méthode diamétralement opposée à celle des vieux théologiens.


Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 38 et 39

Diane

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Mar 1 Sep 2009 - 16:02

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,




Mais la théologie ferme ses portes, et veut être maîtresse chez elle, où sa bonne sœur la science analytique, se ferait une fête de tout brouiller. La théologie répond qu'elle veut se servir principalement de la méthode synthétique, pour deux raisons de poids :

Premièrement, à cause de son tempérament propre qui le demande. En effet, les vérités théologiques ne sont pas à trouver, mais à démontrer. Dieu nous évite le travail de la recherche et de la création ; il nous donne une religion divine, que nous n'avons pas à inventer, mais à recevoir, à croire et à pratiquer. Les dogmes, contenus dans la Révélation qui est la règle éloignée de la foi, proposés par l'Église infaillible qui en est la règle prochaine, ne sont douteux ni pour le théologien ni pour ceux qu'il instruit. Convient-il donc à la nature de cette science de se soumettre à la fatigue d'une recherche anxieuse ? son office n'est-il pas d'exposer le dogme, de l'expliquer, de le défendre, d'établir par des arguments solides qu'il repose sur la base inébranlable de la parole de Dieu (1) ?


(I) C'est ce que saint Thomas fait voir, avec son bon sens ordinaire, lorsqu'il se demande si la théologie doit argumenter, Ulrum sit argu mentativa ? (1 p. q. I, art. vin)1, et dans le cas où elle argumente¬rait, si elle doit tirer ses arguments de l'autorité ou de la raison? — Il répond entre autres choses ; « Argumentari ex aucloritate est ma¬xime proprium tiujtis cloetrinae, co quod principia hujus doclrinœ per revelationem habentur; et sic oportet quoderedatur auctoritati eorum quibus revelatio facta est.... Utitur tamen etiam ralione hum:tna, non quidem ad probandum fidem, quia per hoc tolieretur meritum fidei, sed ad mnn'tlcstandurn aliqua alia quae traluntur in hac doctrina. Cum enim gratîa non toilat nalurum, sed perficiat, oportet quod naturalis ratio subserviat fidei; sicut et naturalis inclinatio volunialis obsequi-tur charitati, » [lbid., ad 2um).



Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 39 et 40

Diane

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Mer 2 Sep 2009 - 16:11

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,



Secondement, à cause des défauts de la méthode analytique. En effet, cette méthode, qu'on voudrait dire parfaite, est très-dangereuse à la foi. Sa nature étant de chercher, il faut que son point de départ soit le doute, et qu'elle n'avance qu'à travers le doute. Au commencement le doute sera simplement hypothétique, nous le voulons bien ; mais il ne tardera pas à devenir réel et positif. L'esprit s'habitue à demeurer en suspens dans les vérités de la foi, à se confier uniquement en ses propres forces, à mépriser l'autorité des plus graves théologiens, à moins respecter le magistère de l'Église, à regarder enfin la raison individuelle, non plus comme un instrument universel dans les choses de la foi, mais bien comme l'unique moyen de connaissance et comme le juge souverain qui a le droit de siéger au sommet de toutes les questions pour prononcer sur toutes.

D où l'on voit que le triomphe de la méthode analytique dans le domaine de la théologie serait l'avènement du rationalisme absolu, et l'anéantissement de toute science théologique. Voilà précisément ce qui rend cette méthode si chère aux hérétiques, à Luther par exemple. Mais nous la repoussons, et nous n'oublions pas qu'elle a perdu plusieurs grands esprits, comme Abélard au XII siècle, et Hermès presque de nos jours.



Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 40 et 41

Diane

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Jeu 3 Sep 2009 - 15:28

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,



Nous pourrions nous arrêter là. Mais, à cause de l'im-portance du sujet, nous croyons utile de traiter plus au long l'interminable question des rapports entre la raison et la foi. Nous prenons pour guide le théologien illustre, qui fut si longtemps la lumière du Collège Romain; nous avons nommé le R. P. Perrone (1).

Commençons par observer avec lui, que cette question de l'accord ou du désaccord entre la foi et la raison, est aussi ancienne que le christianisme. Les premiers prédicateurs du christianisme trouvèrent devant eux des philosophes instruits, qui ne purent pas ne point s'occuper de la nouvelle doctrine. Ils l'examinèrent ; et, selon que cet examen fut fait de bonne foi ou de mauvaise foi, il amena des résultats tout opposé.

Les hommes sincères, qui cherchaient la vérité sans hostilité et sans parti pris, virent bientôt, à la simple lumière de leur raison, la vérité de la foi chrétienne et le secours immense qu'elle apportait à la raison naturelle elle-même : ils embrassèrent cette foi reconnue vraie, et mirent à son service et à sa défense tout ce qu'ils avaient de science et de talent» C'est ce que racontent d'eux-mêmes, dans leurs écrits apologétiques, les Clément d'Alexandrie, les Justin, les Athénagore, les Quadra tus, les Arnobe, les Minucius Félix, tous païens convertis à la religion du Christ par l'usage légitime de leur raison dans la recherche de la vérité.


(1)
De_ Locis Theologicist 3partie, toute la 1 section, sur l'analogie de la foi et de la raison.



Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 42 et 43

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Ven 4 Sep 2009 - 15:08

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,


D'abord, chez l'homme qui n'a pas encore la foi, quels sont les droits et les offices de la raison ? — Il ne faut donner à la raison naturelle ni trop ni trop peu ; comme toute la nature humaine, elle a été blessée par le péché, mais non détruite. Les quatre propositions suivantes, qui reviennent pour " le sens aux décrets du concile du Vatican cités plus haut, limitent les droits et les pouvoirs de la raison naturelle de l'homme.

