Pratique de la charité

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Re: Pratique de la charité

Message  Catherine le Mer 1 Avr 2009 - 18:52

J'avais dans la tête d'ouvrir un fil sur la médisance, mais en fait c'est superflu, car ça rentre très bien dans le cadre de ce fil sur la charité.

Je me posais une question: on ne doit jamais dire du mal de notre prochain, d'accord. Mais...

Aujourd'hui, il n'y a plus de confesseur, plus de directeur spirituel. Cependant, on peut avoir un(e) ami(e) avec qui l'on s'entend très bien, qui nous aide au niveau spirituel, et à qui l'on fait des confidences.

Peut-on, sans pécher contre la charité, raconter (en privé) à cet ami des torts que le prochain nous a fait, lui raconter nos "malheurs", juste pour soulager notre coeur et trouver un appui?

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Re: Pratique de la charité

Message  Sandrine le Mer 1 Avr 2009 - 20:26

Philothée a écrit:J'avais dans la tête d'ouvrir un fil sur la médisance, mais en fait c'est superflu, car ça rentre très bien dans le cadre de ce fil sur la charité.

Je me posais une question: on ne doit jamais dire du mal de notre prochain, d'accord. Mais...

Aujourd'hui, il n'y a plus de confesseur, plus de directeur spirituel. Cependant, on peut avoir un(e) ami(e) avec qui l'on s'entend très bien, qui nous aide au niveau spirituel, et à qui l'on fait des confidences.

Peut-on, sans pécher contre la charité, raconter (en privé) à cet ami des torts que le prochain nous a fait, lui raconter nos "malheurs", juste pour soulager notre coeur et trouver un appui?

Grave question ... si ces confidences ne nous font pas commettre des péchés contraires à l'amour du prochain ( haine, discorde, scandale ) mais sont plutôt un appel au secours pour arranger la situation , je dirai oui ?

Après, il est vrai que c'est délicat et la tentation est grande d'accabler ses détracteurs et de se trouver des circonstances atténuantes !
Peut-être est-ce aussi à l'oreille amie de corriger charitablement l'âme en peine s'il y a dérapage ?

Une chose est sûre, c'est que la finalité de ces confidences doit être conforme avec la charité et que l'âme en peine en ressorte affermie pour pardonner et aimer .

Il se peut aussi que la solution réside plus dans le fait que l'on doive accepter sans murmurer que le prochain nous fasse du tort et que le fait d'en être affecté n'est que le fruit de l'orgueil ?

Tout cela n'est qu'un sentiment personnel donc de peu de valeur et même de valeur nulle ...

Si quelqu'un a des textes sur ce problème posé par Philothée, ils seront les bienvenus ! Je pense que tout le monde a été, est ou sera concerné par ce cas de figure à un moment ou un autre de sa vie . study


Dernière édition par Gratis pro Deo le Mer 1 Avr 2009 - 20:36, édité 1 fois

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Re: Pratique de la charité

Message  Catherine le Mer 1 Avr 2009 - 20:43

Gratis pro Deo a écrit:
Il se peut aussi que la solution réside plus dans le fait que l'on doive accepter sans murmurer que le prochain nous fasse du tort et que le fait d'en être affecté n'est que le fruit de l'orgueil ?

Oui, j'y avais pensé aussi... Souvent on se plaint parce que notre petit amour-propre est froissé, quelque part on est fâché de ne pas être aimé, honoré, estimé... Au fond, si on y pense bien, c'est vrai, on mérite cent fois plus de peine, pour toutes les fois où on a offensé Dieu et notre prochain...

mais voilà, le vieil homme est lent à mourir!

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Re: Pratique de la charité

Message  Diane le Jeu 2 Avr 2009 - 17:22

Gratis pro Deo a écrit:
Il se peut aussi que la solution réside plus dans le fait que l'on doive accepter sans murmurer que le prochain nous fasse du tort et que le fait d'en être affecté n'est que le fruit de l'orgueil?

Je suis bien d’accord avec vous chère Gratis pro Deo , il faut accepter sans murmurer que le prochain nous fasse du tord, car en arrière de la créature, c’est toujours Dieu qui se cache pour nous éprouver et comme vous le dites si bien, faire mourir notre amour propre! !

