De la validité du sacrement de baptême

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De la validité du sacrement de baptême

Message  Invité le Sam 13 Sep 2008 - 20:26

Du fait de l'hérésie de l'Eglise conciliaire, ceux qui ont été baptisés par elle peuvent mettre en doute la validité de leur baptême. De même, ont été mis en doute l'ordination de Mgr Lefèbvre par le FM Lienard.
Cependant, je pense qu'ils doivent être pleinement rassurés et ne garder aucun scrupule sur la validité des sacrements qui donnent un caractère baptême, confirmation, sacerdoce et épiscopat d'après les citations ci-après:

Pour les autres sacrements qui ne donnent pas un caractère comme la pénitence, le mariage et l'extrême onction,....c'est TOUT autre chose à étudier à part ! Bien que l'intention du ministre ne soit pas requise non plus, leur validité est lié à la forme canonique. Habituellement pour qu'ils soient valides il faut qu'ils soient légitimes, donc fait par mandat (juridiction) de l'Eglise. confused

Première citation:
Rore sanctifica tome I page 73
Le pape Léon XIII répond avec une autorité solenelle :
Concernant l’esprit ou l’intention, pour autant qu’il s’agisse de quelque chose d’intérieur, l’Eglise ne porte pas de jugement ; mais dans la mesure où elle serait manifestée extérieurement elle est tenue d’en juger.
Maintenant, si, pour accomplir ou administrer un sacrement, une personne a sérieusement et correctement utilisé ses dues matière et forme, elle est, pour cette raison même, présumée avoir eu l’intention de faire ce que fait l’eglise. C’est sur ce principe que la doctrine est solidement fondée qui reconnaît pour véritable sacrement, un sacrement qui serait conféré par un hérétique ou d’une personne non baptisée, pour autant qu’il ait été conféré dans le rite Catholique. »
« Saint Thomas d’Aquin, le Prince des théologiens dit la même chose (III, Q.64, A.8 ad 2)
« Dans les paroles prononcées (par le ministre), l’intention de l’Eglise est exprimée ; et cela suffit pour la validité du sacrement, exceptée si l’intention contraire était exprimée extérieurement de la part du ministre »


Seconde citation :
Référence complète de Saint Thomas d’Aquin
ARTICLE 8 : L'intention du ministre est-elle requise dans les sacrements ?