La droite raison de l‘homme sans le secours d'aucune révélation surnaturelle, peut connaître avec certitude plusieurs vérités de l'ordre naturel, qui sont comme des préambules à la foi.

Ces vérités sont principalement : la spiritualité, la. Liberté et l'immortalité de l'âme humaine ; l'existence de Dieu, et les attributs très-parfaits de sa nature ; la loi morale, qui dirige l'homme à sa fin naturelle, en lui faisant connaître les actions intrinsèquement bonnes ou intrinsèquement mauvaises dans l'ordre naturel.

Cette première proposition vise les Super naturalistes ou Traditionalistes, d'après lesquels toutes ces vérités même de l'ordre naturel seraient connues uniquement par le bienfait de la révélation divine positive, faite primitivement au genre humain et transmise d'âge en âge par la tradition.


Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 44

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Sam 5 Sep 2009 - 15:23

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,


Ces vérités peuvent être connues avec certitude par la raison individuelle et par conséquent sans le secours du consentement du genre humain.

Exiger d'un homme, avant qu'il puisse acquérir la connaissance certaine de ces vérités, élémentaires, qu'il sache ce qu'en pense et en a pensé le genre humain, c'est le condamner au scepticisme universel, et le priver du moyen d'en sortir. Comment m'assurerai-je du consentement de la raison universelle, sinon par ma raison individuelle ?

3° La raison humaine peut connaître avec certitude ce que nous appelons les motifs de crédibilité, et par eux acquérir la certitude de la Révélation divine.

Les motifs de crédibilité sont des arguments nombreux, certains, probants, qui établissent le fait de la Révélation divine. Dieu nous les donne pour que notre foi soit raisonnable; et, voulant que notre foi soit souverainement raisonnable et absolument invincible, il nous a donné des motifs de crédibilité absolument convaincants parleur nombre, leur force et leur évidence. Lorsque je crois un mystère, je ne vois pas avec évidence le mystère que je crois, mais je vois avec évidence les raisons de le croire et qu'il y aurait déraison à ne le pas croire.


Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 44 et 45

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Dim 6 Sep 2009 - 15:15

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,



La raison humaine peut connaître pareillement en toute certitude l'existence de la vraie Église de Jésus-Christ.

Conséquence de la proposition précédente. Les motifs de crédibilité, en établissant le fait de la révélation, établissent l'existence d'une vraie Église fondée par Jésus-Christ. Tous les hommes ont le devoir d'entrer dans la vraie Église ; c'est donc qu'ils ont des moyens certains de la connaître ; autrement, ils répondraient à leur juge : Où était-elle, Seigneur, votre Église? Mais ils seront sans excuse, tous ceux qui n'auront pas connu la vraie Église, car elle est visible comme une cité bâtie sur une montagne.

Mais chez l'homme qui accepte la foi, que devient la raison? — Elle meurt, disent tous les incrédules. Et beaucoup de protestants font chorus aux incrédules, pensant comme Luther que la guerre est inévitable entre la foi et la science, entre la théologie et la philosophie; qu'une chose peut être vraie théologiquement, et fausse philosophiquement. Plusieurs môme regardent l'absurde comme le signe caractéristique de la foi, et citent avec complaisance le mot de Tertullien : C'est absurde, donc je crois. Or, il n'y a d'absurde ici que le conflit imaginé entre la foi et la raison.

En effet :

. La foi, prenant possession d'une âme, n'y éteint pas la lumière naturelle de la saine raison, et ne peut jamais la contredire.

La foi contredire la raison, rien de plus impossible, comme nous l'avons montré déjà. L'une et l'autre n'ont-elles pas Dieu pour auteur? Ne sont-elles pas comme deux rayons d'une môme lumière indéfectible, comme deux ruisseaux coulant d'une môme source inépuisable? Gomment Dieu se mettrait-il en contradiction avec lui-même, et nous révélerait des dogmes qu'il nous affirme vrais par la foi et qu'il nous montrerait faux par la raison ?



Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 45 et 46

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Lun 7 Sep 2009 - 16:50

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,


Mais, dit-on, la preuve que la foi est le tombeau de la raison, c'est que la première exige de la seconde une adhésion aveugle, c'est-à-dire la mort. — Je distingue : Une adhésion aveugle au dogme lui-même, oui, et il le faut bien, puisque la raison est totalement incapable de le saisir; une adhésion aveugle à la crédibilité du dogme, non certes, mais au contraire une adhésion éclairée dune lumière évidente. Avant de faire un acte surnaturel de foi sur un dogme révélé, il faut que vous sachiez, de science naturelle et certaine, que ce dogme est vraiment révélé par Dieu. Vous ne voyez pas comment cela est; mais, à moins de soutenir que Dieu est Un menteur, vous êtes absolument sûr que cela est. Croire que de fait cela est, sur l'autorité de Dieu qui affirme que cela est, est-ce abdiquer sa raison?

— Et vous voyez, pour le dire en passant, la malice spécifique et révoltante du péché d'hérésie; c'est que toute hérésie accuse de mensonge et d'imposture Dieu lui-même, la vérité par essence.