Quand ce n’est pas à un confesseur que l’âme se confie,( ce qui est extrêmement difficile à trouver aujourd’hui, personnellement je n’en connait pas !) il faut faire très attention à la médisance c'est-à-dire de révéler des défauts non connu où de faire connaître sous un autre jour la personne qui nous à causer du tord! ! !

Au début de ma vie spirituelle, j’en ai pleuré un coup à cause des créatures, on dirait qu’elles étaient toutes de connivences pour me faire du mal.

Jusqu’au jour où j’ai effacé de mon esprit toutes créatures pour n’y voir que Dieu seul. Je me disais, « Ah, ah mon Doux Seigneur, à travers cette créature qui me blesse c’est Vous qui vous y cachez, vous êtes venu aujourd’hui éprouver mon amour et m’unir à vous dans la souffrance! !

Enfin, c’est un petit moyen, si on ne regarde que Dieu seul, c’est beaucoup plus facile à accepter et cela nous empêche de prendre les personnes à mauvaise part ! !

On peut confier notre problème à une amie vertueuse en qui on a beaucoup confiance, mais ne jamais discréditer le prochain, en révélant des défauts non connus. ! ! !

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Re: Pratique de la charité

Message  Sandrine le Jeu 2 Avr 2009 - 18:01

Merci pour votre beau témoignage Rosa Mystica !

C'est quelque chose que j'ai compris il y a peu .... toujours voir ce qu'il y a de bon chez le prochain quelles que soient les circonstances ... et passer outre le reste ! Dieu aidant ...

Encore une fois, nul n'est au-dessus du Maître !

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Re: Pratique de la charité

Message  Diane le Jeu 2 Avr 2009 - 18:50

J'avais oublié de mentionner qu'on pouvait tout confier à une amie vertueuse, pourvu que le nom des personnes ne soit pas divulgué! ! !

À ce moment là, on ne manque pas à la charité ! ! !

Ah oui, j'avais oublié aussi de dire que même à un prêtre, l'Église nous défend de dire les noms des personnes encore moins à un laïque, à moins que ce soient pour un bien commun ! ! !

Si c'est connu publiquement, cela n'est pas la même chose! !

Je pense cette fois n'avoir rien oublié! !

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Re: Pratique de la charité

Message  Monique le Jeu 2 Avr 2009 - 20:45

Philothée a écrit:
Gratis pro Deo a écrit:
Il se peut aussi que la solution réside plus dans le fait que l'on doive accepter sans murmurer que le prochain nous fasse du tort et que le fait d'en être affecté n'est que le fruit de l'orgueil ?

Oui, j'y avais pensé aussi... Souvent on se plaint parce que notre petit amour-propre est froissé, quelque part on est fâché de ne pas être aimé, honoré, estimé... Au fond, si on y pense bien, c'est vrai, on mérite cent fois plus de peine, pour toutes les fois où on a offensé Dieu et notre prochain...

mais voilà, le vieil homme est lent à mourir!


Il est toujours mieux si on le peut comme nous le dit Gratis pro Deo, d'accepter sans murmurer que le prochain nous fasse du tort, mais dans certain cas il se peut que nous puissions ne plus accepter ces torts, non par orgueil, ou amour-propre mais par justice et dans ce cas il pourrait être nécessaire que nous en parlions à un ami à qui l'on fait confiance de demander des conseils .

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Re: Pratique de la charité

Message  gabrielle le Jeu 2 Avr 2009 - 21:45

Voici quelques réflexions sur les peines que nous causent parfois notre prochain... la manière de les prendre et sur l'amitié...

Sur le sujet des confidences, vous avez déjà fait le tour. Il en ressort, que l'on peut confier à un(e) ami(e) une peine et le motif de cette peine dans le but d'être fortifé tout en gardant la discrétion nécessaire sur celui qui , parfois bien involontairement, nous a causé ce chagrin.

Pour le fait de prendre toutes les adversités sans rien dire, cela est grande vertu certs, mais, il peut arriver que nous nous sentions ébranlé dans notre foi, chancellant en raison d'une parole, d'un geste, alors , il est préférable de se confier afin d'éviter que le Démon ne nous entraine dans le découragement et nous fasse lâcher notre foi et piété, Dieu fait gravir les marches de ce rude escalier à des vitesses très différentes, une chose est certainne il nous veut tous sur le sommet de cette montagne sainte que l'on nomme Souffrance, où Il s'est dressé dans toute sa splendeur et que les Apôtres ont notés: ET JÉSUS SE TAISAIT...