Objections : 1. Elle ne semble pas nécessaire à l'accomplissement du sacrement, car le ministre agit dans les sacrements en qualité d'instrument. Or, l'accomplissement de l'action ne répond pas à l'intention de l'instrument, mais à celle de l'agent principal. L'intention du ministre n'est donc pas requise pour l'accomplissement du sacrement.
2. Aucun homme ne peut connaître l'intention d'un autre. Si l'intention du ministre était requise pour l'accomplissement du sacrement, celui qui s'y présente ne pourrait savoir s'il l'a vraiment reçu. Ainsi il ne pourrait être certain de son salut, étant donné surtout que certains sacrements sont nécessaires au salut, comme on le verra plus loin. L'intention ne se sépare pas de l'attention. Mais parfois les ministres du sacrement pensent à autre chose et ne font pas attention à ce qu'ils disent et à ce qu'ils font. Et, en ce cas, comme il y aurait défaut d'intention, le sacrement ne s'accomplirait pas.
En sens contraire, les oeuvres accomplies hors de toute intention sont le produit du hasard. Mais on ne peut dire cela de l'opération sacramentelle ; celle-ci requiert donc l'intention du ministre.
Réponse : Quand un être est capable de plusieurs réalisations possibles, il faut faire intervenir un principe de détermination qui le limitera à l'oeuvre unique qu'il s'agit de produire.
Les actions sacramentelles peuvent avoir une portée multiple ; ainsi l'ablution de l'eau dans le baptême peut avoir pour raison d'être la propreté ou la santé corporelle, le jeu, etc. Il faut donc faire intervenir l'intention de celui qui fait l'ablution pour déterminer celle-ci à un seul effet qui sera celui du sacrement. Et cette intention est exprimée par les paroles prononcées dans l'administration des sacrements, telles que : " je te baptise au nom du Père, etc. "
Solutions : 1. L'instrument inanimé n'a pas d'intention à l'égard de l'effet ; ce qui en tient lieu c'est le mouvement que lui imprime l'agent principal. Mais l'instrument animé, tel que le ministre, n'est pas seulement mû ; il se meut encore lui-même, en tant que par sa volonté il meut ses membres pour leur faire produire l'oeuvre à faire. Son intention est donc requise pour qu'il se soumette lui-même à l'agent principal, c’est-à-dire pour qu'ait l'intention de faire ce que fait le Christ et l'Église.
2. Ici, deux opinions sont en présence. Certains exigent du ministre l'intention mentale sans laquelle le sacrement n'est pas accompli. Cependant, ce défaut d'intention de la part du ministre est suppléé : chez les enfants qui ne désirent pas le baptême, par le Christ qui baptise invisiblement ; et chez les adultes qui désirent le baptême, par leur foi et leur dévotion. Mais si cette opinion se soutient assez bien en ce qui concerne l'effet dernier, c'est-à-dire la justification, en ce qui concerne l'effet intermédiaire qui est " déjà réalité et encore sacrement ", c'est-à-dire le caractère, on ne peut admettre que la dévotion du sujet puisse suppléer ; car le caractère n'est jamais imprimé en dehors du sacrement.
C'est pourquoi d'autres ont une position meilleure : ils disent que le ministre du sacrement agit comme représentant de l'Église tout entière dont il est le ministre ; les paroles qu'il prononce expriment l'intention de l'Église, qui suffit pleinement à l'accomplissement du sacrement, pourvu que ni le ministre ni le sujet ne manifestent extérieurement une intention contraire.
3. Celui qui pense à autre chose n'a pas l'intention actuelle ; il a pourtant l'intention habituelle qui suffit à l'accomplissement du sacrement. Par exemple, un prêtre qui vient donner le baptême a l'intention de faire, en baptisant, ce que fait l'Église. Si par la suite sa pensée est entraînée d'un autre côté, le sacrement est accompli en vertu de l'intention première. Certes, le ministre du sacrement doit s'appliquer consciencieusement à avoir l'intention actuelle ; mais ce n'est pas entièrement au pouvoir de l'homme et il a beau vouloir fermement être attentif, il se met à penser à autre chose, comme dit le Psaume (40, 13) " Mon coeur m'a abandonné ".


Dernière édition par ...celui-là est mon frère le Mer 22 Oct 2008 - 10:13, édité 1 fois

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Re: De la validité du sacrement de baptême

Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Sam 13 Sep 2008 - 22:48

Cher ami,

Que pensez-vous de cette citation :

Alexandre VIII, erreurs concernant le bienfait d'un acte et concernant le péché philosophique, Denzinger 1318 a écrit:

Erreurs des Jansénistes.

(Condamnées dans le Décret du saint-Office, 7 décembre 1690.)

28. Le baptême est valide lorsque conféré par un ministre qui observe toute forme et rite externe, mais qui à l'intérieur de son coeur retient, je n'entends pas faire ce que l'Église fait.

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Re: De la validité du sacrement de baptême

Message  Invité le Sam 13 Sep 2008 - 23:14

Notre ami C.M.I. a écrit:

Erreurs des Jansénistes.

(Condamnées dans le Décret du saint-Office, 7 décembre 1690.)

28. Le baptême est valide lorsque conféré par un ministre qui observe toute forme et rite externe, mais qui à l'intérieur de son cœur retient, je n'entends pas faire ce que l'Église fait.


C.M.I. me demande ce que j'en pense:
A première vue, il y a contradiction entre mes sources et les siennes. Les deux sources viennent chacune d'une autorité incontestable. C'est tout ce que je peux constater et je dois avouer que je n'ai aucun argument pour sortir de cette contradiction. Bon! Devons-nous nous alarmer d'être calé ?
Nous ne sommes pas théologiens et quand bien même nous le serions, nous ne serions pas infaillibles. Nous ne devons cependant pas nous satisfaire de ne pas savoir. Alors cherchons! Bien la question me soit d'abord adressée, elle est l'affaire de tous. Idea
Est-ce bien cette proposition 28 qui est condamnée ?
d'après cette proposition 28 condamnée, la vérité serait que "Le baptême est invalide lorsque conféré par un ministre qui observe toute forme et rite externe, mais qui à l'intérieur de son cœur retient, je n'entends pas faire ce que l'Église fait."
il n'y aurait plus beaucoup de baptisés aujourd'hui !
Et cette vérité aurait encore d'autres applications !

