Coopération au rachat du monde

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Jeu 5 Mar 2009 - 18:09

Une erreur de la plupart des chrétiens : Ils savent qu’ils ont été rachetés. Ils ignorent qu’il leur appartient de collaborer à la Rédemption et de travailler à racheter leurs frères.

Dieu veut sauver tous les hommes, mais cette volonté n’est pas absolue. Dieu ne dit pas : Malgré eux, sans eux et sans les autres, je fixe leur destinée,--- mais bien plutôt : Avec eux, par eux, et grâces à leurs frères.

C’est rappeler, qu’avec la liberté de Dieu, deux autres libertés coopèrent au rachat du monde : chacune de nos libertés individuelles d’abord, puis l’ensemble des autres libertés humaines. Autrement dit, chacun est maître de sa destinée ; et tous, --- dans une certaine mesure que précisément nous allons essayer de déterminer----- , sont maîtres des destinées de chacun.

Ce dernier point seul ici nous intéresse. Il revient à affirmer dans le domaine surnaturel la loi de l’interdépendance mutuelle, de l’étroite solidarité de tous les chrétiens.


A suivre...

R. P. Raoul Plus
( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Ven 6 Mar 2009 - 3:00

Afin de mieux comprendre faisons appel à la comparaison des vases communicants. Elle vaut dans le monde du surnaturel.

Tous branchés sur le Christ, nous sommes unis par lui à nos frères. Qu’une surface, en l’un des tubes, soit touchée, immédiatement toutes les surfaces, en tous les tubes reliés au réservoir principal, entrent en vibration. Ajoutez, dans l’un quelconque des récipients en communication, une goutte de liquide, le liquide monte aussitôt dans tous les tubes, d’une quantité infinitésimale peut-être, mais il monte.---

Ici ou là qu’il baisse, partout il baisse. Chacun est solidaire de tous ; tous sont solidaires de chacun. Personne de nous ne fait rien tout seul. S’il se met aux pieds un boulet de galérien, il gêne la marche de tous. S’il se libère d’une attache, le corps entier sera plus libre.

Ainsi tout acte de mérite ou de démérite émanant de l’un quelconque des membres sert ou nuit à tout l’ensemble.

Le jour où nous sommes entrés dans l’existence nous avons été investis du pouvoir de rapprocher ou d’éloigner de Dieu nos semblables.

Dans le monde physique, pas un atome ne se déplace sans que risquent d’être mis en branle tous les autres atomes.

Dans le monde moral et surnaturel, ---- liés à nos semblables par une commune vie dans le Christ,---- nous pouvons les aider ou leur nuire, et leur salut peut dépendre du bien ou du tord que nous leur causons.



A suivre...

Raoul Plus
( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Sam 7 Mar 2009 - 2:16

Dieu se doit de donner, à tous les moyens strictement nécessaires pour aller au ciel. Question de justice envers chaque individu. Les grâces surabondantes qui donneront à ces moyens strictement nécessaires leur pleine valeur d’efficacité, Dieu exige d’ordinaire qu’elles soient obtenues socialement, c’est- à -dire par l’apport des mérites de l’ensemble. Du fait que tout chrétien est un membre du Christ, la santé du corps entier influencera forcément sur la santé de chaque individu ; --- et donc la part de santé que moi, individu, je contribue à donner au corps entier.

Le Sauveur du monde, c’est Jésus ; tout ce qui est Jésus : Le Chef et les membres. Donc Lui, éminemment, Lui, le Chef ; secondairement, mais obligatoirement, nous, les membres.

Il est le Sauveur avec la majuscule. Nous, les sauveurs avec une minuscule ; mais sauveurs au vrai sens du mot, sauveurs à rôle effectif, sauveurs plus puissants que d’ordinaire on ne l’imagine.

Et quelle oeuvre capitale de rendre plus vivante en plus d’âmes chrétiennes la conviction que non seulement nous bénéficions personnellement de la rédemption, des mystérieuses poussées de la grâce pour nous faire grandir en sainteté, mais encore que nous pouvons devenir le producteur actif de certaines possibilités de grâce en autrui, de certaines occasions de grâce ; que nous ne sommes pas seulement destinés à subir l’influx divin, mais encore à l’attribuer sur le prochain.

Si la force divine est trop lente à venir au secours de telle ou telle faiblesse en autrui, il y a possibilité pour nous d’en brusquer les lenteurs, de rendre plus pénétrante l’action divine, plus rapide la correspondance de l’âme à la grâce ; qu’il y a possibilité pour nous de rendre Dieu plus victorieux, qu’en un mot, nous ne sommes pas seulement des rachetés au sens passif, mais au sens actif, des « racheteurs » .