Il ne faut pas ce croire bon à rien, si nous n'y arrivons pas du coup... prenons la main de Dieu et serons-la très fortement, soyons humbles et simples et avec la protection de Marie notre Mère, Dieu fera de nous, chétives créatures, des astres brillants dans son Royaume.

N'ayons point honte de ressentir ce besoin de se confier, les créatures sont des rampes d'escalier que Dieu nous donne pour appuie le temps que nous apprenions à marcher seul... Confiance, il a pris sur Lui tous nos fardeaux.

Aux personnes mêmes qui nous ont offensés et à nos ennemis, il ne faut pas refuser les devoirs communs tant civils que chrétiens, et nous, nous devons être prompts à porter un secours plus spécial, là où le besoin s'est fait sentir.

Bien que la haine intérieure et l'extrême vivacité contre les personnes qui nous ont offensés et contre les mauvaises gens soit une chose défendue, les précautions toutefois ne le sont point, et sont même l'effet d'une nécessaire prudence. Il est des personnes avec qui l'on ne peut vivre en paix, si l'on ne vit éloigné d'elles. Dans ce cas-là l'éloignement est un acte de sagesse, et non point l'effet de l'inimitié.

Veillez soigneusement, afin qu'une secrète et ingénieuse passion ne vous fasse point regarder comme l'effet d'une raisonnable prudence ce qui peut être dérivé d'une haine cachée…

Quand on lui dénonçait quelque délit ou quelque délinquant, Alexandre le Grand bouchait une oreille, et disait: "Je donne une oreille à l'accusateur, et je réserve l'autre pour écouter la défense de celui qui est accusé." Dieu même, à qui tout est connu, ne voulut pas condamner Adam, avant de l'entendre et de le convaincre.

Une action peut avoir cent faces, dit saint François de Sales, l'homme de bien la regarde par le côté le plus beau, et le méchant par le côté le plus difforme.

Gardez-vous de juger avec passion, car souvent cela défigure la vérité. Celui qui regarde ayant à l'œil un verre colorié voit tous les objets avec la couleur du verre; si le verre est rouge, tous les objets lui semblent rouge; s'il est jaune, tous les objets lui semblent jaunes. Notre verre, c'est notre passion. Si la personne nous agrée, on loue tout, on excuse tout ; si elle nous déplaît, on condamne tout, ou bien l'on interprète tout en mal…

Il est vrai que le plus souvent il est des jugements faux, mais non point téméraires, parce qu'ils sont appuyés sur de justes motifs. Le meilleur parti cependant c'est de ne point nous arrêter à ce qui ne nous regarde pas, et de laisser à Dieu le jugement.

C'est chose très difficile qu'un bon chrétien se rende coupable de jugement téméraire, c'est-à-dire, qu'il condamne le prochain avec certitude de jugement, sans de justes motifs. Ce sont d'ordinaire des soupçons ou des craintes, et pour ce il suffit de motifs bien moindres.

Le soupçon est permis quand il a pour objet une sage précaution pour soi-même. Celui qui, par crainte de soupçonner, oublie de se précautionner, n'est point un homme: c'est un imprudent et un imbécile. La charité chrétienne défend la malice dans la pensée, mais non point la vigilance ni la prévoyance.
amitié

Celui qui a trouvé un vrai ami, a trouvé un riche trésor, dit l'Esprit-Saint. Les sages mêmes du paganisme, cités et suivis par saint Thomas, enseignent que, pour jouir du peu de bonheur que l'on peut avoir dans ce triste exil, il est besoin d'un véritable ami.

C'est là un conseiller, un appui, un bienfaiteur, un autre nous-mêmes. Toute fatigue pour l'amitié lui est agréable, et il a plus de plaisir à faire le bien de l'ami, que l'ami n'en éprouve à le recevoir.


Mais plus est précieuse l'amitié, plus elle est rare. Il est deux noms dont on abuse singulièrement, de nos jours: celui de philosophe et celui d'ami. On appelle philosophe celui qui est étrange dans sa conduite, incivil dans ses manières, incrédule dans ses maximes, enfin étourdi dans ses allures. On appelle ami celui qui a été compagnon de table, de promenade, de conversation, de théâtre.

