De la Divine Providence

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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Mer 5 Aoû 2009 - 16:21

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Grands avantages que l'homme retire d'une entière conformité à la Volonté Divine : notre sanctification est donc la fin que Dieu se propose dans toute la conduite qu'il tient à notre égard. Oh ! que n'opérerait-il pas en nous, pour son honneur, et pour notre bien, si nous le laissions faire ! C'est parce que les Cieux ne font aucune résistance aux impressions des esprits qui les gouvernent, que leurs mouvements sont si magnifiques, si réglés et si utiles ;

qu'ils publient si hautement la Gloire de Dieu et que, par leurs influences et par la succession invariable des jours et des nuits, ils conservent l'ordre dans tout l'univers. S'ils résistaient à ces impressions et si, au lieu de suivre le mouvement qui leur est donné, ils en suivaient un autre, bientôt ils tomberaient dans le plus étrange désordre et y entraîneraient le monde avec eux. Il en est de même lorsque la volonté de l'homme se laisse gouverner par celle de Dieu : alors tout ce qui est dans ce « petit monde », toutes les facultés de son âme, tous les membres de son corps sont dans la plus parfaite harmonie et le mouvement le plus régulier. Mais il ne tarde pas à perdre tous ces avantages et à tomber dans un désordre extrême, dès que sa volonté s'oppose à celle de Dieu et s'en écarte.


Père Jean-Baptiste Saint-Jure (1588-1657)
Les pages qu'on va lire ont été, en effet, extraites à peu près textuellement du livre IIIe, chapitre VIIIe de son grand ouvrage intitulé : "de la connaissance et de l'amour de notre-Seigneur Jésus-Christ

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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Jeu 6 Aoû 2009 - 15:55

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1) Par cette conformité l'homme se sanctifie. En quoi consistent, en effet, la sainteté de l'homme et sa perfection ? « Les uns - dit Saint-François de Sales - la mettent en l'austérité, d'autres en l'aumône, d'autres en la fréquentation des Sacrements, d'autres en l'oraison. Pour moi, je ne connais point d'autre perfection que d'aimer Dieu de tout son cœur. Sans cet amour, tout l'amas des vertus n'est qu'un monceau de pierres », qui attendent leur mise en oeuvre et leur couronnement. Cette doctrine ne saurait faire de doute pour personne. L'Écriture en est pleine. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là, dit Notre-Seigneur Jésus-Christ, le premier et le plus grand commandement. -

Par-dessus toutes choses, dit Saint-Paul, ayez la charité qui est le lien de la perfection. Or, de même que ce qu'il y a de plus élevé et de plus parfait dans toutes les vertus, c'est d'aimer Dieu, « de même aussi - dit, après Saint-Chrysostome, le P. Rodriguez - ce qu'il y a de plus sublime, de plus pur et de plus exquis dans cet amour, c'est de se conformer absolument à la Volonté Divine et de n'avoir, en toutes choses, d'autre volonté que celle de Dieu ». Car, comme l'enseignent les théologiens et les moralistes, avec Saint-Denys l'Aréopagite et Saint-Jérôme, « le principal effet de l'amour est d'unir les cœurs de ceux qui s'aiment, en sorte qu'ils aient la même volonté ».





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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Ven 7 Aoû 2009 - 15:49

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1) Ainsi, plus nous sommes soumis aux desseins de Dieu sur nous, plus nous avançons vers la perfection ; venons-nous à y résister, nous retournons en arrière. Sainte-Thérèse, l'une des lumières de son siècle, disait à ses religieuses: « Celui qui s'applique à l'oraison doit uniquement se proposer de mettre tous ses soins à conformer sa volonté à celle de Dieu. Et soyez assurées que c'est dans cette conformité que consiste la plus haute perfection que nous puissions acquérir, et que celui qui s'y adonnera avec le plus de soin sera favorisé des plus grands dons de Dieu et fera les plus rapides progrès dans la vie intérieure. Non, ne croyez pas qu'il y ait d'autres secrets ; c'est en cela que tout notre bien consiste ».



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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Sam 8 Aoû 2009 - 15:56

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2) On rapporte que la bienheureuse Stéphanie de Soncino, religieuse dominicaine, fut un jour, en esprit, transportée au Ciel pour y contempler la félicité des Saints. Elle y vit leurs âmes mêlées aux chœurs des Anges, selon le degré des mérites de chacune. Elle remarqua même, parmi les Séraphins, plusieurs personnes qu'elle avait connues avant leur mort : ayant alors demandé pourquoi ces âmes étaient élevées à un si haut degré de gloire, il lui fut répondu que c'était à cause de la conformité et de la parfaite union de leur volonté avec celle de Dieu, pendant qu'elles vivaient sur la terre.