A suivre...
Raoul Plus... ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Sam 7 Mar 2009 - 19:20

Dieu, aux prises avec des libertés humaines qui ne veulent pas céder, n’est vaincu qu’en apparence.

Supposé même que l’âme persiste dans son refus, la justice interviendra, quelque jour, pour rétablir l’équilibre, et rendre au Maître de tout, son dû.

Mais souvent Dieu fait mieux ; c’est avec des libertés humaines qu’il va briser la liberté humaine. Tel âme résiste à la grâce... Oui. Mais là-bas très loin peut-être dans l’espace et dans les temps, une autre âme a prié, s’est mortifiée, s’est offerte ; et voilà qu’un jour la résistance est brisée.

Le marbre était intact sans une fissure ; et voici que, sous la poussée d’une graine en apparence toute chétive, le bloc s’est soulevé, puis s’est fragmenté ; et la petite pousse verte d’une humble et conquérante tige est apparue.

D’ou venait cette graine ? L’âme qu’un heureux repentir vient de briser l’ignorera toujours. Mais Dieu le sait. Quel ravissement si tout à coup ces interactions mutuelles se révélaient à nous, si la réalité, d’ordinaire invisible, soudain se dressait devant notre regard.

Si, par un intense esprit de foi, nous étions ouverts au surnaturel, nous verrions de ces germes flotter à l’infini dans l’air qui nous environne.

Tout acte libre est un geste auguste. Il répand des semailles. La moindre minute du temps peut féconder un monde.



A suivre...

Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Dim 8 Mar 2009 - 2:33

Sans doute, les saints sont rares, mais chaque chrétien qui prie comme il faut, c’est-à-dire en état de grâce, a le pouvoir d’atteindre par sa prière, son travail, sa vie, des âmes et peut-être en grand nombre.

On admire les grands constructeurs, les ingénieurs audacieux qui élèvent des tours, jettent des ponts d’une hardiesse infinie... On ne songe pas à ces travailleurs qui, dans l’obscurité lumineuse du monde invisible,--- le seul qui compte !... Travaillent à l’édification du Corps du Christ, et forgent, au prix de mérites connus de Dieu seul, ces multiples passerelles de la grâce sanctifiante qui relieront aux Christ tous les séparés.

Quelle fonction que celle-là ! Pouvoir compléter Dieu, pouvoir donner à une action divine son achèvement, à une grâce divine l’efficacité ; pouvoir, de chacune de nos paroles, de nos actions, faire une ouvrière du règne de Dieu !

Dieu ne demande qu’à pardonner. Il faut l’aider à accomplir ce geste d’infinie miséricorde ; et cela m’est permis. Une prière de moi, un sacrifice de moi... Suivez-les... A leur terme, qu’atteignez-vous ? ... Un pardon de Dieu. Un pardon de Dieu qui descend, sur la terre à telle âme inconnue ; un pardon qui n’attendait, au Ciel, pour s’incliner, que l’infime poussée d’un geste d’homme. Dieu ne demande qu’à éclairer. Il faut l’aider à accomplir ce geste d’infinie sagesse. Et cela est en mon pouvoir.

Une prière de moi, un sacrifice de moi, suivez-les... Voici qu’ils montent comme des pas d’enfants au sommet d’un phare gigantesque... Tout est prêt pour embrasser l’horizon. Dieu attend qu’une petite main se glisse jusqu’au bouton électrique qui permettra au courant de passer... Qui permettra aux réserves de lumière accumulées de porter, là- bas, à telle nef en détresse, le réconfort d’un signal, l’indication d’une passe difficile, la certitude qu’elle approche du port.



À suivre...

Raoul Plus

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Lun 9 Mar 2009 - 1:46

Chapitre II


Eh quoi ? De misérables gouttes de sueur humaine pourraient donc ajouter à l’efficacité du sang divin ?

Ajouter--- non pas ? Rien ne manque à un sacrifice s’il est de valeur infinie. Mais notre effort humain donne aux mérites du Christ de nous être appliqués, de nous atteindre.

Il n’y a qu’un seul Rédempteur. Mais toute âme sérieusement chrétienne doit être corédemptrice. Dieu veut bien avoir besoin de nous. S’il en appelle à notre collaboration, ce n’est point défaut de puissance, mais excès de miséricorde. Il ne manque pas de force, mais il éprouve pour nous une telle estime qu’Il daigne utiliser notre faiblesse pour Lui fournir un appoint.

Tout chrétien doit être un autre Christ, car il doit reproduire en lui, dans sa vie personnelle, les pensées, les sentiments, les amours et les vouloirs du Christ.