Il est immensément plus facile de trouver l'homme ami. Tout véritable ami doit être homme de bien, et tout homme de bien n'est pas ami.

Pour l'amitié réelle, — indépendamment d'autres conditions que nous omettons afin d'être bref, — on requiert dans les personnes: premièrement, intégrité de vie ; secondement, honnêteté de fin ; troisièmement, prudence de rapports.

Avec de telles conditions, il peut y avoir une vertueuse amitié même entre un homme et une femme, parce que Dieu, créateur et père commun, n'a pas mis dans une rivalité mutuelle la moitié du genre humain avec l'autre moitié; autrement, il serait en contradiction avec lui-même.
Toutefois la plupart des riches et grands seigneurs sont entourés de personnes vénales, qui s'appellent stupidement amies, parce qu'elles sont amies de leur table seulement, de leurs commodités, de leur utile protection.

Ceux-là ne les connaissent point, parce que la fausse monnaie brille plus que la véritable, et, tant que continue leur prospérité, l'adulation qui les séduit continue également. Boèce lui-même, qui était un grand et habile philosophe, connut seulement dans son infortune de tels adulateurs, et c'est pour cela que, après avoir perdu les bonnes grâces royales, enfermé dans sa prison, il écrivit avec douleur: "Maintenant je connais les faux amis; ils aimaient le Consul, et non pas Boèce: ils étaient amis de ma fortune qui leur était utile, et non pas de ma personne."

L'amitié vertueuse exclut aussi cette dangereuse sensibilité, fondée sur l'illusion des sens, et dont il a été parlé au chapitre sur la manière d'aimer le prochain. Ces amours sensibles sont comme des fleurs, suivant la belle comparaison de Sidoine. Les fleurs sont estimées tant qu 'elles sont fraîches et odorantes ; quand elles sont, passées, on les jette loin de soi.

La dernière condition d'une amitié véritable, c'est la prudence de rapports. Les libertés indues, les railleries non mesurées, les illicites confidences sont des indices d'une âme sensuelle, mais non amie, et s'oppose autant à la véritable amitié que l'obscurité de la nuit à la clarté du jour.

Pour obvier donc à de si fréquentes déceptions, ayez soin, avant de vous fixer sur le choix d'un ami, d'employer trois moyens enseignés par le grand orateur du Latium , et approuvés par saint Augustin. Examinez premièrement si la personne a les qualités requises pour la véritable amitié: secondement, faites-en l'essai par les faits, surtout quand il s'agit de son intérêt; troisièmement, vous pouvez après cela choisir cet homme pour votre ami, puis être persuadé toujours que l'ami véritable est la chose du monde la plus rare, et que celui qui se flatte de le trouver facilement, vit dans l'illusion, et prend de faux pour de vrais amis.

Qui est mon prochain ( extrait)
Rev. Père Ch-J. Quadrupani, barnabite ( 1740-1807) dans:
Les grands auteurs spirituels
collection publiée sous la direction de Monsieur l'abbé M.-A Lemoine, docteurs en lettres. 1947

Torquemada

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Re: Pratique de la charité

Message  Catherine le Jeu 2 Avr 2009 - 23:04

Merci à tous pour vos réponses, elles m'ont (re)appris des tas de choses qui se font vite oublier, le Démon veille!!

C'est sûr qu'un vrai ami est rare, mais quand Dieu nous a fait la grâce d'en trouver un, quel bonheur! DEO GRATIAS! Wink
Pour ce qui est de l'amitié homme-femme, (en dehors du mariage bien sûr) je pense qu'il faut quand même avoir une grande pureté de l'âme, c'est plus rare que homme-homme ou femme-femme.

Il y en a quand même de beaux exemples chez les saints:

Saint Louis-Marie de Montfort /Marie-Louise Trichet
Saint Vincent de Paul/ Sainte Louise de marillac
Saint François de Sales / Sainte Jeanne de Chantal
Saint François d'Assise/ Sainte Claire


Pour revenir à la médisance, je crois que c'est malheureusement un vice largement pratiqué, voir apprécié! Crying or Very sad

J'ai lu sur Te Deum quelque chose qui m'a beaucoup touché et beaucoup fait réfléchir sur moi-même:

http://messe.forumactif.org/j-imagine-f12/le-poids-d-une-parole-t150.htm

Merci à Parce Domine pour ce trait de lumière!