Voulez-vous une autre forme de raisonnement ? Ou bien les vérités proposées par la foi sont accessibles à l'intelligence humaine, ou bien elles lui sont inaccessibles. Dans le premier cas, aucune opposition n'est, à craindre; ce sont des vérités de l'ordre naturel, la raison est sur son terrain, et reçoit simplement par la révélation, plus promptement, plus facilement et plus entièrement, des connaissances qu’elle pourrait acquérir par ses propres efforts.



Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 47

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Mar 8 Sep 2009 - 16:56

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,



Dans le second cas, s'il s'agit de vérités dépassant la raison mystères proprement dit jamais la raisonne sera autorisée à dire qu'elle en perçoit l'impossibilité ; ce serait dire qu'elle perçoit clairement le sujet et l'attribut, et leur convenance intime ou leur répugnance. Or cette perception est contre la nature du mystère. Qu’est-ce que la proposition d'un mystère, sinon la notification d'une chose, dont nous n'aurions aucune idée sans la révélation, et que la révélation nous notifie quant à l'existence, mais non quant au mode d'exister ni quant à toutes les propriétés? Par conséquent, dans le mystère, vous trouverez une répugnance apparente ; mais une répugnance réelle et réellement constatée, jamais.

Non- seulement la foi ne s'oppose point aux développements de la raison humaine, mass elle les favorise admirablement.

S'ils veulent bien nous accorder que la foi ne tue pas d'un seul coup notre raison, beaucoup d'incrédules prétendent au moins qu'elle en gêne l'évolution et le progrès, en le tenant opprimé sous un joug de fer. Les protestants à leur tour, bien qu'ils admettent une sorte de foi appuyée sur le sens privé, rejettent avec horreur la foi basée sur l'autorité, et reprochent à l'Église d'opposer mille obstacles à la marche des sciences, en un mot,, d'engendrer l'obscurantisme, par cette foi autoritaire. —Rien de plus faux.





Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 47 et 48

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Mer 9 Sep 2009 - 16:36

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,


En effet, la foi catholique étant le point de mire où infidèles, juifs, hérétiques, schismatiques et impies de toute espèce dirigent sans cesse leurs coups, il est impossible que les défenseurs de cette foi si rudement, si généralement, si constamment attaquée, restent des ignorants; ils sont obligés, sous peine d'avoir toujours le dessous et de devenir la risée de la terre, de se tenir au courant de toutes les sciences. Les premières difficultés à peine aplanies, en voici d'autres qui surgissent sous nos pas. Avons-nous réduit à néant cent objections scientifiques, la science nous en oppose mille nouvelles, qu'il nous faut étudier et résoudre.

Que suit-il de là ? Il suit que la foi catholique remplit dans le monde des savants l'office d'une sorte de machine électrique, qui excite et communique le fluide de la science qui allume et ravive le feu sacré dans les deux camps adverses. En supprimant la foi vous jetez de la cendre sur ce feu vous brisez cette puissante machine vous enlevez aux études scientifiques l'un de leurs plus énergiques stimulants.



Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 48

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Jeu 10 Sep 2009 - 16:29

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,



Regardons la chose sous une autre face. Faites un tableau comparatif, où vous noterez les progrès faits par le genre humain, dans toutes les sciences, avant et après l'établissement du christianisme ; vous indiquerez également l'état actuel des sciences dans les diverses parties du monde, dans les contrées où la religion chrétienne, autrefois florissante, à été détruite depuis ; dans les contrées où cette religion n'a pas encore dominé. Encore que dans les régions les plus civilisées, on ait admiré de très-grands esprits, surtout à Athènes et à Rome, n'est- il pas évident que le progrès des sciences fut à peu près nul au sein du paganisme, si on regarde ce qu'il fut dans l'ère chrétienne ?

La science païenne auprès de la science chrétienne, c'est à peine le crépuscule auprès de la pleine lumière. Jetez les yeux sur ces provinces d'Asie et d'Afrique jadis si resplendissantes de lumière et de civilisation ; voyez dans quelle barbarie l'islamisme, ou l'hérésie, ou le schisme, les ont replongées. L'empire chinois reste stationnaire dans son enfance tant de fois séculaire. L'Inde ne parvient pas à sortir du berceau où ses fables l'ont endormie.

La conclusion de tout ceci ? C'est que la foi catholique, loin d'arrêter le mouvement en avant de la raison humaine, le favorise et l'accélère d'une façon admirable.

Voyons enfin le rôle de la raison chez le catholique fidèle.


À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 48 et 49

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Ven 11 Sep 2009 - 18:26

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,




Après qu'une vérité nous a été proposée comme objet de notre foi par le magistère infaillible de l'Église ; après que nous avons, par le secours de la grâce divine» pleinement adhéré d'esprit et de cœur à tous les dogmes que l'Église nous ordonne de croire, la raison n'a-t-elle plus rien à faire ? — Il lui reste encore de quoi exercer ses forces.

Elle évitera de sortir de l'ordre, si elle ne veut s'en aller échouer sur des récifs inconnus. Elle devra donc garder certaines règles qui lui sont tracées par la foi, ne pas s'attribuer le rôle principal, ne jamais se soustraire à l'enseignement de l'Église, ne pas se poser comme la maîtresse de la foi, mais se contenter d'être sa servante. C'est par cette sagesse que l'on sauvegarde les droits de la raison elle-même, que Ton rend vaines les accusations dirigées par les incrédules et les rationalistes contre le principe catholique de l'autorité enseignante, enfin que

l'on concilie les divers sentiments, en apparence con* tradictoires, des écoles catholiques de notre temps. Deux propositions suffisent pour dégager la vraie doctrine.