Ici nous reprenons l’expression et lui donnons un sens nouveau, ou plutôt un complément de sens. Tout chrétien doit être un autre Christ ; il doit donc renouveler pour son compte la puissance de rayonnement du Christ ; et celui-là sera « Christ » au maximum qui saura le mieux parfaire l’oeuvre rédemptrice en donnant à sa vie le maximum de sainteté, à sa parole le maximum de chaleur apostolique, à ses désirs du bien le maximum de vie, à son ardeur pour le sacrifice le maximum d’intensité, à son acceptation du devoir le maximum d’élan.

« On est apôtre ou apostat ». Cela vaut pour tout chrétien. Tout chrétien possède la faculté de sauver le monde. Et cela ne signifie point : est libre de le sauver ou non.

Tout chrétien, par le fait qu’il est chrétien, ne peut pas ne pas intervenir pour une part dans l’histoire divine de ses semblables. Il est poids mort ou poids utile--- bien mieux : adjuvant ou instrument nuisible, car ne pas servir, là plus qu’ailleurs, c’est nuire.

Deux catégories d’âmes partagent le monde : les âmes en état de grâce ; les âmes en état de péché mortel. En dehors de là, toute distinction, pour Dieu, est inexistante : ni Juif, ni Gentil... Des vivants ou des morts. Il n’y a pas autre chose.



A Suivre...
Raoul Plus
( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Lun 9 Mar 2009 - 17:30

Si l’ont est vivant,-- et par le seul fait que l’ont est vivant,--- on sert.

Si l’on est mort--- non seulement on se nuit à soi-même, ce qui est clair,--- mais on infecte le corps entier, on nuit au corps entier, on prive le corps entier d’un appoint auquel il avait droit, sur lequel il comptait. Le bras coupé non seulement est inerte et bon pour l’enfouissement, mais il prive le tronc de multiples secours.

Dans le monde moral, bien plus encore que dans le monde physique, rien ne se perd : tout se répercute. Chacun est collaborateur de Dieu--- ou de Satan.

Nous sommes tous par destination des « serviteurs de Dieu » ( 1 ). Nous devons faciliter la tâche à tous les amis de Dieu,--- au moins ne pas l’entraver. Or, que ne peut intercaler d’obstacles, un seul péché, dans la marche vers Dieu de l’humanité ? Que ne peut insérer d’éléments de mort, dans le Corps mystique du Christ, un membre infecté ?

Personne n’a la possibilité de ne compter qu’avec lui-même. Par le fait même que nous sommes membres du Christ collectif, il nous revient de travailler au mieux-être de ce Christ complet, à tout le moins, de ne pas nuire.

À suivre...

( 1 ) Ainsi se nomment les Papes dans la clausule de leurs Encycliques.

Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Mar 10 Mar 2009 - 1:33

1- Toujours « édifier. »

2- Notre action ignorée.

3- Prévoir la portée de nos actes.


La puissance de l’exemple.


Chacun de nous influe sur l’ensemble par ce qu’il est ; Le chapitre précédent l’a rappelé.

Mais chacun de nous, au surplus, influe sur les autres par ce qu’il fait, ou mieux parce que les autres nous voient faire. Si déjà notre vie souterraine a une immense portée, sera-t-il étonnant que les affleurements au dehors, phare ou récit, puissent aider ou blesser autrui ?

Partout où nous sommes, même seuls, disions-nous, des liens invisibles nous attachent à tous nos semblables. Le moindre de nos actes humains peut avoir des répercussions incalculables.

Mais qu’en est-il de nos actes à ciel ouvert et qui ont des témoins ! A bien forte raison vont-ils influer sur autrui.

Voilà tel écrivain : il glorifie avec talent la vérité ; on le lit. Que d’âmes vont penser sa pensée, partager son enthousiasme, monter à son niveau. Tel autre est un corrupteur, un empoisonneur public. Il tire à 100.000 exemplaires. C’est 100.000 fois le typhus qu’il répand ; et peut-être sera-t-il mort depuis longtemps que ses livres continueront de tuer.

Sans doute les pauvres âmes qu’auront flétri son contact devront ne s’en prendre qu’à elles d’avoir cédé à la tentation ; mais qu’elle n’est pas la responsabilité de l’auteur, dans pareille hécatombe.

Il n’écrivait que pour lui, s’excusera-t-il, et pour se divertir.

Impossible. « L’homme de lettres, dans l’ivresse de son propre travail, peut-il oublier que d’autres viendront s’abreuver à sa coupe ? Peut-il secouer dédaigneusement sur les esprits qu’il a visités la poussière de son oeuvre, comme ferait de sa sandale, sur un hôte inconnu, un hôte de passage ? Non, et il le sait bien.