Le sermon du Curé d'Ars, aussi....Tome 2, 11ème dimanche après la pentecôte

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Textes/index.html

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Re: Pratique de la charité

Message  Diane le Ven 3 Avr 2009 - 1:38

Pour vous Philothée,

La définition d'un ami


Un ami est de plus un frère d'armes, fidèle jusqu'à la mort. Dans la lutte pour la vie, toujours on peut compter sur lui. On se bat et on triomphe coude à coude. On a dit : « Les amis sont comme les parapluies, on ne les a jamais sous la main quand il pleut. » Boutade, à moins qu'il ne s'agisse d'amitiés frauduleuses. Les vrais amis on les a toujours sous la main ; ils sont un refuge et une défense . Un frère pour son frère est une citadelle. La charité est une entraide ; mais s'entraider, n'est-ce point doubler ses forces ? Saint Grégoire dit « que nous devons faire en ce misérable monde ce que font ceux qui cheminent sur la glace, pour nous tenir fermes et solides en l'entreprise que nous faisons de nous sauver ou de nous perfectionner ; car, il dit qu'ils se prennent par la main ou par-dessous le bras, afin que si quelqu'un d'entre eux glisse, il puisse être retenu par l'autre, et puis que l'autre puisse être retenu par lui quand il sera ébranlé pour tomber à son tour. »



L. Colin

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Re: Pratique de la charité

Message  Catherine le Ven 3 Avr 2009 - 9:11

Merci chère Rosa Mystica.

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Re: Pratique de la charité

Message  Invité le Ven 3 Avr 2009 - 17:32

Torquemada a cité le Père Quadrupani :

« Quand on lui dénonçait quelque délit ou quelque délinquant, Alexandre le Grand bouchait une oreille, et disait: "Je donne une oreille à l'accusateur, et je réserve l'autre pour écouter la défense de celui qui est accusé." Dieu même, à qui tout est connu, ne voulut pas condamner Adam, avant de l'entendre et de le convaincre. »

Or, le problème c’est que si nous confions à un ami ce que l’on a supporté d’un ennemi, il faudrait que notre ami, pour pouvoir juger de la chose, fasse comme Alexandre le Grand et qu’il garde une oreille pour les arguments de l’adversaire.

Le Père Quadrupani dit encore :
« Il est vrai que le plus souvent il est des jugements faux, mais non point téméraires, parce qu'ils sont appuyés sur de justes motifs. Le meilleur parti cependant c'est de ne point nous arrêter à ce qui ne nous regarde pas, et de laisser à Dieu le jugement. »

Nos ennemis peuvent avoir un raisonnement faux à notre égard ou être injuste quelque part mais, nous dit le Père, ils peuvent avoir "de justes motifs" à l’appui de l’agression portée contre nous et c’est là, nous dit-il encore, qu’il faut nous arrêter parce que c’est là seulement que nous sommes concernés. En effet, nous croyons que les torts de notre prochain établissent toutes les bonnes raisons en notre faveur et assurent notre justification voire notre martyr héroïque. En fait, nos ennemis…disons plus modestement nos adversaires, nous rendent plus services que des amis qui n’auraient que des compliments à nous faire.

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Re: Pratique de la charité

Message  Diane le Ven 3 Avr 2009 - 18:01

CLEMF a écrit:
En fait, nos ennemis…disons plus modestement nos adversaires, nous rendent plus services que des amis qui n’auraient que des compliments à nous faire.

Oui, en effet nos ennemis, sont nos plus grands bienfaiteurs, car si nous savons être toujours bon et charitable envers eux, ben, au ciel nous aurons une augmentation de gloire! !

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Re: Pratique de la charité

Message  Catherine le Ven 3 Avr 2009 - 18:37

Rosa Mystica a écrit:
Oui, en effet nos ennemis, sont nos plus grands bienfaiteurs, car si nous savons être toujours bon et charitable envers eux, ben, au ciel nous aurons une augmentation de gloire! !