1 Après avoir reçu la foi, la raison de l'homme peut encore rechercher, pour les défendre, les fondements de cette foi et de chacun de ses dogmes.

On ne saurait trop distinguer chez le théologien un double personnage, celui de fidèle, et celui de docteur. Fidèle, le théologien ne diffère pas du chrétien le plus simple dans l'assentiment qu'il donne à la foi : ils croient l'un et l'autre uniquement à cause do l'autorité de Dieu qui révèle et de l'Église qui propose. Docteur, le théologien peut et doit rechercher les fondements de la révélation en général et de chacun des dogmes qu'il croit, non pour fonder sa foi sur ses propres recherches, mais pour se rendre compte de sa foi, et surtout pour en rendre compte aux autres.

Sous le bénéfice de cette explication, c'est à peine si notre première proposition a besoin de preuve. Comme l'objet matériel de notre foi rentre dans le domaine de l'histoire, comme la révélation contient des faits historiques, et qu'elle est elle-même un fait qui domine l'histoire humaine, il est clair que l'on pourra, par l'étude des documents appropriés, démontrer l'existence de ce fait prédominant, et les motifs de crédibilité qui l'établissent devant la conscience humaine. Mais cette démonstration comment le théologien sera-t-il à môme de la faire, s'il n'a recours à la raison et à la science s'il ne se livre à des recherches approfondies à de longues et sérieuses réflexions ? Il peut donc et il doit examiner les fondements de la révélation considérée dans son ensemble.


À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 49 et 50

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Sam 12 Sep 2009 - 16:15

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,


.
De même pour chacun des dogmes de notre foi. L'Église, qu'on ne perde pas de vue ce point important, n'est pas une officine où les vérités s'inventent, et où les dogmes
se fabriquent au jour le jour. La mort des Apôtres a scellé le dépôt de la foi, en mettant fin à la révélation générale obligatoire pour tous les fidèles de tous les siècles; et l'Église n'impose rien à la croyance de ses enfants, qu'elle ne le trouve contenu dans le dépôt de cette révélation générale.

Or l'Église, investie par Dieu son fondateur d'une autorité infaillible en matière d'enseignement, et certaine de la docilité que les chrétiens ne peuvent refusée à cette autorité infaillible, n'a pas coutume d'expliquer elle-même pourquoi nous devons croire tel dogme plutôt que tel autre ; elle affirme nettement et simplement les dogmes qu'elle tient de Dieu, sons les discuter devant ses fidèles, sans les défendre contre ses ennemis.

Ce soin de la discussion et de la défense, elle le laisse au docteur ou théologien. De là, pour le théologien ou docteur, une double fonction: En premier lieu, il devra démontrer l'existence d'une vraie Eglise instituée par Jésus-Christ, et expliquer la constitution, les propriétés, les notes et les droits de cette divine institution. En second lieu, il devra établir tous les dogmes proposés par l'Eglise comme objet de la foi, en commençant parles deux dogmes qui sont les deux règles éloignées de la foi; je veux dire l'écriture sainte et la Tradition, dans lesquelles est contenu tout le dépôt de la foi ; et en abordant ensuite dans le détail toutes les vérités révélées.

Or, cette double fonction, impossible au théologien de la remplir, s il se contente de croire, et s il n appelle à son secours toutes les ressources d une raison continuellement exercée par l’étude.


À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 50 et 51

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Dim 13 Sep 2009 - 17:20

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,




La raison humaine peut encore traiter la doctrine do la foi d'une manière vraiment scientifique.

Pourquoi pas, s il vous plaît? Rien n est plus convenable à la dignité de cette sainte doctrine, la théologie étant la reine des sciences. Rien n'est plus conforme à sa nature puisqu'aucune science ne repose sur des principes plus certains, ni ne-conduit à des conclusions plus nombreuses, plus pratiques, plus importantes pour le genre humain. C'est ce qu'ont toujours compris et toujours fait les Pères et les Docteurs catholiques.

Les Pères se sont-ils contentés de défendre contre les novateurs le dépôt de la foi, en montrant simplement que les dogmes attaqués étaient contenus dans l'Écriture et dans la Tradition? Non, ils ont fait encore autre chose. Ils ont soumis ces dogmes aux investigations de la philosophie et delà science;

ils se sont efforcés de comprendre tout ce qui est compréhensible ; ils n'ont pas craint, pour rapprocher les plus hauts mystères des intelligences humaines, de développer devant les peuples leurs idées personnelles sur les mystères, et les aperçus saisissables qu'ils croyait en découvrir. Ils n'ont pas dédaigné, quand ils y ont vu quelque utilité, de faire usage de la philosophie qu'ils connaissaient merveilleusement, pour rendre plus claires les conceptions de leur esprit propre sur chacun des articles de foi et sur les rapports que ces articles ont les uns avec les autres. De là ces théories sublimes, à chaque page de leurs écrits : sur l'unité de Dieu lorsqu'ils réfutaient les polythéistes ;

sur l'origine du mal 4'unité du principe suprême et la liberté de l'homme lorsqu'ils s'élevaient contre les Gnostiques les Valentiniens les Marcionites les Manichéens ; sur la création du monde et la providence de Dieu lorsqu'ils avaient affaire avec les panthéistes et les stoïciens; sur l'éternelle génération du Verbe de Dieu sur la Trinité sur l'Incarnation sur tous les mystères de la religion chrétienne toutes les fois crue ces mystères furent mis en doute N'est-on pas saisi d'admiration quand on lit les ouvrages d'Athanase des deux Cyrille des deux Grégoire de Basile d'Augustin et de tant d'autres! NE Trouvre-t-on pas dans ces grands hommes des traités vraiment scientifiques, tout remplis-de la philosophie la plus profonde, des éclaircissements les plus lumineux, des idées les plus sublimes sur nos saints mystères?