Nous admettons cet exemple, mais en regard de gestes pareils, si imposants ou si importants, c’était si peu de chose ce geste que j’ai dessiné, cet acte que j’ai posé, ce consentement que j’ai donné ?

Croyez-vous donc qu’il faille un gros morceau de plomb ou d’acier pour tuer ? Ne suffit-il pas d’une goutte d’eau pour faire déborder le verre, d’un coup d’épingle pour amener une gangrène, d’un coup de dent pour déchaîner une révolution. D’une mésintelligence à peine visible pour engendrer la haine ou le divorce.

Il suffit d’un rien pour troubler une âme, mais une âme c’est quelque chose de si délicat, de si facile à impressionner, même là où le tempérament est le moins impressionnable.



A suivre...

R. P. Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Mar 10 Mar 2009 - 17:20

Qu’un son éclate dans une chambre où repose un violon, aussitôt, et de lui-même, le violon va vibrer. Les âmes sont des orgues d’une extrême sensibilité, le moindre son émis trouve en elles--- risque du moins de trouver en elles,--- un écho, un écho prolongé parfois infini.

Qui n’a vu, penché sur le parquet d’un pont, des enfants s’amusant à jeter des petits cailloux dans l’eau et à suivre du regard les cercles concentriques sur la surface remuée. Si petit que soit le caillou, l’eau frissonne; si loin que se soit la rive, , le miroir se ride et les cercles, indéfiniment, se propagent.

Plaçons-nous à cotés de ces jolis insouciants et méditons, non plus seulement sur leur geste, mais sur leurs personnes si troublantes par tout l’avenir qu’ils tiennent enclos.

Au premier âge, en effet, les influences sont recueillies avec une facilité, un involontaire empressement, qui devrait incliner tous ceux qui côtoient une âme jeune à d’infinies prudences.

S’il est vrai qu’on ne sait jamais où va porter tel geste ou tel mot dit ou fait devant n’importe qui, à bien plus forte raison doit-on avouer son ignorance si le témoin est un enfant.

Or, souvent, quelles libertés ne s’accorde-t-on pas devant ces redoutables enregistreurs. On accomplit tout, on parle de tout, on laisse tout voir. Il est entendu que ce qui est osé ou immoral, ils ne le comprennent pas.

Sait-on jamais ? Même si l’enfant ne comprend pas tout, il saisit au vol certains détails, ou il s’interroge pour en deviner d’autres ; heureux encore si, tout à l’heure, il ne va pas s’empresser de questionner tel compagnon ou telle compagne pour avoir la clef du secret.

Et l’on croit cela sans portée ? Mais rien n’est sans portée de ce qui se dit ou se fait devant un enfant ; rien n‘est sans portée de ce qu’un enfant peut lire ou voir.

Tout peut exercer sur lui une action, d’autant plus que son âme résiste moins aux impressions qu’elle reçoit. Elle n’est point trempée encore. Le fer est chauffé, malléable. Un ou deux coups de marteau bien ou mal donnés peuvent en faire une arme pour Dieu ou pour Satan.


A suivre...

R.P. Raoul Plus
( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Mer 11 Mar 2009 - 1:55

Jamais, devant personne, nous n’avons le droit de poser une action capable d’amener ceux qui nous voient ou nous écoutent, à déchoir ; jamais,--- ceux qui nous entourent fussent-ils hommes faits, capables par hypothèse de réagir et de ne pas se laisser entamer.

Nous avons tous en nous un fond mauvais et une sorte de déloyauté foncière qui nous porte à rechercher toutes les occasions d’excuser nos lâchetés.

Que s’offre à nous le spectacle d’une lâcheté commise par autrui, c’est un encouragement donné en nous à toutes nos puissances pour le mal, l’excitation par le dehors d’une passion qui déjà, par dedans, s’avère menaçante, la preuve affermie devant nous, et palpable, que ce qu’on ne dois pas est parfois quelque chose qui se fait ?

Et alors se sont les hontes jusque là protectrices qui passent en seconde ligne, et rendent possible l’assaut du mal.

Ce qu’on voit réalisé par un autre, excuse presque de le réaliser soi - même. Jusque là on évitait même d’y penser. On aurait rougi de faire sortir crûment de la zone obscure de l’implicite tel trouble désir que l’on s’avoue à peine au fond de soi ; or, ce désir, le voilà lourdement explicité devant les yeux, sous la forme d’une malsaine évidence.

Du coup se trouvent expliqués, presque justifiés, d’injustifiables désirs .