Or, si cette conformité à la Volonté de Dieu élève dans le Ciel les âmes au plus haut degré de gloire, qui est celui des Séraphins, il faut nécessairement en conclure qu'elle les élève, ici-bas, au plus haut degré de grâce et qu'elle est le fondement de la perfection la plus sublime où l'homme puisse atteindre. La soumission entière de sa volonté étant donc le sacrifice le plus agréable, le plus glorieux à Dieu qu'il soit donné à l'homme de lui offrir, étant l'acte le plus parfait de la charité, il est hors de doute que celui qui pratique cette soumission acquiert, à chaque instant, des trésors inestimables et qu'en peu de jours il amasse plus de richesses que d'autres en plusieurs années et par beaucoup de travail.




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Message  Diane le Dim 9 Aoû 2009 - 15:39

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L'histoire célèbre d'un Saint religieux, rapportée par Césaire, nous en offre un exemple bien remarquable. Ce Saint homme ne différait nullement, dans les choses extérieures, des autres religieux qui habitaient le même monastère, et cependant, il avait atteint un si haut degré de perfection et de Sainteté, que le seul attouchement de ses habits guérissait les malades. Son Supérieur lui dit un jour qu'il s'étonnait fort que, ne jeûnant, ne veillant, ne priant pas plus que les autres religieux, il fît tant de miracles. Et il lui en demanda la cause.

- Le bon religieux répondit qu'il en était encore plus étonné lui-même et qu'il ne connaissait point de raison à cela ; que, toutefois, s'il en pouvait soupçonner une, c'était que toujours il avait pris grand soin de vouloir tout ce que Dieu voulait et qu'il avait obtenu du Ciel cette grâce de perdre et de fondre tellement sa volonté dans celle de Dieu, qu'il ne faisait rien sans son mouvement, ni dans les grandes, ni dans les petites choses. La prospérité, ajoutait-il, ne m'élève point, l'adversité ne m'abat pas davantage ;

car j'accepte tout indifféremment de la main de Dieu, sans rien examiner. Je ne demande point que les choses se fassent comme je pourrais naturellement le désirer, mais qu'elles arrivent absolument comme Dieu les veut, et toutes mes prières ont ce seul but : que la Volonté Divine s'accomplisse parfaitement en moi et en toutes les créatures. - Eh quoi ! mon frère, lui dit le Supérieur, ne fûtes-vous donc pas ému, l'autre jour, quand notre ennemi brûla notre grange, avec le blé et le bétail qui s'y trouvaient en réserve pour les besoins de la communauté ?

- Non, mon Père, répondit le Saint homme, au contraire, j'ai coutume, en ces sortes d'événements, de rendre grâces à Dieu, dans la persuasion où je suis qu'il les permet pour sa gloire et notre plus grand bien. Et je ne m'inquiète point si nous avons peu ou beaucoup pour notre entretien, sachant bien que si nous avons pleine confiance en lui, Dieu pourra tout aussi facilement nous nourrir avec un petit morceau de pain qu'avec un pain entier. Dans cette disposition, je suis toujours content et joyeux, quoi qu'il arrive.

Le Supérieur ne s'étonna plus, dès lors, de voir ce religieux opérer des miracles. En effet, n'est-il pas écrit : le Seigneur fera la volonté de ceux qui le craignent ; il exaucera leur prière et les sauvera ; le Seigneur garde tous ceux qui l'aiment. Et ailleurs : nous savons que tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu.



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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Lun 10 Aoû 2009 - 16:55

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2) La conformité à la Volonté de Dieu rend l'homme heureux dès cette vie. La conformité de notre volonté à celle de Dieu ne se borne point à opérer notre sanctification, elle a encore pour effet de nous rendre heureux dès ici-bas. C'est par elle que l'on acquiert le plus parfait repos qu'il soit possible de goûter dans cette vie, elle est le moyen de faire de la terre un paradis anticipé. On en a déjà pu voir un exemple dans la petite introduction placée en tête de cet opuscule. Alphonse le Grand, roi d'Aragon et de Naples, prince très sage et très instruit avait, lui aussi, fort bien compris cette vérité. On lui demandait un jour quelle était la personne qu'il estimait la plus heureuse en ce monde.