À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 51 et 52

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Lun 14 Sep 2009 - 15:06

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,



Les docteurs scholastiques, marchant sur les traces des Pères, ont réuni tous les dogmes en un corps de doctrine, les ont distribués, disposés, comparés, expliqués ; pénétrant enfin jusqu'aux dernières profondeurs accessibles de la foi, ils sont parvenus aussi loin que peut aller l'intelligence humaine dans la science religieuse. Parmi les plus illustres en ce genre, nommons saint Anselme de Cantorbéry, saint Thomas d'Aquin, saint Bonaventure. Si la Somme de saint Thomas n'est pas un traité vraiment scientifique, qu'appellerez-vous de ce nom ? Ces nobles efforts ne se sont pas arrêtés, comme quelques-uns le prétendent, à l'époque du concile de Trente ; ils ont persévéré, et n'ont pas cessé de donner de beaux résultats.

N'ont-ils aucune science ni aucune allure scientifique, ces nombreux théologiens venus après le concile de Trente, et qui ont égalé, sinon surpassé la plupart de leurs devanciers ? Refuserez-vous de les appeler savants, les deux Soto, et Suarez, et Vasquez, et le cardinal Tolet, et le cardinal Bellarmin, et le cardinal de Lugo, et une infinité d'autres, qui non-seulement ont soutenu le Credo catholique contre les protestants, mais de plus se sont élevés, par leurs études scientifiques, à l'intelligence spéculative de cet immortel Credo, et brillent comme autant d'astres étincelants au firmament catholique ?

Ainsi en est-il et en sera-t-il toujours. Ce qui leur fut permis ne vous est pas défendu ; ce qui fut louable chez eux ne sera pas répréhensible chez vous. Allez, ne craignez pas, déployez les ailes de votre science ; la seule chose que l'Église vous recommande, c'est de ne pas vous lancer en aveugle dans des régions inaccessibles au vol de la raison humaine. En gardant la foi, cherchez la science, écrivez des traités scientifiques sur les matières religieuses ; la doctrine de la foi, bien loin d'entraver l'essor de vos investigations, vous élèvera à des sommets qu'aucune autre science ne visita jamais.



À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 53 et 54

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Mar 15 Sep 2009 - 15:36

CHAPITRE II.
RATIONALISME MODÉRÉ,



CHAPITRE III.
INDIFFÉRENTISME, LATITUDINARISME.


Ces deux mots, Indifférentisme Latitudinarisme, reviennent à un autre mot plus usité chez nous : Tolérance religieuse ou doctrinale. Il ne s'agit ici que des doctrines ; dans le dernier chapitre de cet ouvrage, certaines propositions libérales nous amèneront à parler de la tolérance civile, et, par occasion, de la tolérance des personnes. Au point de vue exclusif des doctrines, quatre propositions sont condamnées par le Syllabus.

XV

Tout homme est libre d'embrasser et de suivre la religion qu'il croit vraie, en s'en rapportant à la lumière de sa raison.

XVI

Dans tout culte religieux les hommes peuvent trouver la voie du salut éternel et obtenir le salut éternel.

XVII

Tout au moins faut-il bien espérer du salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans la vraie Église de Jésus-Christ.

XVIII.
Le Protestantisme n'est pas autre chose qu'une forme diffé¬rente de la môme religion chrétienne, et là il est possible de plaire à Dieu aussi bien que dans l'Église catholique.



À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 55 et 56

Diane

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Mer 16 Sep 2009 - 17:44

CHAPITRE III.
INDIFFÉRENTISME, LATITUDINARISME.



L'indifférentisme religieux n'inspire pas assez de dégoût et d'horreur aux hommes de notre temps ; signe trop certain qu'un grand nombre sont atteints de cette lèpre. Le Souverain Pontife, établi par Dieu médecin des âmes, ne néglige rien pour nous guérir. Mainte et mainte fois il a dépeint sous ses vraies couleurs ce mal de l'indifférence. Il l'appelle un système horrible, impie, monstrueux, outrageant pour la raison humaine ; une erreur très-fétide et très-honteuse, entraînant pour la société chrétienne et même pour la société civile les plus désastreuses conséquences.

Ces expressions et autres semblables ne sont pas trop fortes ; puisque l'indifférence en matière de religion, comme le Pontife en fait la remarque, n'irait à rien moins qu'à détruire toute différence entre la vertu et le vice, entre la vérité et Terreur, entre l'honnêteté et la turpitude.

Cette tolérance coupable pour tous les cultes, condamnée si fortement par le pape Pie IX, croirait-on qu'elle n'a pas rougi de se couvrir du nom et de l’autorité de Pie IX lui môme ?

Les partisans de ce système avaient interprété dans ce sens certains actes de clémence, par lesquels le grand Pontife avait inauguré son règne. C'est lui qui nous l’apprend, dans son allocution Ubi prinun, où il proteste de toute l'énergie de son âme indignée. «Quelle injure, s'écrie-t-il au milieu des Cardinaux et des Évêques, quelle injure à Notre nom et à Notre dignité Apostolique! Ils font entendre que, dans Notre bienveillance pour tous les hommes, Nous croyons que tous, non-seulement les enfants de l'Église, mais aussi les autres qui demeurent séparés de l’unité catholique, sont également dans la voie du salut et peuvent acquérir la vie éternelle. Nous sommes saisis d'horreur, et les paroles Nous manquent pour détester cette nouvelle et atroce calomnie.