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Re: De la validité du sacrement de baptême

Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Sam 13 Sep 2008 - 23:36

Gérard a écrit:Notre ami C.M.I. a écrit:

Erreurs des Jansénistes.

(Condamnées dans le Décret du saint-Office, 7 décembre 1690.)

28. Le baptême est valide lorsque conféré par un ministre qui observe toute forme et rite externe, mais qui à l'intérieur de son cœur retient, je n'entends pas faire ce que l'Église fait.

C.M.I. me demande ce que j'en pense:
A première vue, il y a contradiction entre mes sources et les siennes. Les deux sources viennent chacune d'une autorité incontestable. C'est tout ce que je peux constater et je dois avouer que je n'ai aucun argument pour sortir de cette contradiction. Bon! Devons-nous nous alarmer d'être calé ?
Nous ne sommes pas théologiens et quand bien même nous le serions, nous ne serions pas infaillibles. Nous ne devons cependant pas nous satisfaire de ne pas savoir. Alors cherchons! Bien la question me soit d'abord adressée, elle est l'affaire de tous. Idea
Est-ce bien cette proposition 28 qui est condamnée ?
d'après cette proposition 28 condamnée, la vérité serait que "Le baptême est invalide lorsque conféré par un ministre qui observe toute forme et rite externe, mais qui à l'intérieur de son cœur retient, je n'entends pas faire ce que l'Église fait."
il n'y aurait plus beaucoup de baptisés aujourd'hui !
Et cette vérité aurait encore d'autres applications !

Oui j'avoue que la question est compliquée !

Ce que je sais, c'est que les théologiens ne sont pas tous d'accord sur cette question. Notamment le cardinal Villeneuve qui soutient que l'intention habituelle n'est pas suffisante. Il y aurait tellement à dire.

Ce que je crois après un petit examen de la question, c'est qu'il est clair que le baptême est de soi invalide si le ministre retient une intention contraire au for interne.

Cela veut-il dire que le récipiendaire sera pénalisé devant Dieu !? Assurément non ... et de St. Thomas de commenter :

St. Thomas, LA SOMME THÉOLOGIQUE a écrit: ... ce défaut d'intention de la part du ministre est suppléé : chez les enfants qui ne désirent pas le baptême, par le Christ qui baptise invisiblement ; et chez les adultes qui désirent le baptême, par leur foi et leur dévotion. Mais si cette opinion se soutient assez bien en ce qui concerne l'effet dernier, c'est-à-dire la justification, en ce qui concerne l'effet intermédiaire qui est " déjà réalité et encore sacrement ", c'est-à-dire le caractère, on ne peut admettre que la dévotion du sujet puisse suppléer ; car le caractère n'est jamais imprimé en dehors du sacrement.

Il peut y avoir suppléance pour l'effet dernier c'est-à-dire la justification (dixit St. Thomas), mais non pas pour le sacrement en tant que tel !

La matière et la forme sont suffisantes pour PRÉSUMER la validité du sacrement (quand aucune intention contraire ne s'est manifestée au for externe évidemment), mais ne sont pas la garantie absolue de sa validité comme LHR et VM voudraient le croire !

En revanche, étant donné que nous ne pouvons pas connaître le for interne de tous et chacun, l'Église enseigne que le baptême doit être présumé valide (avec matière et forme) jusqu'à preuve du contraire.

Carolus.Magnus.Imperator.

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Re: De la validité du sacrement de baptême

Message  Invité le Dim 14 Sep 2008 - 10:24

Cher C.M.I. ,

La situation est donc BEAUCOUP plus grave que je l'avais envisagé. Veuillez m'excuser ! D'autant plus que je cite ci-après un document de Decourtray....Cardinal, Primat des Gaules...de l'église conciliaire qui NIE ouvertement sa croyance au baptême. Là, j'avoue être dépassé par les événements surtout dans ce qu'il nous faut que l'on conseille pratiquement.
Moi-même, j'ai été invité à un baptême par des personnes inquiètes de sa validité. J'y ai donc été par charité. Il y avait à ce baptême, un prêtre bon chic bon genre, la soixantaine qui a commencé à dire ceci:
Il y a une erreur qui s'est propagée par nos parents et arrières grands parents et je crois même qu'elle remonte jusqu'à Jésus-Christ erreur selon laquelle on serait coupable du péché originel....Mais pas du tout regardez cette petite fille de 2 ans que l'on va baptiser, elle est toute pure, c'est de la démence de croire qu'elle est coupable de quoique ce soit...etc etc...
A la sortie, j'ai averti les grands parents qui m'avaient invité que leur petite fille n'était pas baptisée mais à ce moment là seul le repas de baptême qui suivait les intéressait.