- Celle, répondit le roi, qui s'abandonne entièrement à la conduite de Dieu et qui reçoit tous les événements, heureux ou malheureux, comme venant de sa main. Si vous eussiez été attentifs à mes commandements, disait le Seigneur aux Juifs, vous auriez nagé dans un fleuve de paix. Eliphaz, l'un des trois amis de Job, lui disait pareillement : Soumettez-vous à Dieu et vous aurez la paix... Le Tout-Puissant se déclarera contre vos ennemis et remplira votre coeur de délices. Ce fut encore ce que chantèrent les anges à la naissance du Sauveur : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté.


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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Mar 11 Aoû 2009 - 16:54

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Quels sont ces hommes de bonne volonté, sinon ceux qui ont une volonté conforme à celle qui est souverainement bonne, je veux dire la Volonté de Dieu ? Toute volonté autrement disposée serait donc infailliblement mauvaise et, par conséquent, ne saurait procurer la paix promise aux hommes de bonne volonté. En effet, pour que nous puissions jouir du calme et de la paix, il faut que rien ne s'oppose à notre volonté, que tout arrive selon nos désirs. Mais quel est celui qui peut prétendre à un tel bonheur, excepté celui-là seul dont la volonté est en tout conforme à la Volonté Divine ?

Rappelez-vous que je suis Dieu et qu'il n'y a point d'autre Dieu que moi, dit le Seigneur, par la bouche du prophète Isaïe. C'est moi qui annonce dès le commencement ce qui doit avoir lieu à la fin, qui prédis les choses longtemps avant qu'elles arrivent. Et toutes mes résolutions auront leurs effets et toutes mes volontés s'accompliront. À escrimer contre Dieu on perd son estime, dit-on, vulgairement.

Toute volonté qui tente de s'opposer à la Volonté Divine est nécessairement vaincue et brisée, et au lieu de paix et de bonheur, elle ne retire de sa tentative qu'humiliation et amertume. Dieu est Sage et Tout-Puissant ; qui lui a jamais résisté et est demeuré en paix ?



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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Mer 12 Aoû 2009 - 15:57

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Celui-là donc, et lui seul, possède cette bienheureuse paix de Dieu qui surpasse tout sentiment, dont la volonté est parfaitement conforme, unie à celle de Dieu. Lui seul peut dire comme Dieu lui-même, que toutes ses volontés s'accomplissent ; parce que voulant tout ce que Dieu veut et ne voulant que cela, il a vraiment toujours tout ce qu'il veut et n'a que ce qu'il veut.

Quoi qu'il arrive au juste, dit le Sage, rien ne saurait le contrister, altérer la sérénité de son âme, parce que rien ne lui arrive contre son gré et que rien au monde ne peut rendre un homme malheureux malgré lui. « Nul n'est malheureux - dit l'éloquent Salvien - par le sentiment d'autrui, mais par le sien propre, et l'on ne doit point regarder faussement comme malheureux ceux qui sont réellement heureux dans leur opinion et par le témoignage de leur conscience. Pour moi, j'estime que personne au monde n'est plus heureux que les justes, les hommes vraiment religieux, à qui il n'arrive que ce qu'ils souhaitent.

- Cependant ils sont humiliés, méprisés ? - Ils le veulent être. Ils sont pauvres ? Ils se plaisent dans leur pauvreté... Ils sont donc toujours heureux, quoi qu'il arrive ; car personne ne saurait être plus heureux et content que ceux qui, au milieu même des plus grandes amertumes, sont dans l'état où ils veulent être ».

Sans doute, dans cet état, l'homme n'en ressent pas moins vivement l'aiguillon de la douleur, mais elle ne l'atteint que dans la partie inférieure de son être, sans pouvoir pénétrer jusqu'à la partie supérieure où repose l'esprit. Il en est des âmes parfaitement résignées et soumises, toute proportion gardée, comme de Notre-Seigneur qui, déchiré de coups et cloué à un gibet, ne laissait pas d'être bienheureux ; lui qui, d'une part, plongé, noyé dans l'abîme de tous les maux qu'il est possible de souffrir en ce monde était, de l'autre, comblé d'une joie ineffable, infinie.



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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Jeu 13 Aoû 2009 - 16:28


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Sans doute encore, on ne saurait disconvenir qu'il n'y ait, dans notre nature, une opposition, l'on peut dire inconciliable, entre l'idée de souffrance, d'humiliation, d'opprobre ou même de pauvreté et l'idée de bonheur. Aussi est-ce un miracle de la grâce que l'on puisse, tout en étant sous le poids de pareils maux, se trouver heureux et content. Mais ce miracle sera toujours miséricordieusement accordé aux sacrifices de quiconque voudra se dévouer à l'accomplissement, en toutes choses, de la Volonté Divine ; car il est de l'Honneur et de la Gloire de Dieu que ceux qui s'attachent généreusement à son service soient contents de leur sort.