C'est abolument certain! Il n'es reste pas moins que cela demande une grande vertu.

Gratis pro Deo disait:
La charité est dans toutes les bouches, mais qu'est-elle vraiment?

Là, c'est un peu pareil, c'est facile à dire, mais dans la pratique, c'est plutôt rare!

Voyez comment on traite, souvent, ceux qui ne sont même pas nos ennemis, mais qui pensent différemment de nous ou "qui ne nous reviennent pas!"

Très Sainte Vierge Marie, aidez-nous à obtenir vraiment cette charité ardente dans tous nos actes et dans toutes nos paroles!

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Re: Pratique de la charité

Message  Diane le Ven 3 Avr 2009 - 19:28

"Philothée" a citer :

Rosa Mystica a écrit:
Oui, en effet nos ennemis, sont nos plus grands bienfaiteurs, car si nous savons être toujours bon et charitable envers eux, ben, au ciel nous aurons une augmentation de gloire! !

Philotée a écrit :

C'est abolument certain! Il n'es reste pas moins que cela demande une grande vertu.

Oui, en effet vous avez bien raison, mais à force de pratiquer la vertu on en vient à l'état de vertus. Cela prend toute une vie avant de réussir, mais encore là ce qui est important devant Dieu, c'est toujours l'effort que nous faisons, car Dieu ne regarde jamais le résultat! ! !

C'est vraiment encourageant pour nous , nous n'avons que l'effort à faire et Dieu va le compter comme une réussite! !

Gratis pro Deo disait:
La charité est dans toutes les bouches, mais qu'est-elle vraiment?


Philothée a écrit
Là, c'est un peu pareil, c'est facile à dire, mais dans la pratique, c'est plutôt rare!

Voyez comment on traite, souvent, ceux qui ne sont même pas nos ennemis, mais qui pensent différemment de nous ou "qui ne nous reviennent pas!"

C'est bien notre coeur qui est souillé de la tache originelle, c'est pour cela que nous ne devons jamais cesser de nous combattre, car notre plus grand ennemi, c'est nous même! ! !

La vraie vertu elle est très rare comme vous le dites si bien, mais par contre si nous la demandons à Dieu, Il ne nous la refuse jamais! !

Amicalement Wink

Diane

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Re: Pratique de la charité

Message  Invité le Ven 3 Avr 2009 - 20:46

Gratis pro Deo a dit:

La charité est dans toutes les bouches, mais qu'est-elle vraiment ?

Sage question !

Si la charité est rarement dans les bouches, elle est probablement aussi rare dans les écrits. Elle est ailleurs...sans doute beaucoup plus ancrée dans nos pensés et dans nos oeuvres conduites par la grâce de Dieu.
Si la charité peut se trouver dans les bouches et les écrits, ce n'est finalement que l'expression de la grâce sanctifiante. Donc, nos paroles ou nos forums ne seront que le reflet de cette grâce si nous avons daigné la vivre d'abord intensément avec Dieu...sans paroles et sans écrits !

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Re: Pratique de la charité

Message  Catherine le Mer 22 Avr 2009 - 16:37

A propos des confidences, dont on parlait sur ce fil... Je viens de lire un petit chaptitre, tout court, dans "L'Esprit de Saint François de Sales", un chapitre court en longueur mais long en enseignements...Le voici:


Chapitre XXXVII Le saint arrête une première plainte de M. de Belley.


Je me plaignais un jour, à notre bienheureux, de quelque tort signalé qui m'avait été fait. Il était si manifeste que notre bienheureux en convint.

Me trouvant si bien appuyé, je triomphais, et les expressions me venaient en foule pour exagérer la justice de ma cause.

Le bienheureux, pour arrêter ce flux de discours, me dit: "Il est vrai qu'ils ont tort en toutes façons de vous avoir traité de la sorte; cela est indigne de leur personne, surtout envers un homme de votre condition. Je ne trouve en toute cette affaire qu'une seule chose à votre désavantage.

-Et laquelle? lui dis-je.

-C'est qu'il ne tient qu'à vous d'être le plus sage et de vous taire."

Il me désarma tellement par cette réponse, que sur-le-champ je me tus, et ne trouvai point dans ma bouche des paroles pour répliquer.

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Re: Pratique de la charité

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