Affirmations sur le baptême par l’Église de Vatican II qui a fait perdre la foi à 1 milliard de catholiques
Par « le Cardinal, Primat des Gaules » Decourtray 1 juillet 1988
Nous croyons que Dieu aime d'un unique amour tous les hommes : qu'ils reconnaissent ou non cet amour, qu'ils soient baptisés ou non. Créateur de tous, c'est Lui qui leur donne à tous la vie ; en Jésus-Christ mort et ressuscité Il a assuré le salut de tous, sans distinction ; son Esprit anime le cœur de tout homme.
Ainsi l'amour gratuit de Dieu n'est-il pas mesurable à la réponse que nous lui donnons, Nul n'en est privé. (page 7)
« Le don de Dieu au baptême n'est donc pas à comprendre comme une garantie supplémentaire d'amour et de protection pour la vie présente ni une assurance pour l'au-delà. »

« Celui qui demande et reçoit le baptême a reconnu l'amour de Dieu et son appel à répondre explicitement à cet amour. Dans l'action de grâce et la remise de tout son être à Dieu, il dit : "Je crois" ».
« Le geste de l'eau et la profession de foi au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, qui en est inséparable, sont les signes de cette "plongée" dans la vie trinitaire de Dieu. » (page 7)

« La forme qui explicite le mieux la plénitude du baptême est celle du baptême des adultes, adhésion personnelle et progressive au sein d'une communauté ecclésiale. A partir d'une expérience personnelle, ils ont pu au long des étapes du cheminement, apprendre à connaître la foi dans laquelle ils demandent à être baptisés et expérimenter la vie chrétienne qui est celle d'un baptisé. Au terme de ces étapes, professant la foi baptismale, ils reçoivent le baptême. C’est la forme qui doit nous servir de référence pour comprendre le baptême chrétien dans toutes ses dimensions. » (page 9)


Que faut-il conclure de tout cela. L'église conciliaire proclame publiquement qu'elle ne croit pas au baptême? Que faut-il faire surtout ?

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Re: De la validité du sacrement de baptême

Message  Eric le Dim 14 Sep 2008 - 17:37

Attention, je pense que d'emblée, il faille recadrer les choses, pour l'amour de la vérité...
Le Décret du Saint-Office condamnant les "erreurs sur le bien moral et sur le péché philosophique" date du 24 août 1690.
Il est à dissocier du Décret du 7 décembre 1690, qui lui condamne, effectivement, les erreurs proposées par les Jansénistes.
Or, ce Décret, du 7 décembre 1690, que condamne-t-il exactement?
Il condamne SIMPLEMENT L'AFFIRMATION JANSENISTE qui dit: un baptême est valide MEME SI le ministre de ce sacrement au FOR INTERNE DÉCIDE: Je n'ai pas l'intention de faire ce que fait l'Église...
La nuance est subtile, j'en conviens, mais, n'oublions pas qu'il s'agit ici DE LA CONDAMNATION D'UNE AFFIRMATION JANSENISTE, c'est à dire: il est faux de prétendre, comme les Jansénistes... QU'UN BAPTÊME EST CERTAINEMENT VALIDE... etc ...
Donc, il ne s'agit pas d'autre chose que de la condamnation d'une affirmation erronée :ON NE PEUT PAS (il est faux de) DIRE AVEC CERTITUDE CELA...
Maintenant, qu'un "prêtre" énonce ceci...
Citation:
"Il y a une erreur qui s'est propagée par nos parents et arrières grands parents et je crois même qu'elle remonte jusqu'à Jésus-Christ erreur selon laquelle on serait coupable du péché originel....Mais pas du tout regardez cette petite fille de 2 ans que l'on va baptiser, elle est toute pure, c'est de la démence de croire qu'elle est coupable de quoique ce soit...etc etc..."
...comme le relate Gérard, est une chose tout à fait différente!
Ce type là, pseudo prêtre, ne croit absolument pas à la purification de la tâche originelle que confère le baptême!
Il dit donc, en substance, je le fais parce que vous me le demandez, mais je SAIS et JE DIS (FOR EXTERNE) que le sacrement de baptême ne sert à rien!!!
Là, effectivement, cela laisse à penser que cette pauvre gamine n'a rien reçu...
N'oublions pas, d'autre part, qu'il est visiblement question, dans "l'affaire" de la condamnation d'une des propositions Jansénistes, du BAPTÊME SOLENNEL, ceci a son importance, nous le verrons plus tard...