On pourrait peut-être me demander comment il est possible d'accorder cette doctrine avec la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ : si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix chaque jour et me suive. - Je répondrai que, si le Divin Maître exige, en cet endroit, que ses disciples renoncent à eux-mêmes et qu'ils portent la croix à sa suite, ailleurs il s'engage et avec serment, à leur donner, par un miracle de sa Toute-Puissance, outre la vie éternelle, le centuple, dès ici-bas, de toutes les choses auxquelles ils renonceront pour lui plaire.

De plus, il promet d'adoucir le fardeau de sa croix jusqu'à le rendre léger ; car il ne se borne point à affirmer que son joug est doux, il ajoute que son fardeau même est léger.



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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Ven 14 Aoû 2009 - 16:34

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Si donc nous n'expérimentons pas la douceur du joug de Jésus, ni l'allègement du fardeau de la croix qu'il nous impose, c'est nécessairement parce que nous n'avons pas encore bien fait abnégation de notre volonté, que nous n'avons pas complètement renoncé à toutes nos vues humaines, pour ne plus apprécier les choses que par la lumière de la foi. Cette Divine Lumière nous ferait rendre grâces à Dieu en toutes choses, ainsi que Saint-Paul nous apprend qu'il l'exige de nous ; elle serait pour nous le principe de cette joie ineffable que le grand Apôtre nous recommande d'avoir en tout temps. Histoire du P. Taulère : le P. Taulère, pieux et savant religieux de l'ordre de Saint-Dominique, rapporte à ce sujet un exemple touchant. Animé du vif désir de faire des progrès dans la vertu et ne se fiant pas à son savoir, il conjurait le Seigneur, déjà depuis huit ans, de lui envoyer quelqu'un de ses serviteurs qui lui enseignât le chemin le plus sûr et le plus court de la vraie perfection.


Un jour qu'il ressentait ce désir plus vivement encore et qu'il redoublait ses supplications, une voix se fit entendre qui lui disait : « Va à telle église et tu trouveras celui que tu cherches ». Le pieux docteur part aussitôt. Arrivé près de l'église indiquée, il trouve à la porte un pauvre mendiant à demi-couvert de haillons, les pieds nus et souillés de boue, d'un aspect tout à fait digne de pitié et qui semble devoir être plus occupé d'obtenir des secours temporels que propre à donner des avis spirituels.

Cependant Taulère l'aborde et lui dit: « Bonjour, mon ami ». - « Maître - répond le mendiant - je vous remercie de votre souhait ; mais je ne me souviens pas d'avoir jamais eu de mauvais jours ». - « Eh bien ! - reprend Taulère - que Dieu vous accorde une vie heureuse ». - « Oh ! - dit le mendiant - grâce au Seigneur, j'ai toujours été heureux ! je ne sais pas ce que c'est que d'être malheureux ». - « Plaise à Dieu, mon frère - reprend de nouveau Taulère étonné - qu'après le bonheur dont vous dites que vous jouissez, vous parveniez encore à la félicité éternelle. Mais je vous avoue que je ne saisis pas très bien le sens de vos paroles, veuillez donc me l'expliquer plus clairement ».

« Écoutez - poursuit le mendiant - non, ce n'est point sans raison que je vous ai dit que je n'ai jamais eu de mauvais jours, les jours ne sont mauvais que quand nous ne les employons point à rendre à Dieu, par notre soumission, la gloire que nous lui devons ; ils sont toujours bons si, quelque chose qu'il nous arrive, nous les consacrons à le louer, et nous le pouvons toujours avec la grâce. Je suis, comme vous voyez, un pauvre mendiant tout infirme et réduit à une extrême indigence, sans aucun appui ni abri dans le monde, je me vois soumis à bien des souffrances et à bien des misères de toute sorte.