On constate n’être plus seul à être mauvais, voilà le premier pas franchi pour cesser d’être bon.

Combien ont succombé, uniquement parce qu’ils ont vu d’autres, devant eux, succomber. Un seul homme qui fuit peut déclancher la déroute d’une compagnie entière.

Laisser trop voir sa souffrance va diminuer le courage autour de nous. Imitons ce brave, cruellement blessé, qui saisit aussitôt son mouchoir, non pour étancher son sang, mais pour s’interdire de crier, et se l’enfonce dans la bouche... Il ne faut pas faire peur aux camarades ! »

Toujours tendre à édifier, jamais à renverser, à détruire.

Édifier ! Le beau mot. Édifier, c’est-à-dire bâtir. Être quelque un qui fait monter les âmes , qui les grandit ; jamais quelqu’un qui les diminue, qui les abaisse, encore moins qui les ruine.



À suivre...
R. V. Raoul Plus
( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Mer 11 Mar 2009 - 17:44

Saint Augustin raconte dans ces confessions que, jeune homme, il lia sa cause à celle d’étudiants comme lui et dont le programme était de tout jeter par terre. Il les appelle , les démolisseurs.

Combien nous sommes sévères--- et à juste titre, --- pour un ennemi qui jette par terre monuments, villes, villages, abat les églises, sème partout la ruine. « démolisseurs »

Démolisseurs également--- et plus odieux encore--- ceux qui jettent la mort dans un coeur et font tomber une âme. « Malheur ! » s’est écrié un jour le divin Maître, « malheur à celui par qui le scandale arrive. Mieux vaudrait pour lui être précipité au fond de la mer avec une pierre au cou...

Note d’Anne-Marie,

Comment ne pas entendre cette malédiction du Seigneur de nos jours: Malheur ! Malheur! À ces hommes d’Église qui usurpant le Siège de Pierre ont plongé les âmes dans la ruine spirituelle des plus désastreuse... Malheur ! À tous ces prêtres, qui reniant leur sacerdoce ne se lèvent pas pour protéger les brebis du bercail.... Malheur! À celui qui du haut de la Chaire de Pierre donna une «liturgie» qui conduit à la mort. Génocide spirituel jamais vu, hécatombe, mort, voilà les fruits de ce concile maudit V2.

Oui, malheur au monde à cause de ses scandales !

« Si jamais un de vos yeux vous induit au péché, n’hésitez pas, arrachez-le ! Il vous amènerait à l’enfer ; et mieux vaut enter au ciel avec un oeil en moins, qu’être jeté dans les flammes éternelles, possédant ses deux yeux intacts.

Si votre main, si votre pied vous scandalisent, arrachez-les.... N’ayez pas de pitié pour vous.... Ou plutôt, par pitié pour vous, arrachez-les ! »

Et pourtant, il existe, hélas, des âmes qui se font un jeu de scandaliser, d’apprendre à d’autre le péché.

Scandaliser, c’est, à la lettre, faire le Satan, exercer le métier du démon ; c’est arracher à Dieu un élu, au moins pour un temps, peut-être pour toujours.



À suivre...

R. V. Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Jeu 12 Mar 2009 - 1:07

Scandaliser, c’est tuer et tuer une âme. Peu de gens sans doute oseraient prendre sur la table un couteau, et, de gaîté de cœur, le plonger dans le cœur d’un autre homme.

Qu’est-ce que le corps en comparaison de l’âme ? Hélas ! Le monde est plein de tueurs d’âmes, de meurtriers d’âmes (surtout de nos jours, combien d’âme sont morte spirituellement avec ce concile de V2 ) d’assassins de la grâce divine dans les âmes.

Combien, au moment de faire commettre une faute au prochain, s’interrogent sur la monstruosité du crime qu’ils vont commettre. Aveuglés par la passion, ils ne voient rien.

Au fond du cœur, s’ils ne sont pas entièrement corrompus déjà, ils se disent : Je me repentirai ».--- Oui, mais l’autre ? Celui ou celle avec qui vous allez commettre votre péché, que savez-vous s’ils se repentiront ? Dieu leur laissera-t-il le temps ? Et si le temps leur est accordé, auront-ils le vouloir ?

Vous avez mis une âme sur une pente. Savez-vous si, de chute en chute, elle ne va pas cascader jusqu’à l’enfer. Vous, vous saurez vous arrêter---- je le veux. Encore est-ce bien sûr ? Et votre présomption m’effraie ; enfin soit, vous vous arrêterez... Mais l’autre, encore une fois, l’autre ?... Et s’il s’agit, au terme, au bas de la descente, de l’éternité malheureuse, quelle responsabilité pour vous !