J'ai de multiples exemples à citer sur lesquels il sera intéressant de réfléchir...
Mais je pense qu'il faille être très prudent sur ce sujet car, n'oublions pas que, sans le baptême, ON RESTE DEHORS!!!

Eric

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Re: De la validité du sacrement de baptême

Message  Eric le Mer 8 Oct 2008 - 0:27

Afin de faire progresser le "débat" sur la question, voici la réponse du Saint-Office au vicaire apostolique d'Océanie centrale, (datée du 18 décembre 1872) sur la Foi et l'intention du ministre du sacrement de baptême:

Question 1: "Le baptême administré par ces hérétiques (méthodistes) est-il douteux en raison d'un défaut d'intention de faire ce qu'a voulu le Christ, s'il a été déclaré expressément par le ministre, avant qu'il ne baptise, que le baptême n'a pas d'effet sur l'âme ?"

Réponse du Saint-Office : NON, car malgré l'erreur portant sur les effets du baptême l'intention de faire ce que fait l'Eglise n'est pas exclue .

Question 2: "Un baptême ainsi conféré est-il douteux si ladite déclaration n'a pas été faite de façon expresse immédiatement avant que le baptême soit conféré, mais qu'elle a été souvent proférée par le ministre et que cette doctrine est proclamée ouvertement dans cette secte?"

Réponse du Saint-Office : IL EST REPONDU EN 1 .
Donc, si l'on en croit ces citations tirées du Denzinger, le cas de la petite fille, cité plus haut par Gérard, est loin d'être désespéré ...
OUF !!! ...

Ajoutons:
"On a déjà traité de ce doute dans le temps passé, et il a été répondu en faveur de la validité du baptême, comme tu peux le voir chez Benoît XIV, De synodis diocesanis l. VII, chap. VI, n. 9 où on trouve ceci : "Que l'évêque se garde de considérer comme incertaine et douteuse la validité d'un baptême pour la seule raison que le ministre hérétique par qui il a été conféré, du fait qu'il ne croit pas que par le bain de la régénération les péchés sont enlevés, ne l'aura pas conféré pour le pardon des péchés, et que donc il n'aura pas eu l'intention de l'accomplir tel qu'il a été établi par le Christ Seigneur... "

La raison en est clairement enseignée par le cardinal Bellarmin, (De Sacramentis in genere 1.I, c. 27, n. 13) après avoir exposé l'erreur de ceux... qui affirment qu'au canon 11 de la 7e session, le concile de Trente 1611 a défini qu'un sacrement n'est valide que si l'intention du ministre porte non seulement sur l'acte mais également sur la fin du sacrement, c'est-à-dire s'il a l'intention de faire ce pour quoi le sacrement est institué, il ajoute ceci :
" .... dans tout le canon 11, en effet, le concile ne mentionne pas la fin du sacrement, et il ne dit pas qu'il faut que le ministre ait l'intention de faire ce qui est l'intention de l'Eglise, mais ce que l'Eglise fait. Or ce que fait l'Eglise ne signifie pas la fin, mais l'action... "

C'est pourquoi Innocent IV affirme (De baptismo, chap. 2, n. 9) qu'un baptême est valide s'il est conféré par un sarrasin dont on sait qu'il croit que par l'immersion on est seulement mouillé, dès lors qu'il a l'intention de faire ce que font les autres qui baptisent."

Eric

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Re: De la validité du sacrement de baptême

Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Dim 19 Oct 2008 - 1:33

Voici une citation de Pie XII allant dans le même sens que celles postées par Éric ...

DOCUMENTS PONTIFICAUX de Sa Sainteté Pie XII, tome 1949, p.549-550 a écrit:
DÉCLARATION DU S.OFFICE concernant la validité du Baptême conféré dans certaines sectes.