Eh bien ! lorsque je ne trouve pas d'aumônes et que j'endure la faim, je loue le bon Dieu ; quand je suis importuné par la pluie ou la grêle ou le vent ou la poussière et les insectes, tourmenté par la chaleur ou par le froid, je bénis le bon Dieu ; quand les hommes me rebutent et me méprisent, je bénis et glorifie le Seigneur. Mes jours ne sont donc pas mauvais, car ce ne sont point les adversités qui rendent les jours mauvais ;

ce qui les rend tels c'est notre impatience, laquelle provient de ce que notre volonté est rebelle, au lieu d'être toujours soumise et de s'exercer, comme elle le doit, à honorer et à louer Dieu continuellement. « J'ai dit, en outre, que je ne sais ce que c'est que d'être malheureux, qu'au contraire, j'ai toujours été heureux. Cela vous étonne. Vous allez en juger vous-même. N'est-il pas vrai que nous nous estimerions tous très heureux, si les choses qui nous arrivent étaient tellement bonnes et favorables qu'il nous fût impossible de rien souhaiter de mieux, de plus avantageux ? Que nous tiendrions pour bienheureuse une personne dont toutes les volontés s'accompliraient sans obstacles, dont tous les désirs seraient toujours satisfaits ?


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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Sam 15 Aoû 2009 - 15:58

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Sans doute, aucun homme ne saurait, en vivant selon les maximes du monde, arriver à cette félicité parfaite ; il est même réservé aux habitants du Ciel, consommés dans l'union de leur volonté avec celle de Dieu, de posséder pleinement une telle béatitude. Cependant, nous sommes appelés à y participer dès ici-bas, et c'est au moyen de la conformité de notre volonté à la Volonté de Dieu qu'il nous est donné d'avoir ainsi part à la félicité des élus.

La pratique de cette conformité est, en effet, toujours accompagnée d'une paix délicieuse, qui est comme un avant-goût du bonheur céleste. Et il n'en peut être autrement, car celui qui ne veut que ce que Dieu veut ne rencontre plus aucun obstacle à sa volonté, tous ses désirs, n'ayant rien que de conforme au bon plaisir de Dieu, ne sauraient manquer d'être satisfaits ; il est donc bienheureux. « Hé ! mon Père, tel que vous me voyez, je jouis toujours de ce bonheur. Rien ne vous arrive, vous le savez, que Dieu ne le veuille ;

et ce que Dieu veut est toujours ce qu'il y a de mieux pour nous. Je dois donc m'estimer heureux, quoi que ce soit que je reçoive de Dieu ou que Dieu permette que je reçoive des hommes. Et comment n'en serais-je pas heureux, persuadé comme je le suis, que ce qui m'arrive est précisément ce qu'il y a pour moi de plus avantageux et de plus à propos ? Je n'ai qu'à me rappeler que Dieu est mon Père infiniment Sage, infiniment Bon et Tout-Puissant qui sait bien ce qui convient à ses enfants et ne manque pas de le leur donner.


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Re: De la Divine Providence

Message  Diane le Dim 16 Aoû 2009 - 15:38

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Ainsi, que les choses qui m'arrivent répugnent aux sentiments de la nature ou qu'elles les flattent, qu'elles soient assaisonnées de douceur ou d'amertume, favorables ou nuisibles à la santé, qu'elles m'attirent l'estime ou le mépris des hommes, je les reçois comme ce qu'il y a, dans la circonstance, de plus convenable pour moi et j'en suis aussi content que peut l'être celui dont tous les goûts sont pleinement satisfaits.

Voilà comment tout m'est un sujet de joie et de bonheur ».
Emerveillé de la profonde sagesse et de la haute perfection de ce mendiant, le théologien lui demande : « D'où venez-vous ? - Je viens de Dieu, répond le pauvre. - Vous venez de Dieu ! et où l'avez-vous rencontré ? - Là où j'ai quitté les créatures. - Et où demeure-t-il ? - Dans les cœurs purs et les âmes de bonne volonté. - Mais, qui êtes-vous donc ? - Je suis roi. - Ha ! où est votre royaume ? - Là-haut, dit-il, en montrant le ciel ; celui-là est roi, qui possède un titre certain au Royaume de Dieu, son Père. - Quel est, demande enfin Taulère, le maître qui vous a enseigné une si belle doctrine ? Comment l'avez-vous acquise ? - Je vais vous le dire, répond le mendiant : je l'ai acquise en évitant de parler aux hommes, pour m'entretenir avec Dieu dans la prière et la méditation ; mon unique soin est de me tenir constamment et intimement uni à Dieu et à sa Volonté Sainte. C'est là toute ma science et tout mon bonheur ». Taulère savait désormais ce qu'il voulait savoir. Il prit congé de son interlocuteur et s'éloigna. « J'ai donc enfin trouvé - dit-il, une fois livré à ses réflexions - j'ai enfin trouvé celui que je cherchais depuis si longtemps.

Oh ! combien elle est vraie la parole de Saint-Augustin : voilà que les ignorants se lèvent et ravissent le Ciel ; et nous, avec notre science aride, nous restons embourbés dans la chair et le sang ».


FIN



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