Voilà le risque affreux, l’épouvantable danger des fautes à deux ; c’est que l’on n’est pas seulement responsable d’un seul péché, du sien ; mais, en plus, de celui de l’autre et de toute la postérité que ce péché de l’autre engendrera peut-être.

Chaque faute met deux crimes sur la conscience. Deux sûrement, deux au moins ; et peut-être une infinité d’autres .




À suivre...

R. V. Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Ven 13 Mar 2009 - 1:20

Et voici qui prête encore à une réflexion plus attentive : notre action sur autrui s’exerce fréquemment alors que nous n’y songeons pas que nous n’y songeons plus.

Nous ne connaissons pas la valeur de chaque âme--- de la moindre action, parole ou pensée qui peut aider à régler la destinée de celle-ci ou de celle-là.

Nous ne savons pas avec quelle ardeur le ciel escompte notre intervention ; nous ne savons pas que les miniscules évènements de la moindre de nos journées recèlent la semence de nouveaux univers, et qu’il dépend de nous, de notre générosité ou de notre insouciance, de fouler aux pieds cette semence ou de la faire s’épanouir pour la joie du monde.

Pour donnée l’idée vivante de la postérité lamentable de certains de nos actes, quelqu’un a imaginé l’histoire suivante ; est-ce bien imaginé qu’il faut dire ?

Une jeune Bretonne est en service à Paris. Les maîtres sont « de bons chrétiens » . Un jour, Monsieur reçoit toute une collection de billets de théâtre. Il appelle son domestique :

« Tenez, voici ce qui ne me sert pas. Ce qui ne vous sera pas utile, jetez-le au feu, Madame y tient. »

Jeter au feu ! Et les amis, les autres domestiques ! Seule la petite Bretonne est sans empressement : « Si, si, venez avec nous ! »

Le dimanche suivant, vers huit heures du soir, dans un lointain village, deux vieux échangent quelques paroles devant la cheminée :

Dommage que Lisette ne soit pas là ! Elle avait pourtant écrit...

« Que veux-tu ? Elle n’aura pas pu.

«Tu crois ?

« Oh ! Monsieur a dit : Elle sera comme notre fille. Elle ne quittera pas la maison, je vous réponds de tout.

« Je ne sais pas pourquoi, j’ai parfois comme une méfiance. »

Elle a raison la pauvre vieille. Lisette, innocente jusque-là, est, à cette heure même, installée au premier rang d’un théâtre de boulevard, où se débitent des ignominies sans nom.

Sait-il, le maître de la maison, que le meurtrier de cette innocente n’est autre que lui-même ?

Dira-t-on en réponse : « Je n’y avais pas pensé ». Voilà ce qu’il faut vous reprocher !

Libre à vous d’esquisser tel geste que vous voulez, de jeter votre allumette où bon vous semble, mais si vous la jetez dans un panier à papier, n’êtes-vous responsable en rien de l’incendie ?

Libre à chacun de sortir dans la rue, mais si le vêtement qu’il porte scandalise, il est responsable du mal causé.


À suivre...


R. V. Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Sam 14 Mar 2009 - 1:52

Le péché d’omission.


Agir, nous l’avons vu, engendre. Mais voici qui élargit de singulière façon la zone de notre influence : ne pas agir, alors qu’il le faudrait, engendre également.

Postérité négative.

Avons-nous l’attention suffisamment attirée sur l’existence et la portée de nos omissions ?

La portée de nos omissions est incalculable. Le soldat qui veille sans attention permet à l’ennemi de surprendre ses frères ; l’ouvrier qui ne travaille pas consciencieusement porte la responsabilité de la rupture ou de l’éboulis ;

absolument comme l’étudiant en médecine qui présentement n’étudie pas se trouve responsable de telle vie humaine devant laquelle, un jour, sa science au dépourvu se trouvera en défaut.

Parfois il arrive que nos omissions atteignent non seulement les corps, mais les âmes ; non seulement tel intérêt particulier, mais un intérêt général ; non seulement la vie de la nation mais la vie même de l’Église.

On peut pécher en faisant des œuvres défendues ; on peut pécher en ne faisant pas des œuvres commandées. Autrement dit : il y a commettre et il y a omettre : le Confiteor ne l’ignore pas : « Je vous ai beaucoup offensé, Seigneur, par pensées, par paroles,--- et par omissions » .

Or le grand danger de l’omission vient de ce qu’elle passe le plus souvent inaperçue. Il y a des errements dont l’approche fait trembler, on voit leur ombre grandir ; on se met en garde.

Ici, rien de semblable. L’omission n’a pas d’ombre. Bien mieux, elle n’a pas de corps.