Sans doute, du fond de Notre cœur, Nous aimons tous les hommes, mais pas autrement que dans la charité de Dieu et de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ, qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu, qui est mort pour tous, qui veut que tous se sauvent et arrivent à la connaissance de la vérité ;

qui, par suite de ce désir, a envoyé ses disciples dans le monde entier prêcher l'Évangile à toute créature, déclarant que ceux qui croiront et recevront le baptême seront sauvés, mais que ceux qui ne croiront pas seront condamnés. Qu'ils viennent donc, tous ceux qui veulent être sauvés, qu'ils viennent à la colonne et au firmament de la vérité, c'est-à-dire à l'Eglise : qu'ils viennent à celte vraie Église du Christ, qui offre dans ses Évêques et dans leur chef le Pontife Romain, la succession de l'autorité Apostolique continué et toujours sans aucune interruption; qui eut toujours à cœur de prêcher, de garder et de défendre la doctrine annoncée par les Apôtres, sur l'ordre de Jésus-Christ; qui a grandi continuellement depuis le temps des Apôtres, au milieu des difficultés de tout genre; qui, dans tout l'univers, illustrée de l’éclat des miracles, développée par le sang des martyrs, ennoblie par les vertus des confesseurs et dos vierges, fortifiée par les témoignages des Pères et par leurs écrits pleins de sagesse, a été toujours et est encore florissante sur toutes les plages du monde, frappant tous les yeux par l'unité parfaite de sa foi, de ses sacrements et de son gouvernement sacré ! »



À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 56, 57 et 58

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Jeu 17 Sep 2009 - 15:10

CHAPITRE III.
INDIFFÉRENTISME, LATITUDINARISME.


Maintenant revenons aux trois degrés d'indifférentisme, marqués dans les propositions ci-dessus. Il en est qui affirment, d'une manière absolue et générale, que toutes les religions sont bonnes, et par conséquent capables de sauver les hommes. D'autres, obligés de convenir qu'il ne peut y avoir qu'une religion vraie, veulent au moins que l'on espère le salut de ceux qui ne sont pas dans la vraie Église. D'autres enfin, accordant que les religions non chrétiennes ne peuvent nous sauver, prennent la défense des sectes chrétiennes séparées de l'Eglise catholique, et n'admettent pas que le protestantisme, qu'ils disent une forme diverse du vrai christianisme, soit privé de la vertu salutaire mise par Jésus-Christ dans le vrai christianisme.

Discutons rapidement chacune de ces erreurs.



À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 58 et 59

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Sam 19 Sep 2009 - 15:55

CHAPITRE III.
INDIFFÉRENTISME, LATITUDINARISME.


Libre à l'homme de choisir sa religion ; et la religion choisie par la raison de l'homme ne peut qu'être agréable à. Dieu, et l'homme est certain d'y trouver son salut.

Singulière doctrine, que quelques-uns formulent ainsi: Libre à l'homme d'avoir une religion quelconque, ou de n'en point avoir du tout, ou encore d'appeler religion sacro-sainte le mépris de toute religion et la haine de Dieu. Nos libres-penseurs, organisateurs des enterrements civils, en sont aujourd'hui à ce dernier degré; leurs prétentions’ ne sont pas moins étranges que leurs négations sont impies, car c'est au nom de la liberté des cultes qu'ils veulent nous contraindre à respecter et à honorer leurs attaques furieuses contre toute religion.

L'homme, libre de se faire une religion à sa commodité? peut-être, jusqu'à un certain point, si Dieu ne lui en a pas donné une toute faite. Mais si Dieu a pris soin de donner une religion à l'homme, avec obligation pour l'homme de la recevoir et de la pratiquer, l'homme est-il encore libre de rejeter cette religion venue de Dieu, pour avoir la satisfaction d'en inventer une autre ? Si Dieu a déterminé les hommages qu'il veut recevoir de l'homme, l'homme est-il libre de lui refuser ces hommages et de lui en rendre d'autres, ou de ne point lui en rendre du tout?

Vous louez un serviteur, pour tel service spécial que vous lui indiquez; ce serviteur à vos gages reste-t-il libre de faire chez vous ce qu'il voudra, ou môme de n'y rien faire? S'il ne tient aucun compte de vos ordres, mais veut agir uniquement à sa tête, trouverez-vous qu'il gagne bien son salaire et que vous êtes bien servi ?



À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 60 et 61

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Dim 20 Sep 2009 - 16:12

CHAPITRE 1



Tout homme, au regard de Dieu, est dans la situation de ce serviteur. En nous recevant à son service, ou, ce qui revient au même, en nous appelant à l'existence, Dieu nous prescrit des devoirs qui découlent nécessairement de son titre de Créateur et de notre qualité de créatures. Ce service que toute créature doit à son Créateur, ces devoirs de soumission, d'obéissance, d'honneur, d'adoration et d'amour, personne ne peut nous en dispenser, pas même Dieu : par cette raison évidente que personne, pas même Dieu, ne peut faire qu'il ne soit pas notre Créateur et nous ses créatures.

Quant au détail de ce service et à la manière de remplir ces devoirs, l'homme garde une certaine latitude, dans la sphère de sa raison, tant que Dieu n'a rien déterminé. Mais si Dieu juge à propos de préciser comment il veut être honoré et servi, c'est ce service et non pas un autre, cet honneur et non pas un autre, que nous devrons lui rendre.

Or, effectivement Dieu a précisé les honneurs et les hommages qu'il veut recevoir de nous, c'est-à-dire la religion qui lui est agréable et qui peut nous sauver. A trois époques principalement il a signifié à l'homme sa volonté, par trois révélations qui ne se contredisent pas, mais se perfectionnent : la révélation primitive, la révélation mosaïque et la révélation chrétienne.



À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 61

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Lun 21 Sep 2009 - 16:19

CAPITRE 1



La révélation primitive regardait le genre humain entier. Elle lui fut faite partie avant, partie après II chute.. Renfermant des vérités à croire et des commandements à observer, elle est toute une religion positive venant s'ajouter à la religion naturelle : ce qui prouve que l'homme ne doit pas se contenter de la religion purement naturelle, connue par la raison, puisque Dieu n'a jamais voulu qu'il s'en contentât.

Quel fut l'objet de cette révélation primitive ? Ce fut principalement, pour les dogmes à croire : l'existence d'un seul Dieu tout-puissant, créateur du monde, maître souverain, juste rémunérateur du bien et du mal ; la formation de l'homme à l'image de Dieu ; la chute du premier homme, et la transmission du péché originel ; la promesse du Rédempteur, et du pardon qu'il apporterait à notre race déchue. — Pour les préceptes à pratiquer : D'abord tous les devoirs que les vérités mentionnées imposent naturellement à l'homme ; puis certains préceptes positifs, comme les sacrifices sanglants, la sanctification d'un jour de la semaine, l'unité et l'indissolubilité du mariage, le moyen de purifier les enfants de la tache originelle. -

Telle fut la religion donnée primitivement à l'homme; il eut à la recevoir et à la suivre, non à l'inventer.


À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 62

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Mar 22 Sep 2009 - 16:06

CHAPITRE III.
INDIFFÉRENTISME, LATITUDINARISME.



Les ordres de Dieu étaient nets, et la sanction ne leur manquait pas ; nous le savons par le châtiment suffisamment rude et exemplaire, qui frappa la première transgression. Il s'agissait, non d'un précepte connu par la raison et basé sur la nature des choses, mais d'un commandement ajouté parla libre volonté de Dieu, peut-être pour peu de temps, simplement d'un précepte d'abstinence.

En livrant à l'homme tous les fruits de la terre, Dieu excepte un arbre : Cet arbre-là, je te défends d'en manger le fruit, sous peine de mort. L'homme voulut Être libre de ne pas obéir à Dieu ; il mangea le fruit défendu, et fut puni de mort. Cette désobéissance du premier homme est le premier acte de tolérance religieuse et de liberté des cultes, dans les annales du genre humain; l'on voit de quelle manière Dieu l'a jugé et récompensé, et les grands avantages qu'il nous a valus ; Poussière, tu retourneras en poussière.

La seconde révélation, faite par Dieu à Moïse plusieurs siècles après le déluge, regardait spécialement les Hébreux, ce peuple que Dieu s'était choisi et auquel il avait donné mission de conserver sur la terre, avec le dépôt de la révélation primitive, le culte du seul vrai Dieu. Chez les autres peuples, il y avait aussi des religions, mais obscurcies de tant d'erreurs et souillées de tant de crimes, que Dieu en détournait son regard avec horreur. Preuve nouvelle, que toute religion professée par les hommes n'est pas agréable à Dieu. Celle des Juifs lui était agréable, parce qu'elle venait de lui ;

mais il n'y avait pas fait large la part de la tolérance, et il ne permettait pas à chacun de l'accommoder à sa manière devoir individuelle. Tout était réglé minutieusement : les sacrifices les dîmes les prémices et autres offrandes les cérémonies les fêtes et le sabbat les purifications les abstinences les rapports avec les étrangers Parcourez l'Exode le Lévitique les Nombres et le Deutéronome ; vous y verrez Dieu s'occuper non-seulement de l'observation des grands préceptes du Décalogue mais de la forme et des dimensions du tabernacle, des vêtements des Lévites de l'âge et des qualités des victimes qui serraient immolées sur ses autels ; vous y verrez la moindre transgression la plus petite velléité (d'indifférentisme et de latitudinarisme réprimée sévèrement et souvent punie de la peine capitale, Bref, tant de prescriptions, de prohibitions, et de pénalité vous convaincront pleinement que Dieu n'élevait pas son peuple dans le respect et la pratique de l'indifférence religieuse.




À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 62, 63 et 64

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Mer 23 Sep 2009 - 15:16

CAPITRE 1


Vint enfin la troisième et complète révélation, apportée au monde par le Fils de Dieu en personne, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Sauveur de tous les hommes, il parle à tous, mais il ordonne à tous de l'écouter respectueusement, de croire à sa divine parole, et d'observer sa loi, Cette loi de l'Évangile est plus douce que la loi Mosaïque*; elle n'a pas moins de force, et aura plus de durée. Les transgresseurs ne sont pas toujours punis en ce monde, mais ils n'échappent pas au châtiment ; notre Dieu est patient parce qu'il est éternel.

La Religion chrétienne, ébauchée dans la religion primitive et dans la religion judaïque, est la seule religion divine, la seule vraie, la seule qui plaise à Dieu, la seule qui sauve les hommes. Elle doit s'étendre sur toute la terre, et durer jusqu'aux derniers jours du monde : Jé¬sus-Christ l'a constituée pour cela. Il en a fait une société parfaitement organisée, ayant son chef, ses droits, ses lois, vivant d'une vie propre qu'il lui a donnée, assurée de vivre toujours, puisque toujours elle aura des âmes à convertir et à sauver. C'est l'arche de salut, où il faut nécessairement entrer pour n'être pas englouti dans les flots du déluge. C'est la cité de Dieu, toujours en lutte avec la cité du mal et dans laquelle vivent et meurent tous les habitants de la cité éternelle.

L'Eglise de Jésus-Christ connaît son origine et sa destinée; elle connaît sa mission, elle la remplira jusqu'au bout, il n'est pas plus en son pouvoir qu'en son vouloir de ne pas la remplir. Car Celui qui la dirige est le Tout-Puissant; il l'a fondée sur la pierre de son sépulcre glorieux, il l'a cimentée de son sang, et il ne permet pas que ce sang précieux, dont une seule goutte vaut mille mondes, ait coulé inutilement sur la terre. Il a racheté la terre, elle est à lui, il la gardera, il y fera ce qu'il veut y faire. Ses disciples y vivront, y prêcheront, y mourront; l’enfer n'en arrachera pas leurs ossements, qui sont une semence. Allez par tout l'univers, prêchez l'Évangile à toute créature.. Celui gui croira, et sera baptisé, sera sauvé; mais celui gui ne croira pas sera condamné (S. Marc, xvi, 15 et 16).

Qui non crediderit condemnabitur. Que deviennent vos systèmes, esprits larges et tolérants, qui trompez les hommes et les perdez, en leur persuadant qu'ils ont le choix de leur religion ? Effacez d'abord cette parole du saint Evangile, ou attendez-vous à la juste colère de Celui qui Ta prononcée, et saura la tenir. Le ciel et la terre passeront, mais les paroles de Jésus-Christ ne passeront pas sans avoir leur entier accomplissement.



À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 64 et 65

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Jeu 24 Sep 2009 - 14:47

II

Hors de l'Église, point de salut.


Ce principe, sur lequel aucun catholique ne peut avoir de doute, donne une réponse sans réplique aux partisans de indifférentisme au second degré ; c'est-à-dire, à ceux, qui, sans affirmer nettement que toutes les religions sont également bonnes, salutaires et agréables à Dieu, voudraient élargir la voie du salut, dans le but charitable d'y' voir passer un plus grand nombre d'âmes. Ayons bon espoir, disent-ils ; s'il n'est pas certain que l'on se sauve en dehors de l'Église catholique, c'est peut-être probable.

Accordons-leur un instant ce qu'ils demandent, à savoir la possibilité et la probabilité du salut en dehors de l'Église; que seront-ils en droit d'en conclure? Que ceux qui ne sont pas catholiques doivent rester tranquilles dans une religion, où peut-être ils peuvent se sauver, mais où peut-être aussi ils ne peuvent pas se sauver? Ce serait une extrême imprudence. Point de peut-être, quand il s'agit de fixer son sort pour l'éternité! Du moment que, chez nous, de l'aveu de nos adversaires on a certainement les moyens de se sauver et que partout ailleurs on trouve peut-être ces moyens mais seulement peut-être la simple raison fait un devoir à tous les hommes de venir chez nous.



À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 66

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

Message  Diane le Ven 25 Sep 2009 - 15:40

II
Hors de l'Église, point de salut.


Mais, en dehors de l'Église, le peut-être n'existe pas. Il est certain que Jésus-Christ oblige tous les hommes à embrasser le christianisme, à croire et à pratiquer l'Evangile, et cela sous peine de damnation éternelle : Qui non credideritj condemnabitur. En d'autres termes, pour employer l'axiome justement consacré : Hors de l'Église point de salut, ni certain, ni probable, ni possible.

Cet axiome, ou mieux ce dogme, entendez-le comme l'Église l'entend, et vous verrez qu'elle ne resserre pas la voie du salut, mais la laisse aussi large que Dieu l'a faite. Nous reconnaissons trois manières d'appartenir à l'Église catholique. Les uns appartiennent en même temps au corps et à l'âme de l'Eglise : tous ceux qui ont reçu le baptême dans son sein, et observent exactement tout ce qu'elle déclare nécessaire au salut; par conséquent, tous les catholiques en état de grâce.

D'autres appartiennent an corps de l'Église, et non à son âme : tous les catholiques dans l'état du péché ; chrétiens par leur baptême, ils ne le sont pas par leurs œuvres, et leur baptême ne suffit pas pour les sauver. D'autres enfin n'appartiennent pas au corps de l'Église, ne lui ayant pas été incorporés par le baptême; mais appartiennent à son âme, par la charité qui les unit à Dieu.

Cette troisième classe d'hommes, sans doute assez nombreuse, comprend tous ceux qui, vivant dans l'ignorance invincible et l'impossibilité morale de connaître la vraie Église, ont cependant la foi surnaturelle aux vérités absolument nécessaires, observent la loi naturelle, aiment Dieu selon qu'ils le connaissent, sont disposés à lui obéir s'ils reçoivent quelques ordres en son nom. Par cet amour de Dieu ils accomplissent implicitement toute la loi.


À suivre..

Le R. P. Petitalot sur le Syllabus, 1877,
page 67

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Re: LE SYLLABUS base de l'union Catholique !

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