(28 décembre 1949)

Un certain nombre d'évêques des États-Unis ont posé les questions suivantes à la Suprême Congrégation du S. Office:

En vue de juger les cas de mariage, peut-on considérer le baptême conféré dans les sectes des Disciples du Christ, des Presbytériens, des Congrégationalistes, des Baptistes, des Méthodistes, avec la matière et la formule nécessaires, comme invalide pour le motif que le ministre n'aurait pas l'intention de faire ce que l'Église fait et ce que le Christ a institué ?

Ou faut-il, au contraire, présumer ce baptême valide, à moins que, dans un cas particulier, il ne soit prouvé invalide ?

Le 21 décembre 1949, les Éminentissimes et Révérendissimes Cardinaux chargés de la garde de la foi et des mœurs, après avoir pris avis des Consulteurs, ont décidé de répondre aux questions:

- Non, à la première.
- Oui, à la seconde.

Le lendemain, 22 des mêmes mois et année, S.S. Pie XII approuva cette résolution, la confirma et la publia.


On sait que tout sacrement est valide sous réserve que soit employée la matière et prononcées les formules du sacrement et que le ministre ait l'intention de faire ce que fait l'Église. Telle est la doctrine de foi, et dès lors qu'une secte quelconque change substantiellement la matière ou les formules, il n'y a plus de sacrement. Cela peut être aisément constaté. Mais le problème est beaucoup plus délicat quand il s'agit de l'intention. Les théologiens ont discuté pour savoir si, avec une erreur fondamentale sur les effets du sacrement, le ministre a encore l'intention de faire ce que fait l'Église. Ils sont d'accord pour affirmer que, dans le cas où le ministre poursuit manifestement une fin opposée à celle de l'Église catholique et explicite cette opposition, la rectitude d'intention fait défaut. En conséquence, le sacrement n'existe pas.

À la suite de cette déclaration, il ne faudrait pas conclure que, ipso facto, tout baptême administré par presbytériens, baptistes, disciples du Christ, etc. est valable. Il importe d'examiner dans chaque cas si les conditions générales de validité ont été observées. On veut simplement dire qu'il ne faut pas à priori décréter que les baptêmes donnés dans ces sectes aux États-Unis sont invalides.

En conséquence, il faudra tenir, jusqu'à preuve du contraire, pour chaque cas en particulier, pour la validité du mariage contracté suivant les règles catholiques dans les cas de disparité de religion.


Récapitulons donc ce fil sur la validité du baptême ...

1- L'Église nous dit que le baptême est invalide même si le ministre retient une intention contraire qu'au for interne.
2- En revanche, l'Église ne pouvant connaître le for interne de tous et chacun, décrète donc que le baptême doit être considéré valide aussi longtemps que l'intention contraire ne soit pas manifestée au for externe.

Et donc ...

3- Le sacrement est tenu pour valide jusqu'à preuve du contraire.

Carolus.Magnus.Imperator.

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Re: De la validité du sacrement de baptême

Message  Eric le Mer 22 Oct 2008 - 18:15

En effet, ce sacrement (le baptême) est dit "ex opere operato", c’est-à-dire qu’il agit "de lui-même" en dépit de qui le confère .
Tout le monde peut baptiser "au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit".


Pour que le sacrement de baptême soit validement conféré, il suffit que celui qui l'administre ait l'intention de faire (avec la forme et la matière requise) ce que fait l'Eglise* ...

Concile de Trente, 7ème session, 3 Mars 1547, décret sur les sacrements :
1611
11. Si quelqu'un dit que chez les ministres, alors qu'ils réalisent et confèrent les sacrements, l'intention n'est pas requise de faire au moins ce que fait l'Eglise : qu'il soit anathème.

1617
4. Si quelqu'un dit que le baptême, même donné par des hérétiques, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, avec l'intention de faire ce que fait l'Eglise, n'est pas un vrai baptême : qu'il soit anathème.
En revanche :
Lettre à l'évêque Pontius de Clermont .
La forme du baptême.
757
Si quelqu'un (n'importe qui) plonge un enfant trois fois dans l'eau au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint, Amen, et qu'il ne dit pas : " Je te baptise au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint, Amen ", l'enfant n'est pas baptisé. (H. Denzinger)

* c'est à savoir : BAPTISER .

Eric

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Re: De la validité du sacrement de baptême

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