C’est une réalité sans doute, mais impalpable, invisible. Ne pas être, voilà son être. Les autres péchés ont une consistance. Ici la faute consiste à ne pas agir. Ce n’est pas une présence, c’est une absence. Ce dont la réalité se trouve être absence se remarque moins.

De là vient que l’homme accouple facilement ces deux idée d’abstention.

Or, certaines abstentions sont des crimes, et nombre d’honnêtetés baptisées, si elles voyaient clair ou avaient le courage d’un examen de conscience loyal, devraient, sur ce chapitre, se juger bien coupables.


À suivre...

R. V. Raoul plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Sam 14 Mar 2009 - 16:55

Quelle horreur ! Pouvoir semer de la lumière, du bonheur, de la vertu, et ne pas vouloir ! Être entouré de vivants, et, pour eux, ne rien faire qui les aide à vivre. Se savoir obligé, quand on rentre en soi-même, si parfois l’ont s’y résout ou s’y résigne, de confesser à Dieu`: « Ce furent des objets à mon usage, ces âmes immortelles que j’aurais pu sauver ! Je n’ai pas daigné tendre la main, ou seulement l’ouvrir !

Et, sans doute, autre le cas de celui qu’un devoir strict oblige de parler ou d’agir : - « Je t’ai donné à la maison d’Israël afin que tu sois son chef et que tu l’éclaires et la défendes » ; --- autre le cas de celui que seule l’obligation générale de prendre soin du prochain--- engage.

Dans les deux hypothèses---, stricte justice ou pure charité---- le devoir diffère ; mais, dans les deux hypothèses il existe, et souvent d’importances .

Nous sommes responsables, non seulement de ce que nous aurions pu savoir, non seulement de ce que nos forces nous permettent aujourd’hui, mais de ce que nos forces auraient pu aujourd’hui si nous avions profité des multiples occasions de les épanouir.

Il nous sera demander compte de nos mérites acquis ;--- et aussi de tous ceux que nous pouvions, que nous aurions dû normalement acquérir.

En vérité, si nous pouvions percevoir jusqu’à quel point les hommes ont besoin de ce qui aurait dû leur être donné ! Que de manques, ici et là, un peu partout, et quelles implacables et désastreuses carences !

Car une bonne action en moins, ce n’est pas seulement une bonne action qui ne vient pas à la vie, mais mille autres qu’on étouffe dans leur germe.


À suivre...

R. V. Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Dim 15 Mar 2009 - 2:02

Vous empêchez d’arriver à la vie un acte de vertu, une parole bonne, un acte généreux. Comptez tout le bien qui serait né de là. Vous ne parlez pas, n’agissez pas, ne vous domptez pas. Vous atteignez en plein cœur tous ceux qui avaient besoin de cette parole, de cet acte, de ce triomphe sur vous-même. Vous laissez derrière vous comme une traînée de sang !

Bien peu se livrent à ces enquêtent et il ont tord. Tout ce que nous négligeons a sa répercussion dans le monde invisible.

Arrière l’angoisse. Mais une conscience pleinement avertie de notre responsabilité.

Il dépend de chacun de nous d’apporter sa pierre à l’édifice de la Rédemption. Depuis bientôt deux mille ans que le Christ y travaille, que de matériaux de seconde zone, que de pierre mal taillées, que de malfaçons ! Lui , le Maître, est toujours à pied d’œuvre : sa part dans le travail, copieuse, surabondante.

Mais, chez beaucoup de ses collaborateurs, ici grève générale, là grève perlée, négligence, ignorante, inertie, la plupart des chrétiens ne se doutant même pas qu’ils ont une part de collaboration obligée dans la bâtisse de Rédemption ; et ce qui est plus douloureux parfois, les seconds du Maître, ceux dont il espère le plus d’appui, demeurant inertes ou lassés--- heureux encore quand tel ou tel ne saisit pas le pic pour saper, ouvertement ou à la dérobée, le roc sur lequel se dresse l’Église.

S’il est vrai déjà, en effet, que tout baptisé doit se croire responsable pour une part dans le salut du monde, combien plus sera- t-il demandé compte à celui qui par profession s’est engagé à être collaborateur qualifié du Sauveur Jésus.

Importantes et parfois terribles les répercussions, sur terre, de nos omissions ; combien plus les répercussions dans l’autre vie.


À suivre...

R. V. Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Dim 15 Mar 2009 - 17:39

Quand Notre- Seigneur veut donner le barème d’après lequel se feront les condamnations au dernier jour, il n’énumère que des péchés d’omission : « J’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; soif, et vous ne m’avez pas donné à boire » (2 ) ; et le reste. Cinq griefs : tous des omissions.

Évidement, le Maître ne prétend pas à une énumération complète, ni à l’exclusion des autres fautes ; mais cet accent mis sur les péchés d’omission doit nous retenir ; ce à quoi nous pensons le moins, c’est à cela que Notre -Seigneur pense le plus. A nous, évidement, de réformer notre manière de voir.

On saisirait mieux encore les aspects redoutables du péché d’omission, et sa tragique portée, en étudiant un exemple où il exerce le plus de ravage, et où il est le plus urgent d’apporter le pus efficace remède : au source de la vie.

Supposons des parents qui, au lieu d’user saintement du mariage, s’en attribuent le plaisir et refusent les chargent. Ils jouent avec la vie mais ne veulent pas du vivant.

Savent-ils quel détriment ils causent au Corps Mystique du Christ en limitant ainsi, à l’encontre du plan divin, le nombre de ses membres ?

Qu’est-ce que cela, diront-ils, un vivant de moins sur la terre ?

Mais d’abord, un vivant, croyez-vous, un seul vivant ? Non, des milliers. Ce vivant--- normalement---- aurait fait souche. Il se serait multiplié à son tour. Et ses fils et ses filles auraient eu également de la descendance.

Or, l’arbre a été sacrifié dans ses origines. Aucun tronc ne sortira de terre. Tous les rameaux que le soleil aurait chargés de fruits, condamnés au néant ! Un homme a été omis. Quelle foule a été omise de ce seul chef ! Un homme a été indûment écarté de la vie, et voilà des milliers de morts : une véritable hécatombe.

Lorsque Caïn tue Abel, Dieu qui lui reproche son forfait ne lui dit pas : « La voix du sang crie vers moi » , mais dans le texte original, « la voix des anges », au pluriel... Quelle parole ! Caïn ne voulait supprimer qu’un vivant ; en réalité, c’est une succession indéfinie qu’il a rayée du livre de vie !

Et qui jamais pourra calculer les répercussions innombrables de ces navrantes omissions ?

Pour le ciel que d’élus en moins ; pour l’Église, que d’apôtres en moins.

Non seulement l’Église triomphante diminuée, mais l’Église militante privée de ses plus utiles soldats.

Il n’y a plus de prêtres, plus d’âmes religieuses qui sont restées fidèles à Dieu les âmes meurent de faim, les ouvriers font défauts, que faire ? ( Anne- Marie )

Édifier, faire sortir, aider à monter, à grandir Un synonyme : élever. Si l’enfant n’est pas élevé, il ne sera jamais à la hauteur de ce que sa destinée exige, et de ce dont le monde a besoin.

Or, quelle erreur de vouloir élever, porter sur les sommets, en négligeant Dieu, le seul pic qui domine tout.

Et qu’est-ce donc qu’une éducation d’où on n’omettra qu’une seule chose : cela seul qui explique le reste et sans lequel rien ne se tient.


À suivre....


R. V. Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Diane le Lun 16 Mar 2009 - 1:21

S’emparer des âmes pour les donner à Dieu ou pour leur donner Dieu, quelle responsabilité et quel honneur ! Mais, toucher en profondeurs sans nom, entrevoir des abîmes, mettre en vibration, qu’on le veuille ou non, de l’éternité, et n’avoir rien à verser dans ce fond d’âme, n’avoir que des mots de la terre à jeter à quelqu’un qui, malgré lui, a soif du ciel quelle banqueroute !

Déjà, quand on cherche à remplir parfaitement son rôle, on a grand peine à ne point être victime de l’omission.

Ce qu’on eût pu dire autrement, quelles occasions de tourment pour qui enseigne et connaît le poids de sa tâche ! On n’a pas mis en plein relief la vérité entière ; on a laissé subsister une obscurité ; on n’a livré qu’une connaissance partielle, amoindrie, mêlée ; on a manqué de la maîtrise attendue...

Qu’en est-il lorsque, par destination ( Nous sommes apôtres de par notre baptême et notre confirmation ) et par métier, l’on est contraint ou l’on s’honore de laisser entièrement dans l’ombre, l’essentiel. Il est si poignant le mot de cette pauvre institutrice que Bazin a immortalisée et qui, avant sont retour à Dieu, se surprend à murmurer : « Je n’ai été qu’une semeuse de graines vides ! » La voilà l’omission dans toute sa splendeur d’omission.


FIN...


R. V. Raoul Plus ( 1924 )

Diane

Nombre de messages : 2463
Date d'inscription : 17/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coopération au rachat du monde

Message  Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 17:35


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum